L'Audi 80 a marqué son époque par son innovation et ses performances. Dès le milieu des années 80, à travers la seconde génération d’Audi 80, la firme aux Anneaux commence à décliner sa technologie quattro.

L'Héritage de Ferdinand Piëch et l'Innovation du 5 Cylindres

Lorsqu’après avoir été débarqué de Porsche Motorsport Ferdinand Piëch arrive au bureau d’études de la jeune marque Audi au beau milieu des années 70, il trouve une entreprise en devenir où tout reste à faire. Mais la dynamique est bonne, portée par le succès de la grosse berline 100 - premier modèle conçu et développé par Audi - mais surtout par la nouvelle petite 80, pétrie de qualités. Assez pour glaner le titre envié de « voiture de l’année 1973 ».

Pour tirer Audi vers le haut, Piëch travaille simultanément sur plusieurs projets d’envergure, avec notamment la mise au point d’un 5 cylindres inédit, un moteur combinant les atouts d’un 4 cylindres (compacité et sobriété), mais aussi la noblesse d’un 6 cylindres (rondeur, sonorité et puissance). Ce moteur est la clef de voûte de son programme phare, visant à concurrencer directement BMW et Mercedes.

Nous sommes en 1979, soit tout juste un an avant le lancement d’un autre modèle clé dans son plan : la fameuse Audi quattro. Non seulement elle hérite de ce fameux 5 cylindres turbo porté pour les circonstances à 200 ch - ce qui augmente encore les performances - mais elle adopte en plus une innovante transmission intégrale, du jamais vu sur une auto de série.

Et Piëch aura la bonne idée de faire connaître au monde entier cette jeune marque pleine d’audace et d’avenir, en engageant avec le succès que l’on sait l’Audi quattro en rallye. Rapidement, les gens découvrent ce constructeur aux 4 anneaux encore largement méconnu, apparaissant comme une alternative crédible à la concurrence.

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Audi 80 B2 : Une Montée en Gamme et l'Arrivée de la Transmission Quattro

C’est en 1978 qu’est lancée l’Audi 80 de seconde génération. Si elle demeure d’un gabarit sensiblement proche de sa devancière, donc assez compacte (4m38), elle s’en démarque par son aspect bien plus moderne. Cela est dû à l’adoption de blocs optiques rectangulaires, tant à lavant qu’à l’arrière, et à une carrosserie bien plus anguleuse signée Giugiaro pour Ital Design. Bon, pour le charme latin, on repassera, mais l’ensemble séduit par sa rigueur très… allemande, et sa modernité, le profil comportant désormais 3 glaces latérales.

Pour se démarquer d’une certaine VW Passat, l’Audi 80 monte en gamme et gagne des boucliers plus épais. Mais c’est techniquement que la création d’Ingolstadt se démarque de son encombrante cousine de Wolfsburg. En plus de bénéficier du fameux 5 cylindres maison - privé de turbo mais d’une puissance respectable de 136 ch - l’Audi 80 reçoit, dès l’année 1984, la fameuse transmission intégrale quattro, celle-là même qui a consacré Audi au Championnat du monde des Rallyes 1982 !

Sur la forme, excepté la présence de quelques badges « quattro » flanqués de la calandre à la malle du coffre, rien ou presque ne change. Sauf qu’en y regardant de plus près, on remarque une foule de détails qui font la différence. Ainsi cette version de pointe bénéficie de jolies jantes en alliage spécifiques de 14 pouces, mais aussi d’un discret aileron de coffre sans oublier une double sortie d’échappement ou des antibrouillards. Autant d’indices qui donnent quelques idées des prétentions sportives de cette petite berline.

Sur le fond, l’adoption de la transmission quattro ajoute 75 kg au poids du modèle initial, portant la masse totale à 1190 kg. Cela parait bien peu aujourd’hui, où le moindre déplaçoir électrifié dépasse allègrement les 1500 kg, mais c’était déjà conséquent en 1984, sur le créneau des berlines compactes.

Pourtant, l’intérieur ne paraît pas bien riche ! Excepté des sièges sport livrés de série (pouvant se régler en hauteur pour le conducteur) et une instrumentation complète logée sous une casquette rectangulaire comportant un compte-tours, on cherche les équipements de confort. Ah si, il y a le dégivrage et les vitres avant électriques ! Il est vrai qu’à 128 250 Francs à l’époque (soit 43 000 € environ selon l’Insee), c’est bien la moindre des choses ! Surtout qu’à l’époque, Audi ne fait pas encore figure de référence en matière de finition. Certes, les assemblages sont rigoureux, mais l’ensemble du mobilier fait très « plastique » et n’atteint pas encore le niveau feutré offert par une BMW ou Mercedes de l’époque.

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Plus puissante que la GTE dotée du bloc de la Golf GTI, cette version quattro équipée du 5 cylindres de 136 ch du coupé GT ne rechigne pas à la tâche, même s’il faut la bousculer un peu, faute de bénéficier d’un couple important à bas-régime (176 Nm à 4500 tr/mn). En sollicitant la mécanique, par ailleurs très agréable à l’oreille, la 80 quattro parvient à prodiguer de franches accélérations (0 à 100 km/h en 9,1 sec), l’ensemble étant bien servi par une boîte manuelle à 5 rapports très agréable à manipuler. Voilà qui permet de rouler vite, très vite même, les 193 km/h chrono étant à sa portée, une valeur plus qu’honorable à l’époque pour cette catégorie.

La présence de l’arbre de transmission ayant imposé de redessiner l’épure du train arrière, cette 80 quattro se voit du coup mieux servie que les versions normales, en bénéficiant ainsi réellement de 4 roues indépendantes, toutes dotées de surcroît de freins à disques. Et avec un avant qui tire et un arrière qui pousse, autant vous dire que cette berline a tout d’une sangsue du bitume. En restant dans les limites du raisonnable bien sûr, le moteur étant placé en porte-à-faux sur le train avant, ce qui peut générer du survirage en rentrant fort dans un virage serré. Heureusement, le conducteur peut aussi compter sur une direction précise et informative, permettant de corriger le cap en un tour de main. Et si cette Audi prend du roulis lors des phases d’appui, elle sait tenir sa trajectoire sans s’en écarter.

Clairement, voilà une petite familiale de tempérament qui mérite d’être redécouverte. A défaut d’exhiber la panoplie sécuritaire des berlines modernes, elle se révèle en effet particulièrement polyvalente, efficace, équilibrée et facile à vivre au quotidien. Sa ligne en coin, basse et longiligne, détonne dans un univers automobile toujours plus édulcoré et uniforme. Et surtout, sa remarquable légèreté, sa position de conduite basse et sa présentation sans fioritures, presque spartiate, éveillent une douce nostalgie de l’époque encore récente où le plaisir de conduite s’accommodait d’une puissance modeste et se passait de régulateur. « Mine de rien, cette Audi 80 est une pionnière : la première familiale à transmission intégrale !

Audi 80 Coupé B3 : Un Caractère Bourgeois

Le nouveau Coupé Audi est lancé au cours de l’automne 1988. Compte tenu de la carrière de son prédécesseur et en particulier de la célèbre variante Quattro, le Coupé type B3 doit assurer l’héritage. Sous une ligne moderne, le Coupé B3 propose un caractère plus bourgeois que sportif. Les trains roulants accusent toutefois le coup avec la présence d’un simple essieu de torsion sur les versions à traction avant.

À partir de 1991, Audi offre de nouveaux moteurs V6 sous le capot du Coupé sans que cela modifie pour autant le tempérament du modèle. Au final, l’Audi Coupé n’est pas une mauvaise voiture mais ne parvient pas vraiment à se distinguer d’autant que son prix élevé limite sa diffusion. La filiale nord-américaine cesse d’ailleurs de vendre le modèle après le millésime 1991.

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Audi 80 B4 : Correction des Défauts et Fusion des Gammes

L’Audi 80 B4 corrige plusieurs défauts majeurs de la 80 B3 qui avait été conçue pour obtenir la meilleure aérodynamique au détriment de quelques aspects fonctionnels. Ainsi, la nouvelle 80 dispose d’un coffre de plus grande capacité et modulable.

Avec la nouvelle 80, les anciennes gammes 80 et 90 sont fusionnées entraînant l’installation de moteurs plus nobles sous le capot de la 80 (5 cylindres et V6). Notons qu’en Amérique du Nord, c’est l’appellation 90 qui est conservée et non pas 80, un label qui ne dispose pas de la même notoriété qu’en Europe.

Malgré une qualité de fabrication et une finition de très haut niveau, la 80 B4 accuse une conception vieillissante face à ses rivales désignées que sont les BMW Série 3 E36 et la Mercedes Classe C W202. Son train arrière muni d’un essieu de torsion ne lui permet pas en effet d’offrir le même niveau de confort et de précision sur la route que ses rivales. Cette remarque ne vaut pas pour les versions Quattro dotées d’une suspension à quatre roues indépendantes et aux qualités routières incontestées.

D’ailleurs, la version de pointe S2 dispose de série de la transmission Quattro qui permet de tirer le meilleur parti des 230 ch fournis par le moteur 5 cylindres 2,2 L turbo.

Audi 80 en Compétition

L’Audi 80 B4 est engagé en championnat de voitures de tourisme dans plusieurs pays européens à partir de la saison 1992. En 1992, Audi réalisa un prototype de la 80 Quattro dotée d’un moteur 2,5 L pour succéder à l’Audi V8 dans le championnat DTM à partir de la saison 1993.

À partir de 1992, le coupé BMW Série 3 E36 concurrence durement le coupé Audi qui ne peut offrir les mêmes prestations.

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