Le marché automobile est actuellement en pleine mutation. Les constructeurs traversent pour la plupart une période assez compliquée, avec des ventes de voitures neuves globalement en baisse. De plus, certains nouent des partenariats stratégiques, quand d’autres se séparent.
Il se passe beaucoup de choses, notamment du côté de chez Renault. Renault serait en train de réfléchir à nouer une alliance avec un autre constructeur que Nissan. La firme vient en effet de perdre son patron Luca de Meo, qui a décidé de quitter son poste ce week-end. Cependant, le constructeur au losange avait de nombreux projets sur le feu. Dont un particulièrement important pour son avenir, mais pas seulement. On vous explique tout ci dessous !
Renault et Nissan : une alliance en question
On le sait, Renault était un allié historique de Nissan au cours des dernières années. Mais entre les deux, les relations n’ont cessé de se tendre, au point de détricoter cette alliance. Cependant, et alors que la firme nippone traversait une grave crise financière, la firme au losange avait envisagé un geste.
Elle avait en effet réfléchi à la possibilité d’une recapitalisation, afin d’aider l’entreprise. Jean-Dominique Senard, président de Renault, avait d’ailleurs confirmé sa volonté de soutenir Nissan. Et cela veille de l’arrivée du nouveau patron du groupe japonais, après le départ de Makoto Uchida. Mais l’État français, actionnaire à 15 % de la marque tricolore, était quant à lui réservé. Bercy s’est contenté de rappeler suivre la situation de Nissan sans se prononcer.
Par ailleurs, le projet n’a pas été porté par l’ex-directeur général de Renault, Luca de Meo. Selon son entourage, une recapitalisation n’a jamais été sérieusement envisagée. En fait, l’ancien dirigeant aurait préféré accélérer le rapprochement avec le chinois Geely.
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Car la marque au losange serait en train de chercher un nouveau partenaire. Renault cherche à mutualiser ses coûts, notamment en Europe, avec des plateformes partagées. Ce modèle, déjà appliqué avec Nissan, pourrait s’étendre encore plus au cours des prochaines années. Car le constructeur français est « conscient qu’une consolidation est désormais nécessaire ».
Les options de partenariat pour Renault
Renault fait face à la concurrence grandissante, notamment de la part des constructeurs chinois. Et il doit tout faire pour rester dans la course, alors que ses ventes de voitures électriques se maintiennent. Mais pour combien de temps ?
Selon un banquier proche du groupe, relayé par BFM TV toutes les options sont sur la table. On parle alors de fusions, partenariats ou encore alliances industrielles.
Mais alors, quels noms sont déjà évoqués pour un éventuel partenariat ? En fait, il y en a plusieurs, dont Ford Europe ou encore Stellantis. Et pour cause, il se dit que l’entreprise pourrait s’intéresser à certaines marques italiennes comme Lancia ou Alfa Romeo. Volvo aurait aussi été cité, mais le gouvernement reste encore frileux.
Il affirme que « nous ne sommes pas hostiles à un partenaire de référence pour Renault mais il ne faut pas sauter les étapes: pour le moment c’est Nissan ». Enfin, il se dit également que l’alliance avec le groupe chinois Geely pourrait encore s’intensifier. Mais rien n’a encore été confirmé pour le moment.
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Selon plusieurs médias étrangers, le géant taïwanais de l’électronique Foxconn souhaiterait d’ailleurs racheter à Renault cette participation. Sortir complètement de cet accord devenu inopérant serait sans doute une bonne nouvelle pour Renault.
Déjà en forme, Renault va bénéficier directement des nouvelles synergies nouées par ses partenaires japonais.
Honda et Nissan : une fusion bénéfique pour Renault ?
C'était dans l'air depuis quelques semaines, c'est officiel désormais : Honda et Nissan ont marqué leur intention de fusionner au sein d'un groupe commun, avec l'appui de Mitsubishi. Un choix de raison pour les deux constructeurs, en proies à des difficultés diverses.
Surtout du côté de Nissan, où un responsable laissait entendre il y a quelques semaines que sans un accord solide, le constructeur était tout simplement menacé de disparition. Honda a en revanche les reins plus solides, notamment en raison de sa très forte représentativité en Amérique du Nord où plus d'un million de ses véhicules sont vendus chaque année, rien qu'aux Etats-Unis.
Au Japon, les constructeurs sont aussi respectivement deuxième et troisième du marché en termes de volume, derrière l'intouchable Toyota. À ces deux marques s'ajoutera Mitsubishi, déjà détenu à 34% par Nissan.
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Lorsque la fusion sera effective, en 2026 d'après les plans initiaux, la nouvelle entité sera le troisième groupe automobile mondial derrière Toyota et Volkswagen, mais devant Stellantis et Hyundai-Kia notamment. Cette alliance de raison permettra aux différentes marques de partager leurs développements, plateformes et technologies, et ainsi se repositionner plus favorablement face aux nouveaux géants chinois tels que BYD, SAIC et Geely.
C'est notamment dans le domaine de l'électrification et des nouvelles technologies que les synergies devraient être les plus marquées.
Une fusion idéale pour Renault
Renault, partenaire de longue date de Nissan au sein de l'Alliance, a d'ailleurs de son côté "pris acte" de l'accord signé entre les deux marques nippones, sans autre commentaire pour l'instant. Mais nous pouvons vous dire que pour le constructeur français, cette fusion est une excellente nouvelle !
Renault détient en effet 35,7% des parts de Nissan, une spécificité qui date de l’ère de leur alliance (1999-2023), si bien que quand Nissan va bien, Renault va bien aussi. L’annonce de cette fusion a ainsi fait bondir le cours en bourse de Renault de 6% en une semaine.
Le marché automobile : chiffres clés et évolutions
Pour la quatrième année consécutive, le constructeur automobile japonais Toyota se place au premier rang en termes de véhicules vendus dans le monde, avec 10,15 millions d'unités écoulées. Nissan a également présenté ses résultats avec 5,22 millions de voitures vendues.
Alors qu'il s'était fait piqué sa couronne au premier semestre 2015 par Volkswagen, Toyota a finalement conservé son titre de premier constructeur mondial, profitant notamment du scandale retentissant touchant son concurrent allemande. Le géant japonais a écoulé un total de 10,15 millions de véhicules l'an dernier, selon les chiffres publiés ce mercredi 27 janvier.
De son côté, le groupe Volkswagen avec ses 12 marques comme Audi, Porsche, Skoda ou encore Seat avait annoncé début janvier avoir écoulé 9,93 millions d'unités, un chiffre en baisse de 2% par rapport à 2014. L'américain General Motors, ex-numéro 1 historique de l'industrie automobile mondiale avant le couronnement de Toyota, conserve sa troisième place avec 9,8 millions de véhicules vendus en 2015 (+0,2%).
Un autre constructeur japonais a annoncé ses résultats commerciaux ce mercredi 27 janvier, Nissan. L'allié de Renault a présenté des ventes en hausse de 2,1%, à 5,42 millions de véhicules. Si, comme Toyota, le japonais a souffert sur ses terres avec une chute des ventes de 12,1%, le groupe affiche une belle progression en Europe (+3%) et encore plus en Amérique du Nord (+9,4%). Dans un marché chinois qui a fortement ralenti, Nissan affiche également un bond notable de 6,3%.
En ajoutant le nombre de véhicules vendus par le français, 2,8 millions, et en attendant le chiffres du constructeur russe Avtovaz (intégré à Renault-Nissan depuis 2014), l'alliance porte donc son total d'unités écoulées en 2015 à 8,22 millions d'unités. De quoi s'assurer la quatrième place, devant le coréen Hyundai Kia et ses 8,01 millions de ventes.
L'alliance Renault-Nissan fait ainsi également figure de poids lourd de l'industrie automobile mondiale. Et compte d'ailleurs monter en puissance en allant encore plus loin dans les synergies entre les deux constructeurs, a indiqué Carlos Ghosn en début de semaine.
Les immatriculations de véhicules neufs ont reculé de 2,5% en 2024. Le marché de l’automobile ne s’en sort décidément pas. En 2024, les immatriculations de véhicules neufs en France ont reculé de 2,5% comparé à 2023, à 2,1 millions d’unités. Les ventes de voitures sont en baisse de 3,2% alors que celles des utilitaires légers affichent un léger rebond de 0,7%.
Surtout, cette nouvelle année difficile montre que le secteur ne parvient pas à remonter la pente depuis la pandémie de Covid. En 2024, le marché français de l’automobile affiche ainsi un recul de plus de 22% par rapport à 2019.
Cette dégringolade s’est accompagnée d’un affaiblissement des leaders du marché sur le segment des voitures. Le groupe Stellantis, en additionnant les marques qui le composent aujourd’hui, a vu ses parts de marché passer de 35,6% en 2019 à 26,4% en 2024 en France. Il reste numéro un, mais avec 340.000 véhicules de moins.
Le groupe Renault voit sa position s’effriter légèrement, passant de 24,8% à 24,7% de part de marché sur la même période (ce qui correspond tout de même à 124000 unités en moins). À l’inverse, le japonais Toyota voit ses ventes s’envoler de 24% entre 2019 et 2024. Il vend désormais 7,8% des voitures de l’Hexagone. Tesla est l’autre grand gagnant.
Ces évolutions s’expliquent par l’émergence des véhicules électriques et hybrides. En 2019, ils représentaient 6,5% des immatriculations, dont 2,3% pour les 100% électriques.
Tableau des ventes mondiales de véhicules en 2015
| Constructeur | Unités vendues (millions) |
|---|---|
| Toyota | 10.15 |
| Volkswagen | 9.93 |
| General Motors | 9.8 |
| Nissan | 5.42 |
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