La Mercedes-Benz 300 CE W124 est un coupé qui a marqué son époque par son élégance, son luxe et ses performances. Découvrons ensemble ce modèle emblématique.

Présentation du Modèle

Après la nouvelle Classe E W124 en 1986, Mercedes-Benz poursuit le renouvellement de sa gamme pour 1987 avec le coupé CE dérivé de la berline. Ce qui frappe d’emblée est la ligne dont les vitrages latéraux sont dépourvus de montants comme c’était le cas dans la génération précédente (W123). Une ligne quoique massive et assez carrée inspirant robustesse et sécurité passive dont les dimensions sont pourtant toutes autres que celle de la berline : -8,5 cm de moins en longueur et -3 cm en hauteur. L’illusion gémellaire semble parfaite et pourtant seuls optiques avant et arrière sont identiques ! Belle prouesse de l’équipe des designers dirigée par Bruno Sacco.

Comme ses sœurs berlines, les tics sylistiques du moment à Sindelfingen sont reconduits : antenne arrière télescopique, habillages de bas de caisse bicolores avec la carrosserie, et jantes alu de 15 pouces élégantes et discrètes.

En octobre 1989, la W124 en est déjà à son premier rafraîchissement. Les rétros prennent la couleur caisse de même que la partie supérieure du pare-choc. Le pare-choc aussi est peint couleur caisse tandis que les bas de baisse sur les flancs sont peints dans une couleur assortie à la caisse, surmontés d'un jonc chromé.

En 1992, arrivent les moteurs multi-soupapes chez Mercedes. La 300 CE rend son tablier pour le transmettre à la 320 CE qui fournit elle aussi 220 ch comme la 300 CE-24. Dès l'année suivante, la gamme est encore modernisée avec notamment une calandre désormais intégrée au capot.

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Pour ceux qui recherchent de l’excentricité, il faudra repasser, ce n’est pas le genre de la noble maison frappée de l’étoile.

Motorisation et Performances

Le six cylindres trouve un écrin à sa dimension pour exprimer pleinement ses qualités. Avec son bloc fonte, il est coiffé d’une culasse en alu à 12 soupapes animées par un simple arbre à cames en tête (chaîne de distribution). Du classique et de l’éprouvé mais qui fonctionne admirablement et distille un bel agrément de conduite et une rondeur de fonctionnement en phase avec la destination du coupé 300 CE. L’injection mécanique est à commande électronique Bosch KE-Jetronic.

La puissance semble suffisante avec ses 188 ch à 5 700 tr/mn et son rapport de 63,47 ch/litre vous donne un indice sur sa vocation plus grand tourisme que sport pur et dur. Pas grave, ce six cylindres se rattrape sur une rondeur de fonctionnement que ses 260 Nm à 4 400 tr/mn lui autorise.

Si en prime vous avez opté pour la très bonne boîte automatique Mercedes-Benz à 4 rapports, le tableau est parfait. Pour les obsédés du levier de vitesses, sachez que la boîte manuelle (de série) est du type à 4 rapports plus une 5e surmultipliée. Une sale manie pour jouer la conscience tranquille auprès des écolos et de la baisse des consommations. Résultat la vitesse maximale de 228 km/h est atteinte sur le… 4e rapport (!) en boîte manuelle. Une boîte dont la commande est rugueuse et finira par vous convertir à l’automatisme.

Les accélérations sont de bon aloi avec un kilomètre DA en 28’’7 (29’’0 et 224 km/h en BVA4).

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De même, la 300 CE (notre modèle) abandonne 8 ch à raison du catalyseur pour n'en distribuer plus que 180. Le coupé 300 CE est livré avec boite manuelle 5 rapports ou en boite automatique à 4 rapports (notre modèle). Si cette dernière affiche des performances en recul par rapport à la boite manuelle (vitesse de pointe, reprises, accélération), elle se rattrape par un agrément de conduite très élevé.

Tenue de Route et Confort

Le train avant reste fidèle à un McPherson triangulé avec déport négatif et barre antiroulis, tandis que l’essieu arrière multibras, véritable atout de la série W124 est reconduit avec bonheur. Les renforts de caisse ont été conséquents pour permettre à la caisse de conserver une belle rigidité malgré l’absence de montants centraux. Un travail qui n’est pas sans conséquence sur le poids qui grimpe à 1 390 kg, soit 35 kilos de plus que la berline dont il dérive.

La direction est constituée d’un boîtier à recirculation à billes avec une assistance hydraulique. Les freins sont à disques (ventilés avant) et adjoints d’un ABS. Les jantes alu de 15 pouces sont chaussées de pneumatiques au profil ménageant une bonne tenue mais aussi du confort avec des flancs de 65 (195/65 VR15).

La tenue de route joue les bonnes élèves de la classe avec un confort remarquable mais une précision et agilité bien réels. d’amortissement trop prononcée.

Le coupé CE n'est pas une voiture sportive, même si les chiffres peuvent le laisser penser. C'est une grande routière, une machine à avaler du kilomètre, à cadence soutenue. C'est une voiture qui est à l'aise sur les routes sinueuses tant qu'on ne la brusque pas. Elle enroule sur le couple et n'a jamais l'air de forcer. Vouloir la transformer en voiture de sport, ce n'est pas comprendre son esprit.

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Intérieur et Équipement

L’habitacle étonne par ses cotes flatteuses et la qualité de sa construction et présentation. Tout est certes classique dans le trait, mais très organisé, ergonomique et bien présenté. Une fois la lourde portière refermée dans un « clong » qualitatif et rassurant sur la qualité exceptionnelle affichée par la firme à l’étoile, la ceinture de sécurité vient jusqu’à vous sur un bras pour vous éviter la crampe à l’épaule. Comme sur sa grande sœur la Mercedes-Benz 500 SEC W126 ! La classe supérieure ou vous dit…

En revanche, malgré une réduction de 2 cm du diamètre du volant, il s’apparente toujours plus à un cerceau qu’à un volant étant toujours trop grand. Véritable 4 places, y compris pour les bagages. Les passagers arrière on le droit à des appuis-têtes rétractables pour dégager la rétrovision du conducteur lorsque les places sont inoccupées. Confort top niveau, et finition supérieure caractérisent la Mercedes-Benz 300 CE W124 qui soigne plus ses passagers que l’équipement de série.

Les options restent nombreuses et coûteuses, même à ce tarif !

Fiche Technique Détaillée

Caractéristique Valeur
Type du moteur 6 cylindres en ligne, essence
Emplacement Longitudinal, avant
Puissance fiscale 16 CV
Cylindrée 2962 cm3
Alésage x course 88,5 x 80,25 mm
Taux de compression 10:1
Puissance maximale 188 ch à 5700 tr/min
Couple maximal 26,5 mkg à 4000 tr/min
Nombre de soupapes 12
Alimentation injection électronique Bosch
Type de transmission propulsion
Boite de vitesses manuelle à 5 rapports (ou automatique à 4 rapports)
Vitesse maximale 228 km/h (automatique : 223 km/h)
0 à 100 km/h 7,9 s (automatique : 8,1 s)
Consommation moyenne à 90 km/h 7,1 l/100km (auto : 8,6)
Consommation moyenne à 120 km/h 9,1 l/100km (auto ; 10,4)
Consommation moyenne en cycle urbain 13,5 l/100km (auto : 13,3)
Poids 1390 kg

La Version AMG : "Hammer"

En 1986, AMG réalise la Mercedes 300 E 5.6 AMG. AMG passe à la vitesse supérieur. En 1986, AMG réalise la Mercedes 300 E 5.6 AMG. La puissance est portée à 385 ch, alors autour du million de francs.

Hammer développe désormais 385 ch à 5 700 tr/mn, 58 mkg dont 50 disponibles dès 2 000 tr/mn. Elle atteint une vitesse maximale à 300 km/h.

AMG se posait ainsi comme alternative incontournable. Avec ses voitures préparées par ses soins, AMG passe à la vitesse supérieur. Chez AMG, on ne se contente pas d'habiller les carrosseries des Mercedes-Benz, on s'occupe aussi de ses motoristes.

Pas question donc de trouver des culbuteurs ou des culasses simplistes. La technique retenue est européenne, avec une technique à quatre soupapes par cylindre.

Hammer est une AMG et non plus une Mercedes-Benz. L'étoile, ni même les références de pièces, ont disparu. Sur le plan esthétique, la Hammer n'échappe donc pas à un habillage complet, comprenant des élargisseurs d'aile et des jantes spécifiques.

Conseils d'Achat et Entretien

Si elles sont présentes dans les petites annonces (141 498 exemplaires produits dont 43 486 exemplaires en 300 CE), les Mercedes-Benz CE coupés W124, à fortiori les 300 CE sont cependant à trier sur le volet. Certes, leur fiabilité et endurance sont bien réelles, aidées en cela par un 6 cylindres en ligne éprouvé dont le rapport qui reste en deçà de 80 ch/litre préserve la mécanique, sans compter sur la boîte automatique (option) qui évite tout débordement du conducteur. Mais leur entretien est impératif est coûteux.

Les gros kilométrages ne sont pas à fuir pour autant, les 300 000 km pouvant être un cap franchi par beaucoup d’exemplaires. Ce qu’il faut surtout surveiller est avant tout l’origine de l’auto (provient-elle d’Allemagne très récemment ?) et le nombre de propriétaires qui se sont succédés. On note que certains endroits peuvent être sensibles à la corrosion, notamment ailes, baie de parebrise ou entourage de l’habitacle près de la lunette arrière.

Les équipements doivent tous être en parfait état de marche ainsi que tous les accessoires présents, car si toutes les pièces sont disponibles chez le constructeur de Stuttgart, les tarifs sont à la hauteur du pedigree de l’auto. A inspecter également les fuites éventuelles de la boîte de vitesses ainsi que son bon fonctionnement.

Les trains roulants méritent également une attention particulièrement notamment au niveau des silents-blocs et paliers qui vieillissent et se durcissent, souffrant également du poids de ce coupé allemand.

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