L'usine Citroën de Rennes symbolise parfaitement la déconfiture du marché automobile français.
Inauguration et Premières Années
Inauguré en 1960 avec la production de la Citroën Ami 6, le site a connu ses heures de gloire dans les années 2000. Le site a vu naître des modèles emblématiques comme les BX, AX, puis la Peugeot 407 en 2004, première Peugeot produite à Rennes. « En 1960, il y avait 9 000 personnes et on produisait 200 000 à 400 000 voitures. Depuis, le site a connu des hauts et des bas », reconnaît Étienne Martin-Commandeur, directeur de l'usine.
Évolution des Effectifs et Production
En 2007, on comptait environ 12 000 employés qui s'activaient à la tâche pour construire cinq modèles différents du Groupe PSA pour une production annuelle de 350 000 unités.
Transformation Post-Fusion Stellantis
Depuis la fusion avec Fiat Chrysler en 2021 et la naissance de Stellantis, le site n'emploie plus que 1 900 personnes, dont 300 personnes de la multinationale dédiées à d'autres tâches que la production.
Modernisation et Investissements
Pour relancer l'activité, Stellantis a massivement investi dans la modernisation. Un montant de 150 millions d'euros a été mis sur la table pour installer la plateforme STLA Medium de Stellantis, qui permet de fabriquer des SUV de segment C après Sochaux, Eisenach en Allemagne et Melfi en Italie. Cette plateforme multi-énergie permet la production de véhicules thermiques, hybrides et électriques, répondant ainsi aux évolutions du marché.
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Réintégration des Productions Sous-Traitées
La stratégie de Stellantis consiste également à réintégrer des productions autrefois sous-traitées. « Pour la première fois, on fait les pare-chocs nous-mêmes. On a récupéré des presses de plastique d'usines italiennes Stellantis où elles n'étaient pas utilisées », explique Étienne Martin-Commandeur. Le nouvel atelier d'injection de pièces plastiques produit désormais une trentaine de composants, auparavant fabriqués par des équipementiers comme Plastic Omnium ou Forvia. L'équipementier Forvia, installé dans un bâtiment adjacent, continue néanmoins de fournir les sièges et planches de bord via un système de livraison synchrone par AGV (véhicule à guidage automatique). L'usine s'est également dotée d'un atelier d'assemblage de batteries. Elles proviennent de deux fournisseurs : BYD pour l'autonomie de 520 km et ACC Douvrin, la société commune entre Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz, pour l'autonomie plus importante de 680 km.
Le Nouveau C5 Aircross
Le nouveau C5 Aircross succède à la première génération lancée en 2018, qui s'est vendue à 143 000 exemplaires entre 2019 et 2024. Ce SUV de 4,65 mètres de long, soit 16 centimètres de plus que son prédécesseur, se positionne sur le segment très concurrentiel des C-SUV. « Lundi 13 octobre, on démarre la deuxième équipe », se félicitait, vendredi, Etienne Martin-Commandeur, le directeur du site qui a connu du chômage partiel en 2024 et fait maintenant travailler les salariés le samedi. Le lancement de la production d’un nouveau modèle reste toujours « une phase d’hyperpression », résume-t-il. Le site n’a fermé que deux semaines pour les congés d’été. Sur deux ans, il y a eu une quarantaine d’embauches, dont une douzaine d’ingénieurs, et 500 intérimaires renforcent les effectifs. Lundi, ils devraient être 2 200.
Motorisations et Objectifs de Vente
Commercialisé à partir de 35 000 euros, le véhicule sera proposé en plusieurs motorisations : hybride léger, hybride rechargeable et 100 % électrique. « L'électrique représentera au début 25 % des ventes, l'hybride plus de la moitié », précise William Fossé, chef de projet marque Citroën. L'objectif affiché est de 100 000 véhicules par an sur les trois prochaines années. La fabrication en présérie a débuté et la production en série commencera à la fin de l'été, avec un objectif de 400 véhicules par jour d'ici à la fin de l'année.
Enjeux et Avenir du Site
Malgré ces investissements, l'avenir de l'usine reste incertain. « L'activité du site dépend du succès commercial du futur C5 Aircross », avait averti en novembre 2024 Carlos Tavares, ex-directeur général de Stellantis, avec un point mort fixé entre 50 000 et 80 000 unités par an. Dans un contexte où Citroën traverse une passe commerciale difficile avec seulement 2,8 % de part de marché en Europe sur les quatre premiers mois de l'année, le C5 Aircross représente bien plus qu'un nouveau modèle : c'est l'avenir industriel de toute une région qui se joue. « Rennes est aujourd'hui la 7e usine de Stellantis la plus performante en 2024 sur une quarantaine », insiste Étienne Martin-Commandeur, qui espère que cette performance et le succès du C5 Aircross permettront de sécuriser l'emploi sur le site breton.
Portes Ouvertes et Emblèmes du Site
La direction du site de Rennes-La Janais de Citroën, l’une des 14 marques du groupe, a organisé le week-end des 11 et 12 octobre deux journées portes ouvertes pour les familles des 2 000 salariés. Et un défilé dans la ville de plusieurs voitures emblématiques sorties des chaînes de La Janais, comme l’Ami 6, première voiture produite après l’inauguration de l’usine en 1961, la BX, qui a fait monter les effectifs à 12 000 personnes, et, bien sûr, le nouveau SUV C5 Aircross, qui occupe les équipes actuelles, dont la commercialisation vient de commencer, avec des prix oscillant entre 34 990 euros et 46 290 euros pour la version la plus chère. Du succès de ce modèle que Citroën promeut comme « made in France », et même « made in Breizh », dépend l’avenir de l’usine et celui des sous-traitants qui l’alimentent.
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