L'élégance masculine classique et Tom Ford

La mode masculine classique est anglaise! Tout élégant le sait, même si les temps modernes brouillent quelque peu les règles. C’est à Londres que cette élégance fit ses premiers balbutiements lorsqu’un certain Beau Brummell décida et entraina une partie de la cour du Prince, futur George IV (1762-1830), à abandonner les lourds habits de soie rehaussés d’or, de perles et de galons. Brummell affectionnait la simplicité du drap de laine, dans des coloris simples, bleu marine ou camel. Ainsi naquit ce qui fut appelée la mode de garçon d’écurie.

Outre-manche, l’aristocratie n’était pas seulement de cours comme à Versailles, mais au contraire bien enracinée dans ses terres, et souvent au travail pour les faire « tourner ». La figure du gentleman-farmer est ancienne là-haut, si bien peinte par Gainsborough et Reynolds.

En France, il existait une dichotomie plus importante entre l’aristocratie de cour et celle des provinces. Le va et vient était très restreint. La France resta longtemps à l’écart de ce mouvement de mode.

Il fallut véritablement attendre le Second Empire pour voir éclore ce que les historiens appellent l’anglomanie. Il marqua l’avènement d’une société bourgeoise en mal de stabilité. Alors que les allemands grondaient déjà et ne pouvaient servir de modèle, les anglais eux en avaient développé un.

La mode anglaise déferla en France sous le Second Empire, sous l’effet d’une évolution libérale majeure pour notre pays. A l’époque, la bourgeoisie triomphante se fait une certaine idée de l’art de vivre britannique.

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Au niveau vestimentaire, c’est l’avènement d’une mode pour tout le monde. Les façonniers de New Bond Street avaient normés les usages et les formes. Les vêtements étaient alors très ajustés. Le frac échancré à la taille et la redingote droite ou croisée sculptaient la silhouette des hommes.

L’envie de souplesse toutefois se fit jour et l’on vit apparaitre vers 1850, au grand dam des tailleurs, le paletot. Originellement porté par les artistes de la plume ou du pinceau - dont Baudelaire -, il fut rapidement utilisé par une bonne partie de la population. C’est à cette époque que le tweed fut importée et dont la prononciation était encore incertaine ‘twine’?

Il fallut attendre le début du XXème siècle pour voir apparaitre les premiers ensembles ‘tout de même’, c’est à dire du même tissu, autrement dit ‘complet’, avec un veston court.

Aux alentours de la première guerre mondiale se figea alors l’idée de vêtements plus usuels, y compris dans la bonne société. Et la dichotomie toujours en vigueur Ville/Campagne se fit jour. Apparurent alors les vêtements de la ville constitués de complets sombres et ceux plus ordinaires, de tweed bruns ou de flanelle pour les bords de mer et parties de campagne.

Cette mode s’égraina tout au long du XXème siècle, pour être presque inchangée dans l’usage encore aujourd’hui !

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Tom Ford : Un couturier hors du commun

Hors le milieu de la mode, Tom Ford est peu connu en France. Les gens se souviennent vaguement de lui chez Gucci qu’il a pourtant sauvé et relancé. Ils en ont entendu parler surtout pour avoir fait basculer la griffe Yves Saint Laurent dans le porno-chic.

Lors de la sortie de son film A Single Man (2009 avec Colin Firth), il est revenu sur le devant de la scène ici. Mais hors des fashionistas, ce n’est pas un nom très connu. Et sauf curieusement dans le petit milieu de l’élégance masculine, où il est ultra connu… Et presque vénéré pourrait-on dire.

Et bien parce que sa griffe au masculine défend bec et ongle un style opulent tout droit sorti des grands films hollywoodiens. Tom Ford durant sa formation de couturier fut apprenti à Savile Row. Chez Anderson & Sheppard parait-il. Il en a gardé une certaine vision des lignes intemporelles.

Et à contrario d’un univers de création qui aime déconstruire et recomposer, lui adapte et transmet une allure on-ne-peut-plus classique. Faute à des tarifs plus que stratosphériques, il est peu connu ici toutefois. Songez qu’un costume prêt-à-porter vaut au bas mot 5 000€ à sa boutique de la rue François Ier à Paris.

Il faut bien dire que c’est le fin du fin sartorial. Meilleurs tissus italiens et confection à la main chez Zegna. Une allure somptueuse et fastueuse qui n’a pas échappé à d’autres créateurs. En particulier à Fokke De Jong, le créateur de Suit Supply qui s’est engouffré dans l’espace, en proposant des coupes aussi prestigieuses et marquées.

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Les jeunes avocats et banquiers qui rêvaient devant les coupes riches et supérieures de Tom Ford, sans pouvoir se les offrir, pouvaient alors être abreuvées. A 500€ ou moins, cette ligne luxuriante était maintenant disponible.

Si Tom Ford vend peu en France où l’argent se s’affiche pas facilement, il en est tout autrement aux États-Unis. Là-haut, l’argent est plus disponible et se dépense mieux. Le prix moyen d’un costume y est plus élevé.

Si j’ai décidé de prendre la plume sur Tom Ford, c’est pour montrer à quel point je suis heureux qu’il habille les stars d’Hollywood. On peut du point de vue européen trouver des défaut aux costumes Tom Ford, vestes un peu longues, confort un peu ample, pantalon peu « fitté ».

Mais au moins, à l’inverse du style prôné ici, veste chiche, allure de minet, confort de garçonnet, le style Tom Ford habille les hommes. Et donne de l’allure. Avec, un homme ressemble à un homme.

On reconnait un costume Tom Ford à ces larges revers en pointes (mais pas exclusivement, il propose des cols châles généreux aussi), sa poche ticket un peu grande, et un confort général généreux.

Admirons Daniel Craig d’abord, un James Bond habillé en Tom Ford dans beaucoup de films. Rien à côté du meilleur ambassadeur de Tom Ford, un autre Tom … Hanks. Quant à notre nouveau Superman, alias Henry Cavill, il est un autre ambassadeur en vue.

Reste enfin Gabriel Macht, alias Harvey Specter de la série Suits. J’espère que ce petit tour chez Tom Ford vous aura plus. Non convaincu totalement de son style, mais convaincu de son adéquation au corps de l’homme. Et non de l’androgyne.

Conseils d'entretien pour vos costumes et vestes

C’est une question que l’on me pose très très régulièrement à propos des costumes, qu’ils viennent de chez moi ou d’ailleurs. De manière générale, il me semble que les hommes mettent trop souvent au pressing les leurs.

Je ne parle même pas des quelques rares qui se sentent obligés de l’y amener à chaque fois qu’il est porté. Là, c’est vraiment l’extrême. Plus courant toutefois que l’on pourrait le croire. L’hygiénisme mène à toutes les folies ! A l’inverse, d’autres visiblement n’ont pas l’idée de l’y apporter et ne se sentent pas gênés de porter un chiffon.

La première réponse que je donne est d’y aller assez peu. Pour la bonne et simple raison, chacun aura pu le constater, que les pressings ont tendance à abimer les costumes. Et pour me l’être fait expliquer par un excellent teinturier maintenant retraité, ce n’est pas les solvants utilisés dans les sortes de grosses machines à laver (perchloroéthylène notamment) qui abiment.

Mais plutôt l’étape du repassage qui suit, souvent trop rapidement effectuée, avec des fers trop chauds. Qui alors lustrent la laine. Celle-ci se met alors à briller légèrement. Si le nettoyage en tambour n’est pas très onéreux pour le teinturier, la main d’œuvre au repassage l’est. C’est pourquoi cette étape est plus rapidement exécutée.

Première chose à savoir, un costume n’a pas besoin d’aller beaucoup au pressing. Je dirais une à deux fois l’an. Et les manteaux en sortie d’hiver. La veste en particulier est un vêtement de dessus, qui ne prend pas ou peu la transpiration et les salissures diverses. La chemise est bien plus exposée.

Il faut veiller à prendre soin de sa veste. La poser correctement sur un dossier de chaise ou une patère. Et surtout le soir, vider les poches, disposer les rabats des poches convenablement, et remettre la veste sur un cintre épais, qui forme bien les épaules.

La veste ainsi disposée, va naturellement se défroisser et s’aérer. Sans poids dans ses poches, elle ne va pas se déformer. L’entoilé intégral est supérieur au semi-entoilé à ce niveau, avec un gonflant plus évident et naturel de la structure interne qui supporte mieux ce cycle actif / repos.

Si la veste a pris des odeurs lors d’une soirée avec des fumeurs par exemple, il faut placer le cintre et la veste à l’extérieur. A l’abri, l’air frais de la nuit fera disparaitre les relents désagréables. Et au petit matin, elle sera parfaite.

Il est possible de lui faire prendre un bain de vapeur dans la salle-de-bain, à côté de vous prenant une douche bien chaude. La vapeur va aider la laine à défroisser et aux fibres à se détendre pour permettre aux odeurs de partir. Il est enfin rare de faire des tâches sur la veste.

Pour ne pas avoir l’air d’en vouloir au pressing, il faut aussi reconnaitre qu’une veste qui a été nettoyée retrouve un éclat et une vigueur heureuse. La laine retrouve une certaine lueur. Je suis content quant je récupère une veste, je vois que cela lui a fait du bien. Les revers bien lisses, les épaules nettes.

Autres conseils pour l'entretien de vos costumes :

  1. Evitez de porter votre costume toute la journée ! Changez-vous en rentrant et rangez votre costume sur un cintre. Un costume n’est pas un sweat-shirt, il ne faut jamais le mettre en boule au risque de casser la fibre !
  2. Dès que vous achetez votre costume homme, pensez à enlever les boutons de rechange, souvent accrochés à votre veste. Et surtout, gardez-les précieusement. Quand on perd un bouton, si on ne retrouve pas le même, à l’identique, il faut changer l’ensemble des boutons de la tenue !
  3. A son poste de travail, devant un ordinateur, on enlève la veste de costume également. Imaginez l’effet sur l’usure des coudes quand on tapote sur son clavier toute la journée ! Bon, l’autre astuce, c’est de rajouter des coudières à sa veste.
  4. On réserve les costumes chers, les costumes de luxe, aux événements importants : mariages, cérémonies, événement professionnels d’envergure, etc… Pour un usage quotidien, nous vous recommandons d’utiliser des marques d’enseignes plus classiques qui présentent un bon rapport qualité/prix, mais aussi une bonne tenue.
  5. Si vous vous tachez (tache de sauce, de vin, de graisse, etc…), commencez par éponger la tache avec une serviette incolore, mais sans eau. Et surtout courrez vite au Pressing de la Tour. On fait de la magie, c’est vrai, mais si on attend trop, la tache s’incruste. Nous perdons alors tous nos pouvoirs et nous reprenons nos haillons de Cendrillon !
  6. Ne laissez jamais votre veste sur la plage arrière de la voiture.
  7. A chaque changement de saison, quand on remet ses costumes au placard, on n’oublie pas de leur faire une toilette complète. Et oui, même porté une fois, le costume s’imprègne des odeurs et de la transpiration de son propriétaire. Si vous gardez votre vêtement en l’état pendant plusieurs mois, les odeurs et les taches même imperceptibles s’incrustent. Vous ne pourrez alors plus jamais lui redonner un aspect impeccable.
  8. Conseil Bonus d’Inès : idéalement, quand vous achetez un costume, prenez 2 pantalons identiques. A l’usage, votre pantalon subit des frottements et s’abîme. Les lavages, plus fréquents que pour la veste, accélèrent son usure également et la couleur s’estompe progressivement. Cela a pour conséquence de marquer une différence notable de couleur, mais aussi de tenue, entre la veste et le pantalon.

Entretien des blousons en cuir

Vos vêtements en cuir méritent un bon entretien. Le cuir est une matière « issue du vivant ». On parle parfois - à mon avis à tort - de matière « vivante », comme pour le bois. Le tannage est une étape fondamentale qui permet notamment d’améliorer l’étanchéité du cuir et de l’assouplir.

Pour autant, ladite étanchéité n’est pas acquise ad vitam æternam, et certains produits permettent de la prolonger, voire de l’améliorer. Un blouson ou une veste en cuir, c’est une « grosse pièce ».

Dans le cas d’un cuir plutôt mat, l’effet n’est pas spectaculaire, forcément. Et cela n’est pas grave. La chamoisine est multi-usages.

IMPORTANT : n’utilisez pas le côté vert / décapant de votre éponge si elle en est munie. Ci-dessus, j’ai fait allusion aux traces apparentes de salissure.

Ça y est, votre cuir est détendu, propre. Retenez bien que la graisse de phoque permet une application en profondeur : votre cuir a « soif / faim ».

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