L'histoire de Renault en Afrique du Sud est riche en aventures, innovations et développement industriel. Dès le début du 20e siècle, Renault a joué un rôle important dans le développement des infrastructures et des liaisons en Afrique, en particulier dans les colonies françaises.
Les Premières Explorations et Liaisons
Au début des années 1920, la France, consciente de son retard en matière d'infrastructures dans ses colonies africaines, lance un plan de développement pour l'Afrique occidentale française (AOF). C'est dans ce contexte qu'entre 1924 et 1925, Citroën a réalisé avec ses autochenilles la première traversée du Sahara et de l’Afrique du Nord au Sud, la célèbre « Croisière Noire », très médiatisée, qui allait déclencher une vague d’engouement et de curiosité sans précédent pour l’Afrique.
La Grande Guerre avait mis en évidence les difficultés d’approvisionnement de biens et de denrées en provenance d’Afrique. L’Afrique coloniale manque de ports dignes de ce nom, de routes, de points de ravitaillement etc. Le gouvernement français va chercher à améliorer les infrastructures de ses colonies d’Afrique. Le souhait est aussi de pouvoir désenclaver Madagascar qui est isolée à l’Est du continent dans l’océan Indien. Le Sahara semble être un obstacle infranchissable.
En 1922, une expédition d’envergure est organisée. La mission de Georges-Marie Haardt et Louis Audouin-Dubreuil traverse le Sahara du Nord au Sud avec cinq autochenilles Citroën empruntant l’itinéraire classique des caravanes de chameaux. La traversée est un succès.
Renault de son côté arrive à une évolution technique différente de celle de Citroën. En 1917, Renault avait proposé des camions chenillés avec des patins en bois mais ces derniers s’abîmaient très vite, et cette idée resta sans suite. En 1919 la marque lance les tracteurs à chenilles métalliques dérivés du célèbre char FT 17 . Mais une vraie innovation se produit avec le lancement de la Renault 6 roues. Ce véhicule comporte deux essieux arrière à grand débattement équipés de roues jumelées conférant à l’ensemble une bonne portance.
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Chaque roue jumelée est dotée de deux pneus basse pression conférant à l’ensemble une bonne adhérence. Les quatre roues arrière sont motrices ce qui permet de s’adapter à tous les terrains. Par ailleurs, Georges Dal Piaz, directeur de la Compagnie Générale Transatlantique, inaugure en 1921 la route touristique Alger-Casablanca -Marrakech. Ce circuit fait grand bruit et connaît un véritable succès. Pour ce circuit, sept hôtels de luxe sont ouverts et les liaisons se font en Renault.
En janvier 1924, les frères Estienne ayant tourné définitivement le dos à Citroën s’associent avec Gaston Gradis, ami de Louis Renault et fondateur de la Compagnie Générale Transsaharienne, pour poursuivre l’aventure africaine. Ainsi trois Renault 6 roues partent de Colomb-Béchar, la veille Citroën débutait sa troisième expédition du même endroit. Cela engendrera un véritable duel entre les deux équipes.
Finalement l’expédition remonte par une nouvelle route plus à l’Ouest et récupère la voiture qui était endommagée. Fin 1924 Citroën et Renault vont organiser de grandes expéditions à travers l’Afrique : l’expédition Citroën-Centre Afrique dite la croisière noire du 28 octobre 1924 au 26 juin 1925 pour Citroën et la mission Gradis du 15 novembre 1924 au 3 décembre 1924 pour Renault.
Le 15 novembre 1924 une nouvelle expédition est mise sur pied par Renault. Le Maréchal Franchet d’Esperey est la figure de proue de ce raid. Trois 6 roues sont prévues avec les frères Estienne mais une quatrième voiture les accompagne, celle du Capitaine Delingette et sa femme. Delingette avait travaillé en Afrique pour établir des cartes.
Ainsi alors que les Citroën de la croisière noire étaient restés sur le territoire français, les Delingette passent au Sud du lac Tchad en territoire anglais. La route se coupe avant Fort-Lamy et les oblige à rebrousser chemin. Cette mésaventure provoque des pannes d’essence et le ravitaillement se fait long.
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En 1925, Dal Piaz crée la Compagnie des Circuits Nord Africains, qui propose une offre touristique unique en Afrique du Nord et au confin du Sahara (Circuit du grand Erg), en utilisant exclusivement des véhicules Renault et notamment les 6 roues pour transporter une clientèle fortunée. Par ailleurs, en 1926, la Compagnie Générale Transsaharienne (CGT) créée par Gradis trois ans plus tôt, commence, sous la direction de Georges Estienne, l’exploitation commerciale de la piste qu’elle a balisée pour la traversée du Sahara.
Dans les années 1930, les liaisons Afrique du Nord-Afrique Noire sont considérablement améliorées par l’ouverture d’un itinéraire totalement nouveau dont le tracé et l’exploitation ont été confié à Georges Estienne qui a quitté la CGT pour créer la Société Algérienne des Transports Tropicaux (SATT) . Cette ligne va d’Alger à Kano par Tamanrasset, Agadès et Zinder, elle est rapidement prolongée jusqu’à Fort-Lamy et Niamey. C’est la plus longue ligne automobile du monde avec ses 6000 kilomètres.
Le Record des Frères Marreau
Il y a des records qui suscitent l’admiration. Celui des frères Marreau qui se lancent en 1971 dans la traversée du continent africain est un de ceux-là. À un moment où Renault désire remettre un pied en Afrique, la proposition des deux frères est du pain béni. Fournissez-nous la voiture, on s’occupe du record. Un accord est trouvé avec le constructeur, et c’est la Renault 12 qui est choisie pour cet exercice périlleux. L’objectif est de relier le Cap (Afrique du Sud) à Alger (Maroc) en moins de 9 jours.
Le (nouveau) départ est donné le 30 novembre 1971. La R12 s’élance sur les pistes et les chemins accidentés du continent Africain. En support de Claude et Bernard, leur ami Yvon Garin « le troisième frère Marreau » les accompagne. S’il ne conduit pas, il s’occupe de l’intendance, des notes, de leur faire du café ou de les réveiller. Car cet exercice ne connaît pas de pause. Quelques ravitaillements et traversées de fleuves tout au plus. C’est pied au plancher, à 170 km/h en permanence, que les trois hommes poursuivent leur avancée.
Quand Claude, Bernard et Yvon entrent dans la ville, c’est un voyage de 8 jours, 22 heures et 18 minutes qui s’achève, en grande pompe, et plein d’émotions. 50 ans plus tard, le record des « Renards du Désert » est toujours d’actualité, jamais égalé, et jamais battu.
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La Production Automobile en Afrique du Sud
Baignée par le soleil des hauts plateaux sud africains, Rosslyn est une vaste banlieue industrielle sans âme de Pretoria. Et l’un des centres de production automobile du pays de Mandela. Là, dans son usine ceinturée de palmiers, Nissan a produit l’année passée 52 000 véhicules sur deux lignes encore assez peu automatisées. Le site assemble une dizaine de modèles, dont des Sandero Renault et, surtout, ses pick-up NP200 et NP300 qui font un tabac sur le marché local et sont exportés dans le continent ou en Asie.
L’industrie automobile sud-africaine exporte beaucoup : 56% de sa production sont vendues à l’étranger, sur 152 marchés. Toutefois, le pays doit importer près de 350 000 véhicules par an. "L’obsession des autorités est de faire de l’automobile l’un des secteurs d’excellence du pays pour diversifier notre économie trop dépendante des matières premières. Pour cela, il a mis en place un plan qui prévoit notamment des droits de douane de 25% à l’importation", explique un banquier sud-africain.
Si Nissan, par exemple, assure que 60% des pièces entrant dans la fabrication de ses véhicules ont été réalisés localement, la moyenne dans l’industrie est plutôt de 40%. "Il faut faire encore grandir le secteur des équipementiers", estime Mike Whitfield.
La Renault 10 en Afrique du Sud
Dès septembre 1966, la production de la Renault 10 commence en Afrique du Sud, dans l’usine d’East-London, grâce à des kits envoyés de France (CKD). Le moteur est lui aussi un Sierra 1 108 cc légèrement plus puissant que le modèle français (57 chevaux SAE contre 46). Afin de capitaliser sur ces succès, les frères Porter et deux collègues fondent Alconi, soutenus par Renault.
En fin d’année 1966, Alconi s’attaque à la Renault 10 dotée du même moteur, en appliquant la même formule. Entre 1966 et 1969, le préparateur sud-africain Alconi propose un kit permettant d’améliorer sensiblement les performances de la Renault 10. La préparation concerne le moteur et les trains roulants. Elle est vendue pour être adaptée a posteriori sur des versions de série. Elle donne même lieu à un modèle de série : la Renault 10 Alconi. Sur cette base, des voitures sont engagées en course sur les circuits sud-africains.
La Renault 10 n’est en définitive qu’une Renault 8 allongée dans ses parties avant et arrière. La Renault 10 se veut plus cossue et confortable que la Renault 8 dont elle dérive étroitement. Des placages en faux bois sont ainsi apposés sur le tableau de bord et le volant qui sont spécifiques au modèle. Elle bénéficie aussi d’un freinage avec des disques aux quatre roues.
Renault en Afrique : Les Hommes Clés
En Afrique, la marque au losange recherche ce qui la pousse intrinsèquement à l'international : «Tirer parti du dynamisme des marchés locaux», comme indiqué dans un document officiel. Sur le Continent, le constructeur automobile dispose d'une trentaine de représentations commerciales, fruits de partenariats avec des distributeurs locaux -parfois exclusifs-, exception faite de l'Afrique du Sud où le distributeur opère sous la dénomination Renault et appartient à 40% au groupe français.
Voici quelques-uns des hommes clés de Renault en Afrique :
- Fabrice Cambolive : Directeur des opérations Afrique et Moyen-Orient-Inde.
- Marc Nassif : Chapeaute les activités de Renault au Maroc.
- Jean François Gal : Directeur général de l'usine de Tanger.
- Mohamed Bachiri : Directeur général de la Société marocaine de construction automobile (Somaca).
- Eric Basset : Directeur général de Renault Commerce Maroc.
- Claudio Vezzosi : Président directeur général de RCI Finance Maroc.
- André Abboud : Patron de Renault en Algérie.
- Jaco Oosthuizen : Responsable de Renault South Africa.
Tableau Récapitulatif des Personnalités Clés de Renault en Afrique
| Nom | Poste | Pays |
|---|---|---|
| Fabrice Cambolive | Directeur des opérations Afrique et Moyen-Orient-Inde | - |
| Marc Nassif | Responsable des activités Renault | Maroc |
| Jean François Gal | Directeur général de l'usine de Tanger | Maroc |
| Mohamed Bachiri | Directeur général de Somaca | Maroc |
| Eric Basset | Directeur général de Renault Commerce Maroc | Maroc |
| Claudio Vezzosi | Président directeur général de RCI Finance Maroc | Maroc |
| André Abboud | Patron de Renault | Algérie |
| Jaco Oosthuizen | Responsable de Renault | Afrique du Sud |
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