Depuis plus de 50 ans, la Toyota Corolla représente ni plus ni moins que le patronyme de voiture le plus vendu au monde avec plus de 51 millions d’unités produites. L’honnêteté nous pousse cependant à ne pas dire qu’il s’agit la voiture la plus produite au monde. En effet, la Corolla c’est plus une famille qu’un modèle. Le titre de voiture la plus produite au monde reste donc détenu par la Volkswagen Coccinelle fabriquée en plus de 21,5 millions d’unités entre 1938 et 2003. La Corolla continue régulièrement à être la voiture la plus produite au monde en comptant tous les modèles et dérivés portant ce patronyme.

Pendant que certains philosophaient sur la voiture mondiale, Toyota l’a réalisée. Ainsi la Corolla a été produite sur les cinq continents dans vingt pays. Elle est actuellement construite dans 16 pays.

Évolution des Carrosseries

Après une déclinaison classique en deux ou quatre portes depuis la Corolla E10, la situation évolue en 1983. La version tricorps à deux portes est abandonnée. Ensuite, l’arrivée de la traction avant coïncide avec celles des carrosseries fonctionnelles à hayon arrière. Toyota en propose même deux types : Liftback avec arrière incliné à vocation plus familiale et Hatchback avec un arrière vertical se voulant plus économique et plus ludique. La variante liftback n’est plus proposée en Amérique du Nord et au Japon à partir de la Corolla E100. Cette-dernière n’est même vendue qu’en Europe. Elle disparaît avec la présentation de la Corolla E120. Le marché nord-américain ne connaît pas la Corolla hatchback.

À partir de la huitième génération, des différences de face avant et arrière existent suivant les marchés. La Corolla E110 se déclinent ainsi en trois variantes. La Corolla E140 connaît aussi deux versions : une étroite, baptisée Axio et réservée au marché japonais et à quelques autres endroits particuliers tels que Hong Kong, et une large pour l’ensemble des autres pays. En 2012, la variante hatchback à trois portes est supprimée.

Le Coupé Corolla : Un Porte-Drapeau

Deux ans après le lancement de la berline Corolla, un coupé fastback est proposé. À partir de là, les coupés jouent un rôle de porte-drapeau au sein de la famille Corolla. La Corolla Liftback E55, coupé break de chasse, est une réussite digne des Lancia Beta HPE et Volvo 1800ES du segment supérieur. En 1983, le coupé conserve son architecture de propulsion. Mais la version break de chasse disparaît. Les versions AE86 ont une courte carrière de quatre ans. Cela suffit cependant à établir un mythe qui perdure jusqu’à aujourd’hui d’autant plus que le nouveau coupé E90 est passé à la traction avant. Ce-dernier abandonne aussi la version liftback.

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Pour ces deux générations, les versions nord-américaines disposent de phares rétractables. À partir de la génération E100, le coupé Corolla Levin, et son jumeau Sprinter Trueno, ne sont plus proposés que sur le marché japonais. En 2000, Toyota supprime la Corolla coupé de son catalogue. Pourtant, Honda continue à proposer un coupé Civic sur le marché nord-américain dans son catalogue 2016.

Les Autres Déclinaisons de la Corolla

Le break Corolla E10 apparaît quelques mois après la berline en 1967. En 1983, le break ne passe pas à la traction avant. Il n’y a donc pas de break de cinquième génération. Pour la sixième génération, deux modèles de break apparaissent. Le premier conserve une vocation utilitaire dans la continuité de ses prédécesseurs. Il est diffusé comme Corolla Van ou Corolla Wagon au Japon. Le second s’oriente davantage vers les loisirs. Il prend l’appellation Sprinter Carib au Japon mais est baptisé Corolla à l’exportation.

À partir de la série E120, le break prend l’appellation Corolla Fielder sur le marché japonais. Le Brésil le connaît aussi sous ce nom entre 2004 et 2008. Le break de la dixième génération E140 n’est pas commercialisé en dehors du Japon. En revanche, celui de la génération suivante retrouve les marchés extérieurs. La version étroite E160 est vendue au Japon et en Nouvelle Zélande. Un inédit break Auris apparaît en 2012 pour le marché européen.

Corolla Monospace

Au cours des années 1990, les carrosseries monospaces remportent de plus en plus de succès sur tous les marchés. Ce type de modèle se déploie alors sur tous les segments de marché. La première Corolla monospace est lancée en 1997. Elle repose sur la plate-forme E110 de huitième génération. Pour la génération suivante E120, Toyota propose deux modèles de monospace suivant les marchés. Pour le Japon, une nouvelle Corolla Spacio arrive en 2001. Elle s’exporte en Europe comme Corolla Verso. Celle-ci y fait une brève carrière avant d’être remplacée par une nouvelle Corolla Verso en 2004. Malgré son nom, cette Corolla Verso européenne, fabriquée en Turquie, n’appartient pas à la famille Corolla.

En Amérique du Nord, Toyota commercialise une Corolla monospace spécifique pour le millésime 2002 appelée Matrix. La société commune Nummi assure la production de ce modèle en Californie ainsi que d’un crossover reprenant la même plate-forme et la même cellule centrale, la Pontiac Vibe. Pour la dixième génération, la marque japonaise vise un public plus jeune et propose un monospace au style plus carré en 2007 : la Corolla Rumion commercialisée au Japon, mais aussi en Australie comme Toyota Rukus et en Amérique du Nord sous le label Scion xB. Les ventes restent modestes ce qui pousse Toyota à supprimer ce modèle au début de l’année 2016.

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Les Déclinaisons et Partenariats

Au Japon, la Corolla E20 se dédouble en Sprinter vendue dans un réseau différent. Jusqu’en 2000, une Toyota Sprinter épaule la Toyota Corolla sur le marché japonais. L’appellation est parfois utilisée à l’étranger comme en Afrique du Sud. La plupart des Sprinter n’est qu’une version supplémentaire de la Corolla se différenciant seulement par sa calandre et sa finition.

À partir de 1983, la Sprinter berline devient un modèle à part entière. Si la plate-forme et les mécaniques restent identiques à celles de la Corolla, la carrosserie s’en distingue par un profil à six glaces latérales au lieu de quatre. Cette singularité perdure jusqu’à la dernière Sprinter qui disparaît en 2000. Le coupé Sprinter porte l’appellation Trueno à partir de 1983. Entre 1988 et 2002, le break de loisirs Sprinter Carib est un modèle à part entière qui est exporté sous le nom Corolla. Au Japon, la Corolla E120 hatchback se dédouble en une Toyota Allex entre 2001 et 2006. Tandis qu’en Afrique du Sud, c’est la Corolla E90 hatchback qui se mue en Toyota Tazz en 2000 et jusqu’à la fin de sa carrière en 2006.

Jumelle de la Corolla à partir de la 11e génération, la Toyota Levin est produite par Guangzhou-Toyota en Chine depuis mai 2014. Cette version existe au côté de la Corolla fabriquée chez FAW-Toyota. En Amérique du Nord, la société Nummi commune à Toyota et General Motors produit plusieurs modèles jumeaux de la Toyota Sprinter entre 1983 et 1997 et de la Corolla entre 1997 et 2002. Ces voitures sont réservées au marché nord-américain où elles sont vendues comme Chevrolet Nova, Geo Prizm et Chevrolet Prizm. En 2002, Nummi démarre la production de la Pontiac Vibe, jumelle de la Toyota Voltz, et qui partage sa structure avec la Toyota Corolla Matrix.

Enfin, la marque Scion, créée par Toyota à destination d’un public jeune et dynamique, reprend deux modèles Corolla : le monospace Corolla Rumion sous l’appellation Scion xB et la berline Auris E180 sous l’appellation Scion iM. La filiale de Toyota, Daihatsu, a proposé deux générations de son modèle Charmant qui reposent sur une plate-forme de Toyota Corolla mais disposent d’une carrosserie spécifique. Au Japon, une Toyota Corolla II a également existé. Mais ce modèle n’a rien à voir avec la famille Corolla. C’est une version de la Tercel qui est produite en quatre générations entre 1982 et 1999.

En Chine, le constructeur BYD clone la Corolla E120 sous l’appellation F3. La BYD F3 est dévoilée au salon de Guangzhou en novembre 2004 et produite de septembre 2005 jusqu’en 2021. Dans un autre registre, FAW-Toyota lance la marque Ranz pour diffuser des voitures électriques. Son premier modèle est une version à motorisation électrique de la Toyota Corolla E120. La Ranz EV est présentée comme prototype au salon de Shanghaï en avril 2013.

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Caractéristiques Techniques Générales

La Toyota Corolla a privilégié au fil de ses générations des solutions techniques fiables et éprouvées. Elle passe à la traction avant seulement en 1983, cinq ans après que la Toyota Tercel l’ait inauguré dans la gamme du constructeur japonais. Mais la propulsion reste au catalogue jusqu’en 1987.

Au niveau des mécaniques, la Corolla ne recourt quasiment qu’à des quatre cylindres essence d’une cylindrée comprise entre 1,1 L et 1,8 L. Le diesel complète l’offre à partir de la quatrième génération. La dixième génération bouscule quelque peu les habitudes. Un moteur 2,4 L est proposée sur certaines versions et certains marchés. De même, singeant les Golf VR6, BMW 130i et autres Alfa Romeo 147 GTA, un moteur V6 3,5 L est monté sur la Blade, modèle hatchback réservé au marché japonais. La Corolla E140-E150 voit aussi arriver une motorisation hybride dans sa gamme à partir de 2010 soit treize ans après le lancement de la première Prius. La onzième génération dispose aussi d’un moteur 2,0 L proposé en exclusivité sur la Corolla malaisienne.

Sur le plan des dimensions, la Corolla a grandi au fil des générations comme toutes les voitures de tous les constructeurs. L’empattement de la douzième génération est plus long de 41,5 centimètres que celui de la première.

À partir d’un tableau de production cumulée fourni par Toyota, j’ai calculé de manière approximative les quantités fabriquées pour chaque génération. Le record de production est détenu par la dixième génération. À aujourd’hui, la Corolla E120 est toujours vendue en Chine.

La Corolla GT-i16 (AE92)

Alors que les contructeurs européens rivalisent de surenchères pour délivrer la meilleure "GTI", Toyota intervient en 1987 avec une vision très décalée. Ce n'est pas que Toyota s'est désintéressée de la mode des "GTI", au contraire. Avec la génération précédente, la version coupé de la Corolla a connu la "Sprinter Trueno" ou "Corolla Levin", connue aussi sous le nom de code AE86. Pour sa légèreté, son châssis rigide, elle deviendra sur le tard une icône sportive, surtout du côté du "drift". En France, elle est commercialisée sous le nom "Corrola GT".

Pour la génération suivante, Toyota change d'angle. La Corrola AE92 abandonne le principe du coupé et finalement se range du côté européen en n'offrant que la possibilité du 3 portes hatchback. Dès l'origine, la polyvalence est de mise. On retrouve cependant l'accastillage propre au segment : spoiler, bequets, bas de caisse, enjoliveurs spécifiques. A l'intérieur, c'est l'ambiance japonaise : fonctionnel, sans fantaisie, efficace, robuste. La position de conduite est bonne, les commandes tombent sous la main facilement, l'équipement est très complet.

Performances et Motorisation

Sur la papier, la Corolla affiche les meilleurs arguments : culasse double arbre, 16 soupapes, injection. Quand on regarde la concurrence, la Renault 5 GT Turbo a certes un turbo mais aussi un carburateur. La 205 GTI n'en est qu'à 8 soupapes, même si elle dispose de l'injection. Seule la Golf II GTI 16s dispose des mêmes arguments, et de 136 ch ! Ainsi donc, la 1600 DOHC de Toyota délivre 125 ch à 7000 tr/min (régime maximal 7700 tr/min !) puis 130 ch à partir de juillet 1990 (augmentation du taux de compression), soit autant que la 205 GTI 1.9, qui pèse 200 kg de moins. Comme tout moteur multisoupapes des années 80, il est creux en bas et rageur en haut, la distribution à calage variable V-TEC n'ayant pas encore été inventée par Honda (Alfa a toutefois déjà créé un système de calage variable sur la 75 2.0 Twinspark). De fait, la Corolla GT-i16 affiche 192 km/h en pointe, 30,9 secondes au kilomètre départ arrêté, 8,8 secondes de 0 à 100 km/h.

Châssis et Confort

Avec quatre roues indépendantes, la Corolla est devenue aussi une traction. Avec des jambes de force type McPherson à l'arrière comme à l'avant, une barre anti-rapprochement à l'avant, le menu est alléchant. Mais Toyota a fait le choix assumé d'orienter cette GT-i16 vers le confort. Car, de fait, combien de fois sur la durée de vie de la voiture, le conducteur aura-t-il l'occasion de monter ou descendre des cols de montagne en enchaînant double débrayage et talon-pointe ? Est-il réellement indispensable d'avoir une suspension très affûtée pour quelques centaines de kilomètres par an, quand on passe le plus clair de son temps à attendre au feu rouge ? Un bon 0 à 100 ne suffit-il pas à assouvir les ardeurs des plus énervés du feu rouge, assorti d'une bonne vitesse de pointe pour montrer qu'on est fort en ligne droite et sur les autoroutes ? Pour le reste du temps, c'est une voiture confortable, bien équipée, polyvalente. D'autant qu'avec ses dimensions, la Toyota Corolla est plus habitable qu'une 205 GTI, et se pose en intermédiaire avec une Renault 19 16S qui viendra entrer dans la bataille courant 1990.

Toyota assume donc le fait de ne plus faire la course avec ses concurrents européens et de proposer une voiture qui sait amuser son pilote de temps en temps et lui offre le confort le reste du temps. Car la Corolla GT-i16 est en fait très équilibrée. Ses trains roulants lui confèrent une bonne stabilité, sans défaut majeur. Le comportement est sain, même si le train avant n'est pas le plus affûté du marché et la direction est dépourvue d'assistance jusqu'en 1989. Le freinage est assuré par 4 disques, ventilés à l'avant, ce qui garantit endurance et efficacité.

Fiabilité et Entretien

Finalement, la clientèle a boudé cette Toyota, jugée trop mièvre, comme pour la plupart des sportives japonaises. Pourtant, les rares exemplaires encore en circulation ont plutôt bien vieilli. La qualité de fabrication et la solidité des pièces permet d'atteindre des kilométrages importants et sans crainte à avoir pour l'avenir. Il convient cependant de surveiller l'apparition de rouille sur les montants de pare-brise et les ailes arrière. Généralement, ces voitures n'ont pas été malmenées et n'ont donc pas un châssis usé. Elles sont le plus souvent négligées par des propriétaires qui se reposent sur leur fiabilité.

Caractéristiques Techniques de la Corolla GT-i16

Voici un tableau récapitulatif des caractéristiques techniques de la Toyota Corolla GT-i16 :

Caractéristique Valeur
1000 m.D.A. 16,5 s
Capacité du réservoir 50 litres
Consommation moyenne sur route 7,2 l/100km
Consommation moyenne sur autoroute 9,2 l/100km
Consommation moyenne en cycle urbain 10,2 l/100km
Volume du coffre 281 litres
Cx 0,33
Poids 1075 kg
Kilomètre départ arrêté 30,9 s

La Toyota Corolla est une des voitures les plus vendues au monde. Ce succès international démontre que les Corolla ont réussi à séduire un large public par l’ensemble de leurs prestations qui comprennent leurs lignes, leurs mécaniques, leurs qualités routières, leur confort et leur fiabilité. Quarante-quatre millions de personnes ne peuvent pas se tromper. D’un autre côté, la Toyota Corolla ne déclenche pas les passions en Europe à l’exception de quelques rares versions.

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