La Volkswagen Corrado est présentée en 1988 pour compléter l’offre par le haut du coupé Scirocco sur le marché depuis 1981. Après le Scirocco, Volkswagen change le patronyme de son coupé en même temps que sa philosophie. Fini l’esprit Grand Tourisme « démocratique », c’est le sport qui est à l’honneur.
Avec son originale mécanique à compresseur "G", Volkswagen revient donc au premier plan de la performance sur un créneau pourtant en pleine désafection. D’ailleurs, Corrado n’est-il pas un dérivé du verbe espagnol « correr » qui signifie courir ?
Présentation et Positionnement
La Volkswagen Corrado est présentée en 1988 pour compléter l’offre par le haut du coupé Scirocco sur le marché depuis 1981. C’est au salon de Paris 1988, que VW dévoile donc son Corrado, qui, d’une certaine manière, va se poser en alternative GTI face à la Golf éponyme.
Et comme les constructeurs nippons ont démontré qu’il existait une clientèle avide de coupés sportifs à prix encore abordables pour le plus grand nombre, pas de raison pour le constructeur de Wolfsburg de laisser passer le train. D’ailleurs, Opel et son coupé Calibra était également de cet avis.
À son lancement le coupé Corrado est la plus puissante et performante mais aussi la plus chère des Volkswagen jamais commercialisée. Au final, la Volkswagen Corrado est un échec commercial. Autour de 100 000 voitures ont été fabriquées en 7 ans, un chiffre qui est bien en deçà de ceux des deux générations de la Scirocco.
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Les cibles du constructeur de Wolfsburg sont alors les coupés japonais tels que la Honda Prelude, la Nissan 240SX et la Toyota Celica. Ainsi, une Corrado G60 coûte plus cher qu’une BMW 325i E30 deux portes sur les marchés européens ce qui pénalise sa carrière. En revanche, le prix de la Volkswagen Corrado est plus bas de l’équivalent de 10 000 euros actuels sur le marché nord-américain.
Design Extérieur
Les stylistes de VAG se sont fait plaisir ! Une ligne râblée et trapue qui à elle seule imprime sa génétique sportive à nos rétines. La proue est criblée de phares rectangulaires et accroît encore sont agressivité. Boucliers carrés et massifs, poupe relevée avec des gros feux, le Corrado G60 ne peut renier son style très daté des années 80-90… vous avez dit Youngtimer ?
La ligne de caisse remonte et fait la jonction avec le becquet arrière discrètement intégré qui se relève automatiquement à 120 km/h et réduit jusqu’à 64% l’effet de portance sur l’essieu arrière. L'aérodynamique soignée permet d'ailleurs au coupé Corrado G60 d'afficher un Cx de 0,32. Dans les détails, les plus fins observateurs auront noté les balais d’essuie-glace logés sous le capot moteur, tandis que les nouvelles poignées de portes ne comportent ni bouton, ni manette.
Intérieur et Équipement
Les larges portes donnent accès à un univers qui ne dépaysera pas l’habitué des modèles frappés du logo VW. C’est sobre, noir et gris foncé, mais bien fini avec des plastiques de qualité inspirés de ceux de la Golf 2. La planche de bord est loin d’être un modèle d’élégance, car massive et très carrée, mais est complète.
De style cockpit, avec une forme courbée s’avançant vers le conducteur, il abrite trois grands cadrans ronds aux chiffres et aiguilles de couleur blanche se détachant sur fond noir, qui indiquent respectivement vitesse, régime moteur, ainsi que de façon combinée, température de l’eau et jauge à carburant.
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En complément de ces indications, l’ordinateur de bord multifonctions déjà décliné à l’envie chez VAG (durée du trajet, kilométrage parcouru, vitesse et consommation moyenne, température extérieure et huile) est de la partie, comme un voltmètre et la température de l’huile en complément qui sont situés en bas de la colonne centrale.
L’équipement de série est réduit au minimum vital dont la direction assistée selon une tradition allemande avec tout le reste en option : climatiseur, sellerie cuir, colonne de direction réglable en hauteur, toit ouvrant électrique, vitres électriques.
Motorisation et Performances
La Volkswagen Corrado affiche un style trapu et sportif qui abrite un moteur reprenant le bloc 1800 bien connu, auquel les ingénieurs de la marque ont greffé un compresseur mécanique à spirale. La Volkswagen Corrado inaugure une mécanique dotée d’un compresseur mécanique à spirales. C’est une première chez le constructeur allemand.
Et petite nouveauté technique, le Corrado recèle sous son capot un compresseur en G déjà apprécié sous le capot de la petite Polo G40 et qui fera également les beaux jours de la Golf Rallye et de la Golf GTI G60.
La base du moteur G60 dont est équipé le Corrado est le moteur éprouvé et robuste de la Golf 1 GTI 1800 développant 112 ch. Grâce au compresseur G60 à commande mécanique, ce « cœur de GTI » bande ses muscles avec une nouvelle puissance de 160 ch à 5 600 tr/mn et un couple flatteur de 225 Nm dès 4 000 tr/mn.
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Les chiffres suivant illustrent l’exceptionnelle souplesse de ce moteur : dans la plage de régime comprise entre 2 400 et 5 700 tr/mn, le couple est de 200 Nm. L’avantage du compresseur G selon VW était notamment un couple disponible plus élevé (30 à 40% de plus) dans des plages de régime faible et moyen. Sans suralimentation mécanique dans le cas de la Golf ou du Corrado G60, une telle puissance aurait nécessité une cylindrée d’au moins 2,5 litres.
Le taux de compression est désormais de 8,0:1. La culasse a du subir un traitement thermique supplémentaire et le joint de culasse a été renforcé. D’autre part, les axes de pistons ont été consolidés et rallongés, le boulonnage de bielles renforcé. En raison des températures très élevées qu’elles ont à supporter, les soupapes d’échappement sont refroidies au sodium et les soupapes d’admission blindées.
VW reste fidèle à la boîte manuelle à cinq rapports à commande par câbles. Les performances sont annoncées pour une vitesse maximale à 225 km/h et un 0 à 100 km/h en 8"3.
Toujours traction avant, le Corrado G60 reprend les essieux avant type McPherson (Jambes de force, bras triangulés inférieurs, barre stabilisatrice et déport autostabilisant) et arrière (bras combinés, jambes de force et barre stabilisatrice) de la Golf 2 et de la berline Passat avec les paliers autocorrecteurs d’essieu arrière. Ils dirigent automatiquement les roues arrière en fonction de la vitesse dans les virages et donc de la force latérale.
Dans les roues alliage de 15 pouces chaussées de pneus en 185/55 R15, sont logés des disques de freins de 280 mm de diamètre, dont deux ventilés sur l’essieu avant. Le dispositif de freinage est complété d’un ABS Teves. Le poids total du Corrado G60 est de 1115 kilos lui conférant ainsi un rapport poids/puissance de moins de 7 kg/ch DIN.
Comportement Routier
Sur la route, le coupé Corrado G60 reste finalement assez pataud. Efficace, sain et stable, mais manquant de vivacité.
Fiabilité et Entretien
Produite uniquement pendant 3 petites années, le Corrado G60 a vite été effacé par le Corrado VR6, plus sonore et nettement plus performant et noble. Le G60 a toujours manqué d’aura, très critiqué par la presse en son temps en raison de performances plutôt banales au regard de la puissance revendiquée et d’une absence de sensation le tout cumulé à un bel appétit en carburant. Fausse bonne idée ?...
Toujours est-il qu’en trouver un aujourd’hui n’est pas si simple à partir du moment où vous êtes exigeant : pas de tuning et un entretien suivi. Le plus dur est là justement, c’est d’en trouver un « full stock » et entretenu. C’est d’autant moins simple que le compresseur G60 est souvent réputé fragile car mal entretenu et que la pièce est hors de prix à remplacer (environ 1500 euros de pièce seulement). Il n’est pas rare de voir des propriétaires le remplacer par un compresseur de Mercedes SLK 230 Kompressor, plus fiable.
L’entretien doit avoir été régulier (tous les ans ou tous les 10 000 km), avec des huiles de qualité tandis que le liquide de frein doit avoir été changé tous les deux ans. Les gros kilométrages ne font pas peur à ce coupé teuton et il ne sera pas rare de tomber sur des autos avec largement plus de 150 000 km au compteur. Attention à surveiller la corrosion aux endroits usuels en raison d’une fabrication ailleurs qu’à Wolfsburg (chez Karman).
Enfin, si vous savez que l’auto convoitée provient d’Allemagne ou de Belgique, prudence, prudence… d’autant plus que la fourchette de prix oscille entre 3000 à 7000 euros selon les états, souvent pas très frais.
Conclusion
Souvent oublié, dans l’ombre de son « grand » frère VR6, le coupé Corrado G60 de Volkswagen mérite le détour à plus d’un titre ! Il jouit non seulement de prix d’achat très abordables, mais en prime vous gratifie de sa ligne trapue qui lui sied si bien. Pratique et polyvalent, le VW Corrado permet un niveau de performances minimum qui l’autorise à se sentir sportive. Reste à en trouver un en bon état, car dans ce domaine, cela devient rare de trouver une auto entretenue et sans tuning avec un historique limpide.
Une superbe auto, pas assez reconnu, à sauver en urgence, les bels exemplaires son quasi introuvable aujourd'hui !
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