En 2001, Subaru présentait sa nouvelle Impreza WRX. Destinée à asseoir la réputation du constructeur japonais, elle fut par deux fois remaniée , en 2003 et 2006, avec pour principales modifications un nouveau design et une évolution de la célèbre mécanique à plat.
Générations et Restylages
Cette deuxième génération (châssis GD/GG) qui restera marquée comme celle qui a équipé les forces de gendarmerie plutôt que par ses succès en rallye, a une aura moins établie que celle de la première génération, la fameuse Impreza GT Turbo.
Présentée en 2001, la phase 1 de la Subaru Impreza WRX hérite d’un visage très japonais. Avec ses phares ronds et ses feux anti-brouillards surdimensionnés, elle porte ses gênes nippons. Sans doute trop pour que Subaru décide de lui offrir un nouvelle face avant en 2006.
A l'occasion du premier restylage qui intervient dès 2003 (phase 2), les phares ronds sont abandonnés et remplacés par des phares plus conventionnels.
La réaction de la presse automobile ainsi que celle des fans de l'Impreza est alors très positive, d'autant plus que dans le même temps le moteur 2.0 turbo gagne en puissance et en couple pour atteindre 225 ch à 5600 tr/mn et 300 Nm à 3600 tr/mn. Le poids n'étant qu'en très légère hausse (1400 kg), les performances de la WRX s'améliorent sensiblement.
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Lors du second restylage en 2006 (phase 3), le 1994 cm3 est retiré pour laisser la place à un tout nouveau 2.5 litres (code EJ255). Pour cela, l’alésage passe de 92 à 99,5 mm tandis que le taux de compression reste inchangé à 8,0 : 1.
Design Extérieur
Ses optiques dévoilent des traits plus rectangulaires et effilés, davantage dans la norme de ce que les européens et américains apprécient. Le lien de famille avec la Legacy est maintenant frappant et permet une meilleure cohérence dans la gamme.
Il est important de rappeler que cette Impreza est toujours une tricorps, structure abandonnée pour la version européenne de sa remplaçante.
Dans la plus pure tradition japonaise, un aileron prend place sur la malle arrière et la proéminente prise d’air est toujours présente sur le capot. Détail toujours spectaculaire à admirer une fois installé à bord du véhicule.
Intérieur et Confort
La transition pour parler de l’habitacle étant toute trouvée, la qualité de fabrication marque les progrès faits en la matière à partir du restylage. La console centrale, venant elle aussi tout droit de la Legacy, arbore un côté un peu austère à cet intérieur par ailleurs très sombre.
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Les sièges équipés de supports latéraux sont bien enveloppants et la position de conduite offerte au conducteur paraît excellente.
Preuve que quand nous testons une familiale, nous ne faisons pas les choses à moitié, nous avons réussi à loger à trois personnes à l’arrière pour un court trajet de quelques kilomètres. La banquette arrière n’est pas rabattable mais munie d’une trappe à skis, logique pour une quatre roues motrices non ?
Moteur et Performances
La WRX est équipée dun moteur de type Boxer c'est-à-dire un moteur à plat (flat en anglais). Peu de marques automobiles proposent une telle architecture de moteur, Porsche est un des rares exemples avec son célèbre 6 cylindres à plat « Flat 6 ».
Le moteur Boxer est un moteur à cylindres opposés (ou à plat) dans lequel le déplacement des pistons se fait dans un seul plan, avec les cylindres disposés de part et d'autre du vilebrequin. Pourquoi Boxer (signifiant boxeur) ?
Sur la Subaru Impreza WRX le « flat four » est accouplé à une transmission intégrale à 3 différentiels.
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Si le gain de puissance pure est faible avec seulement 5 chevaux, c’est au niveau du couple et de la souplesse du moteur que le caractère de la voiture se voit métamorphosé. Revendiquant maintenant 320 Nm, les reprises gagnent en intensité et cela se ressent sur le chiffre officiel du 0 à 100 km/h abattu en 5,9 secondes. Je précise officiel car ce chiffre paraît très optimiste d’au moins une demi-seconde…
La WRX partage quelques éléments avec la STi dont le Subaru Active Valve Control System (AVCS) (qui comme son nom l’indique contrôle la levée des soupapes) et un système de contrôle électronique de l’accélérateur.
Transmission et Sécurité
La puissance du moteur est donc transmise aux quatres roues (répartition 50/50), augmentant ainsi la motricité et donc la tenue de route. La boite de vitesse équipant la WRX est une boite manuelle à 5 rapports.
Les quatre roues motrices permanentes de série sont un argument en terme de sécurité active (priorité de la marque Subaru).
Elle dispose de sécurité passive et active (ABS en série).
Comportement Routier
Quelle déception… La principale satisfaction concerne le comportement routier. Plus rigoureux, il a gagné en agilité grâce à un châssis moins sous-vireur grâce à la suspension indépendante aux quatre roues et à une caisse plus rigide.
La direction est plus agréable, plus précise et plus directe qu’avant. La position de conduite s’est également améliorée, notamment grâce au réglage du siège en hauteur et à celui de la direction.
L’amortissement aussi a progressé et devient très efficace, permettant un meilleur contrôle de trajectoire même sur les mauvais revêtements. La voiture est donc plus facile et plus efficace. Côté confort en revanche, ce n'est toujours pas la référence du marché.
Freinage
Faciles à doser, puissants et endurants les freins sont enfin un peu plus au niveau des performances d'une telle sportive bien que les distances de freinage restes moyennes. Conscient de ce défaut, Subaru fournit sur la version 2006 des disques de 292 mm à quatre pistons, là où la précédente mouture devait se contenter de freins de dimensions similaires mais à doubles pistons.
Consommation et Entretien
La consommation du boxer, qui n'a jamais été son point fort, n’évolue malheureusement pas et tourne toujours dans une moyenne de 11L/100 km, avec le pied léger... Soit une valeur pas très éloignée de certains 6 cylindres plus nobles, souvent munis d’une sixième vitesse qui fait défaut à l'Impreza sur autoroute.
N’oublions un détail qui peut se révéler important lors de la négociation de l’achat de la voiture, la distribution par courroie n’est à faire que tous les sept ans.
Conclusion
La Subaru Impreza a su évoluer mais le résultat reste mitigé : plus rigoureuse, mieux équipée et finie, en un mot plus « aboutie », la reine du WRC était aussi vendue plus chère que sa devancière sans être forcément plus performante.
Les débuts d’un certain embourgeoisement du label WRX, confirmé sur la génération actuelle, laissant le champ libre à la vraie sportive de la gamme : la STI. Il n'en reste pas moins une familiale originale, bien construite, performante et sûre.
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