Bien souvent, c’est l’image de la Berlinette qui ressort de l’inconscient collectif lorsque l’on parle de la marque Alpine dans les sixties. Il faut dire que c’est elle qui marqua les esprits grâce à ses victoires en rallye, à sa ligne trapue et à son comportement sportif. Jean Rédélé a offert à l’automobile française une belle et grande aventure. Et un palmarès riche en lauriers.
Les Débuts Parisiens d'Alpine
Jean Rédélé n’est pas un ingénieur, ou un génial mécanicien autodidacte, mais un commercial (il a fait HEC) doublé d’un passionné de pilotage automobile. Il pilote tant qu’il peut, et dès le début des années 50, rêve de créer sa propre voiture . Pour un amateur d’automobile, c’est un beau parti : Michelle n’est pas moins que la fille de Charles Escoffier, l’un des plus gros concessionnaires Renault de Paris (autant dire de France). Sa concession est située rue Forest, dans le 18ème arrondissement.
Les passionnés d’Alpine ne découvriront pas cette information avec surprise, mais les simples amateurs, eux, se poseront la question : « bah, quid de Dieppe » ? En fait, si Jean Rédélé était bien concessionnaire Renault à Dieppe dès 1946 en tant que gérant des Grands Garages de Normandie, ce n’est pas là qu’Alpine est vraiment née ! En 1955, l’histoire d’Alpine s’écrit, elle, rue Forest, dans le 18ème arrondissement de Paris ! L’usine n’y sera construite que plus tard, au tout début des années 60.
Mais la savoir vraiment née sur les contrefort de la Butte Montmartre, montagne parisienne s’il en est, voilà qui donnait du sel (marin?) à l’histoire. La société des Automobiles Alpine naît donc en 1955, et Rédélé, grand commercial, en devient le gérant. Basée sur le châssis et la mécanique de la 4CV, l’Alpine A106 (ce sera son nom) est tout d’abord réalisé à 3 exemplaires : les carrosseries à Saint Maur tandis que les blocs moteurs sont assemblés rue Forest.
Alpine était donc bien née, et jusqu’à la construction de l’usine de Dieppe en 1960, les A106 étaient fabriquées entre Paris, Saint Maur puis Brie Comte Robert chez CG ! L’A106 est montée à Brie-Comte-Robert, dans la concession de Charles Escoffier, le beau-père de Jean Rédélé. Installés dans un petit local, quelques mécaniciens montent les coaches, dont la carrosserie est fabriquée par Chappe et Gessalin.
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Le Rôle Clé de Charles Escoffier et de la Famille
Pour un amateur d’automobile, c’est un beau parti : Michelle n’est pas moins que la fille de Charles Escoffier, l’un des plus gros concessionnaires Renault de Paris (autant dire de France). Sa concession est située rue Forest, dans le 18ème arrondissement. Mais l’empire de la belle famille s’étend et s’étendra à d’autres lieux automobiles : les Grands Garages Souterrains à Levallois, les établissements Escobrié à Melun (concessions Renault), ou Escoroute à Paris. La fortune est bien présente de ce côté-là, et la taille (à défaut de splendeur) du vaisseau amiral de la rue Forest en atteste.
Après la tentative avortée avec la « The Marquis », l’idée d’une nouvelle marque de sport est restée ancrée dans la tête de Jean Rédélé, mais aussi dans celles de Charles Escoffier et de son fils Gérard. Il faut, pour pouvoir lancer la production, obtenir l’aval de Renault. L’avantage, c’est que Rédélé connaît bien la marque (il est son concessionnaire à Dieppe, et a été l’un de ses pilotes officiels), tout comme son beau-père (et peut-être même surtout lui).
Le Déménagement à Dieppe et l'Ascension d'Alpine
Avec l’avènement de l’usine de Dieppe, le garage de la rue Forest ne sera plus jamais le lieu d’assemblage d’une Alpine, ni même le siège social qui lui aussi déménagera à Dieppe. A partir de 1960, c’est à Dieppe que seront assemblées les Alpines. Les locaux de la rue Pasteur étant devenus exigus, la construction d’une usine s’avère nécessaire. Elle sera installée dans la zone industrielle de Dieppe, avenue de Bréauté.
En 1972, Renault prend une participation majoritaire dans Alpine. Si Jean Rédélé reste PDG, il n’est plus seul maître à bord. Il quittera l'entreprise en 1978, après avoir obtenu de Renault la promesse de conserver les emplois à Dieppe pendant 15 ans. C’est l’année où Alpine est associé à la victoire Renault des 24 heures du Mans.
Les Modèles Emblématiques d'Alpine
- A106: La première Alpine apparaît en 1955. C’est l’A106, construite sur la base de la 4 CV et dotée d’une carrosserie en polyester. Son appellation est une référence à la 4 CV (Type 1060).
- A108: Au salon de Paris de 1957, Jean Rédélé présente un nouveau modèle, le cabriolet A108. Equipée du moteur 850 cm3 de la Dauphine, la voiture doit sa ligne à Michelotti.
- A110: La sortie de la R8, dont le radiateur est situé à l’arrière, contraint Jean Rédélé à modifier la poupe de la berlinette. Ainsi naît l’A110, présentée au salon de Paris de 1962. Avec l'avènement de l’A 110/1600, la marque de Dieppe va connaître son apothéose.
- A310: Présentée au salon de Genève 1971, la voiture apparaît plus spacieuse, mieux équipée et plus confortable. Et dotée d’une tenue de route plus sûre.
- GTA/A610: Succédant à l’A310 en 1985, la GTA confirme la volonté de Renault de s’attaquer à Porsche. Evolution de la GTA sur le plan esthétique, l’A610 s’en démarque du point de vue technique. Lancée en 1991, elle hérite du V6 de trois litres et 250 ch. Elle disparaîtra en 1995 avec la marque Alpine.
La GT4 : Un Modèle à Part
Depuis le lancement du coupé A106, Alpine travaille en collaboration étroite avec la carrosserie Chappe et Gessalin. Si l’A110 Berlinette est entièrement produite à Dieppe, c’est en partie dans les ateliers de Chappe et Gessalin que l’A110 GT4 est fabriquée. En fait Chappe et Gessalin s’occupe de la carrosserie en polysester, de la sellerie et de la peinture à Brie Comte Robert, tandis que l’assemblage finale (trains roulants, moteur) se fait à Dieppe.
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Le concept de la GT4 est de pouvoir proposer à une clientèle moins sportive un véhicule plus typé « Grand Tourisme », plus habitable aussi avec 2 vraies places à l’arrière. Malgré une ligne élégante, elle fut totalement éclipsée par la Berlinette « Tour de France », et au total, seuls 263 exemplaires furent produits.
Tableau récapitulatif des moteurs de l'Alpine A110 GT4:
| Moteur | Cylindrée | Puissance |
|---|---|---|
| 956 cm3 | 51 chevaux | Petite |
| V70 | 1108 cm3 | 66 chevaux |
| V100 | 1108 cm3 | 95 chevaux |
| 1300 cm3 | 105 chevaux | Rare (15 exemplaires) |
| 1300S | 115 chevaux | Très rare (3 exemplaires) |
L'Héritage d'Alpine
Avec l'avènement de l’A 110/1600, la marque de Dieppe va connaître son apothéose. La première moitié des années 70 verra l’apogée d’Alpine, qui, en 1971, remportera son premier rallye de Monte-Carlo et le championnat international des marques. En 1973, la firme sera sacrée championne du monde des rallyes.
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