Avec la mythique 2000-GT qui servit de monture à James Bond, Toyota avait acquis une crédibilité dans le monde des sportives. Malheureusement, il fallut au géant nippon près d’une décennie pour concrétiser l’essai avec un modèle moins élitiste. C’est ainsi qu’en 1978 sortit la première Celica Supra.

Présentation de la Celica Supra mk2 (A60)

La Celica Supra mk2, ou type A60, fut présentée au salon de Francfort 1981. Ce n’est pas anodin si c’est un salon européen qui fut choisi. Le but de Toyota était clair : montrer son savoir-faire à l’Europe. En effet, dans le même temps, son homologue japonais Nissan (autrefois Datsun) ne se privait de le faire avec les Fairlady Z. Ainsi, la première Celica Supra ne fut pas importée. Ce n’est qu’avec la génération suivante que Toyota se décida à tenter sa chance chez nous.

Celica Supra signifie « super Celica ». La mk3 perdit l’appellation Celica pour devenir une Supra à part entière mais nous reviendrons dessus dans un autre dossier occasion.

Design et Dimensions

La Toyota est une voiture carrée faite d’angles qui sent bon les années 80 avec ses phares escamotables, ses gros pare-chocs, ses extensions d’ailes et son petit spoiler arrière. Elle est aussi reconnaissable à ses jantes « Lotus ». Par rapport à la Celica, la Supra dispose d’un empattement rallongé de 115 mm. Bien que cela ne soit pas flagrant en photos, elle est très longue avec ses 4,62m ! C’est de loin la plus longue de sa catégorie. La presse de l’époque aimait la confronter aux Alfa Romeo GTV6 et Ford Capri 2.8i.

La Supra mk2 est une 2+2. L’espace à l’arrière est toutefois décevant comparé aux dimensions de la voiture. Mieux vaut ne pas être trop grand pour s’installer sur la banquette arrière.

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Équipement et Confort

Comme sur toutes les japonaises, conçues pour le marché US, l’équipement de série est pléthorique. On trouve absolument tout de la climatisation, au régulateur de vitesse en passant par le toit ouvrant électrique. A la découverte du siège conducteur, on se demande si on ne se serait pas installé dans une Mercedes Classe S par mégarde. Autre signe de modernité, le compteur digital, sur lequel il ne manque que la température d’huile.

Motorisation et Performances

Sous son capot, un coupé sportif se devait d’avoir le minimum syndical de six cylindres, loin de toutes considérations écologiques et downsizing. C’est donc tout naturellement qu’un six cylindres en ligne de 2.8 litres trouve place sur l’essieu avant. Le 5M-GE est un bloc fonte (avec culasses en aluminium) à double arbre à came en tête entraîné par une courroie. Ce 12 soupapes dispose de chambres de combustion multisphériques et de poussoirs hydrauliques. Si l’alimentation se fait par une injection EFI fabriquée sous licence Bosch (L-Jetronic) somme toute basique, l’allumage électronique signé Nippondenso est très avancé pour l’époque.

Du 5M-GE sont extraits 170 chevaux à 5.600 tr/min et 230 Nm à 4.400 tr/min. Ses cotes à course longue favorisent la disponibilité du couple, impression confirmée par les 180 Nm présents au régime ralenti. Très souple, le moteur ne rechigne pas à reprendre dès 1.000 tr/min, sans jamais brouter. En voilà une caractéristique idéale pour le marché américain. Le revers de la médaille est que ce gros L6 ne brille pas par son allant à escalader les régimes à grands coups de pioche sur l’accélérateur.

Le 0 à 100 km/h était annoncé en 8,3 secondes et le mille départ-arrêté en 30 secondes. C’est moins bien que ce que proposaient ses deux concurrentes mais en 2014, la différence se fait dans un mouchoir de poche. Comptez une moyenne de 10 à 12 litres aux 100 km.

Comportement Routier et Suspension Lotus

Aujourd’hui, beaucoup de GT sont davantage faites pour se faire conduire que pour se faire plaisir au volant. La Celica Supra est une GT dans bien des aspects mais lorgne également sur l’esprit GTI puisque la meilleure place est sans conteste celle du conducteur. C’est lui qui a eu droit à tous les égards de Toyota avec un siège aux réglages presque infinis (réglage pneumatique du support lombaire).

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Toyota ne voulait pas faire les choses à moitié et se heurta à un problème. Où trouver des trains roulants modernes ? Pour rappel, la Celica classique avait encore un pont rigide à l’arrière. Pour la Supra, il n’en était pas question. Toyota s’associa à Lotus pour que le constructeur artisanal retravaille la Celica. Le résultat est probant avec des suspensions à quatre roues indépendantes. On ne sut jamais réellement à quoi donna lieu cet échange de bons procédés entre anglais et japonais, ni dans un sens ni dans l’autre.

A l’avant, les suspensions sont du type McPherson. A l’arrière, on retrouve deux triangles obliques fixés sur une traverse, des ressorts hélicoïdaux, des amortisseurs télescopiques et une barre antiroulis. Lotus prit le parti de raffermir les suspensions afin d’éviter que la voiture se transforme en bateau et prenne du roulis au premier virage venu. Le compromis confort / sportivité fut plébiscité par les essayeurs, Lotus démontrant une nouvelle fois tout son savoir-faire. Trois décennies après, il faut replacer ces prouesses dans leur contexte et ne pas s’attendre à des miracles par rapport aux standards actuels.

D’autant qu’elle était systématiquement fournie avec un excellent pont autobloquant Borg-Warner. Légèrement sous-vireuse avec son train avant chargé par le moteur (répartition des masses AV/AR de 54/46), la Celica Supra peut rapidement passer en mode survirage si vous lui demandez (volontairement ou non !). Excellente école de conduite pour la propulsion comme peut l’être aujourd’hui une autre Toyota, moderne cette fois (la GT86 ndlr), la Celica Supra n’est pas vicieuse. La motricité n’est jamais non plus prise en défaut.

Freinage et Poids

Le plus grand défaut vient de son poids relativement élevé. Elle était assez nettement la plus lourde de sa catégorie avec 1.265 kg, même si les 1.300 kg semblaient plus réalistes selon plusieurs balances. Les quatre disques de frein sont ventilés et font le travail. Ils se montrent puissants et endurants. Veillez à garder en mémoire qu’il n’y avait pas d’ABS et à ne pas bloquer les roues.

Conclusion

La Toyota Celica Supra est rare sur nos routes, en plus d’être largement méconnue. Si malgré cela vous prenez la peine de rechercher la perle rare, vous récupérerez un coupé atypique dans une tranche de prix indécente (dans le bon sens du terme, pour une fois !). Voici un coupé quatre places, propulsion, en six cylindres et doté de suspensions Lotus qui n’a pas encore été rattrapé par la folie youngtimer.

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Caractéristiques Techniques Principales

Caractéristique Valeur
Moteur 6 cylindres en ligne, 2.8 litres (5M-GE)
Puissance 170 ch à 5600 tr/min
Couple 230 Nm à 4400 tr/min
Poids 1265 kg
Transmission Manuelle ou Automatique
0-100 km/h 8.3 secondes

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