La potentielle fusion entre Honda et Nissan ne va pas rester sans conséquence. Au niveau mondial tout d’abord, le classement sera chamboulé. Quant à Renault, son action a déjà bondi en bourse. Le 23 décembre 2024, Nissan a annoncé l’ouverture des négociations avec le géant japonais de l’automobile Honda en vue d’une fusion. Un potentiel partenariat qui n’est pas sans conséquence sur le marché automobile et aussi sur Renault, partenaire privilégié de Nissan pendant plus de deux décennies.

Impact sur le Classement Mondial des Constructeurs

Le classement mondial des grands constructeurs va en effet être "chamboulé", résume ainsi Arnaud Aymé, directeur général France de SIA Partners. Le nouvel ensemble pourrait devenir "numéro 3 mondial".

L’ensemble Honda-Nissan pourrait monter sur le podium si l’on compte les ventes de Mitsubishi (638.000 unités de janvier à septembre 2024). "L’ensemble va former le numéro 3 mondial, autrement dit un géant avec un chiffre d’affaire qui dépasserait les 180 milliards d’euros", explique Arnaud Aymé. Dans ce cas, les trois constructeurs pourraient donner naissance à un nouveau géant de l'industrie automobile, capable de rivaliser avec Toyota (10,3 millions de ventes en 2023), le plus grand constructeur japonais et même au monde. À eux trois, Honda, Nissan et Mitsubishi ont cumulé près de 8,4 millions de ventes en 2023.

Tableau Comparatif des Ventes Mondiales (Janvier-Septembre 2024)

Constructeur Unités Vendues
Honda 2,7 millions
Nissan 2,5 millions
Mitsubishi 638 000
Total Honda-Nissan-Mitsubishi 5,838 millions

Si on prend en compte les ventes mondiales depuis le début de l'année, Honda est septième avec 2,7 millions d'unités de janvier à septembre, d'après les chiffres du cabinet Jato Dynamics. Nissan occupe de son côté la neuvième position avec 2,5 millions de véhicules vendus, toujours sur cette période des trois premiers trimestres de 2024. L'ensemble, à près de 5,3 millions d'unités, se placerait ainsi en quatrième position mondiale, devant Stellantis (4,1 millions) et juste derrière Hyundai-Kia (5,4 millions).

Conséquences pour Renault

La fusion Honda-Nissan a justement déjà eu des conséquences pour le groupe français, puisque Renault a vu son cours de bourse bondir de 6% en une semaine. En effet, Renault détient 35,7 % des parts de Nissan. Par conséquent, lorsque Nissan ne va pas bien, cela n’est pas bénéfique pour Renault.

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La nouvelle de la potentielle fusion a agité les marchés boursiers européens, d’où la hausse du cours de bourse de Renault. Selon les investisseurs, cette fusion permettra à Renault de mieux valoriser ses parts dans Nissan. Cette année, le groupe au losange a déjà vendu 11% du capital du japonais. Ce désengagement devait se poursuivre car Renault pourrait avoir besoin de renflouer sa filiale 100% électrique, Ampère.

La fusion faciliterait la revente des actions et comblerait l'absence de Nissan dans le développement d'Ampère. La fusion pourrait donc l’obliger à réfléchir à sa stratégie. Face à la concurrence de nouveaux venus sur le marché de l'électrique, le directeur général de Renault Luca de Meo a déjà noué des partenariats afin d'assurer son indépendant, notamment trois auprès du chinois Geely.

La Position Actuelle de Renault et ses Alliances

Renault est déjà "un petit constructeur", et la guerre en Ukraine n’a pas amélioré les choses, puisque le nombre de véhicules commercialisés a baissé de 20% depuis l’invasion.Renault produit ainsi en Europe les véhicules de Mitsubishi -dont Nissan est actionnaire majoritaire- sur la base de ses propres modèles.

Renault cherche pour sa part aussi de nouveaux alliés pour remplacer l’alliance défunte avec Nissan. Il s’est ainsi rapproché du Chinois Geely, dirigé et créé par le milliardaire Li Shufu, par ailleurs propriétaire de Volvo Cars et actionnaire de référence de Mercedes. Toutes les activités de moteurs thermiques, y compris les hybrides de Renault, sont désormais partagées à égalité dans la nouvelle entité Horse.

Implications pour Mitsubishi

Il pourrait également être question d'intégrer Mitsubishi en cas de fusion, dont Nissan est le principal actionnaire. Mitsubishi est trop petit pour continuer tout seul. Cette alliance semble être sa meilleure opportunité. Le partage des technologies et des coûts ainsi que la mutualisation des compétences pourraient permettre aux trois marques de s’en sortir. Reste à voir comment cela se déroulera dans les faits.

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Mitsubishi hésite à s’associer au projet de fusion entre Honda et Nissan, bien qu’elle collabore déjà avec ces marques sur des projets communs, notamment en matière de véhicules électriques. En 2023, Honda a produit 4,2 millions de véhicules, contre 3,5 millions pour Nissan. En comparaison, Mitsubishi n’a fabriqué qu’un peu plus d’un million d’unités, ce qui en fait un acteur nettement plus modeste. Et encore, sur ce million beaucoup ne sont pas des Mitsubishi à 100 % car Renault fournit déjà à Mitsubishi des plateformes et des technologies partagées.

Une alliance avec Honda et Nissan ne lui garantirait pas un tel apport technologique et pourrait réduire davantage son influence, un risque que la marque semble peu disposée à prendre. Bien que Nissan reste son principal actionnaire, avec une part réduite à 24 % après le rachat d’actions par Mitsubishi en novembre dernier, l’entreprise semble avoir des envies d’ailleurs. Une alternative bénéfique pour tous pourrait donc bien être un renforcement de son partenariat avec Renault.

Les Défis et Opportunités de la Fusion

Nissan, en grandes difficultés, serait en discussion avec Honda pour imaginer une fusion des deux constructeurs. Honda et Nissan annoncent avoir ouvert des négociations en vue d’une éventuelle fusion. « Comme annoncé en mars et en août dernier, nous discutons de possibilités de coopération dans de nombreux domaines », et une fusion « figure parmi les possibilités », souligne un porte-parole de Honda.

Seul hic : Nissan et Honda ne sont pas vraiment complémentaires. Ils sont quasiment sur les mêmes marchés, principalement en Asie et en Amérique du Nord. Rien à voir avec l’Alliance franco-nippone, qui unissait deux groupes dont les structures géographiques des ventes étaient, elles, parfaitement complémentaires.

En réalité, ce nouveau rapprochement nippo-japonais s’apparente plutôt à un sauvetage de Nissan. Et ce, vingt-cinq ans après la prise de contrôle par le Français du constructeur nippon alors au bord de la banqueroute. Décidément. Nissan a lancé un avertissement sur ses bénéfices et annoncé son intention début novembre de supprimer 9 000 emplois dans le monde. Le constructeur va aussi réduire de 20 % ses capacités de production. « Face à la gravité de la situation, Nissan prend des mesures urgentes pour redresser ses performances », soulignait en novembre la firme dans un communiqué.

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Les deux firmes - Nissan et Honda - annonçaient à cette même époque une mutualisation de leurs moyens sur les batteries électriques et une harmonisation des spécifications, afin que les batteries puissent être utilisées dans les véhicules des deux entreprises. Des échanges de produits étaient envisagés.

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