Le Royal Automobile Club de France (ACF) est une institution emblématique avec une riche histoire intimement liée à l'évolution de l'automobile en France. Découvrons ensemble les origines, les réalisations et l'influence de ce club prestigieux.
Origines et Fondation
L’idée de la création de l'ACF est née du constructeur, coureur automobile, marquis, sénateur et cofondateur de l’aéro-club de France, Jules-Albert de Dion. La première institution aéronautique au monde, « d’encouragement à la locomotion aérienne » a été créée le 20 octobre 1898 par 52 membres de l’Automobile Club de France. Son premier siège était d’ailleurs 6-8, place de la concorde, à l’ACF. Le Club crée un parc à ballons sur les hauteurs de Saint-Cloud, et propose des baptêmes de l’air qui amuse le tout Paris. Il organise coupes et prix, homologue des records, décerne des brevets (Louis Blériot aura le N°1) et médailles, organise conférences et prix. Il crée pour ses membres propriétaires d’un avion de tourisme le « club Roland Garros » à Orly (l’occasion de rappeler que Roland Garros était un aviateur, pas un tennisman). « Plus haut, plus vite, plus loin » devient la devise de l’institution, reprise par la FAI (Fédération Aéronautique Internationale).
Rôle et Activités de l'ACF
Esquisse de la fédération automobile, le club organise la réglementation, valide les épreuves et les calendriers sportifs, propose l’amélioration des conditions de circulation et va même jusqu’à se mêler de tourisme. Membre de l’ACF, Jules Perrigot y écrira l’esquisse du code de la route en 1905. En 1898, cette organisation conçoit et organise le premier salon automobile du Jardins des Tuileries à Paris. En 1899, sur une idée de Paul Meyan, et avec l'aide du journal Le Matin, elle crée le Tour de France automobile, considéré rétrospectivement comme (pour cette première saison) la quatrième édition du Grand Prix.
Le Royal Automobile Club enrichit son illustre calendrier d'événements automobiles phares en organisant son tout premier concours de clubs. Organisé au clubhouse de Woodcote Park, ce tout nouvel événement aura lieu le mercredi 9 juillet 2025. Le concours organisé par le Club présentera plus de 50 des plus belles voitures du monde, couvrant plus de 100 ans d'histoire de l'automobile.
Le Siège de l'ACF
Le club est propriétaire et siège depuis 1896 au 6-8 place de la Concorde, un espace de 15 000 mètres carrés à cheval entre l’hôtel du Plessis-Bellière et l’hôtel Cartier. Ce bâtiment jumeau de l’hôtel de Crillon, qui date de 1758, est à l’origine réalisé par le premier architecte du roi Louis XV, Gabriel, avec une façade classée monument historique, dotée d’un majestueux péristyle.
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Un immeuble de style haussmannien datant de 1880 et construit pour le patron de presse et banquier Victor Desfossés, mécène de Gustave Courbet. Il y installe un salon en théâtre à l’italienne pour sa fille qui se rêve actrice, aujourd’hui le salon Doran. La cour d’honneur pavée a également été préservée. L’entrée du club est particulièrement impressionnante avec son lustre de cristal et ses colonnades, ses fauteuils clubs et son hélice suspendue.
Installations et Services
Bibliothèque, piscine, théâtre, salle de cinéma, bar-lounge, restaurant, le club fonctionne quasi comme un hôtel, avec 120 salariés. Émerveillé par la piscine du Royal Automobile Club de Londres, le duc Decazes, bref premier ministre et membre de l’ACF, remplace en 1912 les garages par une piscine de 23 mètres de long avec salle de sport, bar et salon de repos. Avant-gardiste !
La salle d’armes, l’une des plus anciennes de Paris, est toujours en fonctionnement : la fédération internationale d’escrime a été fondée à l’ACF... En point d’orgue, les salons Concorde et leurs 9 fenêtres XXL sur le balcon à colonnade, vue sur la Concorde, un rooftop à la vue imprenable et la bibliothèque Clément-Bayard, ses boiseries, sa mezzanine et ses 49 000 ouvrages de collection. L'ACF dispose d'une bibliothèque de près de 50,000 ouvrages, d'une piscine conçue par Gustave Eiffel, une salle de sport, un théâtre, un cinéma, un bar-lounge, un restaurant, une terrasse aérienne et plusieurs salons.
Adhésion et Membres
Réservé aux hommes, le club est géré par la Société de gestion de l'Automobile Club de France (ACF). Longtemps refuge des riches aristocrates et industriels, l'ACF est l'un des clubs privés les plus huppés de la capitale, au même titre que le Tir aux pigeons, le Polo de Paris, le Siècle ou le Jockey Club. Le Président de la République est traditionnellement membre de l’ACF. Elles sont en revanche les bienvenues aux événements organisés par le club et comme accompagnantes. À l’issue d’un vote à bulletin secret, les membres du club pourront accepter ou non une nouvelle candidature, qui pourra honorer chaque jeudi le déjeuner des membres.
L'Automobile Club de France compte 2,185 adhérents, tous des hommes. L'ACF était l'un des gentlemen's clubs parisiens créés à une époque où l'influence culturelle britannique était encore très forte en France et dans le monde. Le parrainage est obligatoire (2 sponsors et 7 sous-sponsors). Un comité de candidature composé de 12 membres, dont les noms ne sont pas connus, examine le dossier et désigne un rapporteur qui rencontre le candidat à son domicile. Le candidat, assisté de ses deux parrains, est ensuite présenté à cette commission pour un entretien. Le conseil procède alors à un scrutin secret, un vote défavorable annulant 3 votes favorables.
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Admission 10 000 € + 2400 € de cotisation annuelle.
L'Automobile en France au Début du XXe Siècle
L’automobile est née avec la révolution industrielle au XIXème siècle. Les premiers véhicules sont à vapeur. Initialement développés en Angleterre, déjà pionnière dans le développement des chemins de fer, les véhicules ont été… freinés par le Locomotive Act de qui limitait la vitesse à 10 km/h pour les diligences à vapeur et imposait aux véhicules automobiles d’être précédés d’un homme à pied agitant un drapeau rouge. Le cours de l’histoire de l’automobile sera alors bouleversé dans les années 1860 avec l’invention du moteur à explosion.
L’année 1919 a débuté dans un contexte difficile, après quatre ans de guerre. Cette relance est favorisée par le principe du Taylorisme repris par Henry Ford. Cela permet une division horizontale du travail et donc, une plus grande productivité. Au côté de Citroën, Peugeot, Renault, de nouvelles marques automobiles voient le jour. C’est le cas par exemple de Mitsubishi, dont la toute première voiture, la Type-A de 1917. D’ailleurs, il y avait 1 672 voitures en circulation en France, en 1900. En 1910, pas moins de 53 000. Et en 1920, ce ne sont pas moins de 330 000 automobiles en circulation. Autant dire que ce moyen de transport se popularise.
Depuis le début du XXe siècle, il y a de plus en plus de voitures sur les routes. Beaucoup voient cela comme un fabuleux moyen de rapprocher les villes et d’avoir un sentiment de liberté supérieur à celui du train ! Les voitures de luxe commencent également à arriver. C’est le cas de Bentley, fondée en 1919, Bertone, dont les commandes les plus importantes arriveront à partir de 1920.
En 1918, André Citroën déclara proposer une voiture de grande série pour 7 250 Francs, la Type A. L’auto est proposée à la vente en juin 1919, dans une boutique des Champs-Élysées. La production est alors faible, mais le prix affiché, 7 950 Francs, était un petit peu plus onéreux qu’annoncé (l’équivalent de deux ans de salaire d’un ouvrier). Les ventes se font, la concurrence s’aligne.
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En dix ans, l’Europe développe et consolide son industrie automobile, à l’image de l’Allemagne (Fusion de Mercedes et Benz en 1926). On parle alors d’une démocratisation de l’automobile dès 1925. Les voitures, encore considérées comme les plus belles jamais dessinées, sont le symbole d’une prospérité retrouvée après une période difficile. Mais le krach de Wall Street de 1929, le « Jeudi noir », plonge l’industrie automobile dans la crise au même titre que les autres secteurs économiques.
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