Les moteurs TCe de Renault représentent une partie importante du paysage automobile français et européen depuis leur introduction en 2012. Pour les passionnés de mobilité, comprendre leurs caractéristiques et leur fiabilité s’avère essentiel avant tout achat.
Le concept TCe (Turbo Control Efficiency)
Le TCe (Turbo Control efficiency) représente la vision de Renault d’un moteur essence moderne alliant performances et sobriété. Cette gamme de moteurs essence turbocompressés incarne la réponse du constructeur français aux défis environnementaux du 21ème siècle. Le principe ? Réduire la cylindrée tout en maintenant, voire en augmentant les performances grâce à la suralimentation.
Les différentes versions du TCe
La famille TCe s’est progressivement étoffée depuis son lancement pour répondre à tous les usages :
- TCe 90 (0.9L) : moteur urbain par excellence
- TCe 100 (1.0L) : le nouveau standard polyvalent
- TCe 130/140 (1.3L) : la version familiale performante
- TCe 160/200 (1.6L) : les déclinaisons sportives
Le moteur 1.2 TCe : Un bilan mitigé
Le moteur 1.2 TCe Renault (code H5Ft) a été fabriqué entre 2012 et 2018. Ce bloc 4 cylindres turbocompressé développe des puissances allant de 100 à 130 chevaux selon les versions. Cette motorisation a équipé une large gamme de véhicules, s’étendant bien au-delà des modèles Renault. Le moteur 1.2 TCe a équipé de nombreux modèles du groupe Renault-Nissan.
Chaque version de ce moteur possède ses spécificités techniques. La version 100 ch a pour particularité une pression de turbo plus modérée, tandis que les déclinaisons 115, 120, 125 et 130 ch bénéficient d’une pression de suralimentation plus importante pour délivrer davantage de puissance.
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En 2018, Renault a remplacé ce bloc par le nouveau moteur 1.3 TCe, développé conjointement avec Mercedes-Benz, proposant des puissances allant de 130 à 150 ch selon les applications.
Problèmes récurrents du 1.2 TCe
Le moteur 1.2 TCe s’est rapidement fait connaître pour des problèmes récurrents de surconsommation d’huile. Ces soucis, particulièrement présents sur les versions produites entre 2012 et mai 2016, peuvent se manifester dès 40 000 kilomètres, mais apparaissent majoritairement entre 50 000 et 70 000 km. La cause principale identifiée est une pression d’air insuffisante au niveau du collecteur d’admission. Cette déficience entraîne une dépression qui aspire l’huile depuis le bas moteur.
Par ailleurs, les segments autour des pistons se révèlent insuffisamment durs et étanches. Il convient également de noter la fragilité de la chaîne de distribution sur certains exemplaires, ainsi que des problèmes liés au détecteur de cliquetis défectueux.
Le coût de remplacement du moteur en cas de casse s’avère particulièrement élevé, oscillant entre 6 000 € et 10 000 € selon les modèles et les garages.
Réaction de Renault face aux problèmes
Face à la multiplication des cas problématiques, Renault a d’abord minimisé l’ampleur du phénomène avant de progressivement reconnaître l’existence d’un défaut. Aucun rappel officiel n’a été effectué par Renault, la surconsommation d’huile n’étant pas considérée comme un problème de sécurité selon les normes en vigueur.
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Face à l’ampleur des cas signalés et à l’insatisfaction des propriétaires, une action collective baptisée “Motorgate - Casse moteur” a été lancée en janvier 2023 contre Renault.
Précautions à prendre
Si vous possédez déjà un véhicule équipé d’un moteur 1.2 TCe ou envisagez d’en acquérir un, plusieurs précautions s’imposent. La surveillance régulière du niveau d’huile s’avère primordiale, idéalement tous les 1000 kilomètres pour les moteurs 1.2 TCe. Pour l’entretien courant, privilégiez un liquide de refroidissement de qualité correspondant aux spécifications du constructeur.
Les moteurs 1.0 TCe (trois cylindres) et 1.3 TCe (développé avec Mercedes) présentent globalement une meilleure fiabilité que le 1.2 TCe.
Le moteur 1.3 TCe : Une Collaboration Réussie
Le moteur 1.3 TCe, fruit d’une collaboration inattendue entre Mercedes et Renault-Nissan, intrigue autant qu’il séduit. Ce petit bloc essence, que l’on retrouve aussi bien sous le capot d’une Classe A que d’une Mégane, est un quatre cylindres essence de 1332 cm³ qui bouscule les codes établis avec une approche résolument moderne du downsizing.
C’est en 2018 que ce moteur fait ses débuts sous le capot de la nouvelle Classe A. Une arrivée qui marque un tournant dans la stratégie de Mercedes-Benz. Le constructeur allemand, longtemps attaché à ses motorisations maison, fait le pari d’une collaboration avec Renault pour ses modèles compacts.
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Qualité et Fiabilité
La réponse à la question de savoir comment un bloc développé avec Renault pouvait-il satisfaire les exigences légendaires de Mercedes se trouve dans un processus de fabrication unique, où chaque moteur subit une double validation. L’usine de Valladolid, en Espagne, a dû se plier à des standards de qualité sans précédent. Contrôles renforcés, processus de fabrication optimisés et validation systématique selon les critères des deux constructeurs garantissent un niveau de qualité remarquable.
L’expérience montre que les craintes initiales n’étaient pas fondées. Le 1.3 TCe affiche une robustesse globale convaincante, fruit d’une conception rigoureuse et d’un processus de fabrication maîtrisé. Les premiers exemplaires approchent désormais les 150 000 kilomètres sans souci majeur.
La maintenance joue un rôle crucial dans cette longévité : le respect des intervalles d’entretien et l’utilisation de consommables de qualité sont indispensables.
Technologies clés
- Injection directe dernière génération
- Revêtement spécial des cylindres
- Turbo à géométrie fixe optimisée
- Chaîne de distribution renforcée
Problèmes fréquents
Si la fiabilité globale est au rendez-vous, certains points méritent une attention particulière.
La pompe à eau
La pompe à eau, intégrée au bloc moteur, peut montrer des signes de faiblesse entre 60 000 et 80 000 kilomètres. Cette intégration, si elle permet un gain de compacité, complique malheureusement l’intervention en cas de défaillance. Les propriétaires devront être particulièrement attentifs aux premiers signes de faiblesse pour éviter une panne plus sérieuse. Le remplacement préventif est conseillé aux alentours des 80 000 kilomètres.
Les bobines d’allumage
Les bobines d’allumage constituent un autre point d’attention. Héritage direct de la conception Renault, ces composants peuvent présenter une durée de vie inférieure aux standards habituels de Mercedes.
Le système Start & Stop
La technologie Start & Stop, bien que pratique pour réduire la consommation en ville, s’avère parfois capricieuse sur ce moteur. Un problème qui touche particulièrement les premiers millésimes, avant que Mercedes ne corrige le tir via diverses mises à jour logicielles.
Modèles Mercedes équipés du moteur 1.3 TCe
Le 1.3 TCe équipe principalement la gamme compacte Mercedes :
| Modèle Mercedes | Années | Versions | Puissance |
|---|---|---|---|
| Classe A W177 | 2018-présent | A160 | 109 ch |
| Classe A W177 | 2018-présent | A180 | 136 ch |
| Classe A W177 | 2018-présent | A200 | 163 ch |
| Classe B W247 | 2019-présent | B180 | 136 ch |
| Classe B W247 | 2019-présent | B200 | 163 ch |
| CLA C118 | 2019-présent | CLA180 | 136 ch |
| CLA C118 | 2019-présent | CLA200 | 163 ch |
| GLA H247 | 2020-présent | GLA200 | 163 ch |
Le moteur 1.3 TCe 160 : Performances et Agrément
Décliné en trois niveaux de puissance (115, 140 et 160 ch), ce 1.3 TCe vient combler un déficit au catalogue du constructeur sur les puissances médianes.
Il est associé à une boîte mécanique qui, pour une fois, ne cantonne pas le dernier rapport au rôle de figurant. Silencieux et bien équilibré au ralenti, il signale davantage sa présence dans les tours.
L’agrément se matérialise par une souplesse d’utilisation à bas régime et une grande disponibilité, ce qui le rend compétent en conduite urbaine. Le couple maxi (240 Nm) est disponible sur une longue plage d’utilisation, ce qui permet de reprendre bas sans être contraint de tomber un rapport. L’idéal pour les dépassements sur réseaux secondaires.
S’il est plus vif en bas et à mi-régime, il a en revanche moins de coffre et d’allonge que le TSi 150 du groupe Volkswagen et le 3 cylindres Puretech 130 de PSA, tout du moins entre les essieux du Scénic, qui dépasse les 1 400 kg.
Avis des propriétaires du 1.3 TCe 160
Voici quelques avis de propriétaires concernant le moteur 1.3 TCe 160, recueillis sur différents forums et sites d'essai automobile :
- Plaisir de conduite : Beaucoup soulignent le plaisir de conduire et les performances du moteur, notamment pour les dépassements.
- Confort : Certains mentionnent un confort un peu ferme, comparable à celui d'une voiture allemande.
- Boîte de vitesses : Des critiques sont émises concernant la brutalité de la boîte automatique au démarrage et en marche arrière.
- Fiabilité : Des problèmes de capteur de pluie et des dysfonctionnements du frein à main sont parfois signalés.
- Consommation : La consommation moyenne est généralement jugée raisonnable, mais peut varier en fonction du style de conduite.
Conseils d'entretien pour votre moteur TCe
Pour maximiser la longévité de votre TCe, nos experts préconisent un programme d’entretien rigoureux :
- Programme de vidange optimisé : Intervalle maximal : 15 000 km ou 1 an, Huile 5W30 synthétique répondant à la norme RN17, Contrôle niveau tous les 3000 km.
- Protection du turbocompresseur : Phase de chauffe : 2 minutes minimum, Refroidissement : 1 minute au ralenti après usage intensif.
- Maintenance préventive distribution : TCe 90/100 : 120 000 km ou 6 ans, TCe 130/140 : 150 000 km ou 7 ans, TCe 160/200 : 130 000 km ou 6 ans.
- Gestion du carburant : SP98 recommandé (indice d’octane 98 minimum), Additif détergent tous les 15 000 km.
- Optimisation utilisation : Éviter les trajets inférieurs à 10 km, Montée en température progressive, Régime optimal entre 2000 et 3500 tr/min.
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