Dans un contexte automobile en perpétuelle évolution, Renault s’est imposé comme l’un des constructeurs majeurs du marché européen. Si la marque au losange a su développer des motorisations devenues légendaires pour leur fiabilité, certaines mécaniques ont néanmoins connu des déboires parfois coûteux pour leurs propriétaires. À l’heure où le choix d’un véhicule d’occasion n’a jamais été aussi crucial pour le budget des ménages, il devient essentiel de savoir identifier les motorisations fiables et celles qui méritent plus de circonspection.
Le moteur 2.0 dCi (M9R) : Grandeurs et décadences
Le moteur 2.0 dCi (M9R) mérite une attention particulière tant son histoire est représentative des défis rencontrés par Renault. Lancé avec de grandes ambitions, ce bloc diesel a connu plusieurs évolutions majeures.
Première génération (2005-2011) :
- Problèmes récurrents de joint de culasse
- Injecteurs Continental peu fiables
- Volant moteur bi-masse fragile
- Coûts d’entretien élevés
Deuxième génération (2011-2015) :
- Amélioration notable de la fiabilité
- Persistance de problèmes d’injecteurs
- Meilleure gestion de l’EGR
- Consommation d’huile à surveiller
Dernière génération (après 2015) :
- Fiabilité globalement satisfaisante
- Entretien moins problématique
- Coûts de maintenance plus raisonnables
Le 2.0 dCi débute à 130 ch pour culminer à 200 ch. Son rôle est d'équiper les modèles Renault plus haut de gamme comme les Laguna, Latitude, Koleos, Espace etc ... Il a aussi été accordé à la Mégane 3 qui va jusqu'à une version qui fait tout de même 160 ch (la GT) égalant presque un 2.0 TDI 170 ch.
Alors que les 1.9 dCi (F9Q) et 2.2 dCi (G9T) étaient loin d’être exempts de tout reproche, le 2.0 M9R produit en France à Cléon, est quasiment irréprochable. Décliné de 90 (sur les utilitaires) à 180 ch., c’est probablement de l'avis de tous, l’un des moteurs Diesel les plus fiables tout constructeur confondu.
Après avoir disparu de la gamme Renault pendant quelques mois au profit d’un 1.6 dCi, le bloc est réapparu dans la gamme Renault à la faveur des nouvelles normes et du cycle WLTP qui a remplacé l’ancien NEDC. Fini alors le “downsizing” retour du bon vieux 2.0 dès 2017.
Lire aussi: TCe 160 Renault : Analyse de la fiabilité
En 2018, les normes poussent les constructeurs à passer au SCR (adBlue) pour réduire les émissions de NOX. Le M9R prend alors l’appellation commerciale Blue dCi et gagne 20 ch. Pour autant, avec la baisse des ventes de Diesel, cette version reste peu répandue. Elle équipe notamment les Talisman, Espace 5, et Koleos ainsi que le Trafic.
Avis des utilisateurs sur le 2.0 dCi 150
Voici quelques avis d'utilisateurs concernant le moteur 2.0 dCi 150 :
- Qualités : Confort, silence. Tenue de route et freinage. Habitabilité et volume de chargement. Moteur coupleux et volontaire.
- Défauts : Boîte un peu rugueuse. Pare-choc très bas qui racle sur les dos d’ânes.
- Excellente voiture achetée 4000 euros en 2017 à 231OOO kms, aucun problème particulier maintenant 352000 kms et, je compte en faire encore beaucoup.
- Conso raisonnable +/- 6,3 L. Distri à chaîne. Ne mange pas de pneu : les pneus d'origine étaient encore montés à l'arrière quand je l'ai achetée. Les avants durent 35 / 40 Mkm. Bon freinage. Beaucoup de place à bord pour 4.
- Le moteur, puissant et fiable, semble increvable. 370000 km et elle monte encore à 200 sans soucis.
- Voiture encore puissante, moteur fiable (Acheté en 2015, avec 42000Km, aujourd’hui en 2024, très peux de problèmes avec..) sans doute un des meilleurs véhicules que j’ai pu acheté… Avec de très long trajets comme des courts.
Les problèmes moteurs récurrents chez Renault
Au-delà des cas particuliers, certains problèmes semblent affecter de manière récurrente les motorisations Renault. Ces points méritent une attention particulière lors de l’achat d’un véhicule d’occasion.
Systèmes de dépollution et leurs dérivés
Le circuit EGR constitue souvent le talon d’Achille des moteurs diesel Renault :
- Encrassement prématuré sur les petits trajets
- Dysfonctionnements fréquents en utilisation urbaine
- Coûts de nettoyage ou remplacement élevés
- Impact direct sur les performances moteur
Les filtres à particules nécessitent également une vigilance particulière :
Lire aussi: Guide d'achat Megane 2
- Régénérations difficiles sur les trajets courts
- Risques d’encrassement en utilisation exclusivement urbaine
- Coûts de remplacement importants
- Nécessité de roulages réguliers sur voie rapide
Problèmes de suralimentation
Les turbocompresseurs représentent un point sensible sur plusieurs motorisations :
- Usure prématurée sur certains modèles
- Fuites d’huile par les joints d’étanchéité
- Sifflements caractéristiques annonciateurs de problèmes
- Coûts de remplacement pouvant dépasser 2000€
Transmissions automatiques EDC
Les boîtes EDC (Efficient Dual Clutch) ont connu leur lot de déboires :
- À-coups sur les premières versions
- Problèmes électroniques récurrents
- Embrayages fragiles sur certaines séries
- Maintenance coûteuse et délicate
Ces problèmes systémiques, bien que sérieux, peuvent être largement minimisés par un entretien régulier et adapté. Le respect scrupuleux des intervalles de maintenance et l’utilisation de pièces et lubrifiants aux normes constructeur jouent un rôle crucial dans la longévité de ces éléments.
Guide des motorisations par modèle Renault
Renault Clio
Motorisations recommandées :
- 1.5 dCi (toutes générations) : le choix de la raison
- 1.2 16v atmosphérique : idéal pour la ville
- TCe 90 et 100 (après 2018) : le meilleur compromis moderne
Motorisations à éviter :
Lire aussi: Où trouver un moteur Renault en échange standard ?
- 1.2 TCe première génération (2012-2016)
- 1.6 16v RS anciennes générations (problèmes de distribution)
Renault Twingo
Les moteurs à privilégier :
- 1.2 8v (D7F) : increvable et économique
- 1.2 16v (D4F) : excellent compromis performances/fiabilité
- 0.9 TCe 90 (après 2015) : moderne et dynamique
- 1.0 SCe 65 : sobre et suffisant en ville
Les versions à éviter :
- 1.2 TCe (2010-2013) : problèmes de fiabilité
- 1.6 16v RS (F4R) première génération : distribution fragile
- 0.9 TCe premières séries (2014-2015) : jeunesse problématique
Renault Mégane
Les moteurs à privilégier :
- 1.5 dCi 110 ch (versions récentes) : polyvalent et économique
- 1.3 TCe (à partir de 2018) : le renouveau essence
- 1.6 16v atmosphérique : simple et robuste
Les versions à éviter :
- 2.0 dCi première génération : problèmes de fiabilité
- 1.9 dCi (F9Q) ancien : technologie dépassée
- 1.2 TCe premières versions : consommation d’huile
Renault Scénic
Motorisations conseillées :
- 1.5 dCi 110/115 ch : le choix rationnel
- 1.7 Blue dCi : moderne et efficient
- 1.3 TCe dernière génération : polyvalent
Motorisations à éviter :
- Boîte EDC : à privilégier sur les versions récentes
- Chaîne de distribution : surveillance accrue sur certains moteurs
- Entretien des filtres à particules : crucial sur ce type de véhicule
Renault Captur
Les motorisations à privilégier :
- 1.5 Blue dCi : sobriété et fiabilité
- 1.3 TCe après 2018 : performances convaincantes
- 0.9 TCe (usage urbain exclusif)
Motorisations à éviter :
- 1.2 TCe première génération : problèmes connus
- 1.5 dCi 90 première génération : manque de puissance
Renault Kadjar
Les motorisations à privilégier :
- 1.5 Blue dCi : économique et fiable
- 1.3 TCe 140/160 : excellent compromis
- 1.7 Blue dCi : puissant et robuste
Motorisations à éviter :
- Boîte EDC : préférer les versions récentes
- Entretien régulier du FAP crucial
- Surveillance accrue du turbo sur les versions puissantes
Renault Talisman
Les motorisations à privilégier :
- 1.7 Blue dCi : moderne et performant
- 1.3 TCe dernière génération : agréable et fiable
- 2.0 Blue dCi : puissant et mature
Motorisations à éviter :
- 1.6 dCi première génération : fiabilité moyenne
- 1.6 TCe première version : consommation élevée
Les moteurs Renault les plus fiables
Le 1.5 dCi : une référence incontournable
Véritable success-story de Renault, le moteur 1.5 dCi (K9K) mérite son surnom de « moteur increvable ». Introduit en 2001, ce bloc diesel a su évoluer au fil des années tout en conservant ses qualités fondamentales. Avec plus de 20 millions d’exemplaires produits, il équipe non seulement les Renault mais aussi de nombreux modèles Nissan, Mercedes et Dacia.
Ses atouts majeurs :
- Robustesse exceptionnelle dépassant facilement les 300 000 km
- Consommation modérée (4 à 5L/100km en moyenne)
- Entretien simple et relativement peu coûteux
- Excellent rapport performances/consommation
- Disponibilité et prix raisonnables des pièces détachées
Points de vigilance :
- Entretien régulier impératif (vidange tous les 20 000 km maximum)
- Qualité du carburant importante
- Roulages courts à éviter (FAP et EGR sensibles)
Les moteurs essence atmosphériques : le choix de la simplicité
Dans un monde automobile de plus en plus complexe, les moteurs essence atmosphériques de Renault conservent un charme particulier. Le 1.2 16v (D4F) et le 1.6 16v (K4M) se distinguent par leur simplicité mécanique et leur fiabilité exemplaire.
Avantages des blocs atmosphériques :
- Mécanique simple et éprouvée
- Coûts d’entretien modérés
- Fiabilité sur le long terme
- Moins sensibles à la qualité du carburant
Ces motorisations, bien que moins performantes que leurs équivalentes turbo, compensent par une robustesse à toute épreuve et des coûts d’entretien particulièrement contenus.
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