Dès le début du 20ème siècle, une véritable histoire d’amour a débuté entre les montres et les automobiles, une liaison jamais démentie.

Avant la fabrication des premières automobiles, les montres régnaient sur l’univers des objets du quotidien et reflétaient le niveau social de leur propriétaire.

Les deux univers, horloger et automobile, étaient faits pour se rencontrer. Chacun cherchait à battre des records, les uns en précision, les autres en vitesse.

Au début du siècle la maison Leroy fabriquait des chronographes de grande précision à même de satisfaire les passionnés de vitesse, elle fournissait l’Automobile Club de France et créa, en 1921, des chronomètres d’une précision au 1/10ème de seconde puis plus tard au 1/100ème de seconde.

D’autres marques, comme Jaeger, Omega ou Longines, s’intéressèrent à ces instruments de mesure.

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L’automobile s’est imposée dans notre quotidien et la montre a définitivement quitté les poches pour s’installer au poignet.

Deux représentations des temps modernes, deux industries dont le développement va de paire.

Les montres deviennent alors synonyme de performance, de design, de robustesse, de technologie de pointe.

Rien d’étonnant donc de voir autant de marques horlogères proches de l’industrie automobile.

Les marques les plus prestigieuses sont liées par des accords, on l’observe autant pour les constructeurs de voitures de luxe que pour les écuries de F1.

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Automobile, circuits, mais aussi pilotes : ceux-ci sont également courtisés par les horlogers.

Dès les années 60, Jack Heuer montre à nouveau la voie. Jo Siffert, puis Jochen Rindt et Clay Regazzoni arborent la marque Heuer en Formule 1.

Aujourd’hui encore, malgré une baisse d’influence de la F1, les pilotes restent parmi les meilleurs ambassadeurs de l’horlogerie.

La montre d’exception bannie le quartz, elle est mécanique.

A remontage manuel ou automatique, les montres embarquent des mécanismes, des calibres de très grande précision, réalisés par les meilleurs horlogers suisses, allemands ou français.

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Cet engouement pour le vintage ne pouvait laisser les horlogers indifférents, chaque évènement voit se rattacher une marque de montres.

Rolex, Longine et Omega sont aussi parmi les pionniers, mais pour un grand nombre d’autres marques, qui n’ont pas ce passé, l’attrait est fort et chaque espace libre est rapidement occupé.

D’autres marques ont des compétences voisines de l’automobile, ce sont celles qui développent depuis des années les montres d’aviateur.

Avec l’automobile, l’aviation est l’autre grand symbole de l’aventure du 20ème siècle et bien des marques horlogères en ont fait une spécialité, dans un domaine ou la précision est encore plus essentielle puisque ici elle le plus souvent vitale.

Le gentleman driver a aujourd’hui un choix considérable pour porter sa passion au poignet, ce qui le guidera c’est la montre de grande qualité, au calibre mécanique.

L'Échelle Tachymétrique : Un Outil Essentiel

Qui dit course automobile, dit vitesse.

L’échelle tachymétrique que possèdent les cadrans de certains chronographes permet justement de mesurer la vitesse moyenne d’un objet en mouvement, par rapport à une unité de distance donnée.

Dans les années 40 et 50, l’échelle tachymétrique des montres était peinte sur le cadran, en général autour de l’échelle de minuterie, mais en 1957 l’Omega Speedmaster référence CK 2915 vient changer tout cela en externalisant l’échelle tachymétrique sur une lunette gravée en acier.

Avant d’aller dans l’espace et sur la Lune, la Speedmaster et son calibre 321 à remontage manuel était en effet destinés aux pilotes de course (ou à ceux rêvant d’en être un), tel le belge Willy Mairesse.

Rolex Daytona : Une Légende Née de la Vitesse

Daytona Beach : station balnéaire de 72 000 habitants située au nord-est de la Floride, baignée par l’Océan Atlantique.

Au début du vingtième siècle, des courses automobiles y sont organisées sur la plage.

En 1959, William France Sr., fondateur de la NASCAR (National Association for Stock Race Auto Racing), décide de créer le circuit du Daytona International Speedway à quelques kilomètres de la côte.

Cette piste « tri-ovale » (un ovale de forme triangulaire) était destinée à accueillir une course de stock cars de 500 miles (805 km) qui devint la célèbre Daytona 500.

Mais le circuit offre d’autres configurations que le tri-ovale et en 1962, France décida d’y organiser une course d’endurance de 3 heures, la Daytona Continental.

En 1963, Rolex sort son nouveau chronographe, la Cosmograph référence 6239.

Contrairement à la référence 6238 précédente, l’échelle tachymétrique est maintenant gravée sur une lunette métallique externe (comme l’Oméga Speedmaster sortie six ans auparavant) et, fait nouveau pour un chronographe à cette époque, les sous-compteurs sont de couleur contrastée par rapport au reste du cadran pour une meilleure lisibilité - les fameux cadrans « reverse pandas », avec des sous-compteurs blancs sur un fond noir.

La manufacture suisse cherche un nom pour ce nouveau modèle : si elle pense à le nommer « Le Mans » dans un premier temps*, elle abandonne assez vite cette idée et décide de reporter son choix sur « Daytona », pensant peut-être que le nom des courses floridiennes serait plus porteur sur le marché américain, dont l’économie était en plein essor à l’époque.

Autour des années 1964-65, la mention « Daytona » apparaît donc sous la mention « Cosmograph » ou « Chronograph » dans la moitié supérieure du cadran, avant de descendre au-dessus du compteur à six heures trois ans plus tard.

En 1965, apparaissent les poussoirs vissés, qui viennent remplacer les poussoirs lisses, les cadrans deviennent « pandas » (compteurs noirs sur fond blanc, faisant penser à la sympathique bouille du plantigrade chinois) et les lunettes en bakélite noire font leur apparition.

L’Oyster Perpetual Cosmograph Daytona, ou « Dayto » pour les intimes permet aux pilotes de mesurer avec précision leur vitesse moyenne, jusqu’à 400 kilomètres ou miles à l’heure, selon leur préférence.

Une icône liée à jamais de par son nom et son fonctionnement au monde du sport automobile de haut niveau.

Créée en 1963, technique et sportive, elle s’inscrit clairement dans la lignée des montres professionnelles conçues par Rolex dix ans plus tôt en 1953, avec des modèles comme l’Explorer dédiée aux explorateurs et aux alpinistes, ou la Submariner spécialement conçue pour la plongée sous-marine.

Heuer Carrera : Un Hommage à la Course Panamericana

Toujours en 1963 (année de naissance de la Porsche 901/911), Jack Heuer, qui avait repris récemment les rênes de l’entreprise fondée par son arrière-grand-père, a la même réflexion que Rolex : les montres à l’époque n’avaient que rarement un nom et il souhaitait en donner un à son nouveau chronographe.

L’année d’avant, alors qu’il assistait aux 12 Heures de Sebring, il eut vent de la Carrera Panamericana : cette course qui se courait sur la portion mexicaine de la route panaméricaine, un ensemble d’autoroutes qui permet de parcourir les Amériques du nord au sud, n’eut lieu qu’entre 1950 et 1954.

Elle était considérée comme une des plus dangereuses de son époque : avec 27 morts en cinq éditions, en général seulement un tiers des participants franchissaient la ligne d’arrivée.

L’histoire plut à Heuer et le nom « Carrera » sonnait bien dans la plupart des langues, si bien qu’il déposa le nom.

La première Heuer Carrera fut la référence 2447 : le cadran souhaité par l’ami Jack devait être le plus clair et lisible possible - des index bâtons, épuré de toute indication ou échelle superflue et trois sous-compteurs sur un cadran uni, noir, argenté ou blanc.

Ce qui caractérise aussi la Carrera, c’est cet anneau de tension qui permet de mieux maintenir le verre sur le cadran et améliorer ainsi l’étanchéité de la montre, sur lequel sont peintes des graduations à 1/5 de seconde.

Jack Heuer est un des premiers a avoir compris l’importance d’utiliser cette source de rêve ; les premiers chronographes Carrera, en référence à la légendaire course Panamericana, arrivent sur le marché en 1963.

L’histoire de la TAG Heuer Carrera commença en 1963 avec Jack Heuer.

Jack Heuer établit le projet de créer un nouveau chronographe destiné aux pilotes et amoureux de sport automobile.

Son intention était claire : créer une montre résistante aux chocs, étanche et solide.

L’année suivante, un chronographe mécanique de légende à remontage manuel baptisé Carrera vu le jour !

Autres Chronographes Emblématiques

Outre leur année de commercialisation, les deux chronographes de Rolex et Heuer partagent d’autres points communs, en particulier leurs cadrans, réalisés par l’entreprise Jean Singer & Cie, et leurs calibres, le Valjoux 72 (la Daytona possédait en fait une version customisée par Rolex avec un balancier à vis Microstella).

Ce mouvement de chronographe avec roue à colonnes, à remontage manuel, fut introduit en 1938.

Par rapport au Valjoux 22 et ses deux compteurs (secondes et compteurs de 30 minutes), le Valjoux 72 permettait d’avoir un compteur supplémentaire pour les heures, positionné à six heures.

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