L'histoire de Nash Automobile au Mans est un récit de passion, d'innovation et de compétition acharnée. Cet article explore les différentes facettes de cette aventure, des premières courses aux modèles emblématiques.

Les Débuts de Nash-Healey en Compétition

La première course de la voiture a eu lieu lors de la Mille Miglia 1950 en Italie. La voiture s'est très bien comportée, pilotée par Tony Rolt et Duncan Hamilton. Tony Rolt et moi-même avons décidé d'appliquer les lois des contraires et de rouler vite quand tout le monde ralentissait, la nuit par exemple, ou sous la pluie. Tony et moi avons terminé à la quatrième place.

Duncan Hamilton, dans son livre Touch Wood, déclare : "Cette voiture était en quelque sorte un hybride et divers problèmes sont apparus au cours des essais. Tout ce que vous utilisiez, pièces de rechange, outils, fils, ruban adhésif, etc. devait être transporté jusqu'à la voiture. J'ai dû retirer la roue endommagée, après avoir battu et fait levier sur l'aile endommagée, j'ai pu dégager l'aile un peu plus. Tout cela a pris une vingtaine de minutes. La voiture en troisième position, une Allard, a terminé dans le même tour que nous et n'avait que 20 secondes d'avance à l'arrivée."

L'Évolution de la Nash-Healey

Comme lors de la première victoire mancelle (laquelle avait, en partie, donné naissance à la première génération de la Nash-Healey), le président de Nash demande aussitôt Mead Moore, l’ingénieur en chef de la firme de Kenosha, de concevoir une nouvelle version plus musclée du six cylindres « maison ». Le moteur voit alors sa cylindrée portée à 4 150 cc et son alimentation confiée désormais à deux carburateurs Carter, permettant ainsi de faire grimper sa puissance à 140 chevaux.

Si cette version à hautes performances n’est encore qu’une option lorsqu’elle fait son apparition au catalogue du constructeur au cours de l’année-modèle 1952, elle sera ensuite montée de série sur la Nash-Healey à compter du millésime suivant (devenant alors la seule motorisation disponible). Recevant l’appellation Le Mans Dual Jetfire, elle permet à celle-ci d’atteindre la barre des 180 km/h.

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Le Coupé Le Mans : Un Hommage à la Course

George Mason présente également, au sein de la gamme du millésime 1953, une nouvelle carrosserie coupé dont le châssis reste identique à celui du roadster et dont il reprend d’ailleurs la plupart des éléments de carrosserie. Même s’il est vrai que l’essentiel de l’opération a consisté, pour Pininfarina, à « coiffer » d’un tout l’habitacle du roadster, il n’en reste pas moins que la ligne originelle ne s’en trouve, en aucun emanière, dénaturée. Le seul vrai défaut de la transformation du roadster en coupé étant une légère prise de poids, le coupé Le Mans accuse, en effet, 120 kg de plus sur la balance par rapport au roadster.

Si l’élégance du coupé lui permettra de rapporter l’un des plus prestigieux concours d’élégance européen, celui de Stresa en Italie, cette autre victoire n’aura aucune incidence positive sur ses ventes. Il est vrai que le prix de vente a augmenté en même temps que les performances. Nul doute que les comptables du constructeur de Kenosha n’ont sans doute pas manqué de hausser les sourcils en découvrant le tarif auquel, il leur faudrait vendre leur belle sportive, habillée de sa robe de haute couture italienne, pour que sa production soit véritablement rentable.

Les Défis Commerciaux et la Fin de la Nash-Healey

Dès lors, il n’est guère étonnant qu’il n’y ait eu, en tout et pour tout, que 162 clients à avoir franchi le pas. Face à ce résultat quelque peu décevant, certains en venant sans doute même à remettre ouvertement en cause, l’utilité réelle de poursuivre cette aventure dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne s’est pas vraiment avérée concluante sur le plan commercial et donc à remettre, tout simplement en cause, devant George Mason lui-même le maintien en production de la Nash-Healey.

Lorsque les modèles Nash du millésime 1954 sont dévoilés au public, si la suppression pure et simple de la Nash-Healey n’est peut-être alors pas encore décidée, elle est, en tout cas, déjà sérieusement envisagée. Pour ce qui sera son dernier millésime, la Nash-Healey n’est plus proposée qu’avec la première des deux carrosseries mentionnées. Ces ultimes coupés Le Mans se reconnaissant à ses vitres de custode en forme de trapèze, ses montants inversés à l’arrière du pavillon de toit ainsi que sa lunette arrière panoramique divisée en trois parties.

Si le constructeur avait fait l’effort louable d’abaisser son prix de vente, cet effort restera finalement vain et n’aura donc aucune conséquence (bénéfique) sur les ventes. Ce ne seront, en effet, en tout et pour tout, que 90 exemplaires du coupé Nash-Healey Le Mans qui parviendront à trouver preneurs durant ce millésime 1954. La production de la belle américano-anglo-italienne prend fin au mois d’août de cette année-là.

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L’échec est d’autant plus flagrant et amer pour le président ainsi que tous les cadres de Nash qui avaient soutenus le projet lorsqu’ils font le compte de la production de celle-ci dont ils ambitionnaient de faire le porte-drapeau de la firme de Kenosha. Depuis la commercialisation de la première série en 1951, il n’y aura eu, en tout et pour tout que 506 exemplaires produits.

L'Héritage et la Corvette

Coïncidence assez ironique du destin ainsi que de l’histoire de l’automobile, c’est au moment où la Nash-Healey quitte la scène, qu’un nouveau roadster sportif, cette fois-ci aux origines 100 % américaines, apparu sur le marché l’année précédente, « prendra son envol » : la Corvette. Si la version originelle se voyait quelque peu handicapée par le manque de puissance et de panache de son modeste six cylindres, dès l’année suivante, la greffe d’un V8 « small block » lui permettra de démontrer l’étendue de son potentiel.

Si cette première génération de la Corvette est encore loin d’être le carton commercial que connaîtront celles qui lui succéderont, elle n’en affichera pas moins des chiffres de production nettement supérieurs à ceux de la Nash-Healey, pour un prix de vente bien plus démocratique. La Corvette pourra également et pendant très longtemps revendiquer le titre de « seule vraie voiture de sport américaine », un titre auquel aurait sans doute aussi voulu prétendre la Nash-Healey mais pour lequel, s’agissant de cette dernière, la légitimité nécessaire lui a toujours, en grande partie, fait défaut.

La Fusion et l'Avenir de Nash

Si, à la fin de l’été 1954, George Mason a décidé, avec pragmatisme mais non sans regrets, de tourner la page de l’aventure de la Nash-Healey, c’est aussi car le constructeur se trouve alors à un tournant important de son histoire. Les pourparlers entamés depuis quelque temps avec Hudson aboutissant, à la fin du mois d’avril 1954, à la création du groupe AMC (American Motors Corporation).

Mason n’entendait toutefois pas s’arrêter là et ambitionnait même de pouvoir y intégrer deux autres figures emblématiques parmi les constructeurs indépendants encore en activité à l’époque : Packard et Studebaker. Malheureusement pour ces derniers, la disparition subite de George Mason, en octobre 1954, mettra fin, de manière brutale, à ce projet.

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L'Impact Culturel et la Frazer Nash

Malgré une apparition remarquée au grand écran, dans le film culte « Sabrina », réalisé par Billy Wilder, sur le plan commercial, en revanche, la Nash-Healey n’a jamais pu prétendre à mieux qu’un rôle de figuration. Les voitures conçues par Donald Mitchell Healey connurent et connaissent un succès phénoménal. Environ 214 000 exemplaires furent produits et portèrent le nom magique de Healey.

Andrew Hall, qui nous vient de Londres, est un passionné de la marque Frazer Nash. Si la voiture qu'il pilote au Tour Auto en compagnie de Peter Bradfield ne lui appartient pas - elle est la propriété d'un ami, M. Smith, qui lui a prêtée -, il possède une Frazer Nash de 1929 à transmission par chaînes. La particularité des Frazer Nash tenait à leur transmission par chaînes multiples - une pour chacune des trois vitesses - empruntée aux GN.

En 1948, est lancé le modèle High Speed, dont dérive la Le Mans Replica, une voiture légère à l¹excellente tenue de route. Cette dernière tire son nom de la troisième place obtenue en 1949 sur le circuit de la Sarthe par une High Speed modifiée.

Tableau Récapitulatif des Modèles Nash-Healey

Modèle Années de Production Moteur Carrosserie Nombre d'Exemplaires
Roadster 1951-1954 Six cylindres en ligne Aluminium (1951), Acier (1952-1954) 344
Coupé Le Mans 1953-1954 Six cylindres en ligne Acier 162

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