Les 24 Heures du Mans sont une institution dans le monde de l'endurance et de l'automobile, mais cette course a connu son lot de drames, en plus des moments de joie pour les vainqueurs et les spectateurs.
Les Accidents les Plus Graves
1955 : La Tragédie de Pierre Levegh
Le 11 juin 1955, à 18h25, lors de la 23e édition des 24 Heures du Mans, la lutte entre Jaguar et Mercedes symbolisait la renaissance de l'épreuve après la Seconde Guerre mondiale. Après plus de deux heures de course, les ravitaillements renforçaient la bataille entre Stirling Moss et Juan-Manuel Fangio chez Mercedes, et Mike Hawthorn chez Jaguar, venus de la F1.
Hawthorn tenta un dépassement audacieux sur Levegh à bord de la deuxième Mercedes, pour lui prendre un tour d'avance et résister au retour de Fangio. Surpris, le pilote qui le suivait fit une embardée, et Levegh ne put l'éviter et le heurta. Sa Mercedes décolla, s'écrasa sur le muret séparant la piste des tribunes, et explosa. Levegh mourut sur le coup, et le moteur ainsi qu'une partie du train avant explosèrent dans le public, tuant plus de 80 personnes.
La course alla pourtant à son terme, mais l'accident créa de nombreux débats sur la sécurité. Au volant de sa Mercedes, le Français est projeté dans les airs et dans les tribunes, où plus de 80 personnes perdront la vie. Levegh aussi, dans ce qui reste la plus grande catastrophe d'une course automobile.
1969 : Le Décès de John Woolfe
Au premier tour de course, John Woolfe voit sa Porsche 917 prendre feu au cœur de la dangereuse section de Maison Blanche, où de nombreux accidents ont été recensés au fil des années. Pilote peu expérimenté, le Britannique avait manqué de boucler sa ceinture de sécurité, un oubli - ou une erreur - qui lui sera fatale. En réaction, le départ traditionnel (en courant vers les voitures) sera par la suite aboli par l'ACO.
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1972 : La Collision Fatale de Jo Bonnier
Alors qu'il venait d'annoncer sa retraite de la Formule 1, Joakim «Jo» Bonnier perdra la vie au Mans à la suite d'un accident fatal en 1972. Alors président de l'association des pilotes, le Suédois sera victime d'une collision avec la Ferrari Daytona pilotée par l'amateur suisse Florien Vetsch, juste avant le virage d'Indianapolis. Sa LolaT280 sera projetée dans les airs avant de percuter violemment un arbre, ne laissant aucune chance de survie à Bonnier.
1981 : La Perte de Contrôle de Jean-Louis Lafosse
Après trois heures de course, Jean-Louis Lafosse perd le contrôle de M379C Rondeau dans la ligne droite des Hunaudières. Un écart soudain à droite, inexplicable même des semaines après l'accident, qui sera fatal au pilote français, deux fois deuxième au Mans (1975, 1976). Ce spectaculaire accident blessera par ailleurs deux commissaires stationnés au bord de la piste.
1986 : L'Accident Mortel de Jo Gartner
Porsche régnait en maître sur la Sarthe, et la firme allemande était la grande favorite de l'édition 1986. À trois heures du matin, Jo Gartner, au volant de la Porsche 962C, sortit de la piste à plus de 260 kilomètres/heure dans la ligne droite des Hunaudières suite à un problème mécanique. Le prototype s'écrasa derrière les barrières de sécurité et se désintégra, tuant Gartner sur le coup.
1999 : Les Envolées des Mercedes
L'édition 1999 réservait l'un des plus beaux plateaux de l'histoire de l'épreuve : Audi, BMW, Toyota, Nissan, Mercedes étaient tous là pour jouer la victoire au classement général. De retour dans la Sarthe pour la première fois depuis le drame de 1955, Mercedes avait abandonné en 1998 et avait revu sa copie. Lors des essais, le prototype piloté par Mark Webber s'envola dans le secteur d'Indianapolis. L'Australien en sortit indemne, mais fut victime de la même mésaventure dans les Hunaudières lors du court warm-up du samedi matin. Sa Mercedes ne put être réparée à temps. Peter Dumbreck était à la lutte avec une Toyota quand sa Mercedes s'envola à son tour avant Indianapolis et s'écrase dans la forêt entourant le circuit. Le pilote fut miraculeusement indemne, mais Mercedes arrêta les frais pour d'évidentes raisons de sécurité.
Après deux jours marqués par les mésaventures de Mark Webber (photo), en essais puis au warm-up en 1999, où sa Mercedes CLR s'est envolée en looping avant de se désintégrer, c'est l'accident de Peter Dumbreck qui est resté dans les annales. Quelques hectomètres avant le virage d'Indianapolis, le prototype du pilote écossais, alors en course derrière une Toyota, s'envole dans les airs avant de terminer sa course dans les arbres. Un temps inconscient, l'Ecossais s'en sortira après avoir prié dans les airs. Après course, Mercedes admettra que ces envolées étaient dues à un défaut aréodynamique.
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2007 : Le Crash de Mike Rockenfeller
Promu du GT chez les prototypes, Mike Rockenfeller rate sa chance pour sa première au volant de l'Audi numéro 3, en 2007. Après un peu plus d'une heure de course, le jeune pilote allemand perd le contrôle de son Audi R10 après une tentative de ré-accélération à la sortie du virage du Tertre Rouge. Sa monoplace heurte violemment le rail de sécurité mais «Rocky», indemne, souhaite repartir. L'état de sa monoplace, au train arrière complètement détruit, l'en empêche.
2011 : Les Accidents d'Allan McNish et Mike Rockenfeller
Peugeot voulait sa revanche après une hécatombe de moteurs en 2010. Après cinquante minutes de course, McNish se fit piéger en dépassant une Ferrari à la sortie du pneu Dunlop. Le contact l'emmène dans les graviers, où la R18 rebondit, avant de se fracasser sur le mur de protection. Les débris sont nombreux, mais aucun blessé n'est à déplorer. McNish sort indemne, protégé par la cellule de protection de son prototype.
Dans la nuit, Mike Rockenfeller connaît la même mésaventure et détruit sa R18 peu avant le virage d'Indianapolis.
«Rocky», encore lui. Mais cette fois, le pilote allemand doit son malheur au mouvement incongru de la Ferrari F458 de Rob Kauffman. Dans la nuit sarthoise, le pilote américain, qui ne participera qu’à deux éditions des 24 Heures (2011, 2012), doublé par l’Audi numéro 1 de l’Allemand avant le virage d’Indianapolis, coupera directement à l’intérieur, provoquant le violant crash de Rockenfeller, face avant, dans le rail de sécurité. Encore une fois, l’Allemand s’en sort miraculeusement indemne avant l’embrasement de sa monoplace.
A la sortie du pneu Dunlop, le pilote écossais envisage un dépassement à l’intérieur sur une Ferrari engagée en GT pour gagner du temps. Raté. Le contact avec le pneu avant droit de la GT italienne, pilotée par Anthony Beltoise, l’envoie dans le décor, où sa R18, dernière née de chez Audi, se fracasse contre le mur de pneus. Par miracle, McNish s’en sortira indemne.
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2012 : L'Accident d'Anthony Davidson
Trois fois deuxième, mais jamais vainqueur, Toyota effectue son retour au Mans en 2012. Pour succéder à la mythique TS 020, dite GT One, engagée en 1999, la firme japonaise engage un prototype essence hybride, dit TS 030. A cour d’expérience face à Audi, Toyota n’attend au mieux de cette course qu’un galop d’essais. Mais, au soir du samedi, les prototypes nippons tiennent le choc et mènent même brièvement la danse.
Peu après 20 heures, Davidson prend le relais de Buemi et imprime le rythme à bord de la n°8. Le Britannique tente de dépasser une GT, mais le pilote de la Ferrari qui le précède ne le voit pas et le heurte sur le côté. La Toyota décolle et finit sa course, comme la Ferrari, dans le mur de pneus à Mulsanne. Sans dommages pour les deux pilotes ! Victime d’une fracture d’une vertèbre, Davidson sera de retour cette année.
Peu avant le virage Mulsanne, le pilote britannique, alors en tête chez les LMP1 au volant de la Toyota numéro 8, tente de dépasser la GT de Piergiuseppe Perazzini. Sa Toyota sera percutée à la corde avant de s'envoler puis de s'écraser dans le décor, avec sa poursuivante, sans que les pilotes ne soient gravement blessés. A l'époque, Toyota est en quête d'une première victoire.
2013 : Le Décès d'Allan Simonsen
Tandis que la sécurité renforcée des monoplaces avait évité les drames depuis plusieurs années (le dernier décès datait de 1997, Sébastien Enjolras en qualifications), l'accident fatal à Allan Simonsen a rappelé la précarité de la sécurité des pilotes en course. Dans les premiers tours toujours frénétiques de la course, le Danois, engagé en GT au volant de l'Aston Martin numéro 95, a perdu le contrôle de son véhicule à la courbe du Tertre (piste mouillée), avant d'être percuté de face puis latéralement, où il aurait subi un choc de 75 G, finalement fatal.
Toyota aux 24 Heures du Mans : Une Histoire Semée d'Embûches
Toyota a une longue histoire aux 24 Heures du Mans, marquée par des moments de gloire potentielle et de cruelles désillusions. La marque a été épisodiquement représentée dans la Sarthe en tant que motoriste dès les années 1970. Mais le premier engagement officiel de la marque aux 24 Heures du Mans date de 1985.
Voici un résumé des participations de Toyota, mettant en évidence les qualifications, les résultats en course et les raisons des abandons :
| Année | Voiture | Qualifications | Course | Raison de l'Abandon (si applicable) |
|---|---|---|---|---|
| 1986 | #36 (86C-L) | 40ème | Abandon | Mécanique |
| 1987 | #36 (87C-L) | 14ème | Abandon | Mécanique |
| 1988 | #36 (88C) | 8ème | 12ème | |
| 1989 | #36 (89C-V) | 24ème | Abandon | Mécanique |
| 1989 | #37 (89C-V) | 17ème | Abandon | Accident |
| 1990 | #36 (90C-V) | 10ème | 6ème | |
| 1990 | #37 (90C-V) | 14ème | Abandon | Accident |
| 1992 | #7 (TS010) | 3ème | Abandon | Mécanique |
| 1992 | #8 (TS010) | 4ème | 8ème | |
| 1992 | #33 (TS010) | 5ème | 2ème | |
| 1992 | #34 (92C-V) | 11ème | 9ème | |
| 1993 | #22 (93C-V) | 10ème | 5ème | |
| 1993 | #25 (93C-V) | 12ème | 6ème | |
| 1993 | #36 (TS010) | 2ème | 4ème | |
| 1993 | #37 (TS010) | 5ème | Abandon | Mécanique |
| 1994 | #1 (94 C-V) | 4ème | 2ème | |
| 1998 | #27 (TS020) | 8ème | 9ème | |
| 1998 | #28 (TS020) | 2ème | Abandon | Accident |
| 1999 | #1 (TS020) | 1er | Abandon | Accident |
| 1999 | #2 (TS020) | 2ème | Abandon | Accident |
| 2012 | #7 (TS030 HYBRID) | 5ème | Abandon | Mécanique |
| 2013 | #7 (TS030 HYBRID) | 5ème | 4ème | |
| 2014 | #7 (TS040 HYBRID) | 1er | Abandon | Mécanique |
En 2016, la Toyota n° 5 immobilisée dans la ligne droite des stands à trois minutes de l'arrivée reste une image marquante. En 2017, Kamui Kobayashi réalise le tour parfait et prend la pole position à 251,8 km/h de moyenne, battant le record de la piste qui datait de 1981.
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