Dans le sud de la France, certaines villes ont un passé automobile plus marqué que Nîmes, mais de grandes courses automobiles s'y sont déroulées. L'Automobile Club Local a tracé le circuit pour son premier Grand Prix dans la préfecture du Gard. Peu d’originalité dans le tracé puisqu’on empruntera un axe large qui permet une certaine sécurité : l’Avenue Jean Jaurès.
Les Débuts de l'Aviation à Nîmes-Courbessac
Le premier vol connu d’avion sur l’aire actuelle de Nîmes Courbessac est un monoplan Henriot piloté par M. responsabilité de l’aviation militaire. Un mois plus tard, au mas Mathieu, l’aviateur Guérin fait lui aussi une tentative qui se solde par un échec.
Les plus lourds que l’air ne laissent pas la population Nîmoise indifférente et de nombreux curieux se rendent sur les lieux. Il faut doubler les tramways et mobiliser toutes les diligences disponibles. Des meetings fêtes et bals sont de grands succès populaires.
Le premier hangar est construit après une collecte sur la voie publique.
Création et Évolution de l'Aéro-Club
Fondateur et Secrétaire Général : M. Marcel CHAIXPrésident : M. Les statuts de l’aéro-club du Gard sont modifiés et déposés en préfecture, le 14 mars 1911 . La parution au J.O.
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Le 19 septembre 1919 l’état Major cède le terrain de Courbessac à la navigation aérienne. Nîmes-Courbessac est un des premiers aéroports de France.
Création d’une 1ere école de pilotage et d’une école des mécaniciens de l’aviation . Sous le patronage de la COMPAGNIE FRANCAISE d’AVIATION (C.F.A.). Les cours sont gratuits mais les élèves doivent souscrire un engagement de 5 ans dans l’Aviation Militaire.Les avions sont des Caudron G3 et des Dorand AR.
1926 - Gaston BOUZANQUET - Président de l’aéro-club :Il obtient du Ministère de la Guerre une concession pour la formation des pilotes pour les besoins du «département de la Guerre ».Une nouvelle école est née : l’Ecole Auxiliaire de pilotage N°19.A la différence de la 1ère école, les élèves suivent une formation militaire.Les avions sont des Nieuport 18 et 23.
Le Ministère de l’Air est créé et la nouvelle Armée de l’Air regroupe ses écoles de mécaniciens sur Rochefort.C’est la fin de l’ECOLE DES MECANICIENS D’AVIATION de l’Aéro-club du GARD.
L’école de pilotage est vendue à la société Morane Saulnier et la plate-forme est alors équipée de MS 191 et MS 230.
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Le Grand Prix de Nîmes : Un Événement Automobile Marquant
Alors que les courses automobiles ont déserté les routes ouvertes et que les premiers autodromes naissent un peu partout, l’évolution des autos de course amène plus d’agilité. Rectiligne, elle est coupée par plusieurs chicanes. Les pilotes font demi-tour au Nord devant les Bains romains et au sud c’est juste avant le chemin de fer que les pilotes remontent.
Comme beaucoup d’événements de l’époque, le Grand Prix de Nîmes 1932 n’est qu’une des courses du week-end du 16 Mai. On trouve en effet trois courses motos. En 175, Bergallo impose sa Terrot, en 250 c’est Sourdot qui gagne sur une Monet-Goyon et en 350 c’est Oilter qui impose une Motosacoche.
C’est ce qui se passe aussi avec les automobiles réunies sur les Trophées de Provence. Les 1.1 litres ont deux courses de 43,5 qui voient les victoires de Chambost (Salmson) et de Scaron (Amilcar C6). Les 1.5 litres font 47 km et c’est une femme, Anne-Cécile Rose-Itier qui mène sa Bugatti Type 37 A à la victoire.
Vient ensuite l’épreuve reine : le Grand Prix Automobile de Nîmes 1932 et ses 203 km ! On compte deux non-partants, 6 abandons et 9 classés. Les Bugatti sont d’ailleurs à la fête puisque seule Étancellin et Dreyfus ont pris le départ sur des autos qui ne viennent pas de Molsheim.
En 1933 le Grand Prix Automobile de Nîmes se déroule plus tard dans l’année, le 4 Juin. Le circuit a été modifié, les concurrents n’allant plus au bout de l’Avenue Jean Jaurès. Contrairement à 1932, il n’y a qu’une seule course « support », les Trophées de Provence. Jacob impose sa Bugatti 35B au terme des 40 Tours et remporte la classe 2 litres.
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Le Grand Prix voit l’engagement de 13 autos, une Bugatti Type 35, 6 Type 51 et 6 Alfa Romeo 8C 2300 ! Cependant 5 ne prennent pas le départ. La première ligne est française avec Étancelin (Alfa), Lehoux (Bugatti) et Moll (Alfa). La dernière ligne est 100% Alfa avec notamment Tazio Nuvolari, Raymond Sommer et Jean-Pierre Wimille ! Au terme des 209,36 km de course, c’est pourtant Nuvolari qui l’emporte devant Étancelin et Moll !
Le Grand Prix de Nîmes va ensuite connaître une énorme pause. L’organisation coûte cher et il faut attendre avant de revoir une grande course sur place. On a abandonné le centre-ville pour se rendre à l’Est, autour de l’Aérodrome de Nîmes-Courbessac avec un tronçon de la Nationale 87. On aurait voulu courir plus tôt mais l’aérodrome ayant servi de poudrière pendant la guerre, il faut d’abord le déminer ! Avec des tribunes et une grande colline, ce sont près de 50.000 personnes qui sont attendus !
Ensuite on passe aux autos. C’est la Coupe Robert Benoist ave une épreuve de 25 tours sur des autos comprises entre 1100 et 2000 cl³. Wimille l’emporte sur une Simca-Gordini T15 devant les Cisitalia de Sommer et Saugé, de Manzon ou de Harry Schell. Le plateau du Grand Prix de Nîmes 1947 fier allure. La course est animée et les abandons sont nombreux 14 sur les 26 voitures au départ ! C’est Viloresi qui l’emporte au terme des 70 tours couverts en 3h39 !
Le Grand Prix de Nîmes va encore connaître une grosse pause. On ne le retrouve qu’en 1954 et pour le coup on a aucune info sur le tracé. On sait juste qu’il fait 2.83 km et que le 11 Avril 1954, Jacques Jonneret impose sa Jaguar Type C devant Veuillet sur une Porsche 1500 et Bazol sur une D.B.
De nos jours, l’avenue Jean Jaurès est parfaitement accessible. La piste de l’Aérodrome est plus difficile.
Le Grand Prix de 1947 : Un Moment Phare
Le dimanche 1er juin 1947, la ville de Nîmes accueillait pour la troisième fois de son histoire un grand prix automobile. En tout début d’après-midi du dimanche 1er juin 1947, le ciel est dégagé sur Nîmes. Il fait bon et la foule afflue du côté de l’aérodrome de Courbessac qui se situe, à cette époque-là, loin du cœur de ville. À vélo, en bus et pour certains en voiture, les spectateurs se dirigent vers ce lieu bien connu des Nîmois où l’Automobile club du Gard a choisi d’organiser un Grand prix automobile.
Quelques heures auparavant, avait eu lieu sur ce même circuit la deuxième Coupe Robert Benoist en hommage au pilote français entré en résistance pendant la Seconde guerre mondiale et exécuté au camp de Buchenwald en septembre 1944.
En ce printemps 1947, c’est le troisième Grand prix automobile qui est organisé dans la capitale gardoise. Les deux premiers ont eu lieu en1932 et 1933 sur le tracé de l’avenue Jean-Jaurès, en centre-ville. Mais l’organisation d’un tel événement coûtant très cher et les années de guerre ayant meurtri le pays il aura fallu attendre quatorze ans pour revoir une course automobile de cette envergure se dérouler sur le sol nîmois.
Pas moins de 26 voitures, dont plusieurs Maserati 4CL, des Delage D6.70, des Talbot 150 ou encore des Delahaye 135, sont alignées au départ sur un circuit rapide et dangereux large de sept mètres comportant tout de même une voie de sécurité et dix-sept postes de commissaires. La distance de course est de 360 kilomètres.
Dès le départ donné à 17 h pétantes, c’est le monégasque Louis Chiron et sa Talbot Lago T26 qui prennent la tête de la course. Mais au bout de deux tours, ils sont rattrapés par le pilote italien Luigi Villoresi au volant de sa Maserati 4CL. Lors des essais, le Milanais avait réalisé le meilleur chrono devant Chiron, qui courait pour l’Écurie France, et Raymond Sommer qui se tuera trois ans plus tard lors du Grand Prix de Cadours.
La bataille entre le Vieux renard et Villoresi sera intense tout au long de la course avant que ce dernier ne s’impose exténué après plus de 3 h 39 minutes de course terminée sous les lumières artificielles de l’aérodrome.
Cependant, une ultime course sera organisée en 1954, le 11 avril exactement, sur une piste longue de 2,8 km. C’est Jacques Jonneret qui s’impose une Jaguar Type C devant Veuillet sur une Porsche 1 500.
Maurice Trintignant : Un Pilote Gardois de Renom
Quand il prend le départ du Grand prix automobile de Nîmes, Maurice Trintignant est âgé de trente ans. Sa carrière de coureur automobile a débuté neuf ans plus tôt lors du Grand prix de Pau.
Ce jour-là, il est au volant d’une Bugatti Type 51 de 2,3 litres de cylindrée, le modèle même - dont le châssis a été modifié - sur lequel son frère aîné Louis a trouvé la mort en 1933 lors des essais du Grand Prix de Picardie à Péronne. Cette même année, 1938, il décroche sa première victoire lors du Grand prix des frontières à Chimay en Belgique.
Mais avec la seconde guerre mondiale qui éclate, c’est contraint et forcé que Maurice Trintignant doit interrompre sa carrière naissante. Il revient dans la course en septembre 1945 avec la Coupe des Prisonniers qui se déroule au bois de Boulogne.
En 1948, il est victime d’un très grave accident sur le circuit de Berne.
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