L'ancien patron de Renault et Nissan, Carlos Ghosn, a été libéré de la prison de Kosuge, à Tokyo, après 100 jours de détention. Une sortie après 100 jours de détention.
Vêtu d'un blouson, portant un masque sanitaire blanc, une casquette bleue et des lunettes, l'ex-patron de Renault et Nissan est sorti du centre de détention encadré de gardiens avant de s'engouffrer dans une voiture, devant les objectifs de dizaines de caméras et appareils photo. Sa femme Carole, une de ses filles, l'ambassadeur de France et d'autres personnes étaient arrivées à la prison plusieurs heures auparavant, mais ne sont pas ressorties en même temps.
Libération sous caution et accusations
Via son avocat, Carlos Ghosn a payé une caution d'environ 8 millions d'euros. Mis en examen pour minoration de revenus et abus de confiance, celui qui était vénéré au Japon pour avoir sauvé Nissan avait été arrêté le 19 novembre 2018 à Tokyo et placé dans le centre de détention de Kosuge, dans le nord de la capitale.
Carlos Ghosn a été mis en examen pour minoration d'une partie de ses revenus pour un montant de 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) de 2010 à 2018, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières. Il a également été mis en examen pour abus de confiance. Il estime avoir été victime d'un "complot" ourdi par Nissan pour faire échouer son projet de rapprochement avec Renault.
Conditions de détention à la prison de Kosuge
Un petit bout de maquereau grillé, des légumes sautés, une soupe claire au navet et un bol de riz et d'orge. 1.600 calories. Comme le conseille le règlement. C'est le menu du déjeuner ce lundi midi dans le centre de détention de Kosuge , où Carlos Ghosn a été incarcéré plus de quatre mois, sur deux périodes, entre son arrestation le 19 novembre 2018 et sa seconde libération du 25 avril dernier.
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Le repas, concocté, à l'étage des cuisines, par une trentaine de condamnés - employés dans le cadre des travaux forcés et payés en moyenne 4.000 yens (32 euros) par mois -, a été distribué en cellule à 11h50. Au petit-déjeuner, à 7h25, les 1.758 prisonniers avaient mangé une soupe, quelques condiments et du riz. A 16h20, au dîner, ce sera soupe, riz, légumes sautés et salade de nouilles harusame.
« Tous les menus sont composés avec des nutritionnistes pour répondre aux besoins des détenus », insiste Shigeru Takenaka, le directeur du centre de détention, qui a ouvert, en début de semaine, ses portes à une poignée de journalistes étrangers.
Agacé par les critiques formulées à l'international sur « l'inhumanité » de son système judiciaire et carcéral , le gouvernement japonais multiplie les initiatives pour montrer au monde la réalité de ses tribunaux et de ses prisons. « Les conditions de vie des détenus suivent les standards adéquats », explique le directeur. « Mais il ne faut pas qu'elles soient trop bonnes pour être sûr qu'ils n'aient pas envie de revenir », note-t-il. Et la visite commence.
Sécurité et surveillance
De larges couloirs impeccables. Au sol, un lino brillant. Murs gris. Aucun cri. Pas de bruit de clé. Juste le « bip » de lourdes portes qui s'ouvrent lorsqu'un gardien passe sa paume sur un lecteur d'empreintes. Aucun ne porte d'arme. Pas de pistolet, ni de matraque. Juste un petit flacon de spray de défense dans un étui à la ceinture.
Ils sont 824, soit un pour deux détenus. En France , ce ratio moyen est de 2,4 prisonniers par surveillant. « Les trois incidents que nous devons prévenir, ce sont les incendies, les évasions et les suicides », détaille Shigeru Takenaka qui dit avant tout privilégier la sécurité des détenus. Une mission qui justifie tout.
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Cellules et isolement
Sur douze étages, les ailes du bâtiment abritent des cellules communes de 22 m2 accueillant chacune six personnes, quelques cellules de 11 m2 offrant un lit médicalisé à l'occidentale (Carlos Ghosn y passa plusieurs semaines) près du mini-hôpital du centre, mais surtout 1.800 cellules individuelles conçues pour éviter toute tentative de suicide. Les gardiens peuvent voir à chaque instant l'intégralité de ces pièces rectangulaires étroites de 7 m2.
Les portes d'acier donnant sur le couloir central sont équipées de fenêtres verticales. De l'autre côté de la cellule, une autre grande vitre blindée donnant sur une coursive de sécurité, dont les verres polis ne laissent entrer que la lumière et pas un seul aperçu du monde extérieur. Il n'y a pas de barreau.
Les coutures ont été retirées des tatamis qui tapissent le sol pour éviter qu'ils ne deviennent des cordes de pendus. La seule petite étagère au mur, où les détenus placent leur bol et leur assiette, est arrondie pour n'offrir aucun angle dangereux. Et le robinet d'eau de l'évier est activé par un bouton plutôt que par une poignée d'acier.
Au nom de cette sécurité « absolue », les détenus doivent encore rester assis, contre l'un des murs, lorsqu'ils sont éveillés dans leur cellule. Ils peuvent lire ou écrire. Il n'y a pas de télé. Ils ne peuvent ni être couchés, ni trop souvent debout. A tout moment, les gardiens doivent pouvoir être certains qu'ils ne sont pas malades, assure le directeur.
Le lever est à 7 heures pour tous. La sieste à 13 heures et le coucher obligatoire à 21 heures. Pour raison de sécurité, la lumière blanche au plafond n'est jamais totalement éteinte. Et les détenus allongés sur leur futon n'ont pas le droit de s'en protéger en remontant sur leurs yeux leur fine couverture. Leur visage doit être visible 24 heures sur 24. « Certaines cellules sont équipées de caméras pour surveiller ceux qui présentent un risque », admet Shigeru Takenaka.
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« Protégeant » aussi les détenus les uns des autres, le centre de détention n'organise presque pas d'activités communes. Chacun vit seul, dans le silence, sans échanger avec les autres. Cet ennui dévorant est rompu une fois par jour lors de la sortie sur le toit. Trente minutes dans une autre cage. Encore seul. Une porte et trois murs hauts où l'on peut tourner en rond en apercevant un bout de ciel au-dessus de soi. Mais rien d'autre. Les détenus gardés dans les cellules à six ont le droit à une cour un peu plus longue, permettant presque d'enchaîner quelques pas de course. Il n'y a pas de matériel de sport.
Diversité et réglementations
Une autre respiration est chérie par tous les prisonniers. C'est le moment du bain. Deux fois par semaine l'hiver et trois fois l'été dans des petites salles de bain, installées dans chaque aile. Sur la porte d'entrée, un petit mot dans plusieurs langues, dont le français, demande d'« économiser l'eau ».
En ce moment, la prison accueille 239 étrangers, dont 30 % de Chinois, 12 % de Vietnamiens et 10 % de Coréens. Depuis la libération de Carlos Ghosn, il n'y a plus de Français. Mais toujours quelques Américains, une poignée d'Anglais et d'Allemands. Pour tous, le règlement est le même. Quinze minutes dans l'eau. Et il faut sortir. Là aussi, les portes sont transparentes.
Critiques et comparaisons
Si l'institution agite en permanence cet argument de la sécurité pour justifier ces règlements très stricts, les anciens détenus, rencontrés par « Les Echos », en critiquent le caractère terriblement oppressant. Et beaucoup s'étonnent du peu de différence entre le traitement imposé aux personnes simplement placées en garde à vue ou mises en examen et celui imposé aux condamnés. « Le traitement n'est pas tout à fait le même », martèle le directeur.
Les condamnés sont en uniformes vert clair, quand les mis en examen sont en « civil ». Ces derniers ont aussi le droit de cantiner un peu plus souvent à l'épicerie de la prison, qui propose des biscuits au chocolat, des chips, des abricots au sirop, des tongs et des magazines et des journaux en japonais, en anglais et en chinois. Ils ont aussi droit à un peu plus d'échanges de courriers avec l'extérieur. Et ils ne suivent pas d'activité de réhabilitation.
Attente du jugement et condamnés à mort
Dans les couloirs de Kosuge, 1.216 personnes attendent d'être jugées aux côtés des détenus effectuant déjà leur peine. Ils sont là pour des vols, du trafic de drogue, des fraudes. A peine 4 % sont impliqués dans une affaire d'homicide. Beaucoup d'étrangers ont violé, eux, « les contrôles d'immigration ».
Il y a aussi quelques condamnés à la peine capitale dans l'attente d'une ultime décision de la Cour suprême. Une fois leur appel rejeté, ils seront descendus à la salle de pendaison. Cagoulés, pieds et mains entravés, la corde autour du cou, ils tomberont dans une trappe activée depuis une pièce voisine par cinq gardiens appuyant tous au même moment sur un gros bouton. Aucun ne devant savoir s'il a enclenché la chute fatidique.
La présence de ces condamnés à mort hante tous les prisonniers des ailes des cellules individuelles. Même sans jamais échanger ou parler, on les repère facilement.
Évasion du Japon et Suites Judiciaires
L'ancien PDG de Renault Carlos Ghosn a quitté, à la surprise générale, le Japon où il était assigné à résidence pour se rendre à Beyrouth au Liban. Comment une telle fuite a-t-elle pu être possible ? Qui sont ses éventuels complices ? Coup de théâtre dans l'affaire Carlos Ghosn. L'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan a pu quitter le Japon au nez et à la barbe des autorités locales.
Ce mardi matin, Carlos Ghosn a confirmé se trouver au Liban d'où il entend parler librement à la presse dans les jours à venir. "Je suis à présent au Liban. Je ne suis plus l'otage d'un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité", a-t-il écrit, selon ce document transmis par ses porte-parole. Il attendait d'être jugé à partir d'avril 2020 et a déjà fait 130 jours de prison, entre garde à vue et détention provisoire, dans des conditions très pénibles.
Déjà des questions se posent pour savoir comment l'homme d'affaires a-t-il pu fuir de la sorte alors qu'il était assigné à résidence dans un logement placé sous la surveillance de caméras. De quelles complicités a-t-il pu bénéficier ? Les conditions de liberté de l'ex-PDG de Renault-Nissan précisaient que ses passeports étaient gardés par ses avocats, garants du respect des règles imposées par la justice à son égard. L'homme d'affaires aurait d'abord quitté le Japon sous une fausse identité en présentant aux contrôles douaniers un passeport falsifié, affirme le journal économique Les Echos.
Selon nos confrères, les autorités japonaises ont déjà confirmé qu'elles n'avaient pas autorisé cette sortie et qu'elles n'avaient enregistré, ces derniers jours, aucun départ d'un passager portant le nom de Carlos Ghosn. Autre théorie dévoilée par la télé libanaise MTV Lebanon : Carlos Ghosn se serait caché dans une malle servant au transport d'une contrebasse. Une chose est quasi sûre, il aurait été largement aidé par son épouse, Carole Ghosn. Selon Le Monde, c'est elle qui aurait manigancé toute l'opération et aurait préparé l'évasion avec ses demi-frères. Elle était d'ailleurs présente dans l'avion qui a atterri à Beyrouth.
Interrogé par le Parisien, Christophe Naudin qui s'était fait connaître pour avoir organisé l'exfiltration de République dominicaine de deux pilotes impliqués dans un trafic international de cocaïne, estime que le départ de Carlos Ghosn "nécessite au moins six mois de préparatifs et une équipe d'une petite vingtaine de personnes. Des fidèles, proches de l'homme ou de son groupe". Pour Christophe Naudin, "plusieurs transferts successifs en avion, sans doute en jets privés, ont été minutieusement préparés.
"C'est une surprise totale, je suis abasourdi", a déclaré aux médias son principal avocat japonais Junichiro Hironaka affirmant ne pas avoir été contacté par Carlos Ghosn et avoir appris "par la télévision" que l'ex-patron de Renault-Nissan avait fui le Japon. Le procès de Carlos Ghosn doit se tenir au printemps prochain au Japon. Il était assigné à résidence à Tokyo depuis sa deuxième libération sous caution intervenue le 25 avril. Pour sortir, l'homme d'affaires franco-libano-brésilien avait dû payer une caution de 500 millions de yens (4 millions d'euros).
Les autorités japonaises n'ont pas encore réagi mais pourraient lancer un mandat d'arrêt international. Carlos Ghosn avait été arrêté le 19 novembre 2018 à son atterrissage à Tokyo. Conséquence de cette affaire retentissante: le dirigeant franco-libano-brésilien a été éjecté de ses sièges de président de Nissan et de Mitsubishi Motors (3e membre de l'alliance) dans les jours suivant son interpellation il y a 13 mois.
Condamnation des complices de l'évasion
Espérant un peu de clémence des juges, Michaël Taylor et son fils Peter avaient reconnu, devant la cour, qu'ils avaient bien orchestré l'évasion rocambolesque du Japon , fin décembre 2019, de Carlos Ghosn en le dissimulant dans une grande malle.
Malgré leurs excuses émues et leur collaboration avec la justice nippone, les deux Américains ont été condamnés, ce lundi, à des peines proches de celles requises par les procureurs. Michaël Taylor, un ancien béret vert de 60 ans reconverti dans les exfiltrations délicates, a été condamné à deux ans de prison quand son fils, âgé de 28 ans, écopait, lui, d'une peine de vingt mois d'incarcération.
Lors de sa plaidoirie, leur avocat, Keiji Isaji, avait appelé la cour à ne prononcer que des peines avec sursis afin qu'ils puissent rentrer au plus vite aux Etats-Unis d'où ils avaient été extradés en mars 2021. Les deux hommes avaient été arrêtés chez eux dans le Massachusetts dès mai 2020, à la demande de la justice japonaise, et avaient tenté pendant des mois de résister à la procédure d'extradition, en expliquant qu'ils risquaient d'être « torturés » mentalement et physiquement dans les prisons nippones.
A leur arrivée au Japon, ils avaient changé complètement de stratégie pour accélérer la procédure et choisi de plaider coupable en assurant qu'ils avaient été en quelque sorte « manipulés » par Carlos Ghosn.
Devant les juges, Michaël Taylor avait ainsi expliqué que les proches de l'homme d'affaires, et notamment son épouse Carole, lui avaient assuré que quitter le pays alors que l'on se trouve en liberté sous caution n'était pas illégal dans le droit japonais. A l'époque, Carlos Ghosn résidait et circulait librement à Tokyo dans l'attente de ses deux grands procès pour différentes malversations financières. L'homme d'affaires avait été mis en examen à quatre reprises par la justice nippone, après son arrestation en novembre 2018.
Répétant, parfois en pleurs, qu'il avait été abusé, Michaël Taylor avait déclaré que sa participation à l'évasion de Carlos Ghosn était « le plus grand regret de sa vie ». Il avait aussi tenté de disculper son fils Peter en assurant qu'il n'était pas au fait des détails de l'opération et qu'il était, simplement venu au Japon au fil de l'année 2019 pour discuter d'un projet d'affaires avec l'ancien grand patron. « Dans un sens, il m'a trompé », avait déclaré le jeune accusé, lors d'une audience suivie par Automotive News.
Les procureurs de Tokyo sont, eux, satisfaits du verdict. Dans leur réquisitoire, ils avaient expliqué que les Taylor devaient être punis car ils avaient nui au système judiciaire nippon en le privant d'une chance de pouvoir juger, un jour, les actes de Carlos Ghosn.
Depuis son évasion, l'ancien grand patron vit réfugié au Liban et ne peut être extradé vers le Japon. L'un de ses anciens bras droits chez Nissan, l'avocat américain Greg Kelly, est, lui, toujours jugé à Tokyo pour une partie des malversations qui lui étaient reprochées.
Mandat d'arrêt international de la justice française
La justice française a délivré un mandat d’arrêt international contre Carlos Ghosn, ancien président-directeur général de l’Alliance Renault-Nissan (RNBV), dans le cadre d’une enquête instruite à Nanterre (Hauts-de-Seine), notamment pour abus de biens sociaux et blanchiment, a déclaré le parquet de Nanterre, vendredi 22 avril, confirmant des informations du Wall Street Journal.
L’homme d’affaires franco-libano-brésilien, qui devait être jugé à Tokyo pour malversations financières, vit à Beyrouth depuis sa fuite rocambolesque du Japon à la fin de 2019.
A Nanterre, les enquêteurs s’intéressent à près de 15 millions d’euros de paiements considérés comme suspects entre RNBV et le distributeur du constructeur automobile français à Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA).
« Il n’y a eu absolument aucun détournement, tous les montants qui ont été payés à ce distributeur sont basés sur des contrats confirmés, des performances qui se sont révélées, des demandes faites par les responsables commerciaux de Renault et Nissan », a affirmé vendredi soir Carlos Ghosn au micro de BFM-TV. « Pas un sou de Renault ni de Nissan ne m’a été indûment donné, directement ou indirectement. (…) S’il y avait des preuves, elles auraient déjà fuité dans la presse », a ajouté M. Ghosn, qui nie également avoir « été rémunéré par le distributeur d’Oman en [sa] qualification de patron de Renault et de Nissan ».
Si le mandat d’arrêt est exécuté, Carlos Ghosn sera directement présenté à un juge d’instruction de Nanterre, qui lui notifiera sa mise en examen. L’ancien patron de Nissan et Renault est hors de portée de la justice japonaise, car le Liban n’extrade pas ses ressortissants.
Le juge d’instruction de Nanterre chargé de l’enquête a délivré cinq mandats d’arrêt internationaux au total : ils visent, outre Carlos Ghosn, « les propriétaires actuels ou ex-dirigeants de la société omanaise SBA », a précisé le parquet.
Le groupe Renault, partie civile depuis février 2020 dans ce dossier et qui ne s’était jamais exprimé jusqu’à présent, « prend note de la décision des magistrats », a déclaré à l’AFP son avocat, Kami Haeri. « C’est une étape majeure qui s’explique par la gravité des faits nouveaux qui ont été mis en lumière au terme d’investigations minutieuses mettant au jour des relations financières occultes portant sur plusieurs millions d’euros entre Carlos Ghosn et les fondateurs et dirigeants de SBA. »
Lors de leurs investigations, les magistrats de Nanterre s’étaient déjà déplacés deux fois à Beyrouth. En février, ils y ont auditionné deux témoins. Au mois de juin, ils avaient procédé, avec des magistrats de Paris, à l’audition libre de M. Ghosn pendant cinq jours, pour les enquêtes le visant à Nanterre et à Paris.
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