Nismo fête cette année son 40e anniversaire. Lancée en 1984, la division compétition et performance de Nissan a su créer certains des plus mythiques modèles en sport auto ... pour le meilleur et pour le pire. Cet article se concentre sur l'histoire de Nissan aux 24 Heures du Mans.

Les Débuts de Nissan en Endurance (1980s)

La marque Nissan est présente en compétition depuis la fin des années 50, tant en circuit qu'en rallye, avec déjà des voitures de sport (R380, R381 ou R382 qui concourent au Grand Prix du Japon, mettant alors en scène ce type d'autos) ou de production, avec le début de la lignée Skyline. Mais cette fois, l'effort peut être considéré comme véritablement « usine » et ainsi imiter Toyota, largement présent en rallye, ou Mazda, impliqué en endurance.

Pour ses premiers temps, Nismo reprend l'équipement, les bâtiments et l'ensemble des activités de sport automobile de la troisième section du département de Nissan, située dans l'annexe d'Omori, spécialisée dans la vente de kits sportifs pour le sport automobile et leur assistance. Est aussi reprise la division Essais de Voitures Spéciales dans l'usine Nissan d'Oppama, tout en continuant à développer des voitures de course.

C'est logiquement sur ses terres que Nismo débute dès 1985. Le All-Japan Endurance Championship avec le Groupe C, et le All-Japan Touring Car Championship, avec le Groupe A, sont privilégiés. Basée sur une March 85 équipée d'un V6 turbo, la R85V Groupe C est engagée par Hoshino Racing et Hasemi Motorsport. Une sorte de rampe de lancement pour Nissan et Nismo pour accéder au Graal de tout concurrent en Endurance : les 24 Heures du Mans.

C'est sous bannière officielle que Nismo se présente au départ de l'édition 1986 du double tour d'horloge sarthois. Pour une première, les attentes sont plus que mesurées du côté du Japon, face aux ogres Porsche (et la myriade d'écuries privées comme Brun Motorsport ou Joest Racing). Une première encourageante suivie d'une seconde participation en 1987, cette fois avec une R87E équipée d'un nouveau V8 turbo. Avec un double abandon à la clé.

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L'année suivante, la R89C, nouvellement développée avec Lola, et qui accueille un nouveau bloc V8 VRH35 bi-turbo, veut surfer sur les résultats obtenus depuis 1988 par Nissan avec Electromotive Engineering et Lola en IMSA (voir partie 2).

Les Années 1990: Performances et Désillusions

Cinq R90, dans leurs déclinaisons CK ou CP, sont au départ du Mans en 1990. Malgré de vraies performances en qualifications, avec des puissances démoniaques offrant la pole à Mark Blundell (3'27"0), la n°23 - Nismo de Masahiro Hasemi, Kazuyoshi Hoshino et Toshio Suzuki termine la mieux classée en 5e position au général. Et c'est en GT que Nissan/Nismo effectue officiellement son retour dans la Sarthe en 1995 avec la Skyline GT-R LM (engagée en LMGT1), dérivée de la voiture engagée en Japan GT Championship, remplaçant en quelque sorte des All-Japan Endurance Championship et All-Japan Touring Car Championship.

La Skyline d'Hideo Fukuyama, Masahiko Kondo et Shunji Kasuya termine dans le top 10. Dès 1997, Nissan s'associe au Tom Walkinshaw Racing (TWR) pour développer une véritable GT1, la célèbre R390. Trop jeune en 1997, la voiture va signer ce qui reste aujourd'hui le meilleur résultat au général de Nismo aux 24 Heures du Mans avec une 3e place en 1998 pour Aguri Suzuki, Kazuyoshi Hoshino et Masahiko Kageyama.

En 1990, Mark Blundell signera une magnifique pole position et Hasemi-Hoshino-T.Suzuki termineront 5ème. Classé 3ème au Championnat du Monde, Nissan en sera chassé par le changement de régiement.

Nissan s'appuiera ensuite sur le préparateur britannique Tom Walkinshaw, vainqueur à deux reprises avec Jaguar. En vain.

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1999: La Fin d'une Époque

En 1999, Nissan arrive avec une R391 dont la préparation avait été très courte. Le résultat avait mis en avant le manque de fiabilité du prototype japonais. Finalement, Nissan tirera sa révérence en 1999 avec l'engagement de trois R391, des barquettes dont la construction fut démarrée tardivement.

La suite fut plus ardue avec une violente sortie de route d'Eric Van de Poele au Tertre-Rouge. Avec à la clef un tassement de la 13e vertèbre pour le Belge. Nissan n'aura qu'une R391 au départ. Un capot avant à changer en début de nuit puis, malgré une belle 4e position, un problème de faisceau électrique clouera la LMP japonaise dans le virage Porsche après huit heures de course.

« Tout était nouveau sur la voiture, expliquait Kakimoto, le patron de Nissan Motorsport. Tant au niveau du moteur que du châssis, nous avons été très encouragés par le fait qu'elle ait été aussi rapide en début d'épreuve. La R391 terminera sa carrière par une brillante victoire lors des 1 000 km du Mont Fuji avant d'entrer au musée.

Le Retour Manqué de 2015: La GT-R LM Nismo

Car en 2014, Nissan annonce son retour dans la Sarthe, avec un projet LMP1 totalement décalé par rapport aux productions de l'époque. Ce sera la fameuse GT-R LM Nismo LMP1. Traction à moteur avant (V6 3 litres bi-turbo), cet OVNI / ORNI se crashera de façon monumentale.

Nous somme le 2 février 2015. Les téléspectateurs du Super Bowl américain, l'événement le plus regardé au monde, découvrent une drôle de voiture de course dans une publicité payée quelques 18 millions de dollars. Nissan y annonce son grand retour dans la catégorie reine des 24 Heures du Mans (et dans le championnat du monde d'endurance) avec la GT-R LM Nismo.

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Après de jolis coups de comm' les années précédentes avec de petits projets commando très remarqués sur le plan médiatique (celui de la Nissan Delta Wing notamment), le géant japonais de l'automobile décide ainsi de revenir au plus haut niveau du Mans avec une voiture de course à l'approche très originale. Contrairement à la totalité des protos de course concurrents engagés dans la catégorie LMP1 de pointe, la GT-R LM Nismo possède en effet un moteur installé à l'avant comme les anciennes Panoz américaines.

Et ce moteur entraîne les roues avant au lieu des roues arrière, avec des pneus plus larges sur le train directeur et un système de récupération d'énergie envoyant de la puissance sur le train arrière pour aider le V6 bi-turbo de 3,0 litres. Nissan évoque le chiffre colossal de 1 600 chevaux en puissance totale et explique que son concept peut lui donner un gros avantage dans les longues lignes droites du circuit sarthois. Le constructeur engage les meilleurs pilotes du plateau et déploie de gros moyens dans la communication autour de son engagement au Mans.

Mais très vite, des problèmes laissent craindre pour la compétitivité de la Nissan GT-R LM Nismo. L'équipe annule d'abord son engagement aux 12 Heures de Sebring au mois de mars, galop d'essai habituel des voitures de course visant la victoire aux 24 Heures du Mans. Elle décide aussi de faire l'impasse sur les courses du championnat WEC suivantes et de se réserver pour les seules 24 Heures du Mans. Pas de quoi pour autant ébranler la confiance des équipes de communication de Nissan, qui ont monté un gigantesque hôtel éphémère sur le circuit des 24 Heures du Mans pour accueillir les journalistes et les invités VIP.

Mais les choses vont de mal en pis : lors des premières essais, les trois Nissan GT-R LM Nismo roulent à 20 secondes des meilleurs protos et se battent au chrono avec les voitures de la catégorie GT bien moins rapides. En raison de gros problèmes de fiabilité, Nissan décide aussi de supprimer le système de récupération d'énergie. En course, les protos se contenteront donc d'une simple traction de 550 chevaux.

Au Mans, sans système hybride (débranché), la meilleure GT-R LM Nismo est à près de 16" de la pole. Oui, 16". En course ? Seule la n°22 franchit la ligne, sans être classée, après avoir passé des heures entières dans le box. Jugés comme délicats à piloter, ils resteront dans les bas fonds du classement du début des 24 Heures du Mans jusqu'à leur lente agonie au fond de leur stand, en proie à de nombreux problèmes mécaniques. Aucune des trois autos engagés ne parviendra à finir la course en étant officiellement classé.

Quelques mois plus tard, Nissan décidera d'arrêter les frais en annulant la suite du programme de la GT-R LM Nismo. A ce jour, ça reste l'un des plus gros échecs de toute l'histoire des 24 Heures du Mans. Et l'illustration parfaite de l'importance de ne pas laisser la communication et le marketing prendre le pas sur le reste.

Autres Faits Marquants

  • En l'espace de seulement quelques jours, le vainqueur de la GT Academy Lucas Ordonez va voir tous ses rêves devenir réalité en participant aux 24 heures du Mans au volant d'une voiture LMP2 Nissan Signatech.
  • « Le Mans, j'en rêve depuis l'âge de dix ans, confie Lucas. C'est l'épreuve la plus importante du monde et un événement majeur pour ma famille.
  • Avec la GT Academy qui en est maintenant à sa troisième saison en Europe, nous avons offert un véritable tremplin à nos lauréats et allons continuer dans cette voie.
  • Au cas où cela ne suffirait pas côté nouveauté, nous présentons en avant-première une autre façon de faire de la compétition : la voiture 100% électrique Nissan LEAFTM NISMO RC.
  • LE MANS, FRANCE, dimanche 15 juin 2014 : Une voiture LM P2 motorisée par Nissan a remporté sa catégorie aux 24 Heures du Mans pour la deuxième année consécutive.
  • Les moteurs Nissan ont enlevé les cinq premières places de la catégorie LM P2 et signé ainsi un des plus beaux succès de la marque en P2.

Tableau des Résultats Notables de Nissan aux 24 Heures du Mans

Année Voiture Équipe Résultat
1990 Nissan R90CP Nismo 5ème
1998 Nissan R390 GT1 Nissan/TWR 3ème

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