Chaque génération a ses phénomènes de mode, c'est bien connu. Il en va de même dans l'automobile et les années 80 furent celles des "GTI" et du "turbocompresseur". La Fiat Punto GT fait partie des derniers enfants de cette génération. Cette voiture de caractère avait aussi l'avantage d'être bon marché, tout comme l'était la Renault 5 GT Turbo, digne représentante du genre.

Dessinée par Giugiaro, la première génération de Fiat Punto conserve aujourd’hui encore un look très sympa. A peine différentiable extérieurement de ses sœurs, la Punto GT, lancée en 1994 joue la carte de la discrétion. Contrairement aux modèles moins performants de la gamme, la Punto GT n’est disponible qu’en version trois portes. Seules ses jantes alu spécifiques, des jupes latérales noires (peintes à partir de la phase 2) et de discrets liserés rouges sur les baguettes latérales trahissent la sportivité de ce modèle. A partir de la phase 2, un logo GT rouge y est ajouté.

Design Intérieur et Extérieur

Passons à l'intérieur. Les larges portes offrent un accès facile aux sièges avant. Là, on découvre avec bonheur une des grandes qualités de la Punto : l'habitacle est clair et spacieux. L’espace utile de cette carrosserie compacte a été exploité de manière optimale. La Punto GT reçoit un volant sport et des sièges plus enveloppants et des compteurs à fond blanc à partir de la phase 2. A part cela, la discrétion extérieure se retrouve à l'intérieur. Cette discrétion stylistique a toutefois l'avantage de "bien vieillir" et de ne pas faire trop "ringard" ou "kitsch" au fil des ans.

Fiat proposa un kit carrosserie signé "Abarth" afin de satisfaire les clients trouvant leur sportive trop discrète. Ces aménagements esthétiques comprennent de nouvelles jantes, des spoilers et des jupes plus enveloppants, un aileron arrière massif et quelques détails intérieurs spécifiques.

Outre certains éléments de sécurité (ABS, airbag droit), on trouvait en option une garniture en cuir clair et la climatisation. En série, la dotation de base est assez richement dotée: lève-glace électriques, rétroviseurs extérieurs électriques et chauffants, verrouillage central à télécommande, autant d’aménagements parmi bien d’autres. Le volant en cuir est réglable en hauteur et la direction est assistée. Parmi les aménagements extérieurs, il faut mentionner les jantes en alliage léger et les phares antibrouillard.

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La présentation est de bonne facture, en particulier pour une sportive vendue sous la barre des 100.000 F. Dès 1995, la GT évolue et reçoit quelques modifications. A la fois à l’extérieur avec des feux fumés et, à l’intérieur, où l’habitacle fait peau neuve. Les yeux avertis auront remarqué aussi le passage des compteurs noirs aux blancs. De fin 97 à 98, une troisième série de Fiat Punto GT vit le jour. Elle se différencie de la précédente par ses nouvelles coques de rétroviseurs, ses nouvelles jantes de couleur antracite et son intérieur spécifique. Le modèle jaune présenté ici fait partie de cette 3ème série de Punto GT.

Motorisation et Performances

La base mécanique de la Punto GT est celle de la Fiat Uno Turbo i.e., de deuxième génération. Il s’agit donc du bloc fonte de 1.372 cm3. Cylindrée très proche de celle du récent MultiAir de Fiat, que l’on a notamment croisé sur l’Abarth Punto Evo. Assez technologique, ce moteur subit plusieurs modifications par rapport à la Uno phase 2.

La première d’entre elles est le retour d’un turbocompresseur IHI, comme c’était le cas sur la phase 1. Refroidi par eau, le VL7 est épaulé par un échangeur air/air et une waste gate, comme c’était également le cas sur la première « injection électronique ». Gestion de l’alimentation et de l’allumage qui fut une nouvelle fois confiée à Bosch, au travers de la Motronic 2.7, aussi vue sur les premières Ferrari F355. L’autre nouveauté est la mise en place d’un overboost, augmentant la pression de suralimentation à 1,3 bar.

Le gain de puissance est notable et le rendement au litre frôle les 100 ch et 150 Nm au litre ! Prenez vos calculettes et vous obtenez 136 ch pour 210 Nm sur la phase 1, dont le couple maximal est atteint dès 3.000 tr/min. La puissance maximale est disponible de 5.750 à 6.250 tr/min, pour un rupteur situé 350 tours plus tard. Des valeurs qui lui permettent de faire bonne figure au milieu des GTI atmosphériques de l’époque, notamment la Renault Clio 16S.

La puissance du 1.4 turbo baissa successivement à 133 ch en 1995, baisse uniquement "administrative" par modification de la norme de calcul, puis à 130 ch deux ans plus tard sur la phase 3. Sa puissance adminsitrative passe alors de 6 à 8 ch en juillet 1998. Le couple baisse également un peu sur la phase 3, en partie compensé par un rapport de boîte plus court, mais c’est surtout le caractère général de cet excellent moteur qui se dégrade… On comprend mieux pourquoi la Punto GT phase 1 conserve les faveurs des puristes.

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Pour les férus des détails en tout genre, l’ordre d’allumage de ce vaillant quatre cylindres est 1-3-4-2 et sa culasse à huit soupapes est toujours en aluminium. En pratique, la consommation moyenne tourne autour de 10L aux 100 km, en sachant qu’elle peut vite s’envoler selon l’état d’excitation du conducteur.

Quant aux chiffres des performances de la Punto GT, ils ne révèlent pas complètement le vrai potentiel de cette bombinette. Le 0 à 100 km/h avalé en moins de 8 secondes a beau être déjà très bon, c’est le kilomètre départ-arrêté abattu en 28,8 secondes qui peut se montrer décevant. La faute à la motricité de la voiture malmenée par le valeureux overboost.

Comportement Routier

Deux modes de conduite s’offrent à vous : plutôt cool, sans pour autant renoncer à l’apport du turbo ou, le mode cravache, pied au plancher, qui vous colle au siège. Particulièrement brutal, ce mode de conduite se montre jouissif et nous rend parfois nostalgique de ces moteurs de caractère, aux antipodes de notre downsizing actuel. Et il en est de même sur la route avec la Fiat Punto GT.

La brusque arrivée du couple complique la tâche et provoque une goutte de sueur sur le front à la rencontre du premier virage. Soit vous restez sous le seuil du turbo, soit vous restez en plein de dedans. Mais ne passez d’un stade à l’autre sous aucun prétexte ! Agrippez-vous bien au volant, lui qui n’est pas exempt de remontées intempestives du couple.

L’italienne, vive et agile, a beaucoup progressé sur le chapitre de la tenue de route par rapport à son aïeule Uno. Les suspensions avant et arrière sont à roues indépendantes. De type Mac Pherson à l’avant, elle dispose de bras oscillants reliés par deux silentblocs à une traverse et de ressorts hélicoïdaux désaxés ainsi que d’amortisseurs hydrauliques à double effet. Des barres de torsion et anti-roulis sont montées à l’avant, l’arrière se contentant d’une barre stabilisatrice. Si bien qu’une prise de roulis relativement importante à l’arrière est manifeste.

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Dans les virages serrés, elle manifeste des réactions sous-vireuses typiques des tractions avant à larges pneus. La distribution des masses de 673 kg sur l’avant, contre 363 à l’arrière, est un autre handicap. La direction est agréablement directe et précise. Le freinage équipé de quatre disques est assez adaptée aux performances de cette voiture mais l’ABS qui était monté en série se déclenche un peu trop tôt et les distances d'arrêt sont moyennes. Sur la Punto GT phase 3, Fiat va monter des étriers un peu plus gros. Finalement, son principal défaut est son rayon de braquage calamiteux rendant pénible les trajets urbains. Un comble pour une citadine.

Fiabilité et Points à Surveiller

Au final, la Fiat Punto GT n’était peut-être pas la plus efficace de sa catégorie mais elle est l’une des plus amusantes ! La cote des Fiat Punto GT tourne autour des 3.000 €, sachant que les plus recherchées sont les phases 1 comme nous l'avons vu. Malheureusement, l’épuration ethnique lancée sur ce modèle (toutes phases confondues) rend les recherches longues et ardues.

Côté fiabilité, la dump valve d’origine avait un défaut de conception. Tous les propriétaires s’y sont adaptés. Le bloc en fonte Fiat est en lui-même indestructible, ce qui n’est pas le cas de la culasse en aluminium, sensible à toute surchauffe. Un réglage scrupuleux du jeu aux soupapes est impératif car il limitera l’usure prématurée de l’arbre à cames, pas de qualité optimale, dirons-nous. Les temps de chauffe sont naturellement à respecter, dans l’optique de conserver intact la turbine IHI. Pièce par ailleurs très robuste qui peut dépasser sans souci les 150.000 km.

Les autres points indispensables sont une huile de bonne qualité, vidangée tous les 7.500 km. La distribution est à faire tous les 80.000 km, avec en même temps le remplacement de la pompe à eau. Dernier point, les silentblocs du train arrière étaient trop minces d’origine, provoquant de gros claquements avec le temps. Problème référencé chez Fiat qui commercialise des silentblocs plus gros depuis.

Voiture plaisir disponible à des prix très bas en occasion, la Fiat Punto GT mérite que l’on laisse de côté certains a priori. Pointée du doigt à cause de sa fiabilité moyenne, elle a surtout souffert d’acheteurs peu scrupuleux. En ajoutant ceux qui ont préféré se servir de l’italienne comme base de tuning, il est aujourd’hui quasiment impossible de trouver un exemplaire propre. Sans compter ceux qui ont fini au tas par excès d’optimisme.

Tableau Récapitulatif des Caractéristiques Techniques

Caractéristique Phase 1 (1994-1995) Phase 2 (1995-1997) Phase 3 (1997-1999)
Puissance 136 ch 133 ch 130 ch
Couple 210 Nm N/A Moins que phase 1
Puissance Fiscale 6 ch N/A 8 ch
Turbo IHI VL7 IHI VL7 IHI VL7

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