La 80 cabriolet est le tout premier du genre pour Audi. Si l’on fait abstraction des confidentielles et artisanales Audi 100 Crayford et Roadster quattro signés par Walter Treser, chacune assemblée à la main, la première Audi à tomber le haut c’est elle : la 80 cabriolet. D’une élégance rare, cette décapotable très chic et classique pose des fondamentaux toujours d’actualité.

Un peu d'histoire

Il aura fallu attendre l’arrivée de la troisième génération de berline 80, la « type B4 », pour en profiter au tout début des années 90. A l’époque, Audi commence enfin à bénéficier d’une image premium, encore porté par l’aura de l’Ur quattro, et par l’arrivée de modèles plus jeunes et ambitieux comme l’ambitieuse berline V8 ou le nouveau Coupé quattro. On est en plein bio design et, après l’équerre et le fil à plomb qui ont caractérisé les années 80, les stylistes commencent à (re)découvrir les courbes ! Ils se font justement plaisir avec le nouveau Coupé 80-90 lancé en 1988, décliné en une sulfureuse version S2, dotée du 5 cylindres 2.2 turbo 20v (poussé à 230 ch) et de la transmission intégrale quattro.

Cette auto aurait dû rester à l’état de concept, sans lendemain, mais la commercialisation par BMW de sa Série 3 décapotable, produite en série par l’usine et non plus au compte-goutte par Baur, va précipiter les choses. Et ce qui va définitivement inciter Audi à passer la seconde, c’est l’excellente réaction du public qui réclame cette voiture ! On valide et on comprend pourquoi le public de l’époque a craqué pour ce cabriolet.

Design et esthétique

Même capotée, la 80 cabriolet brille par son élégance naturelle. A l’époque, de nombreux modèles décapotables sont encore affublés de disgracieux arceaux (Ford Escort cabriolet, VW Golf cabriolet, Fiat Ritmo cabriolet, Jaguar XJ-SC…), ce qui n’est pas le cas de cette Audi, intégrant judicieusement les renforts dans les bas de caisse, ce qui, du coup, lui permet de se distinguer par une ligne affichant une grande pureté. Evidemment, les designers en sont pleinement conscients, et ils vont sublimer cette absence d’arceau en ceinturant tout l’habitacle d’une superbe applique en alu brossé, qui se prolonge dans les montants de pare-brise.

A l’été 1991, on passe donc du rêve à la réalité, la 80 cabriolet devenant le nouvel ambassadeur du chic selon Audi. Bien sûr, à l’époque, il n’est pas encore question de toits en dur rétractables, une mode à laquelle Audi s’est d’ailleurs toujours refusé, pour préférer une traditionnelle capote souple et manuelle. La formule présente 3 avantages non négligeables… Primo, c’est plus léger qu’un toit rétractable. Deuxio, ça prend aussi moins de place lorsque c’est plié dans le coffre. Enfin, tertio, c’est nettement plus… esthétique !

Lire aussi: SUV Coupé Électrique Audi e-tron Sportback

Motorisations et performances

Bien plus porté sur le confort et les apparences que sur la sportivité, la 80 cabriolet entame sa carrière avec un modeste 5 cylindres 2.3 litres de 136 ch, qui a fort à faire pour mouvoir cette auto accusant plus de 1400 kg à vide sur la balance. Audi ira d’ailleurs encore plus loin dans la médiocrité mécanique, en mettant un 4 cylindres 2.0 de 115 ch totalement poussif, et pire encore, un rugueux et sonore 1.9… diesel de 90 ch, digne d’un tracteur, totalement inapproprié ! Heureusement, à l’autre bout de la chaîne, Audi introduit à partir de 1993 un noble V6 2.8 litres qui nous intéresse. Un moteur bien en phase avec le positionnement toujours plus haut de gamme de ce cabriolet très BCBG.

Pourtant, en gagnant le billard plus rectiligne d’une voie rapide, ce cabriolet peut faire illusion, en effaçant d’une franche pression sur l’accélérateur le 0 à 100 km/h en 9,2 sec, pour filer ensuite à 221 km/h chrono. Ainsi que vos passagers qui n’apprécieront que modérément l’exercice si vous roulez ainsi décapoté et qu’ils se trouvent assis derrière, en pleine « zone de turbulences ». Car clairement, les meilleures places restent devant, en restant protégé par le pare-brise.

Après, pour mettre tout le monde d’accord, vous pouvez toujours recapoté, une formalité effectuée à l’arrêt automatiquement en quelques secondes, et qui permet de profiter de cette voiture sous un jour nouveau, en appréciant l’excellente isolation phonique. En revanche, pour le coup, on voit que le modernisme a parfois du bon, car capote fermée, la rétrovision est exécrable, rendant chaque marche arrière périlleuse, faute de ne pas bénéficier de radar de recul et encore moins de caméra. Il est vrai que nul n’est parfait…

Évolutions et fin de carrière

Ainsi, dès 1995, la voiture gagne en série, sur toutes les versions, une capote électrique. L’année suivante, le placide 4 cylindres 2.0 de 115 ch est avantageusement remplacé par un plus alerte 1.8 20V de 125 ch. Et en 1998, bien qu’en fin de carrière, Audi va lui offrir un léger restylage, une caractéristique qui concerne le sublime exemplaire qui illustre cet article, puisqu’il date de mars 1999. Ainsi, le bloc veilleuses-clignotants devient tout blanc et gagne quelques rondeurs aux extrémités, tandis que les phares adoptent une lentille au xénon. Et question standing, notre modèle d’essai fait un sans-faute, en embarquant notamment une superbe sellerie cuir (jusqu’aux contre-portes !), et des placages en bois précieux. Mieux, cet exemplaire est une des rares « Final Edition », assemblée à la main chez Karmann, les lignes de production habituelles étant mobilisées à l’époque par Audi pour assembler une autre auto.

Confort et agrément de conduite

Taillé pour embarquer confortablement 4 adultes, ce vaisseau de 4m37 de long se laisse conduire du bout des doigts, la seule chose « sport » à son bord étant le volant à 3 branches siglé « Audi Sport » ! Dès les premiers kilomètres, on cerne rapidement le tempérament de cette belle décapotable qui préfère - et de loin - rouler à un paisible rythme de sénateur, plutôt que d’enchainer tambour battant les virages sur une départementale. Il est vrai que les 1455 kg n’aident pas, pas plus que l’amortissement trop lâche, privilégiant le confort à l’efficacité, ce qui génère vite du roulis lors des phases d’appui.

Lire aussi: Tout sur l'Audi Q3 Bleu

L'Audi 80 B4

L’Audi 80 B4 corrige plusieurs défauts majeurs de la 80 B3 qui avait été conçue pour obtenir la meilleure aérodynamique au détriment de quelques aspects fonctionnels. Ainsi, la nouvelle 80 dispose d’un coffre de plus grande capacité et modulable. Avec la nouvelle 80, les anciennes gammes 80 et 90 sont fusionnées entraînant l’installation de moteurs plus nobles sous le capot de la 80 (5 cylindres et V6). Notons qu’en Amérique du Nord, c’est l’appellation 90 qui est conservée et non pas 80, un label qui ne dispose pas de la même notoriété qu’en Europe.

Malgré une qualité de fabrication et une finition de très haut niveau, la 80 B4 accuse une conception vieillissante face à ses rivales désignées que sont les BMW Série 3 E36 et la Mercedes Classe C W202. Son train arrière muni d’un essieu de torsion ne lui permet pas en effet d’offrir le même niveau de confort et de précision sur la route que ses rivales. Cette remarque ne vaut pas pour les versions Quattro dotées d’une suspension à quatre roues indépendantes et aux qualités routières incontestées. D’ailleurs, la version de pointe S2 dispose de série de la transmission Quattro qui permet de tirer le meilleur parti des 230 ch fournis par le moteur 5 cylindres 2,2 L turbo.

L’Audi 80 B4 est engagé en championnat de voitures de tourisme dans plusieurs pays européens à partir de la saison 1992. En 1992, Audi réalisa un prototype de la 80 Quattro dotée d’un moteur 2,5 L pour succéder à l’Audi V8 dans le championnat DTM à partir de la saison 1993.

Un collector en devenir

Produite à seulement 71 534 exemplaires de 1991 à 2000, l’Audi 80 Cabriolet est, depuis, devenue un vrai collector, et un grand classique du genre. Les beaux exemplaires survivants se font rares et méritent d’être sauvés, surtout ceux qui bénéficient des meilleurs moteurs, à l’image de ce noble V6.

Motorisations de l'Audi 80 Cabriolet
Moteur Cylindrée Puissance
4 cylindres 2.0 L 115 ch
4 cylindres 1.8 20V 125 ch
5 cylindres 2.3 L 136 ch
V6 2.8 L Variable (selon année)
Diesel 1.9 L TDI 90 ch

Lire aussi: Code défaut 02071 : Guide de dépannage Audi

tags: #audi #80 #cabriolet #rouge #fiche #technique

Articles populaires: