Chez Audi, le mythique 5 cylindres va bientôt disparaître. Ce bloc, né dans les années 1980, a marqué l’histoire automobile à travers des modèles mythiques comme l’Audi Quattro, la RS2 et, plus récemment, les RS3 et TT RS. Le mythique 5 cylindres turbo d’Audi vit ses dernières heures. Une décision dictée par la réglementation et par la stratégie industrielle de la marque, qui tourne désormais la page de ses moteurs thermiques emblématiques. Dommage ? Certainement ! Mais il y a des raisons à cela.

Une architecture bientôt condamnée par l’Euro 7

Depuis son apparition en 1976 sur l’Audi 100, le 5 cylindres a marqué l’histoire de la marque aux Anneaux. Son timbre si particulier a accompagné les exploits de la Quattro en rallye. Et il continue aujourd’hui de donner une identité forte à la RS3. Mais le moteur 2.5 TFSI n’équipera plus très longtemps la compacte sportive. La raison ? L’entrée en vigueur progressive de la norme Euro 7, qui impose de nouveaux standards d’émissions. Si, techniquement, le bloc pouvait être adapté, Audi estime que l’investissement ne serait pas justifié. Surtout pas au regard des volumes de ventes assez limités.

La RS3, seul modèle encore proposé avec ce 5 cylindres après l’arrêt des TT RS et RS Q3, ne peut suffire à amortir les coûts de mise en conformité. Gernot Döllner, le patron d’Audi, l’a confirmé à Munich : le 5 cylindres ne sera pas prolongé. La marque préfère concentrer ses ressources sur l’électrification de sa gamme. Le calendrier est déjà serré, avec l’arrivée de nombreux modèles électriques basés sur les nouvelles plateformes du groupe Volkswagen. Dans ce contexte, prolonger artificiellement la vie d’un moteur à forte personnalité mais à diffusion limitée n’a plus de sens économique. Même une hypothétique carrière hors d’Europe paraît compromise. Audi préférant harmoniser sa gamme mondiale. Et donc, l’électrifier.

Le futur des sportives Audi sera électrique

L’annonce a coïncidé avec la présentation du Concept C, un futur roadster attendu en 2027. Ce dernier sera exclusivement électrique. De quoi entériner la bascule : les sportives Audi de demain ne miseront plus sur un moteur thermique distinctif. Mais plutôt sur des technologies de batterie et de gestion de puissance. Reste le cas de la RS3. Officiellement, Audi a toujours écarté l’idée d’une version RS à quatre cylindres. Mais avec la prochaine génération de Golf 100% électrique et la fin annoncée du « 5 pattes », l’avenir de la compacte sportive paraît incertain. Avant de disparaître, le 2.5 TFSI pourrait tout de même avoir droit à un dernier hommage. Une RS3 encore plus performante serait à l’étude. Et des rumeurs évoquent même une ultime Golf sportive équipée de ce 5 cylindres. Un clin d’œil pour clore une histoire débutée il y a près de 50 ans.

Lorsque ce bloc tirera définitivement sa révérence, Audi ne perdra pas seulement une mécanique performante. Elle tournera une page de son identité. Car le 2,5 litres TFSI est plus qu’un moteur. Il était devenu un symbole.

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Les origines du moteur 5 cylindres Audi

Il y a 40 ans, Audi présentait son premier moteur à essence cinq cylindres, à l’occasion de la sortie de la seconde génération du modèle Audi 100. Depuis, de nombreuses améliorations et nouveautés ont suivi, avec notamment la turbo compression, le contrôle des émissions et la technologie à quatre soupapes, les moteurs de rallye ainsi que les moteurs diesel à cinq cylindres. Les moteurs Audi à cinq cylindres sont devenus cultes au fil du temps - c’est en grande partie en raison de leur déploiement réussi dans le monde du sport automobile et également à leur fiabilité.

Le premier moteur essence à cinq cylindres équipait l’Audi 100 (C2) lors de sa sortie en 1976. Le modèle, connu en interne sous le nom de « Type 43 », devait se placer plus haut sur le marché que son prédécesseur. Selon les ingénieurs, les moteurs à quatre cylindres de l’époque ne pouvaient correspondre à ce modèle. Au début des années 70, les ingénieurs Audi ont par conséquent discuté de la possibilité d’insérer des moteurs à cinq et à six cylindres en ligne. Les moteurs six cylindres furent écartés rapidement des plans en raison de l’espace requis pour leur installation ainsi qu’une répartition du poids défavorable. Ils ont donc finalement opté pour le moteur cinq cylindres en ligne, sur la base du nouveau concept de moteur EA 827 (ce moteur à quatre cylindres en ligne fut utilisé par l’ensemble du groupe Volkswagen dans les années 70 - sur les Audi 80 et Audi 100 par exemple).

Le moteur dérivé 2.1 L à cinq cylindres produisait 136 ch (100 kW). De plus, un système d’injection moderne augmentait significativement l’efficacité et la puissance déployée. Dès 1978, Audi a présenté la première version diesel : un diesel à aspiration naturelle avec une cylindrée de 2 litres produisant 70 ch (51 kW). Un an plus tard, le premier moteur essence à cinq cylindres turbocompressé faisait son apparition - un autre exploit pionnier de la part d’Audi.

Les années 80 et le succès en rallye

Dans les années 80, le moteur à cinq cylindres essence équipant l’Audi « Ur-quattro » avait encore plus à offrir. Avec un système de turbo compression, un dispositif de refroidissement et les quatre roues motrices permanentes, ce modèle constituait un ensemble technologique très complet pour la course automobile et la route. Initialement, il délivrait 200 ch (147 kW). En 1983, le finlandais Hannu Mikkola remporta le Championnat du Monde de Rallye à bord de cette voiture. La même année, Audi présenta la « Sport quattro », qui était raccourcie de 24 centimètres. Elle était équipée par un nouveau moteur quatre soupapes à cinq cylindres en aluminium avec une puissance de 306 ch (225 kW). Ce moteur faisait de la « Sport quattro » la voiture la plus puissante développée par un constructeur allemand pour une utilisation sur routes publiques. Le modèle a servi de base pour une nouvelle voiture de rallye appartenant au Groupe B, avec un groupe motopropulseur à quatre soupapes délivrant 450 ch (331 kW). Il fut utilisé pour la première fois lors de l’avant-dernière course de l’année 1984, le rallye de la Côte-D’Ivoire.

Les 11 autres étapes de la saison furent disputées par le suédois Stig Blomqvist à bord d’une Audi quattro A2 Groupe B produisant 360 ch (265 kW). Même si Audi pris la décision de se retirer de la saison de rallye de 1986, d’autres moments forts marquèrent les mémoires dans le domaine de la course automobile : En 1987, Walter Röhrl remporta la course de côte « Pikes Peak Hill Climb » (Etats-Unis) à bord d’une Audi Sport quattro S1 (E2). La voiture de course développait 598 ch (440 kW).

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Les années 90 et l'évolution du moteur

Audi présenta un autre jalon de l’histoire automobile au Salon International de Francfort en 1989 : l’Audi 100 TDI. Elle fut la première voiture en production de série équipée d’un moteur cinq cylindres diesel turbocompressé à injection directe, et totalement contrôlé électroniquement. Le moteur produisait 120 ch (88 kW) pour une cylindrée de 2,5 litres. Audi continua par la suite à améliorer sa gamme de moteurs essence à cinq cylindres. En 1994 sortit l’Audi RS2, d’une puissance de 315 ch (232 kW). En 1994, les cinq cylindres se retirèrent du segment B, lorsque l’Audi A4 (B5) arriva. Ils furent remplacés au fur et à mesure au milieu des années 90 par les nouveaux moteurs V6.

Le retour du 5 cylindres au 21ème siècle

Puis en 2009, ce fut l’heure du comeback - avec turbo compression et injection directe d’essence pour l’Audi TT RS. Le moteur transversal développé par quattro GmbH produit 340 ch (250 kW) pour une cylindrée de 2,5 litres. Il offre également des performances exceptionnelles aux RS 3 Sportback et aux Q3 RS. La TT RS Plus, présentée par Audi en 2012, propose une puissance étonnante de 360 ch (265 kW). Aujourd’hui le 2.5 TFSI de l’Audi TT RS produit 400 ch (294 kW).

Aujourd’hui, le moteur 2.5 TFSI apparaît dans la nouvelle Audi RS 3 avec plus de puissance que jamais. Les nouveaux modèles RS 3 accélèrent de 0 à 100 km/h en 3,8 secondes. Leur vitesse de pointe est limitée de série à 250 km/h, en option à 280 km/h. Avec le pack RS Dynamic et les freins en céramique, ils peuvent même atteindre une vitesse de pointe de 290 km/h. Cela fait de l’Audi RS 3 la meilleure de sa catégorie en termes d’accélération et de vitesse de pointe. Cela est principalement dû à l’augmentation du couple de 500 Nm, disponible entre 2 250 et 5 600 tr/min. C’est 20 Nm de plus que son prédécesseur. En conséquence, l’Audi RS 3 accélère encore plus vite à bas régime.

La puissance maximale du moteur de 400 ch (294 kW) est disponible plus tôt qu’auparavant à 5 600 tr/min et s’étend sur un large plateau jusqu’à 7 000 tr/min.

Les modèles emblématiques équipés du moteur 5 cylindres Audi

  • Audi 100 (C2) GLS 5E (1976): Premier modèle équipé du moteur 5 cylindres, développant 136 ch.
  • Audi 200 5T (1980): Première berline Audi à moteur suralimenté par turbocompresseur, avec 170 ch.
  • Audi quattro A2 (1982): Bolide survitaminé pour le Rallye de Corse, affichant 360 ch.
  • Audi Sport quattro S1 (1987): Voiture de course développant 598 ch pour la Pikes Peak Hill Climb.
  • Audi RS 2 Avant (1994): Premier modèle RS, développant 315 ch.
  • Audi TT RS (2009): Marque le retour du 5 cylindres avec 340 ch.
  • Audi RS 3 (2021): Dernière évolution du moteur, affichant 400 ch.

Tableau récapitulatif des modèles et leurs caractéristiques

Modèle Année Puissance Particularités
Audi 100 (C2) GLS 5E 1976 136 ch Premier modèle 5 cylindres
Audi 200 5T 1980 170 ch Première berline turbo
Audi quattro A2 1982 360 ch Bolide de rallye
Audi Sport quattro S1 1987 598 ch Course de côte Pikes Peak
Audi RS 2 Avant 1994 315 ch Premier modèle RS
Audi TT RS 2009 340 ch Retour du 5 cylindres
Audi RS 3 2021 400 ch Dernière évolution

Le 2.5 TFSI d’Audi se distingue par sa sonorité unique et son architecture atypique. Ce moteur a toujours été un symbole de performance et de caractère, offrant un équilibre parfait entre puissance brute et agilité.

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Le retrait du 2.5 TFSI d’Audi est un choix stratégique dicté par des considérations économiques et industrielles. Alors que la marque vise une électrification totale d’ici 2033, ce moteur thermique, bien que légendaire, n’a plus sa place dans la stratégie à long terme. Ce changement souligne une tendance irréversible vers l’électrification dans l’industrie automobile. Les passionnés garderont un souvenir ému de ce moteur, véritable relique d’une époque où la mécanique et l’émotion allaient de pair.

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