Vous cherchez un SUV très compact ? Ça tombe bien, il y a l’embarras du choix. Outre la star du marché, le Peugeot 2008, la catégorie des crossovers urbains comprend de très nombreux concurrents : Volkswagen T-Cross, Renault Captur, Hyundai Kona, Nissan Juke, Kia Stonic, Ford Puma, Citroën C3 Aircross, Seat Arona… Il y en a vraiment pour tous les goûts !
Dans ce marché si disputé, le petit Skoda Kamiq peine à se distinguer et pour cause ! Il ne mise pas spécialement sur son physique contrairement au Peugeot 2008 ou au Nissan Juke. Non, son truc, c’est plutôt d’en donner le maximum pour un prix raisonnable et des dimensions serrées.
Skoda Kamiq: L'option rationnelle et pratique
Chez les Inuits, le mot Kamiq désigne un objet dont l'usage correspond parfaitement à la fonction. Un premier galop d’essai au volant du rival tchèque de nos Captur et 2008 nationaux tend à prouver qu’il n’usurpe pas son appellation.
Après le Kodiaq (2016) et le Karoq (2017), voici venir le Kamiq - les trois K de Skoda pour séduire les familles en quête d’un SUV. A l’instar de ses deux grands frères, le petit dernier repose bien évidemment sur l’une des plateformes mécaniques du Groupe Volkswagen, en l’occurrence la petite "MQB-A0" qui sert de fondement à la Volkswagen Polo et à la Seat Ibiza, comme à leurs dérivés haut sur pattes Volkswagen T-Cross et Seat Arona.
Vous auriez tort cependant d’en conclure que le Kamiq occupe strictement le même terrain que les T-Cross et Arona. Soucieux d’éviter les confrontations trop frontales, les dirigeants du Groupe Volkswagen ont assis le petit SUV tchèque sur un empattement (distance entre les roues avant et arrière sensiblement plus long, qui étire d’autant sa longueur hors tout. Résultat, avec 4,241 mètres d’un pare-chocs à l’autre, le Skoda Kamiq dépasse de 7 millimètres la Volkswagen T-Roc, grand frère du T-Cross... Peu importe.
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Le chaland qui poussera la porte d’un magasin de vente Skoda n’aura qu’une chose à retenir : fort de son empattement plus long de 10 centimètres (identique à celui de la récente berline Skoda Scala), le Kamiq offre à ses passagers arrière une longueur aux genoux bien supérieure à celle des T-Cross et Arona.
Problème, une telle aisance à l’arrière du Kamiq laissait espérer la présence d’une banquette coulissante, pour augmenter à loisir le volume du coffre. Hélas, Skoda ne propose pas ce raffinement offert au Volkswagen T-Cross.
Les familles devront se contenter d’un volume de 400 litres, sauf à rabattre tous les sièges pour l’étendre à 1.395 litres. Le plancher peut être rehaussé afin de former une aire de chargement plane, dans le prolongement du dossier de la banquette rabattue. On apprécie de pouvoir stocker le cache-bagages au dos de la banquette. A noter que les barres de toit longitudinales sont livrées d’office, au contraire de l’attelage escamotable électriquement.
Les occupants de la banquette profitent de tablettes escamotables absentes sur la Scala. Autre astuce devenue indissociable de l’image de marque de Skoda, le grattoir à givre (qui intègre une jauge de profondeur de la sculpture de la bande de roulement du pneumatique) trouve sa place au revers de la trappe à carburant, comme sur toute bonne voiture tchèque qui se respecte. Le petit Kamiq a même droit au parapluie intégré dans la porte du conducteur, aux protections d’arête de portière qui jaillissent à chaque ouverture, et à l’éclairage de coffre qui se détache pour servir de lampe torche rechargeable.
Enfin, le Skoda Kamiq reprend de la Scala l’idée du bouchon en silicone de bocal à liquide de lave-glace qui fait office d’entonnoir. Les passagers du Skoda Kamiq trouveront davantage d’occasions d’apprécier la facilité d’accès offerte par les longues portières (elles aussi empruntées à la Scala). Ou bien la profondeur des bacs de portière, conçus pour accueillir une bouteille de 1,5 litre, à l’avant comme à l’arrière. On y trouve même l’inévitable petite poubelle doublée d’un sac jetable (option).
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Si le dessin général de la planche de bord relève avant tout d’une question de goûts personnels, son aspect est indéniablement plus flatteur que celui du poste de conduite de l’Arona. Moins nouveau est le principe de l’instrumentation tout-numérique, dorénavant proposé par les Renault Captur et Peugeot 2008 de seconde génération.
Dès la seconde version Ambition, le Kamiq est équipé d’une carte SIM qui garantit une connexion permanente au réseau de données mobiles. De quoi exploiter le potentiel de la tablette tactile MIB de troisième génération, capable de mettre à jour automatiquement la cartographie du GPS et de diffuser du contenu en ligne. Son bel écran large de 9,2 pouces cède la place à un 8,5 pouces plus modeste sur le second niveau Ambition, voire à un simple 6,5 pouces sur l’entrée de gamme Active.
Localisé en permanence, le Skoda Kamiq est par ailleurs capable de transmettre sa position au smartphone du conducteur et de l’alerter lorsque le véhicule franchit les limites d’une zone géographique prédéfinie. Fini donc, les escapades après les cours : avec le Kamiq de Papa, c’est retour direct à la maison. Et en cas de perte de clé, l’infortuné peut demander au propriétaire du Kamiq l'envoi sur son smartphone d’une clé électronique qui servira de sésame.
Le Kamiq hérite fort logiquement des mêmes motorisations que son cousin Seat Arona et que sa sœur Scala. Le trois-cylindres essence TSI de 1,0 litre se décline en deux niveaux de puissance : 95 chevaux (boîte manuelle à cinq rapports) ou 116 ch (boîte manuelle à six rapports ou automatique à double embrayage et sept rapports). La boîte manuelle à six rapports nous a semblé grevée de taux de démultiplication excessivement longs sur les trois derniers rapports, qui étouffent complètement le brio du Diesel 1.6 TDI.
Le conducteur du Kamiq est assis quatre centimètres plus haut que dans la Scala. Le degré de confort que distille la suspension du Skoda Kamiq change sensiblement selon la taille de pneus qu'il chausse et le type de châssis sur lequel il repose. Avec des pneus de 16 pouces à flancs hauts (série 60), le petit Tchèque affecte une souplesse qui n'a pas grand-chose à envier à la Citroën C4 Cactus. Tout change lorsque ce SUV s'équipe de roues de 17 pouces (série 55, livrées d'office sur Ambition), de ressorts raffermis (plus courts de 10 mm), couplés à un amortissement piloté à deux lois fixes (comme sur la Scala).
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Plus logeable et assemblé avec davantage de soins, le Skoda Kamiq laisse au Seat Arona le soin de jouer la carte du prix plancher. Dans le détail cependant, le Kamiq fait honneur à la tradition Skoda et affiche un rapport avantageux entre prix et équipements. Même les tarifs des options savent faire preuve de mesure.
Ainsi, le très astucieux système de protection des portes n'est facturé que 150 euros, tout comme le volant chauffant. Le pare-brise chauffant s'affiche quant à lui à 200 euros, les sièges chauffants à 230 euros, le crochet d'attelage escamotable électriquement à 710 euros, le tapis de coffre réversible à 50 euros, les accessoires de rangement à 100 euros (tout comme le siège avant rabattable à plat. Plus surprenant est le fait qu'il faille débourser 450 euros pour bénéficier des détecteurs de présence dans les angles morts, et encore 410 euros pour le régulateur de vitesse adaptatif.
Skoda Kamiq restylé: Discrétion et efficacité
ESSAI AUTO DU WEEK-END - Le restylage passe inaperçu. Qu’importe ! Ce petit SUV Skoda est habitable, rationnel, agréable à conduire. Un bon numéro, malgré un intérieur austère. Sans défaut majeur. Restylage ? Chez Skoda, les retouches sont toujours discrètes. Apparu en 2019, ce petit concurrent du Renault Captur et de ses cousins Volkswagen T-Cross ou Seat Arona, n’en avait pas besoin.
Il est en effet le SUV le plus vendu de la marque tchèque. Pourtant, il n’a rien de spécial. Pas d’hybride au programme, pas d’électrique non plus. Quant au diesel, il est passé aux oubliettes, alors qu’il existait au début de sa carrière. Le Kamiq n’innove en rien et sa carrosserie sage, même revue, passe inaperçue. Même si sa calandre est la seule note d’originalité avec ses feux à la disposition peu habituelle.
Alors ? Le succès de ce modèle prouve justement que les clients ne veulent pas forcément de révolutions technologiques ni de bling-bling. Ce qui fait la force de ce Kamiq, c’est sa discrétion, sa fonctionnalité sage, sa rigueur de conception et de fabrication sans esbroufe.
On ne se retournera pas sur son passage. Mais les lignes rationnelles sont équilibrées et harmonieuses. L’intérieur est tout aussi propre, net, pratique. L’ergonomie est plutôt réussie. On apprécie un certain nombre de boutons pratiques, comme ceux au pied du sélecteur de boîte de vitesses permettant de désactiver les aides au stationnement - malheureusement impossibles à éradiquer en marché arrière - ou couper le Stop and Start.
Le levier de vitesse de taille normale est agréable. Une pichenette et on se retrouve en mode Sport. Un mouvement vers la droite et on est en 100 % manuel. Pratique, bien plus que le micro-levier design et peu fonctionnel des modèles supérieurs. Les sièges sont durs mais maintiennent bien le corps. L’accoudoir central est réglage en longueur, mais pas en hauteur.
Ce Skoda Kamiq accueille des adultes à l’arrière, avec de la place aux genoux et sous le pavillon. Le coffre est dans la moyenne du segment. Bref, rien à redire… Sauf l’ambiance uniformément grisâtre, austère et d’une tristesse infinie. Pourquoi pas un peu de chaleur et de gaieté ?
Le moteur trois cylindres 1,0 litre est bien connu dans le groupe Volkswagen. Il distille 95 ou 116 chevaux. La transmission surprend toujours par sa réactivité. Rapide, précise, encline à rétrograder au moindre coup de frein, elle offre un agrément et une précision rarissimes à ce niveau de gamme. Avec un passage des vitesses quasi imperceptible. Quel plaisir ! Volkswagen a, il est vrai, une très longue expérience avec cette boîte, qui lui a d’ailleurs causé énormément de soucis, ou plutôt à ses clients.
Le comportement routier de cette voiture, qui partage sa plateforme avec les Volkswagen Polo, Taigo, T-Cross, n’est nullement critiquable. On apprécie de placer sa voiture au centimètre près, sans flou ni réactions parasites. La direction aide à cette rigueur, avec un calibrage parfait. Même si la voiture n’a rien de sportif.
La tenue de route efficace n’a pas été obtenue par les ingénieurs au détriment du confort. Avec des pneus de taille normale sur notre modèle de test, celui-ci était suffisamment prévenant. Certes, une Skoda affichera toujours des réactions fermes sur les petites inégalités. C’est un choix traditionnel de la marque. Mais, on ne sera jamais secoué ni brinquebalé d’un virage à l’autre. Et ce, quel que soit l’état des chaussées. On a aussi apprécié la maniabilité de l’engin.
Mais, en contrepartie, on disposera d’un véhicule extrêmement homogène, plaisant à mener, même sur de longs trajets. Bref, il mérite qu’on s’y arrête au moment du choix. Une bonne pioche.
Les tarifs des Skoda ne sont plus, hélas, ceux d’antan. Il ne faut donc pas compter sur des prix spécialement compétitifs. C’est plus de 2 000 euros de différence avec une Seat Arona, certes plus petite. Et les Renault Captur ou Peugeot 2008 plus puissants coûtent à peine plus cher.
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