Le programme CaMo (Capacité Motorisée) entre dans une nouvelle phase. Après deux premières tranches signées en 2019 et 2023, la Belgique et la France négocient une troisième commande de véhicules blindés. Ce nouveau volet s’inscrit dans une vision stratégique plus large, révisée pour répondre à l’évolution du contexte sécuritaire européen.

Après l’infanterie avec le Griffon, l’arme blindée cavalerie avec le Jaguar et l’artillerie avec le Camion équipé d’un système d’artillerie [CAESAr] ainsi que le Griffon MEPAC [Mortier Embarqué Pour l’Appui au Contact], le partenariat stratégique CaMo [Capacité Motorisée], scellé par la France et la Belgique, s’est récemment élargi à l’arme du Génie. C’est en effet ce que vient d’annoncer la composante terrestre de la Défense belge, via les réseaux sociaux.

« Poursuite de l’expansion du projet CaMo et excellente nouvelle pour le Génie ! Le 19 juin, à EuroSatory, le commandant de la composante Terre [le général Jean-Pol Baugnée] et le chef d’état-major de l’armée de Terre française [le général Pierre Schill] ont signé l’objectif d’état-major [OEM] pour l’acquisition en commun de l’Engin du Génie de Combat [EGC] », a-t-elle indiqué, le 9 juillet.

L'Engin du Génie de Combat (EGC)

L’EGC est en réalité le « Moyen d’appui au combat » MAC du programme SCORPION [Synergie du contact renforcée par la polyvalence et l’infovalorisation] qui, à terme, doit remplacer non seulement l’Engin blindé du Génie [EBG, monté sur un châssis d’AMX-30] mais aussi l’EGRAP [Engin du génie rapide de protection] et l’EGAME [Engin du génie d’aménagement], encore en service au sein de l’armée de Terre. Selon la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30, il est question d’en commander 125 exemplaires.

Pour ce programme, CNIM Systèmes industriels s’est associé à Texelis et, plus récemment à KNDS France, pour proposer l’Auroch, un véhicule d’aménagement du terrain de type 8×8 [et non de chenilles, contrairement à tous les engins similaires en service aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni], capable de fournir un « appui à la manœuvre des unités de mêlée ».

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Alliant « vitesse et grande capacité de travaux de protection ou de dégagement d’obstacle », l’Auroch sera équipé de capteurs électro-optiques pour surveiller son environnement ainsi que d’un tourelleau téléopéré Hornet [fourni par Arquus] armé d’une mitrailleuse de 7,62 mm. Grâce à un moteur diesel d’environ 600 chevaux, cet engin de 28 tonnes serait en mesure d’atteindre une vitesse de pointe de 80 km/h sur route.

« L’EGC est un véhicule qui visera à renouveler la capacité d’appui délivré par le Génie dans les zones de contacts en intégrant les technologies les plus récentes. Il remplacera partiellement le Char Pionnier et permettra donc grâce à un excellent compromis entre mobilité, protection et performance de façonner le terrain ou de le dégager des obstacles majeurs pour les unités au contact. Les premières livraisons […] sont prévues pour 2030 », a précisé la composante Terre de la Défense belge.

À noter par ailleurs que, dans le cadre de CaMo, deux bataillons de génie belge ont signé une charte de jumelage avec le 1er Régiment Étranger de Génie [REG] et le 6e Régiment du Génie [RG]. Même chose pour la « Field Accommodation Unit » [FAU], chargée de « fournir des infrastructures temporaires aux détachements en opération », avec le 31e Régiment du Génie de Castelsarrasin.

« Le jumelage ‘CaMo’ a pour but de recueillir les expériences et façons de faire d’une unité similaire afin d’alimenter le processus d’amélioration. Il s’agit principalement de relations basées sur des exercices et des moments d’interopérabilité ou d’échange de sous-unités et par ce lien d’approfondir les connaissances réciproques », a expliqué la Défense belge au blog spécialisé « À l’avant-garde ».

Le VBMR Griffon

Lancé dans le cadre du programme SCORPION, le VBMR Griffon est destiné à remplacer le VAB dans le rôle de véhicule militaire de transport blindé de l’avant. Il incarne une génération modernisée, modulaire et connectée, adaptée aux défis actuels du combat interarmes. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette machine blindée aux multiples facettes.

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Genèse et contexte : pourquoi le Griffon ?

Depuis les années 2000, l’Armée de Terre française cherche à moderniser sa flotte de véhicules blindés. Le Véhicule de l’Avant Blindé (VAB), en service depuis 1979, ne répond plus aux exigences contemporaines en termes de protection, modularité et interopérabilité.

Le programme SCORPION (Synergie du COntact Renforcée par la Polyvalence et l’Infovalorisation) est lancé pour équiper les forces françaises de véhicules de nouvelle génération : d’un côté le VBMR (version lourde et légère), et de l’autre l’EBRC Jaguar pour la reconnaissance et le combat. Le véhicule dispose aussi d’un système de surpression interne pour protéger l’équipage contre les menaces chimiques, biologiques ou radiologiques.

Capacité embarquée et agencement intérieur

  • Équipage : 2 (conducteur + opérateur de tourelle)
  • Passagers : jusqu’à 8 soldats en version transport de troupe (VTT)
  • Accès arrière via une rampe et porte de secours, hublots blindés latéraux, trappes de toit
  • Assises anti-blast montées sur les flancs pour réduire l’impact des explosions sous le véhicule

Armement et moyens de défense

Le Griffon, dans sa configuration standard (VTT / Félin), est équipé d’une tourelle téléopérée T1 Hornet, pouvant embarquer une mitrailleuse 12,7 mm, 7,62 mm ou un lance-grenades automatique 40 mm. Pour la protection active, il embarque le système GALIX (8 grenades fumigènes 80 mm) couplé à des détecteurs laser (ANTARES) pour déclencher automatiquement des contre-mesures.

Selon les versions, le Griffon peut aussi transporter des missiles (Akeron MP) ou être équipé d’un mortier embarqué dans la version Griffon MEPAC (120 mm).

Modularité et déclinaisons opérationnelles

La modularité est au cœur du concept : seule la partie avant (moteur, poste de conduite) est fixe, tandis que l’arrière est interchangeable selon les missions.

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Voici les principales versions envisagées :

  • VTT (transport de troupe / Félin)
  • EPC (poste de commandement)
  • VOA (observation d’artillerie)
  • SAN (évacuation sanitaire)
  • MEPAC (mortier embarqué 120 mm)
  • NRBC (détection & lutte CBRN)

Tableau comparatif : Griffon vs ancien VAB

Critère VAB (4×4 / 6×6) VBMR Griffon 6×6
Année d’entrée en service 1979 2019
Poids ~ 13 tonnes (version standard) ~ 25 tonnes
Capacité transport ~ 10 soldats en plus de l’équipage 8 soldats + 2 équipiers
Blindage Protection légère (armes légères) STANAG 4569 niveau 4 + kits modulaires
Modularité Variantes fixes (30+) Partie arrière interchangeable selon mission
Connectivité / systèmes électroniques Limitée aux communications de l’époque Systèmes vetronics, liaison SCORPION, SICS / CONTACT

Déploiement et opérateurs

La France est l’utilisateur principal du Griffon, et prévoit la livraison de 1 872 exemplaires d’ici 2035. Au 31 décembre 2023, environ 575 véhicules avaient été livrés à l’armée française. La Belgique a commandé 382 Griffon dans le cadre du programme CaMo (Capacité Motorisée), avec des livraisons prévues à partir de 2025.

Le Griffon a été engagé dans des exercices à l’étranger, par exemple en Norvège pour l’exercice “Brilliant Jump 2022”.

Atouts & défis tactiques

Forces du Griffon

  • Haute protection face aux menaces modernes (armes lourdes, explosifs) grâce à son blindage et ses contre-mesures.
  • Modularité opérationnelle : adaptation rapide aux missions variées sans multiplier les plateformes.
  • Interopérabilité numérique : système SICS / CONTACT relie les véhicules en temps réel, facilitant le combat collaboratif.
  • Bonne mobilité malgré le poids, avec une vitesse et une autonomie solides.

Contraintes et enjeux

  • Coût élevé unitaire (estimé autour de 1,5 million d’euros selon les premiers cahiers).
  • Complexité logistique liée aux kits modulaires et aux pièces partagées avec Jaguar pour optimiser les chaînes.
  • Poids imposant pouvant limiter certaines capacités de franchissement extrême comparé à des blindés plus légers.
  • Rythme de livraison et maintien en condition opérationnelle (MCO) exigeant pour couvrir les besoins de l’armée.

Perspectives d’évolution

On envisage de nouvelles versions plus spécialisées du Griffon (NRBC, accompagnement de drones, versions anti‑drone, etc.).

Polémiques et critiques

Les « fuites » dans la presse du rapport de la Cour des comptes belge sur le projet CaMo [Capacité Motorisée] ont pu nourrir la polémique pendant un temps, surtout au niveau politique. Pour autant, ce document n’a guère remis en cause les fondamentaux de ce partenariat stratégique scellé avec la France afin de doter l’armée belge d’une brigade entièrement équipée de véhicules issus du programme SCORPION [Synergie du COntact Renforcé par la Polyvalence et l’Info valorisatiON].

En réalité, ce rapport a surtout pointé une estimation insuffisante des coûts d’exploitation des blindés devant être acquis dans le cadre de CaMo, les frais liés aux infrastructures nécessaires à leur mise en œuvre n’ayant pas été totalement pris en compte. Une autre critique a porté sur le maintien en condition opérationnelle [MCO] de ces véhicules.

« Étant donné que les prix pratiqués par le fournisseur industriel français auprès de l’armée française sont soumis au secret commercial, il ne sera pas possible de vérifier que des prix comparables seront appliqués pour les commandes belges », a prévenu le document. Enfin, s’agissant des transferts vers l’industrie belge, la Cour des comptes a déploré que le contrat portant sur l’achat de 382 Véhicules blindés multirôles [VMBR] « Griffon » et de 60 Engins blindés de reconnaissance et de combat [EBRC] « Jaguar » ait fait l’impasse sur des clauses contraignantes : sur les 910 millions de retours prévus, seulement 626 millions se sont concrétisés.

C’est d’ailleurs aussi le cas pour la phase 2 du programme CaMo, laquelle doit se concentrer sur l’artillerie, avec l’achat de CAESAr et de Griffon MEPAC. Quoi qu’il en soit, au-delà de ces critiques, cette coopération franco-belge tient les délais.

Production et livraisons

Retenu par KNDS France pour assembler les Griffon destinés à l’armée belge, le groupe MOL Cy inaugura une ligne de production à Staden en avril 2024. « Les véhicules Griffon y seront désormais assemblés, peints, testés et finalisés, […] sous la supervision de l’entreprise MOL CY, fabricant de matériel de transport et sous-traitant spécialisé dans diverses constructions métalliques. Les véhicules sont prévus pour être opérationnels sur le terrain dès 2026 après leur lancement prévu pour l’année 2025 », avait alors expliqué le ministère belge de la Défense.

Or, un peu plus d’un an après, ce calendrier a été respecté. Et trois Griffon sortis de l’usine de Staden seront même présents au défilé qui se déroulera à Bruxelles à l’occasion de la fête nationale belge, le 21 juillet.

« Journée historique pour la Défense, comme pour l’industrie de Staden : […] le tout premier véhicule blindé belge Griffon a quitté l’atelier de l’entreprise Mol Cy. Une étape majeure dans la modernisation de la Défense et dans le renforcement de l’industrie de défense nationale », s’est en effet félicité le ministère belge de la Défense, le 15 juillet.

« D’ici la fin de l’année, les premiers véhicules arriveront dans les unités. Le Griffon offrira à notre Force Terrestre et au Service médical mobilité et rapidité sur le champ de bataille, mais aussi une protection. […] L’un des grands atouts du Griffon est la polyvalence du modèle de base : les véhicules d’infanterie seront assemblés en premier, suivis des versions ambulance, poste de commandement et mortier », a commenté Theo Francken, le ministre belge de la Défense, à cette occasion.

De son côté, le chef de la défense belge, le général Frederik Vansina, a fait valoir que les Griffon allaient permettre à ses troupes de « répondre » à leurs « objectifs capacitaires fixés au sein de l’Otan ». Et d’ajouter : « Ce n’est pas seulement une prouesse technologique, mais aussi un signe de notre ambition pour l’avenir ».

Plus généralement, le partenariat CaMo, qui associe également l’armée luxembourgeoise, vise à obtenir une « interopérabilité totale », les unités belges et françaises pouvant être « interchangeables ». Il est en outre question d’aller plus loin avec CaMo 3, cette nouvelle phase pouvant se traduire par l’achat de 1 500 véhicules SCORPION supplémentaires.

Or, visiblement, ce sujet intéresse moins les parlementaires belges que l’achat de 11 chasseurs-bombardiers F-35A de plus. « Je m’étonne qu’il n’y ait pas de questions sur CaMo 3. Car ce projet explose. Il dépasse de manière exponentielle l’achat de nouveaux F-35 », a d’ailleurs lancé M. Francken aux députés belges, le 2 juillet.

Selon le quotidien belge L’Echo, qui a cité le général Harold Van Pee, c’est-à-dire l’un des conseillers de M. Francken, CaMo 3 « comprendra de nouvelles commandes de Griffon, de Jaguar et de Caesar, auxquels il faudra ajouter des blindés Serval et des Véhicules blindés d’aide à l’engagement [en cours de développement sous l’égide de l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement, ndlr].

Deux véhicules blindés Griffon ont été livrés ce mardi à la Belgique dans le cadre du partenariat CaMo, les premiers d’une flotte visant à moderniser la Force Terrestre belge et à construire l’interopérabilité avec ses partenaires français et luxembourgeois.

Exit le hangar vide et son sol en terre battue, les 5500 m2 de l’atelier construit par Mol Cy sont aujourd’hui remplis de blindés 6×6 Griffon en cours d’assemblage final. « Cela devient concret pour nos militaires », déclarait Theo Francken, un ministre de la Défense belge « très content d’avoir les premiers Griffon ».

Ces Griffon « sont le résultat tangible d’une coopération stratégique entre la Belgique et la France », poursuivait le chef de la Direction générale des ressources matérielles (DGMR), le lieutenant-général Filip Borremans.

Au total, 406 Griffon déclinés en 11 variantes sortiront du site flandrien, dont 24 Griffon « mortier embarqué pour l’appui au combat » (MEPAC). Ceux présentés ce mardi relèvent du transport de troupes FELIN. Suivront des variantes poste de commandement et ambulance, en attendant l’arrivée de Griffon MEPAC programmée pour 2027.

Tous, à l’exception du Griffon MEPAC, viendront remplacer les Dingo 2 et une partie des Piranha IIIC de la brigade motorisée d’ici à 2030-2031.

Derrière « le symbole de la puissance de la coopération entre deux pays, deux armées et deux entreprises », ces Griffon sont aussi le résultat d’un travail d’équipe franco-belge, soulignait pour sa part Lieven Neuville, co-managing partner de Mol Cy. Si celui-ci pilote l’intégration finale et les essais, Thales Belgium se charge d’installer des équipements de communication et FN Herstal d’intégrer des tourrelleaux téléopérés T1B et T2B.

« Ces Griffon symbolisent la transformation de la Défense belge », notait le chef de la Défense (CHOD), le général aviateur Frederik Vansina. Quatre bataillons d’infanterie en seront équipés. Premier doté, le bataillon Libération - 5e de Ligne (Bvr/5 Li) s’y prépare depuis le début de l’année. Sa transformation se matérialisera sur un pas de deux ans.

En 2025 avec la formation d’équipages, de sous-officiers et d’officiers en France et la préparation de deux premières compagnies et d’éléments d’appuis à partir des matériels en service. « Dès l’année prochaine, une compagnie belge pourra s’intégrer dans une unité française dans adaptation préalable. Les trois autres bataillons d’infanterie suivront entre 2027 et 2029. Les deux bataillons de cavalerie suivront à compter de l’an prochain et de la réception des premiers engins Jaguar. Eux aussi entameront leur bascule sur base d’un premier escadron. Pour tous, la transformation continuera en fin de décennie au profit des compagnies, escadrons et appuis restants, une seconde phase dont l’aboutissement sera une Force Terrestre pleinement « scorpionisée » à horizon 2032.

Retombées économiques et industrielles

Six ans après un contrat CaMo 1 conclu pour 12 ans, « la France sait désormais de quoi notre industrie est capable », indiquait le ministre de la Défense belge. Le message n’a rien d’anodin, à l’heure où la Belgique cherche à formaliser et étendre les contreparties industrielles pour développer sa filière de défense nationale.

KNDS France s’est dès l’origine engagé à amener de la valeur en Belgique, et ce malgré l’absence de clause contraignante dans l’accord intergouvernemental (AIG) formalisé en novembre 2018 par Bruxelles et Paris. Les deux axes d’effort mis en place lors des contrats CaMo 1 et 2 et « se déroulent conformément au plan », relevait le PDG de KNDS France, Nicolas Chamussy.

Fin 2024, 101% des projets prévus via CaMo 1 étaient réalisés ou engagés, soit 741 M€ générés sept mois avant la livraison du premier Griffon. Et près d’un quart des engagements pris au travers de CaMo 2 se sont déjà concrétisés ou sont en cours pour plus de 262 M€, assure l’entreprise française.

Ce hiatus concernant les retours sociétaux, la Belgique cherche à le corriger au plus vite par un nouvel accord de gouvernement à gouvernement. « Nous sommes demandeurs d’un meilleur équilibre dans le domaine industriel entre la Belgique et la France », a rappelé un ministre belge néanmoins satisfait des « négociations fructueuses » tenues avec son homologue français, Sébastien Lecornu.

Plutôt qu’un nouvel AIG, il serait question de préciser et de compléter certains pans du document existant pour garantir ce rééquilibrage industriel. Étendues à l’échelon des chefs d’État et de gouvernement, les discussions se poursuivent afin de parvenir à un accord « dans les plus brefs délais ».

Message reçu dans les rangs industriels français. « Notre partenariat a vocation à se renforcer », annonçait Nicolas Chamussy. D’autres contrats sont sur la table côté belge, où une Vision stratégique renouvelée est sur le point d’être adoptée par le gouvernement. Celle-ci prévoit de nouvelles acquisitions de systèmes SCORPION.

Deux offres ont été remises à ce titre par KDNS France quelques heures avant l’apparition des premiers Griffon belges. Confiées à la Direction générale de l’armement (DGA), chargée d’acquérir les matériels au nom du client belge, ces offres portent sur 92 Griffon supplémentaires et une tranche initiale de 123 blindés 4×4 Serval. Rattachée au contrat CaMo 1 de 2019, la première vise notamment à étendre le parc de Griffon EPC. La seconde ouvre la voie à la commande de plusieurs centaines de Serval.

Son contenu n’est pas encore finalisé, mais la Force Terrestre mettrait à première vue l’accent sur des variantes de Serval permettant de combler ses trous capacitaires en matières de drones, de guerre électronique, de lutte anti-drones et de défense sol-air basse couche.

« Mol jouera à nouveau un rôle clef dans l’assemblage de ces véhicules, mais aussi pour les Serval que la France et la Belgique pourraient exporter au-delà de nos deux pays », précisait Nicolas Chamussy. Un exemple d’un nouveau plan de retour sociétal présenté hier par KNDS France au SPF Économie, ministère belge en charge du suivi des retours sociétaux.

Cette charge supplémentaire, Mol Cy est prêt à l’accueillir. Sa ligne est dimensionnée pour produire jusqu’à 10 Griffon par mois, une cadence qui dépasse le rythme requis pour l’instant pour CaMo. Il y a donc dès maintenant une marge de manoeuvre à exploiter.

« Nous sommes prêts à aller plus loin. Le site que vous visitez aujourd’hui a été conçu dès le départ pour une extension modulaire. Cela tombe bien, car Mol Cy devrait être également mobilisé pour la production des véhicules SCORPION bientôt acquis par le Grand-Duché de Luxembourg pour armer le bataillon binational en cours de construction avec le voisin belge. Les 16 Griffon, 38 Jaguar et cinq Serval luxembourgeois se matérialiseront en effet au travers des vecteurs contractuels mis en place par la Belgique, configurations strictement identiques à la clef. Entre un premier client export satisfait, des besoins qui se multiplient et une réponse industrielle qui s’adapte en conséquence, les planètes s’alignent pour que le modèle franco-belgo-luxembourgeois se répande en Europe.

Maintenance et soutien logistique

Plusieurs milliards d’euros sont sur la table en Belgique pour financer le soutien des parcs de véhicules de la Composante Terre. C’est l’un des enjeux permettant d’expliquer l’étendue de l’investissement consenti pour rééquiper la capacité motorisée belge. La maintenance des parcs actuels et à venir est en effet « un des plus gros postes de dépense dans le coût total d’un matériel militaire », rappelait la Cour des comptes belge dans un rapport publié la semaine dernière.

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