Les propriétaires d’une automobile doivent soumettre leur véhicule au contrôle technique. Suite à un contrôle technique périodique, il est possible que le véhicule présente une ou plusieurs défaillances rendant ainsi nécessaire une contre-visite. Le contrôle technique est obligatoire pour les véhicules légers et lourds depuis 1992. Il permet de s’assurer que les véhicules en circulation respectent les réglementations en vigueur en matière de sécurité et d’environnement.

Réalisé dans un centre de contrôle technique par un contrôleur agréé, cet examen permet d’identifier les défaillances susceptibles de porter atteinte à la sécurité des passagers de la voiture et des usagers de la route.

Évolution du Contrôle Technique

Au fil du temps, l'examen du contrôle technique a évolué. « Ces trente dernières années, le contrôle technique s’est adapté aux progrès techniques des véhicules et aux exigences environnementales croissantes », souligne Rémi Courant, Directeur Technique et Qualité chez DEKRA. Depuis 2018, date à laquelle une nouvelle Directive européenne a été appliquée en France, le contrôle technique est plus exigeant, avec des points de contrôle plus nombreux (136 points au total pour un véhicule thermique et 11 points spécifiques en plus pour un véhicule électrique).

La périodicité du contrôle technique automobile varie selon l’âge du véhicule. Un premier contrôle technique doit être effectué dans les six mois qui précèdent le quatrième anniversaire de la mise en circulation du véhicule, date qui figure sur le certificat d’immatriculation. Il doit ensuite être renouvelé tous les deux ans. En cas de revente du véhicule à un particulier, un contrôle technique doit obligatoirement être effectué par le vendeur dans les six mois qui précèdent la transaction.

Selon les données du gouvernement, « en 2023, 26,92 millions de contrôles de voitures particulières et véhicules utilitaires légers ont été effectués dans les 6 710 centres de contrôle agréés, soit 5,3 % de contrôles en plus par rapport à 2022. »

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Les Différents Types de Défaillances

Lors du contrôle technique, le contrôleur va évaluer l'état du véhicule puis dresser un procès-verbal sur lequel figurent les mesures réalisées, les éventuelles défaillances constatées et le résultat du contrôle, qui peut être favorable ou défavorable.

Les points de contrôle sont regroupés en 9 fonctions essentielles :

  • Identification
  • Equipements de freinage
  • Direction
  • Visibilité (vitres, rétroviseurs, essuie-glaces)
  • Feux, dispositifs réfléchissants et équipements électriques
  • Essieux, roues, pneus, suspension
  • Châssis et accessoires (carrosserie, portes et poignées, sièges…)
  • Autres équipements (ceintures de sécurité, airbags, indicateur de vitesse…)
  • Nuisances (bruit, émissions à l'échappement, perte de liquide)

Il existe trois niveaux de défaillance :

  • Les défaillances mineures (qui « sont considérées comme n'ayant aucune incidence notable sur la sécurité du véhicule ou sur l'environnement » et ne remettent pas en cause le résultat du contrôle)
  • Les défaillances majeures
  • Les défaillances critiques

En cas de défaillance majeure ou critique relevée, une contre-visite est nécessaire. En 2023, le taux de prescription de contre-visite suite à un contrôle technique atteignait 19,45 %. La proportion est stable puisque le chiffre était de 19,44 % en 2022.

Les Défaillances Majeures

Lors d’un contrôle technique, le contrôleur peut constater une ou plusieurs défaillances majeures sur le véhicule. Il s’agit de défauts « susceptibles de compromettre la sécurité du véhicule, d'avoir une incidence négative sur l'environnement, ou de mettre en danger les autres usagers de la route ».

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Environ 360 défaillances majeures peuvent être recensées, parmi lesquelles :

  • Des pneumatiques endommagés
  • Une usure excessive des plaquettes de frein
  • Une opacité excessive ou instable des fumées
  • Un contrôle des émissions à l’échappement impossible
  • Une absence ou une détérioration des plaques d’immatriculation
  • Une mauvaise visibilité sur le pare-brise due à une fissure ou au mauvais fonctionnement des essuie-glaces
  • Des feux stop défectueux ou manquants
  • Une mauvaise fixation de la colonne de direction…

Les Défaillances Critiques

Plus rares, les défaillances critiques constituent « un danger direct et immédiat pour la sécurité routière ou ayant une incidence grave sur l'environnement ».

Lorsqu’une défaillance critique est constatée par le contrôleur, l’automobiliste est informé qu’il doit réaliser au plus vite les réparations pour ne pas compromettre sa sécurité et celle des autres. On note 129 défaillances critiques constatables, parmi lesquelles :

  • Une carrosserie endommagée pouvant causer des blessures
  • Des feux stop inopérants
  • Un pneumatique crevé ou trop usé
  • Une fuite excessive de liquides
  • Une vitre détériorée
  • Un système de freinage défaillant
  • Une mauvaise fixation d’un siège…

En cas de défaillance(s) majeure(s), l'automobiliste a 2 mois à compter du contrôle technique périodique pour faire réparer sa voiture et la présenter à une contre-visite. Le délai est le même en cas de défaillance(s) critique(s) mais le contrôle technique n’est plus valable au-delà du jour du contrôle. Dès minuit, le véhicule n’est donc plus autorisé à rouler jusqu'à ce que les réparations et la contre-visite soient faites.

Motifs de Contre-Visite les Plus Courants en 2023

En 2023, les principaux motifs de contre-visite (défaillances majeures) sont des défauts liés aux roues, pneumatiques, essieux et suspension pour 10,34 % des contrôles techniques. Viennent ensuite les défaillances liées aux feux, dispositifs réfléchissants et équipements électriques, qui sont en cause dans 8,99 % des cas. Les nuisances, qui concernent 6,76 % des contrôles techniques défavorables, arrivent en troisième position, devant les équipements de freinage (5,28 % des contrôles techniques entraînent une contre-visite).

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Toujours en 2023, les principales défaillances critiques relevées sont relatives à :

  • Une corde visible ou endommagée des pneumatiques (0,24 %)
  • Une usure excessive des plaquettes de freins (0,08 %)
  • Une efficacité du frein de stationnement inférieur à 50 % de la limite (0,08 %)
  • Un non fonctionnement de tous les feux stop (0,06 %)
  • Une non-conformité aux exigences relatives à la profondeur des sculptures des pneumatiques (0,05 %)
  • Un déséquilibre important sur l’essieu directeur du frein de service (0,05 %)

Comment Éviter la Contre-Visite ?

Pour éviter la contre-visite et ainsi économiser entre 20 et 30 € (c'est le prix d'une contre-visite) et quelques heures de votre temps, le meilleur conseil qu’un expert puisse vous donner est celui-ci : entretenir régulièrement votre véhicule et ce, quel que soit son âge ! Avant votre rendez-vous, vous pouvez aussi vérifier par vous-même l’état général de votre voiture. « Un pré-contrôle est à la portée de tous, souligne Rémi Courant. Il y a certains éléments d’une voiture que l’on peut contrôler facilement chez soi.

La première chose à faire est d’entretenir régulièrement votre véhicule, mais aussi de faire un tour complet de votre voiture avant d’aller au rendez-vous.

Informations Complémentaires sur la Contre-Visite

Si votre véhicule a été recalé lors du contrôle technique périodique, vous avez probablement de nombreuses questions : Quand doit-elle être réalisée ? Quels sont les motifs ? La contre-visite est un second contrôle obligatoire lorsque certaines défaillances techniques ont été constatées lors du premier passage du véhicule. Toutes les défaillances ne nécessitent pas une contre-visite. Ce sont des défauts susceptibles de compromettre la sécurité du conducteur, des passagers ou des usagers, ou d’avoir un impact environnemental modéré.

Si à l'issue du contrôle technique, le contrôleur inscrit un véhicule en contre-visite, son propriétaire dispose d'un délai de 2 mois pour réaliser les réparations puis se présenter à une contre-visite. Pour connaître la date limite, il suffit de se reporter sur le timbre S, qui se trouve sur le certificat d’immatriculation. Il est vivement conseillé de ne pas attendre la dernière minute pour prendre rendez-vous. En effet, non seulement l'issue d'une contre-visite n'est pas toujours favorable, mais en plus les créneaux horaires disponibles sont limités.

Généralement, ce n'est qu'après un avis défavorable que les propriétaires d'un véhicule se demandent s'ils peuvent ou non passer la contre-visite dans un autre centre de contrôle technique. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il est tout à fait possible d'effectuer la contre-visite dans un autre centre que celui dans lequel a eu lieu le contrôle technique initial. En France, il suffit que le centre soit agréé pour que la procédure de vérification des points de contrôle soit homologuée.

Tout comme le prix du contrôle technique, celui de la contre-visite varie en fonction des enseignes et dans la région où le centre est implanté. De manière générale, il ne s'agit pas d'une prestation gratuite ou comprise dans le forfait de base. En France, le coût d'une contre-visite varie entre 15 et 30 euros en fonction des modèles de véhicules et du type de carburant qu'ils consomment.

Si les réparations nécessaires n'ont pas été effectuées avant la contre-visite, le contrôleur apposera un timbre ayant la valeur S sur le PV du contrôle technique. Cela n'a aucune incidence sur le délai de 2 mois dont dispose le propriétaire du véhicule pour valider le contrôle technique. Par contre, il n'existe pas de limite concernant le nombre de contre-visites qui peuvent être réalisées durant le délai.

En cas du dépassement du délai de contre-visite, vous ne pourrez plus prétendre à une contre-visite. Si vous négligez la contre-visite, vous vous exposez vis-à-vis de votre assureur. Car si la défaillance qui a recalé votre véhicule lors du contrôle technique est la cause d’un accident responsable, votre assureur est en droit de vous refuser les indemnisations.

Le coût d’une contre-visite de contrôle technique n’est pas fixé par l’État. D’après le baromètre 2022 Simplauto, le prix moyen d’un contrôle technique pour un véhicule particulier est situé en France aux alentours de 78 €.

Une fois réparées les défaillances détectées lors de l’inspection initiale, vous pouvez effectuer votre contre-visite de contrôle technique.

Principaux Motifs de Contre-Visite en 2023
Motif de Contre-Visite Pourcentage des Contrôles Techniques
Roues, pneumatiques, essieux et suspension 10,34 %
Feux, dispositifs réfléchissants et équipements électriques 8,99 %
Nuisances 6,76 %
Equipements de freinage 5,28 %

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