Cet automne, grues et pelleteuses donnent au Mans l'aspect d'un vaste chantier, troublant la quiétude de cette ville-préfecture de 194.000 habitants, troisième pôle urbain des Pays de la Loire.

Renault au Mans : Une Présence Historique

Bassin historique de Renault, Le Mans a su fixer des équipementiers d'envergure internationale.

Dès lors, presque simultanément, il a engagé tous les grands travaux en gestation depuis des années, donnant du chef-lieu sarthois une impression de renaissance après des années de torpeur.

Le fil conducteur est le tramway, une ligne de 15,5 kilomètres, avec un embranchement vers le quartier populaire des Sablons, qui fera par ailleurs l'objet d'un programme de rénovation de 147,4 millions d'euros.

Dans un an, les premières rames d'un orange vif relieront en trente-quatre minutes l'université du Maine, vaste espace à urbaniser au nord-ouest de la ville, à Antarès au sud, quartier du circuit des 24 Heures du Mans et d'un futur pôle de cliniques.

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Auto Châssis International (ACI) : Transformation et Ambitions

Importante filière mécanique, il en va ainsi pour Auto Châssis International (ACI), filiale à 100 % de Renault et acteur majeur de l'économie régionale.

Passer du statut d'établissement à celui de véritable équipementier de l'automobile, spécialisé dans les châssis et les liaisons au sol : depuis 1999, l'usine Renault du Mans (Sarthe), transformée en une filiale baptisée Auto Chassis International (ACI), met les bouchées doubles pour respecter les objectifs du constructeur français.

François Fourmont, directeur général, les précise : produire à l'horizon 2005 plus de 12 000 essieux par jour, contre 4 500 en 1996 et entre 10 000 et 12 000 berceaux par jour, contre 4 500 en 2001.

Modernisation du site sarthois et abandon d'activités jugées en dehors de la stratégie rythment cette mutation.

D'ici à 2004, ACI aura bénéficié de plus de 400 millions d'euros d'investissement, dont 72 millions cette année et 64 mil-lions en 2003.

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La naissance du centre technique, inauguré le 17 juillet, dote ACI de la matière grise nécessaire à ses ambitions.

Il abrite le siège social (direction, achats, commercial), mais aussi tout le personnel de l'ingénierie, de la conception des projets à leur industrialisation.

Soit 400 personnes, venues en partie de Billancourt (Somme), qui disposent d'un centre de prototypes de 4 000 mètres carrés et d'une cinquantaine de bancs d'essais.

La disparition programmée d'ici à la fin de 2003 de la fabrication des boîtes de vitesses (230 salariés aujourd'hui), après la cession en 1999 des joints de transmission au japonais NTN et la sortie du secteur agriculture en 2000, est présentée comme l'ultime étape de la " restructuration ".

Plus largement, le directeur général balaie d'un revers de la main les craintes du syndicat alarmé par la perte de compétences considérées comme étant la force et l'originalité du site.

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" Cette réorganisation est indispensable si nous voulons être le fournisseur de référence de Renault-Nissan à l'échelle mondiale dans un environnement concurrentiel : d'une génération d'organes au sol à l'autre, nous devons enregistrer un gain de prix de revient de 20 à 30 %. Et puis, nous devons être en mesure de faire de la croissance en dehors de l'alliance. L'objectif, d'ici à 2006, est de réaliser 30 % de notre chiffre d'affaires avec d'autres constructeurs ".

Devenu vaisseau amiral, ACI Le Mans contrôle désormais trois autres unités de production.

En France, la SMV à Villeurbanne (Rhône), tournée vers l'usinage, qui dépendait directement de Renault l'a rejoint en juin 2001.

Ford, Volvo, Toyota et BMW lui assurent la moitié de son activité.

Sur le continent américain, deux filiales ont été créées : la première à Curitiba, au Brésil (1999) s'adresse au Mercosur, l'autre près de Detroit aux Etats-Unis (fin 2001), travaille pour Ford et bientôt pour General Motors.

Enfin, dans les prochaines semaines, l'usine Dacia de Pitefti, en Roumanie (30 millions d'euros y seront investis entre 2003 et 2005), sera également rattachée à ACI.

En juillet dernier, Auto Châssis International (ACI) a inauguré son centre technique, qui regroupe ingénieurs et directions dans un même bâtiment.

L'investissement représente plus de 10 millions d'euros, partagés avec le centre des prototypes et le laboratoire d'essais tout proches.

Spécialisé dans les systèmes de liaison au sol pour les voitures, ACI est dirigé depuis sa création, en janvier 1999, par François Fourmont, 53 ans.

NTN : Un Partenariat Stratégique

Quant à la production de joints tripodes du groupe, elle a été externalisée voici presque dix ans auprès de l'équipementier japonais NTN, qui a ainsi ancré sa tête de pont européenne en périphérie du Mans, tout près de son concurrent direct, le britannique GKN.

PAYS DE LA LOIRE NTN renforce le pôle de l'automobile du Mans Spécialiste des joints de transmission, NTN construit une usine de 6 hectares dans la Sarthe.

Bien qu'associé à Renault, l'équipementier japonais vise les autres constructeurs européens. A Allonnes, près du Mans, les dirigeants japonais du groupe NTN ont lancé la construction de leur usine sarthoise : un bâtiment de 57 000 mètres carrés sur un parc de 50 hectares.

L'investissement, entre 1,3 et 1,5 milliard de francs, est l'un des plus importants projets en cours dans l'ouest de la France.

Les travaux doivent être achevés en février 2000, pour un lancement de la production en juin.

" Quartier général européen de la production de joints homocinétiques, cette unité disposera également d'un centre de recherche-développement ", précise Toshitsugi Suma, président de NTN Transmissions Europe, le joint-venture franco-japonais exploitant de l'usine.

Créée en décembre dernier, cette société, au capital de 500 millions de francs, est détenue à 80 % par l'équipementier japonais et à 20 % par Renault.

Le constructeur français avait préféré NTN à l'américain Delphi et au britannique GKN pour externaliser et développer la production d'une nouvelle génération de joints de transmission à billes, en remplacement des actuels joints tripodes qu'il fabrique au Mans.

Si Renault s'est engagé à confier 80 % de ses besoins à NTN jusqu'en 2008, l'équipementier japonais s'installe avec l'ambition de capter la clientèle des autres constructeurs d'automobiles en Europe, notamment les américains et les japonais, d'où la nécessité de disposer d'un centre de recherche-développement.

" Nous souhaitons travailler en étroite collaboration avec les constructeurs dès le stade du développement ", commente Toshitsugi Suma, non mé-content de bénéficier de la notoriété du Mans dans l'automobile.

Son groupe table sur une production mensuelle de 100 000 pièces au démarrage, puis sur une montée en puissance à 400 000 unités dès la fin de 2003, représentant 200 000 véhicules.

Le chiffre d'affaires prévisionnel évalué par l'équipementier atteindrait alors 1,45 milliard de francs.

Ce chiffre pourrait même être dépassé, commentait récemment Takuji Mukoyama, directeur général du groupe : " Nous avons déjà des prévisions de commandes de la part de plusieurs grands constructeurs.

Le constructeur français corrige ainsi un choix industriel qui l'avait conduit, voilà trois ans, à miser sur les joints tripodes.

Délestée de cette activité techniquement dépassée, Renault Le Mans, rebaptisée Auto Châssis International (ACI) depuis janvier, a été promue Centre européen pour la conception et la production de châssis de tous les modèles du groupe.

Sur les trois prochains exercices, 400 à 450 millions de francs d'investissements sont prévus sur le site.

Désormais filiale auto- nome, ACI, à laquelle est rattachée la SMV de Villeurbanne (Rhône), vise, à cinq ans, un chiffre d'affaires de 10 milliards de francs (1,5 milliard d'euros), dont 40 à 50 % hors Renault.

Défis et Perspectives d'Avenir

Le projet d'investir dans une nouvelle fonderie, qui conforterait l'avenir de cette entreprise, se décidera en particulier dans le bureau de Carlos Ghosn.

L'entreprise a donc adroitement mis à profit le savoir-faire de Renault, son géniteur mais aussi son principal client.

Elle a cependant commencé à élargir sa clientèle à d'autres constructeurs, tels Ford et BMW.

Tableau Récapitulatif des Investissements et Objectifs d'ACI

Période Investissement Objectifs
D'ici à 2004 Plus de 400 millions d'euros Modernisation du site, augmentation de la production
À l'horizon 2005 - Produire plus de 12 000 essieux par jour et entre 10 000 et 12 000 berceaux par jour
D'ici à 2006 - Réaliser 30 % du chiffre d'affaires avec d'autres constructeurs
À cinq ans - Chiffre d'affaires de 10 milliards de francs (1,5 milliard d'euros)

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