La Karmann Ghia, une ancienne dont la ligne n'a pas pris une ride et où le charme opère toujours. Basée sur la Coccinelle, elle est en fait la déclinaison sportive de la "voiture du peuple". Mais que vaut cette voiture dessinée par Ghia, assemblée par Karmann et vendue par Volkswagen ?

Genèse d'un Chef-d'œuvre

Pour mieux comprendre le rôle joué par ce modèle, revenons quelques décennies en arrière. Au début des années '50, la Coccinelle est au mieux de sa forme et la marque Volkswagen, alors récente, connaît une croissance remarquable, qu'elle pérennise en créant le Combi, toujours sur base de Volkswagen. Mais rapidement, des carrossiers italiens s'intéressent à ce modèle prometteur. C'est ainsi que le carrossier Ghia s'associe à Volkswagen pour proposer une nouvelle carrosserie à la Coccinelle, plus dynamique, plus raffinée et plus sportive aussi. Quant à l'assemblage de l'ensemble, c'est Karmann, un fabricant automobile indépendant allemand qui s'en chargera.

Officiellement, ce coupé sportif ne s'appelle pas Volkswagen Karmann Ghia mais Volkswagen Type 14. Au début des années 50, Volkswagen est une entreprise prospère et florissante grâce à la production de la Coccinelle dont les ventes ne cessent de progresser et du minibus Type 2. Aussi prend-il envie aux ingénieurs de faire des digressions sur la base de leur modèle. Ainsi une étude fut confiée à Luigi Segre, patron du cabinet de style de Ghia, qui la transmet à Mario Boano. Mais pour mettre le modèle en production, il fallait un partenaire solide dont le savoir-faire était reconnu. Segre et Karmann étant amis, c'est naturellement que le projet atterrit dans les chaînes de montage de Karmann d'autant que carrossier allemand a déjà en charge la production de la Coccinelle cabriolet.

Mais un souci surgit : le châssis de la Coccinelle n'est pas assez large pour intégrer les ailes du coupé. Il faut alors créer un nouveau châssis plus large de 12 centimètres. Quant au moteur, c'est celui de la Coccinelle. Autant dire que ce coupé n'est pas sportif avec 30 chevaux à l'origine. Restait à lui donner un nom. Le prototype "143" était le nom favori des ingénieurs de Wolfsburg (siège de Volkswagen), mais c'est un compromis tout simple qui fut retenu, celui d'accoler les noms de tous les intervenants : Volkswagen-Karmann-Ghia.

Évolution et Améliorations

Lors de la sortie de la Ghia en 1953, l'accueil du public est toutefois assez mitigé. Certains détracteurs lui reprochent une grande ressemblance avec la Chrysler Coupé d'Élégance dont elle reprend certains traits caractéristiques mais c'est surtout sa faible puissance (dont l'intégralité de la mécanique est reprise telle quelle) de la Coccinelle qui déçoivent. Dès lors, Volkswagen, qui misait beaucoup sur sa Type 14 se retrouve dans une situation délicate. Il faut agir et vite. La solution vient en 1958, avec une déclinaison cabriolet. Diverses évolutions interviennent alors, tant d'un point de vue esthétique qu'au niveau du moteur, avec une cylindrée en constante hausse, passant de 30 à 44 chevaux.

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  • En 1957, elle obtient des premières modifications esthétiques. La forme des ailes est modifiée pour augmenter la hauteur des phares.
  • En 1961, le nouveau moteur 1200 cm3 est installé. La puissance est alors de 34 ch.
  • En 1966, le moteur passe à 1300 cm3 puis 1500 cm3 et 44 ch l'année suivante. Elle entre alors en concurrence avec la Typ 34 qui disparaît en 1969.
  • Au passage elle obtient des freins à disques, un nouveau tableau de bord et une alimentation électrique 12 Volts.

Focus sur un Modèle de 1971

C'est d'ailleurs de cette dernière évolution de la Type 14 que nous parlerons ici, avec un exemplaire rouge flamboyant. En 1971, les pare-chocs de la Ghia évoluent avec des chromes sur toute la longueur, sans superflu et une bande noire centrale. Les clignotants et feux arrières deviennent nettement plus volumineux tandis que la planche de bord est modernisée avec deux grands compteurs centraux. Pour le reste, la carrosserie reste fidèle à elle-même : simple, épurée et terriblement gracieuse.

D'un point de vue mécanique, la Ghia de 1971 gagne 6 chevaux et en affiche désormais 50. Elle bénéficie pour l'occasion d'une boîte de vitesse manuelle à quatre rapports ou automatique à trois rapports. Son faible poids (870 kg) lui permet d'offrir des performances correctes mais pas décoiffantes. L'habitacle est assez spartiate, sans fioriture mais offre un confort relativement correct, avec des sièges bien dessinés et un somptueux volant. Quant à l'équipement, bien que chiche, il est de qualité.

Caractéristiques Techniques et Sensations de Conduite

La Ghia dispose de freins à disque à l'avant et de tambour à l'arrière. Les pneus à flanc blanc accueillent des jantes de 15 pouces en acier et généralement couvertes d'un enjoliveur chromé. Le comportement routier de la Ghia est globalement bon, surtout depuis que la transmission a été revue. Les quatre roues indépendantes améliorent la tenue de route.

Tout dans cette ligne est là pour rappeler la grâce des années '50. La ligne générale a très bien vieilli, avec ses galbes, ses chromes mais aussi son 4-cylindres à plat à l'ancienne mais fort d'une belle sonorité ! Pour beaucoup, elle symbolise le romantisme et le parfait compromis entre la rigueur d'une mécanique allemande d'après-guerre et le raffinement d'une voiture italienne, avec une belle ligne.

Entretien et Marché de l'Occasion

Mais à cela, la Karmann Ghia y ajoute un avantage non négligeable : un entretien très peu onéreux puisqu'elle dérive directement de la Coccinelle, avec entre autres, le fameux carburateur Solex. Mais malheureusement, comme beaucoup de modèles anciens, les Ghia sont sujettes à la rouille. C'est d'ailleurs bien souvent la carrosserie qui rend l'âme avant le moteur lui-même. Toutefois, le marché est assez fournie et offre un large choix de modèles, dont un rapport de proportion à peu près équivalent entre coupés et cabriolets. Des modèles customisés sont aussi proposés pour les amateurs de ce type de modèles.

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Le marché de l'occasion fait bien la différence entre les différents modèles. Les plus anciens coupés Karmann Ghia en bon état sont très recherchés par les collectionneurs. C'est notamment le cas des cabriolets de 1958 tandis que les derniers millésimes, de 1971 à 1974 dont fait partie notre Ghia rouge, le sont tout autant. En effet, ils gagnent en polyvalence, peuvent s'utiliser au quotidien et disposent toujours de cette ligne si incroyable. Dès lors, il est bien difficile de faire un choix. Le plus raisonnable est de voir suivant ses besoins et le besoin de polyvalence ou non. Toujours est-il que quel que soit le millésime, la Karmann Ghia n'est pas une sportive !

Comptez aux alentours de 15 000 € pour une Karmann Ghia en très bon état. Pour un modèle rare, dotée d'une rare combinaison de couleurs ou bien dans un état concours, la somme peut facilement doubler ! Assez recherchées de nos jours, les Ghia ont cet avantage de n'être que peu coûteuses en entretien et de ne pas consommer démusurément de carburant. C'est donc un achat plutôt raisonnable...

La Fin d'une Ère

La production est stoppée en Europe en 1974 et continue au Brésil jusqu'en 1975.

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