L'histoire de l'automobile française est marquée par des moments clés, et le rachat de Citroën par Peugeot en fait partie. Revenons sur les événements qui ont conduit à cette union historique et sur les conséquences qui en ont découlé.

Les Années 1960 et 1970 : Une Période de Turbulences pour Citroën

Au début des années 70, l’usine historique de Javel est à bout de souffle, tout comme la Citroën DS qui accuse le poids des ans. À l’époque, Renault est déjà le premier constructeur automobile français. En 1969, Citroën plafonne à 505 309 exemplaires et vient de se faire dépasser par Peugeot.

En cette année 1969, année érotique pour Gainsbourg, Citroën s’est engagé dans une véritable fuite en avant menée par son PDG, Pierre Bercot. Malgré une situation difficile, la marque du quai de Javel rachète Maserati et s’apprête à lancer un nouveau haut de gamme, la SM.

Pierre Bercot a entraîné Citroën dans une fuite en avant désormais trop coûteuse : rachat de Maserati, moteur à piston rotatif, nouvelle usine d’Aulnay, SM dispendieuse. Au même moment, Michelin, l’actionnaire majoritaire de Citroën, sent déjà que la situation est en train de lui échapper.

Le Rapprochement avec Peugeot

Après de premiers accords commerciaux avec Fiat à partir de 1968, une opération de rapprochement capitalistique s’opère en 1970 tandis que Bercot est poussé vers la sortie. Le gouvernement mettra son veto et Agnelli finira par jeter l’éponge en 1973.

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Malgré des ventes record, la firme est lourdement endettée (l’affaire de la Comotor, le développement de la gamme - notamment la future CX - et du modèle Y, la construction de l’usine d’Aulnay) et perd de l’argent. A la mi 1974, Citroën annonce des pertes gigantesques de 500 millions de francs tandis que plus de 120 000 véhicules sont sur parc en attente d’acheteurs.

La famille Peugeot, quant à elle, redoute quasiment toutes les options qui s’offrent à Citroën : une faillite serait catastrophique pour l’écosystème automobile français, un rachat par une entreprise étrangère le serait tout autant. Quant à un rachat par Renault, ce serait le pire du pire, entraînant la disparition de Peugeot à moyen terme face au nouveau mastodonte qui représenterait alors 60 % du marché français, doté de moyens sans limites et sans recherche de rentabilité grâce au soutien de l’État français.

En réalité, il n’y a pas trente-six solutions pour Peugeot : il faut sauver Citroën pour se sauver soi-même. Michelin voit d’un très bon œil une reprise par Peugeot, et offre des conditions particulièrement intéressantes, tandis que l’État s’engage à prêter 1 milliard de francs au nouvel ensemble pour se restructurer.

Avec la prudence légendaire qui est la sienne, la famille Peugeot va avancer à petits pas, en prenant 38,2 % du capital en décembre 1974 et en s’investissant dans la réorganisation de son ex-concurrent. Les premières décisions sont les plus évidentes : stopper la gabegie en liquidant la Comotor, tirant un trait sur l’ambitieux programme du moteur à piston rotatif (l’échec de la M35 puis de la GS Birotor en étant la preuve tangible).

Adieu aussi la coûteuse filiale italienne, Maserati, dont Peugeot se débarrasse rapidement auprès de l’État italien puis de De Tomaso. Quant à la SM, son sort est scellé. Peugeot modernise rapidement la gamme avec la petite LN, clone de la 104 mais dotée de moteurs bicylindres Citroën.

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La Création du Groupe PSA Peugeot Citroën

Décembre 1974 : Peugeot prend une participation de 38,2 % dans le capital de Citroën SA. Avril 1976 : Peugeot devient majoritaire dans le holding de Citroën, en acquérant la participation de Michelin. Mai 1976 : Fusion de Peugeot SA et de Citroën SA, par absorption de la seconde par la première. Les actionnaires reçoivent 1 action Peugeot pour 5 actions Citroën. Septembre 1976 : l'assemblée des actionnaires ratifie l'échange de participations et Peugeot SA devient PSA.

La naissance de PSA Peugeot-Citroën intervient en septembre 1976 à la suite de l'absorption de Citroën SA par Peugeot SA en décembre 1974 à la demande du gouvernement français, car Citroën est en faillite et au bord du dépot de bilan suite aux sommes d'argent englouties dans des projets avortés.

PSA va alors développer une synergie entre ses marques et développer des projets sur les mêmes bases, pour limiter les coûts de production. C'est le cas notamment de la Peugeot 104, qui donnera naissance à deux dérivés : la Citroën LN et la Talbot Samba.

L'Évolution du Groupe : De PSA à Stellantis

Ce lundi, le groupe PSA a officialisé sa fusion avec le groupe Fiat Chrysler, annoncée le 17 décembre 2019, donnant naissance à Stellantis. Les actionnaires des deux groupes ont voté à l’unanimité ce lundi pour la fusion de leurs entreprises, un rapprochement annoncé le 17 décembre 2019.

Le nouveau groupe devient un géant de l'automobile, se plaçant à la quatrième place mondiale en nombre de véhicules produits, derrière les groupes Renault-Nissan, Volkswagen et Toyota. Regroupement d'autant plus performant que le groupe devrait passer à la « troisième place mondiale en terme de chiffres d'affaires », selon le communiqué publié ce mercredi matin, « avec des ventes annuelles de 8,7 millions de véhicules et un chiffre d’affaires consolidé de près de 170 milliards d’euros ».

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Le Groupe Chopard Automobile : Une Histoire Familiale qui Devient un Acteur Majeur

Le Groupe Chopard Automobile, avant de devenir un acteur majeur incontournable de la distribution de véhicules en France, est surtout une histoire familiale qui débute en 1958 à Morteau, dans le Doubs, en Franche-Comté.

1995 - Erik Chopard Lallier crée la Holding ECL et fonde Chopard Groupe Automobile en reprenant la concession familiale de Peugeot Dole suite au départ à la retraite de M. Cyprien Chopard Lallier. Suivra par la suite le rachat de plusieurs concessions sous les bannières Peugeot et Citroën, toutes deux appartenant au Groupe Stellantis, ainsi que l’intégration, 20 ans plus tard, d’autres marques telles que Mercedes-Benz, Kia, Opel, Alfa Roméo, Jeep et DS Automobiles, Smart. Le siège du Groupe est implanté sur son territoire historique de Franche Comté à Besançon.

Pour illustrer l'expansion du Groupe Chopard Automobile, voici un tableau récapitulatif de quelques acquisitions clés :

Année Acquisition Localisation
2001 Concession Peugeot Salins-les-Bains, Jura
2003 Concession Peugeot Pontarlier, Doubs
2006 Concessions Peugeot Gap, Hautes-Alpes; Digne et Manosque, Alpes-de-Haute-Provence
2015 Concessions Peugeot Givors, Rhône; Vienne et Voiron, Isère; Le-Puy-en-Velay, Haute-Loire
2018 Concessions Peugeot, Citroën et DS Automobiles Nice, Cagnes-sur-Mer, Antibes et Cannes
2021 Concessions Citroën, DS Automobiles, Fiat et Abarth Fréjus et Draguignan

Le Groupe Chopard Automobile se développe en Côte-d’Azur dans les villes de Nice, Cagnes-sur-Mer, Antibes et Cannes avec les marques Peugeot, Citroën et DS Automobiles. Le Groupe crée la concession Peugeot à Sérézin-du-Rhône, à proximité de Lyon. Le 13 novembre, Le Groupe Chopard se voit remettre le trophée de Groupe de l'Année 2019 par l'Auto Journal.

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