L'Opel Antara a subi un restylage significatif, visant à améliorer sa compétitivité sur le marché des 4x4 compacts.
Contexte et Évolution
Souvenez-vous, en 2006, l'Antara est né avant que le bonus/malus écologique ne sème la zizanie chez les 4x4, avant la crise qui a si durement frappé Opel, avant la prise de pouvoir sur la catégorie des Nissan Qashqai et Volkswagen Tiguan, plus modernes, plus compacts, et plus sobres.
Ces cataclysmes semblent même avoir menacé le 4x4 Opel de disparition, tant ses ventes sont restées médiocres, loin derrière celles du cousin Chevrolet Captiva, qui pouvait faire valoir ses sept places et ses tarifs plus serrés.
Opel mise sur ce restylage pour le sauver de l'extinction, mais aussi pour préparer le terrain à un petit frère, sur base de Corsa.
Produit en Corée, l'Antara se contentait jusqu'à présent d'une gamme de moteurs conforme aux critères d'une époque révolue, en termes de consommation comme de puissance.
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En diesel, il plafonnait à 150 ch: un peu juste pour mouvoir un si lourd 4x4, l'un des plus gros chez les "compacts".
Motorisations et Performances
Si les retouches esthétiques assurent le minimum (calandre, optiques), et les évolutions de l'habitacle ne dépassent guère le stade cosmétique, à part l'apparition d'un rangement très pratique sous la console centrale, l'Antara peut maintenant jouer des mécaniques.
Son turbodiesel inédit adopte une cylindrée généreuse de 2,2 litres, à contrecourant de la tendance actuelle au downsizing (diminution de la cylindrée à puissance équivalente, pour abaisser les consommations), et propose au choix 163 ou 184 ch.
Entre les deux s'intercale un 2.4 essence de 167 ch, plus anecdotique, si ce n'est pour son prix d'appel.
A ce tarif, seules les deux roues avant sont motrices.
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Une configuration de transmission qui, en diesel, ne s'associe qu'à la version 163 ch, afin d'abaisser la consommation, sans pour autant échapper au malus de 750 euros (en 2011).
Le 2.2 CDTI de 184 ch peut quant à lui être couplé à une boîte automatique, comme sur ce modèle d'essai.
Tout comme la transmission manuelle, elle compte maintenant six rapports, et non plus cinq.
Ce SUV n'est pas un exemple de dynamisme, à cause d'un poids annoncé à près de deux tonnes.
Les performances progressent nettement, mais l'ensemble moteur-boîte auto se caractérise plus par sa rondeur que par sa réactivité.
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Opel a préféré mettre l'accent sur l'agrément, en améliorant aussi l'insonorisation, l'un des points faibles de l'ancien 2.0 CDTI.
Améliorations du Châssis et de la Tenue de Route
Le châssis a lui aussi bénéficié d'un travail en profondeur, au profit du confort comme du comportement.
L'Antara se révèle à la fois mieux tenu en virage et sur route bosselée, plus précis de direction, et plus progressif dans ses réactions.
Et la gestion électronique perfectionnée des quatre roues motrices participe à la tenue de route aux allures élevées.
Pas de quoi cependant en faire un exemple de dynamisme, à cause d'un poids annoncé à près de deux tonnes, qui pénalise également la consommation.
En revanche, ce gabarit lui permet d'offrir une habitabilité conséquente.
Confort et Insonorisation
Et puis le silence fut… Car au niveau de l'insonorisation, cet Antara 2011 a en effet bien progressé.
A bord, on ressent un sentiment de sérénité et de confort, et bruits de roulement comme aérodynamiques sont très bien filtrés.
L'Antara dégage aussi l'impression d'être à bord d'un vrai 4x4.
Consommation et Aspects Pratiques
Mais hélas, l'Antara n'en est pas pour autant devenu franchement économique.
Si on se laisse un peu aller, on est vite à 9 l/100 km.
Les dimensions extérieures généreuses (4,60 m en longueur, soit 17 cm de plus qu'un VW Tiguan) ne profitent pas au volume de coffre, qui reste moyen.
Hormis un rangement volumineux à la place du frein à main, remplacé par une commande électrique, les évolutions intérieures restent très superficielles.
Sur ce point, l'Antara fait bien mieux que les 4x4 compacts les plus en vue, tout en restant assez sage question tarifs, sans lésiner sur l'équipement.
Capacités Tout-Terrain
En conditions normales, cet Antara 4x4 est en réalité une stricte traction.
Mais dès que ça se complique, la force motrice est équitablement répartie entre l'avant et l'arrière.
Enfin - et c'est là que l'engin supporte la comparaison avec un vrai tout-terrain - l'Antara reçoit en série un système de contrôle des descentes sur sol glissant ou très pentu.
Le frein de parking est électronique - la commande n'occupe donc pas de place - et dispose d'une fonction de desserrage automatique.
Comparaison avec le Chevrolet Captiva
Si on parle de l'Opel Antara, on doit évoquer le Chevrolet Captiva, son jumeau dizygote.
Ou disons plutôt "l'original".
Même plateforme, carrosserie presqu'identique, badge différent.
Question prix, le Chevrolet est un peu plus compétitif, surtout si on l'on prend en compte l'équipement supplémentaire.
La facture de cet Antara 2.2 CDTi 4x4 en finition Cosmo est de 29.980€.
Un Captiva 2.2 TDCi 4x4 coûte 89€ de moins, mais offre 7 places.
Conclusion Partielle
S'il ne suffira sans doute pas à en faire une tête d'affiche, le restylage de l'Antara assure au moins sa survie.
Et la montée en puissance des moteurs prépare le terrain pour un petit baroudeur signé Opel.
Points Positifs et Négatifs
Les plus
- Volume intérieur
- Liaisons au sol en progrès
- Moteurs plus puissants et mieux insonorisés
- Prix raisonnables
Les moins
- Pas de progrès en finition
- Poids sensible
- Consommation encore élevée
- Boîte auto lente
Résumé des Améliorations
L'Opel Antara restylé gagne une suspension et une direction améliorée, des jantes de 18 pouces en série, une gestion 4x4 peaufinée et des moteurs plus puissants.
Dans la rubrique "scandaleux", nous mettrons le système de navigation: il est trop lent et la cartographie ne semble pas avoir été remise à jour depuis des années.
Chez nous, il devrait revendiquer quelques 75% des ventes et replacera avantageusement le gourmand Antara 2.0 CDTi à boîte 5.
Le sixième rapport est donc plus que bienvenu et garantira un voyage agréable sur autoroute.
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