La Volvo P1800, avec ses lignes fines et sa construction robuste, est suffisamment puissante pour une utilisation quotidienne. Popularisée dès 1962 par la série Le Saint, où elle était conduite par Roger Moore, la Volvo P1800 est apparue en 1960 et a été commercialisée en 1961.
Genèse et Design
Dérivant de la berline Amazon, ce coupé a été envisagé avec un style italien dès la fin des années 1950 par Gunnar Engellau, patron de Volvo, après l'échec de la P1900. Il en confie le dessin à Frua, où il est exécuté par un certain Pelle Peterson, de nationalité suédoise.
Même si celui-ci n'est que stagiaire, il signe un look très réussi, fin, original et élégant, qui vaut à la P1800 un succès immédiat.
Caractéristiques Techniques
De la familiale 122S, elle récupère la transmission aux roues arrière (reliées par un essieu rigide bien guidé) et le 4-cylindres 1,8 l B18 qu'elle pousse à 100 ch SAE grâce à deux carburateurs SU. Cela lui autorise des performances intéressantes.
Le P1800 innovait par des freins à disque à l’avant et un overdrive électrique optionnel sur le quatrième rapport. Sous une carrosserie mieux profilée, cette mécanique autorisait une vitesse de pointe de plus de 165 km/h.
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Production et Évolutions
Volvo n'ayant pas une usine suffisamment grande, les premiers modèles sont sous-traités chez Jensen en Angleterre, mais la qualité de fabrication déçoit. La production est donc rapatriée dès 1963, après que 6 000 autos ont été fabriquées. La P1800 adopte pour l'occasion le suffixe S pour “Sverige” (Suède) et de nouveaux enjoliveurs, cependant que la cavalerie grimpe à 108 ch.
Les performances étant jugées tout juste suffisantes, la P1800 S va bénéficier de hausses de puissance régulières : 115 ch SAE en 1965, puis moteur 2,0 l B20 de 118 ch SAE (105 DIN) en 1968.
En 1969, la P1800 évolue nettement, bénéficiant d'une injection électronique Bosch (elle troque au passage son S final contre un E), et d'une nouvelle boîte ZF. Avec une puissance de 130 ch SAE, elle frôle les 190 km/h, tandis que de nouveaux freins arrière, à disques, réduisent ses distances d'arrêt. D'inédites jantes en magnésium rendent son comportement plus précis, et la calandre, désormais noire, modernise le museau.
Fin 1971, un très original break de chasse ES apparaît, dessiné par Jan Wilsgaard. Il remplace le coupé dès 1972, s'affublant alors de pare-chocs à absorption d'énergie et termine sa carrière en 1973.
Restauration : Points Cruciaux
Même si sa réputation est flatteuse et sa résistance réelle, la P1800 peut fortement rouiller (plus que les PV544 et 122 qui l'ont précédée). Et là, on ne parle pas que des exemplaires “Jensen”, les moins solides. Pire, les ailes sont très sensibles à la corrosion et difficiles à remplacer car soudées au reste de la coque. Les bas de caisse, d'une conception complexe, pourrissent aussi allègrement. En clair, la restauration de la caisse coûte extrêmement cher.
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Heureusement, la mécanique se révèle d'une solidité à toute épreuve (moteur et transmission), même si l'injection est à inspecter de près, la suspension et les freins se montrant également robustes. Ce qui ne signifie pas inusables, naturellement : des contrôles classiques sont à effectuer avant achat, surtout que l'image de robustesse a pu inciter certains propriétaires à négliger la maintenance.
Côtes Actuelles
En dix ans, la cote des très belles P1800 a plus que doublé. Les plus recherchées sont les rares “Jensen”, pour lesquelles il faut compter 50 000 € au minimum. Les S s'échangent contre 33 000 € en 1,8 l, voire 35 000 € en 2,0 l, alors que les E s'en tiennent à 31 000 €. Les ES s'affichent plutôt à 32 000 €.
Les cotes indiquées valent pour un très bel exemplaire. Elles sont toutefois susceptibles de varier en fonction de l'état et de l'historique de l'auto. Une remise à neuf totale et dans les règles de l'art peut ainsi justifier un doublement des valeurs données.
Tableau Récapitulatif des Cotes (estimations)
| Modèle | Prix Estimé (Très Bel Exemplaire) |
|---|---|
| Jensen | 50 000 € + |
| P1800 S (1.8 l) | 33 000 € |
| P1800 S (2.0 l) | 35 000 € |
| P1800 E | 31 000 € |
| P1800 ES | 32 000 € |
Anecdotes et Particularités
Produite à 47 000 exemplaires entre 1960 et 1973, le coupé Volvo 1800 S a été peu diffusé en France à cause de son prix trop élevé et du manque d'image sportive de la marque suédoise. Les photos ne permettent pas d'imaginer comme la Volvo 1800 S est une petite voiture aujourd'hui avec seulement 1,29 m de haut.
Le millésime 1965 offre encore une baguette latérale qui suit la moulure de porte. Elle sera rectiligne dès 1967 en allongeant son profil.
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Intérieur et Sensations de Conduite
Une 1800 S attire aujourd'hui surtout pour sa silhouette ravissante. Leitmotiv habituel lorsqu'on essaie une voiture des sixties, sa compacité étonne comparée au parc roulant actuel. Avec 1,29 m de haut, il faut vraiment dégringoler dans l'habitacle pour prendre place au volant. L'œil est enchanté par le dessin original des poignées de contre-portes et des beaux sièges semi-intégraux où se plaque le frein à main à gauche du conducteur comme toutes les Volvo de cette époque et le court levier de vitesses. Il est carrément fasciné par cette admirable planche de bord en métal chromé parsemée de nombreux cadrans et le grand volant à deux branches trouées étonnamment vertical imposant une position de conduite vintage.
Hormis une sonorité aux notes graves due aux deux gros carburateurs SU et à un échappement spécifique à deux sorties, le 1800 cm3 qui privilégie la robustesse et la souplesse ne distille aucune velléité sportive même si le millésime 1965 frôlait les 170 km/h. Cette voiture conçue il y a près de 60 ans explique sa direction à boitier au rayon de braquage impossible, avouant une pesante imprécision tandis que l'essieu arrière tout ce qu'il y a de rigide se dandine volontiers sur mauvais revêtements.
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