Les autos marquantes sont parfois le résultat de circonstances improbables. La Renault 5 Turbo est une voiture de sport emblématique des années 1980, produite par le constructeur français Renault.

La Genèse d'un Projet Audacieux

La R5 Turbo est née du pari un peu fou d’ingénieurs de Renault, qui roulaient au volant d’une R16 filant sur l’A13. Début 1976, Jean Terramorsi, sous-directeur de la direction du produit de la Régie en charge des petites séries, et son adjoint Henry Lherm, roulent dans une brave R16 qui les ramène de Dieppe en région parisienne. Ils imaginent une Renault 5 survitaminée à moteur central arrière pour le rallye. Une discussion en forme de pari qui aurait dû faire long feu.

Mais les jours suivants, les élucubrations prennent la forme d’un cahier des charges pour convaincre la direction de la Régie. Plusieurs facteurs doivent faciliter la chose :

  • Donner un porte-étendard à la gamme R5.
  • Offrir une compétitrice qui semble plus proche de la voiture de M. Tout-le-Monde qu’une F1 ou une Alpine A310.
  • Faire la promotion, auprès du grand public, de la technologie turbo que Renault tente d’imposer en compétition sur les circuits.
  • Et, pourquoi pas, vendre une déclinaison civile à des clients en manque de Gordini.

Chamboulements dans le Programme

Aval sous condition de la haute direction, le développement de la petite bombe, nom de code Projet 822, peut commencer. Sur deux fronts : la technique chez Renault Sport, près de Dieppe, dont le big boss n’est autre que Gérard Larrousse, et le style, à Rueil-Malmaison, où Marc Deschamps, sous la direction d’Yves Legal, œuvre. Une première esquisse voit le jour en mai 1976.

Mais le décès soudain de Jean Terramorsi, en août, donne l’occasion aux sceptiques de Rueil de se débarrasser d’un projet auquel ils ne croient pas. Et de refiler le bébé à la Carrozzeria Bertone où un certain Marcello Gandini (dont Deschamps prendra la succession en 1979) s’y attelle. Le Maestro s’approprie le projet, et une maquette est réalisée sur la base d’une vieille R5 Alpine rapatriée, quasiment en douce, par Legal. Peinte en rouge, elle est présentée au directeur général de la Régie, Bernard Hanon, façon guet-apens : alors qu’il vient voir celles de la future R9, on installe “par inadvertance” la 822 sur son chemin… Coup de poker gagnant : l’aventure peut continuer.

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Lherm reprend les rênes. Un prototype roulant et une maquette de style doivent être prêts pour le printemps 1978. Un calendrier serré, donc, et un budget qui l’est encore plus. Une caisse de Renault 5 est prélevée sur la chaîne, sa partie arrière découpée. On y installe un treillis tubulaire pour accueillir le petit 1.4 de R5 Alpine, agrémenté de ses gros périphériques, turbo Garrett et échangeur en tête. Gérard Larrousse exige des ailes arrière plus larges pour y loger de grosses roues pour les versions de compétition. Yves Legal peaufine le style, ajoutant ces gouttières et bas de caisse, partie intégrante de l’identité de la Turbo.

La deuxième maquette est créée chez Heuliez, finalisée à Dieppe où, parallèlement, le premier prototype 822-01, prend forme. Le premier roulage est effectué en mars 1978 par Gérard Larrousse et Michel Tétu, Alain Serpaggi prenant le relais pour la mise au point. Si celui qu’on appelle le “prototype noir” tient ses promesses (plus de 200 km/h et moins de 28 s au 1 000 m DA), de nombreux détails sont à améliorer.

L’équipe ne chôme pas et deux autres protos, qui délaisseront le treillis tubulaire pour les tôles formées et soudées des voitures de série, verront le jour dont un dévolu au développement de la version rallye (Groupe 4). Et toute cette effervescence se fait dans le plus grand secret. Car lorsque la maquette définitive est dévoilée à l’occasion du Salon de Paris en octobre 1978, c’est la surprise la plus totale !

Lancement et Évolution de la R5 Turbo

Pile un an après, la R5 Turbo fait ses débuts en rallye, au Giro d’Italia. La fabrication a commencé deux mois avant, et elle n’est pas des plus simples : les caisses partent de l’usine Renault de Flins (78) pour être modifiées structurellement chez Heuliez à Cerisay (79) avant de recevoir leurs éléments de carrosserie en polyester, leur intérieur et leur mécanique à Dieppe (76). Le tarif est exorbitant : 155 000 F, soit 15 000 de plus qu’une Alpine A310 V6 et 100 000 de plus que la R5 Alpine Turbo ! Mais une future championne des rallyes vient de naître, et une icône de la sportive à la française également. Pour le millésime 1983, la Turbo 2 prend le relais.

Lancée en 1980, elle était conçue pour être une version haute performance de la Renault 5 de base, avec une carrosserie modifiée et un moteur turbocompressé monté à l'arrière. La carrosserie de la Renault 5 Turbo était très différente de celle de la Renault 5 standard, avec des ailes arrière élargies pour accommoder les roues plus larges et un capot avant redessiné pour améliorer la circulation de l'air. L'intérieur était également différent, avec des sièges de course et un tableau de bord spécifique.

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Sous le capot arrière, la Renault 5 Turbo était équipée d'un moteur turbocompressé de 1,4 litre, qui produisait jusqu'à 160 chevaux et permettait à la voiture d'atteindre une vitesse maximale de 200 km/h. La suspension et le châssis avaient également été modifiés pour améliorer la tenue de route et la maniabilité.

En 1976, après la sortie de la R5 Alpine, naît le projet de développer une extrapolation musclée de ce modèle en le dotant d'un turbocompresseur. Une première maquette de la Renault 5 Turbo est élaborée chez Bertone, puis une seconde chez Heuliez. Dès ses premiers essais, la voiture manifeste son potentiel. Bien équilibrée, elle abat le kilomètre départ arrêté en 28 secondes et dépasse les 200 km/h. Dévoilée au salon de Paris de 1978, elle fait forte impression avec ses ailes arrière gonflées et ses grosses sorties d'air, qui témoignent de l'énorme cavalerie blottie dans le coffre. La Renault 5 Turbo ne cessera d'évoluer, devenant Turbo 2 en 1983 puis 5 Maxi deux ans plus tard.

A cette époque la moustache était encore à la mode et les motifs à couleurs criardes ne faisaient peur à personne. C 'est elle la Renault R5 Turbo 2 on la reconnaît au premier coup d’œil. Des sorties d’air imposantes et une carrosserie bodybuildée, elle en met plein la vue notre R5 Turbo 2. La R5 turbo 2 c'est une R5 gavée aux hormones avec un moteur survitaminé. Pour une voiture de son âge, quelle claque ! Elle est impressionnante de rigueur sous le capot un bloc d’un 1 litre 4 turbocompressé qui développe 160 chevaux.

Normalement, il avait été prévu de réaliser un nouveau chassis et d’adapter la carrosserie dessus. La R5 Turbo était motorisée par une version spécialement préparée d’un bloc Cléon-Fonte, un 4 cylindres en ligne de 1397cm3 couplée, bien sur couplé à un Turbo.

Succès en Compétition

La Renault 5 Turbo était une voiture de sport populaire dans les années 1980 et a été utilisée en compétition, notamment en rallye. En course, la Renault 5 Turbo s'impose dès sa quatrième sortie, en janvier 1981 au rallye de Monte-Carlo. Il faut dire qu'avec 320 ch pour seulement 940 kilos, la groupe B bénéficie d'un exceptionnel rapport poids-puissance.

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La voiture remportera le Tour de Corse la saison suivante, avant de glaner de multiples victoires. Elle sera également une virtuose de la piste, dans le cadre de la coupe Renault 5 Turbo organisée sur les plus célèbres circuits européens. La Renault 5 Turbo s'inscrit dans une longue et brillante série de petites bombes chère au constructeur de Billancourt.

La Renault 5 Turbo a connu un grand succès en rallye dans les années 1980, avec de nombreux pilotes de renom au volant. Ces pilotes ont contribué à la renommée de la Renault 5 Turbo en rallye et ont fait de cette voiture un symbole emblématique de l'âge d'or des voitures de sport des années 1980.

Alain Serpaggi, qui pilote cette Renault 5 Turbo groupe B, remportera à son volant le titre de Champion de France des rallyes de 2° division en 1985. Il ne tarit pas d’éloges sur sa redoutable efficacité et sa grande maniabilité.

Ses débuts en compétition ont pour cadre le Tour d'Italie 1979, où elle s’illustre aux mains de Guy Fréquelin sans pouvoir conclure pour autant. Au Tour de Corse 1980, la voiture, pilotée par Jean Ragnotti, se montre intraitable avec ses concurrentes. Mais elle est victime d'une défaillance mécanique. La consécration arrive en janvier 1981 pour la troisième sortie officielle de la petite bombe. La Renault 5 Turbo est sur la ligne de départ du rallye de Monte-Carlo avec aux commandes Jean Ragnotti. A l'arrivée, elle signe un mémorable succès. Bruno Saby s’imposera ensuite aux rallyes Lyon-Charbonnières, de Lorraine et du Mont-Blanc.

La saison suivante, la Renault 5 Turbo, toujours pilotée par Jean Ragnotti, remporte le Tour de Corse. Mais la marque de Billancourt donne la priorité à son engagement en Formule 1. Conséquence : la R5 Turbo ne participera pas au championnat du monde. Une structure autonome est néanmoins créée pour prolonger l'aventure et engager la voiture dans les championnats nationaux. Renault crée également un service compétition clients, qui commercialisera plus de 350 voitures auprès de pilotes professionnels ou amateurs.

Entre 1981 et 1987, la Renault 5 Turbo glanera de multiples victoires pour se constituer un palmarès international des plus flatteurs. Elle permettra à de nombreux pilotes alors inconnus de se mettre en évidence et de devenir célèbres : Carlos Sainz, Didier Auriol, Bruno Saby, François Chatriot ou Dany Snobeck.

Jean-Luc Thérier sera sacré Champion de France des rallyes en 1982, après que la voiture se fut imposée aux 1000 Pistes (Jean-Luc Thérier), à l’Alpin-Jean Behra en réalisant un triplé (Jean-Luc Thérier, Bruno Saby et Jean Ragnotti), au rallye Terre de Provence (François Chatriot) et au Var, où elle s’est adjugé les quatre premières places. En 1984, c’est Jean Ragnotti qui remporte le titre national des rallyes, avant d’offrir à la Renault 5 Maxi sa première victoire en championnat du monde lors du Tour de Corse 1985.

Le 5 avril 1981, le lancement sur le circuit d'Hockenheim, en Allemagne, de la coupe Renault 5 Turbo marque une étape importante dans la carrière sportive de la voiture. Pour sa première saison, la coupe compte douze épreuves disputées sur les plus célèbres circuits européens. Les courses se déroulent en lever de rideau des Grand Prix de Formule 1, ainsi que des 24 Heures du Mans. Autant de sorties qui forgeront la notoriété de la Renault 5 Turbo à travers l'Europe.

Au volant de la Renault 5 Maxi, apparue en 1985, Jean-Louis Bousquet gagne les deux dernières courses de la saison. Il récidivera en 1986 avec deux nouvelles victoires. La voiture est modifiée pour la saison 1987 et la puissance gagne 30 ch, tandis qu’Erik Comas remplace Jean Ragnotti. Sur douze épreuves, la voiture s’impose à six reprises. Erik Comas remporte le titre de champion de France de Superproduction devant Audi, Porsche, BMW et Peugeot. Au terme de cette saison, la 5 Maxi s’efface au profit de la 21 Turbo 4 x 4.

Pilotes de Renom au Volant de la Renault 5 Turbo

  • Jean Ragnotti
  • Bruno Saby
  • Philippe Wambergue
  • Alain Oreille
  • Guy Fréquelin

Ces pilotes ont contribué à la renommée de la Renault 5 Turbo en rallye et ont fait de cette voiture un symbole emblématique de l'âge d'or des voitures de sport des années 1980.

La R5 Turbo Aujourd'hui

La R5 Turbo 2 est devenue un vrai produit d'exception de par sa rareté et grâce à un sacré palmarès sur les plus grands rallyes de la planète. Malgré le fait qu’elle ne possède pas de vitre électrique ! La Renault 5 Turbo 2 est une voiture extrêmement attachante et surtout pour tous les budgets.

Notre R5 Turbo 2 est une voiture très émouvante à conduire pour les sensations qu’elle procure. En 1977 c’en est de trop pour RENAULT SPORT et ils organisent la riposte avec le projet de la R5 TURBO. Pour l’homologation en Gr4 il faut une série de 400 voitures (ne sachant pas s’ils allaient en vendre plus à ce moment-là) ?

Partant de là, la RENAULT 5 TURBO et ses pilotes : JEAN RAGNOTTI, DIDIER AURIOL, FRANCOIS CHATRIOT, JEAN LUC THERIER, CARLOS SAINZ etc… nous ferons rêver en rallyes. La merveille que nous proposons aujourd’hui est une version d’origine de la R5 TURBO. Vendue neuve à Monaco elle est ensuite vendue à Nice dans les années 90. Son histoire est limpide et son entretien sans failles.

Aujourd'hui, la Renault 5 Turbo est une voiture de collection prisée des amateurs de voitures de sport. Elle reste un symbole emblématique de l'ingénierie automobile française et de l'âge d'or des voitures de sport des années 1980.

Aujourd'hui, la Renault 5 Turbo est toujours appréciée des amateurs de voitures de collection et est considérée comme une voiture de sport classique et iconique.

Suivi en Espagne par un spécialiste des R5 TURBO cette beauté a eu récemment par exemple : embrayage changé, amortisseurs neufs, pneus Michelin TRX changés en juin 2021 Etc….

Une des raisons est quelle fut sans doute parmi les 400 premières homologuées lors du 1er septembre 1980 grace à son numero de chassis D0000020. Petite anecdote : j’avais une connaissance qui avait passé plus de 2 ans à en restaurer une. Elle etait dans un état irréprochable. Après des centaines d’heures passées, une bonne partie de ses salaires passés dedans, il l’a crashé misérablement à peine après avoir parcouru 10kms. Un grand gauche, des pneus neufs et une conduite optimiste… Elle était HS et a fini à la casse.

La R5 Turbo 2 est une voiture extrêmement attachante et surtout pour tous les budgets. Préparez vos chéquiers ! Ce modèle précis a été présenté à une vente aux enchères Sotheby’s l’année dernière et s’est vendue pour £166 750.

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