La fusion de PSA (Peugeot-Citroën) et FCA (Fiat Chrysler) a donné naissance à Stellantis, le quatrième groupe automobile mondial. Les actionnaires des deux groupes ont voté à l’unanimité pour la fusion de leurs entreprises, un rapprochement annoncé le 17 décembre 2019. Ce lundi, le groupe PSA a officialisé sa fusion avec le groupe Fiat Chrysler, annoncée le 17 décembre 2019, donnant naissance à Stellantis.

Genèse d'une fusion

C’est l’un des feuilletons qui a marqué l’industrie automobile ces derniers mois. Interrogé sur cette éventualité début avril, le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, avait simplement indiqué être "ouvert à toute opportunité susceptible de se présenter", tout en ajoutant qu’il ne "[visait] aucune entreprise en particulier".

Pourquoi cette fusion ?

Dans le secteur automobile, c'est l'ambiance Tinder. « Tout le monde parle avec tout le monde. Avec les investissements énormes réclamés par la voiture électrique et autonome, la chute surprise du diesel et la fin du cycle de croissance du marché mondial, nous sommes tous à la recherche d'économies d'échelle », souffle un ponte de l'industrie.

Côté français, un tel rapprochement présentait son lot d’avantages, parmi lesquels une nouvelle croissance des volumes, après celle permise par le rachat d’Opel, et une capacité ’investissement mécaniquement accrue. Malgré d’excellents résultats, PSA reste une entreprise de taille moyenne. En 2018, le groupe a vendu 3,9 millions de véhicules dans le monde, dont un peu plus d’un million grâce à Opel-Vauxhall. En s’alliant avec FCA, PSA aurait pu talonner les mastodontes Volkswagen et Toyota.

Les acteurs clés

Carlos Tavares le sait, bien qu'il soit augmenté d'Opel, son groupe manque encore de volume. Surtout, il doit absolument se déployer davantage à l'international - avec le retrait forcé d'Iran et la bérézina chinoise. Le plan est entre autres de faire un grand come-back progressif aux Etats-Unis. Cela tombe bien, c'est la zone de prédilection de Fiat Chrysler…

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Aujourd'hui, les valorisations des deux entités avoisinent les 20 milliards d'euros. Chez FCA, Fiat et l'Europe sont au point mort, mais les marques Jeep et RAM sont devenues des « cash machines » qui ont permis de désendetter la Fabbrica Italiana Automobili Torino. Il y a aussi la signature Fiat 500, et les belles endormies Maserati et Alfa Romeo. Chez PSA, on trouve les technologies dont FCA a désespérément besoin pour éviter les amendes CO2 à 9 chiffres de Bruxelles , un savoir-faire européen reconnu (le groupe marge plus que les rois allemands du premium sur le Vieux Continent) et Carlos Tavares, qui a fait sa place dans le gotha des patrons automobiles.

Dans les dépêches Bloomberg, on l'appelle désormais le gourou de Peugeot. L'homme a de fait redressé les comptes de PSA et d'Opel en un tour de main . Il ne faut pas le dire trop haut, mais il a réussi à rembourser le rachat de la marque allemande avec une seule année de bénéfices… d'Opel. Résultat, Peugeot dispose en ce moment de quelque 9 milliards d'euros en caisse, plus quelques milliards logés dans sa participation dans l'équipementier maison Faurecia. Jamais le groupe n'avait été aussi riche en deux siècles d'histoire. En clair, de chassé le Lion est devenu chasseur.

Les enjeux et les défis

L'Etat français ne peut laisser les Peugeot à la merci du chinois Dongfeng, l'autre actionnaire du groupe tricolore. Et il faudra aussi obtenir l'accord des autorités antitrust sans trop de casse sociale, bien que chaque jour qui passe rogne l'empreinte européenne de Fiat Chrysler. « Aujourd'hui, on ne peut pas faire naître un géant mondial en Europe à cause des règles anticoncurrentielles », déplorait Carlos Tavares à Genève à propos d'une hypothétique fusion Peugeot-Renault.

Pour le ministre de l'économie Bruno Le Maire, « cet accord est une très bonne nouvelle pour la France, pour l’Europe et pour notre industrie automobile » et représente « une étape importante dans la création d’un champion européen ».

Les réactions syndicales

Les syndicats se permettent d’en douter. « Globalement c’est une bonne assurance pour l’avenir de notre groupe. « Aujourd’hui, le groupe FCA est une grande inconnue pour nous », tempère cependant le syndicaliste. « Quelles synergies vont être trouvées ? Christine Virassamy, déléguée syndicale centrale CFDT, attend un engagement ferme de Stellantis sur les usines comme sur les centres de recherche.

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Les étapes clés de la fusion

Dans toute cérémonie de mariage, il existe un moment crucial qui en fait la beauté : le consentement des futurs époux. C’est bien ce qui s’est produit au cours de ce lundi 4 janvier. Les actionnaires des deux assemblées générales extraordinaires de PSA, d’une part, et de Fiat Chrysler (FCA), d’autre part, ont tour à tour approuvé à la quasi-unanimité - plus de 99 % des votes dans les deux cas - leur union dans une nouvelle entité baptisée Stellantis (« parsemé d’étoiles » en latin), destinée à devenir le quatrième constructeur automobile mondial en volume, avec ses près de 8 millions de véhicules vendus, ses 400 000 employés et près de 170 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

La première cotation de l’action du nouveau groupe se tiendra le 18 janvier à Paris et à Milan, et le 19 à New York. « Cette fois, la route est complètement libre, toutes les conditions suspensives sont levées, se réjouit un porte-parole de PSA. Les 20 autorités antitrust concernées - de l’Union européenne aux Etats-Unis en passant par la Turquie - ont approuvé la fusion. Seule une série de formalités boursières incompressibles nous empêche de prononcer la création de Stellantis dès demain. » Un mariage consommé un peu plus d’un an après l’annonce des fiançailles ; l’affaire n’a pas traîné.

Tableau récapitulatif : Stellantis, un géant automobile

Indicateur Valeur
Position mondiale 4ème en volume
Ventes annuelles Près de 8 millions de véhicules
Chiffre d'affaires consolidé Près de 170 milliards d'euros
Effectifs 400 000 employés

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