En retard sur l’électrification de sa gamme, le groupe FCA a choisi l’iconique 500 pour lancer son offensive électrique. Loin de vouloir faire acte de présence, la marque italienne a décidé de partir d’une feuille blanche en offrant un virage 100 % électrique à sa citadine. L’architecture de cette nouvelle Fiat 500 est donc inédite et surtout conçue pour l’électrique.
Design et Dimensions
Par rapport à sa devancière, cette troisième génération est à la fois plus longue (3,63 m), plus haute (1,53 m) et plus large (1,75 m). Trois carrosseries forment le catalogue, avec la 3 portes « Berline », la 2 portes à toit coulissant « Cabriolet » et la 4 portes « 3+1 ». Cette dernière inédite apporte une seconde porte à droit, côté passager, facilitant l’accès à bord grâce à l’ouverture antagoniste.
Intérieur et Habitabilité
À l’intérieur, on profite d’un grand écran tactile compatible avec Apple CarPlay et Android Auto. 100 % numérique, l’instrumentation se révèle assez complète, les commandes au volant permettant de naviguer entre les différents menus. A l’avant, la sensation d’espace est bien présente avec l’absence de console centrale. La place à l’arrière est logiquement comptée et les plus grands taperont la tête contre le ciel de toit. Mais peut-on en demander plus à une voiture de ce gabarit ? Non. En tout cas, c’est là qu’on appréciera la porte arrière très pratique.
En matière d’habitabilité, la Fiat 500 est une stricte 4 places. Offrant suffisamment d’espace aux coudes, mais peu pour les jambes, les deux places arrière sont à réserver aux enfants ou aux petits adultes. Le coffre annonce un volume de 185 l selon le constructeur. C’est suffisant pour le quotidien, mais étriqué pour y loger un objet de la taille d’une trottinette électrique.
Motorisation et Batterie
La batterie alimente une seule machine électrique installée à l’avant d’une puissance de 118 ch (87 kW) pour 220 Nm de couple. La citadine promet 118 ch (87 kW) dans cette configuration. Avec votre serviteur à bord, gourmand et pas sportif, la masse totale grimpe à 1 415 kg, pour un rapport poids/puissance de 12 kg/ch. C’est presque autant qu’une Renault Zoé R135.
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Si la batterie représente près de 22 % du poids total (294 kg), la voiture est relativement légère avec une masse de 1 325 à vide. La Fiat 500e dispose d’un peu plus de puissance qu’annoncé au moment de presser l’accélérateur depuis l’arrêt : à 80 % de batterie, elle peut envoyer jusqu’à 102 kW de puissance au moteur avant, soit près de 138 ch en pic.
Si la nouvelle 500 électrique se décline aussi avec une petite batterie de 27 kWh, c’est le gros pack de 42 kWh, dont 37,3 utiles, que nous avons pu prendre en main pour ce premier essai. Baptisée « batterie urbaine », la première présente une autonomie équivalente à celle d’une Renault Twingo e-Tech.
La batterie lithium-ion de la 500e affiche une capacité de 42 kWh (37,3 utiles), une des plus grandes de sa catégorie. Elle se compose de 98 cellules à une tension de 400V, et pèse 294,3 kg. Une seconde batterie de plus petite capacité, de 23,8 kWh, permet un tarif plus accessible à la gamme de l’Italienne.
Performances
Elle embarque un moteur de 87 kW (118 ch) dont le couple maximal est de 220 Nm, et se combine uniquement avec la grande batterie 42 kWh. La citadine y est dynamique, puisqu’elle abat le 0 à 100 km/h en 9 secondes et le 0 à 50 km/h en 3,1 secondes. La vitesse maximale est bridée à 150 km/h.
Au volant, l’Italienne se révèle plus vive que la Twingo ZE. Bridée à 150 km/h, elle assure le 0 à 100 km/h en 9 secondes là où sa concurrente au losange, limitée à 135 km/h, réalise le même exercice en 12,9 secondes.
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En reprises pures, elle est capable de tomber le 80-120 km/h en 7,26 s à 80 % de charge, en ingurgitant alors 132 ch (97 kW) en pic. Mieux encore, la puissance disponible est particulièrement stable tout au long de la charge avec 95 kW toujours disponibles à 20 % de charge, allongeant l’exercice à 7,38 s.
Modes de Conduite
Il est possible de rouler via 3 modes de conduites : Sherpa, Range et Normal. Le mode Sherpa privilégie la performance tandis que le Range s’assimile à un mode Eco. Venant brider les performances à l’accélération, celui-ci renforce également l’effet du frein moteur. Bien marqué, le dispositif ralentit la voiture jusqu’à l’arrêt.
Le premier semble être un mode d’urgence, il limite au maximum les performances de la 500e pour préserver l’autonomie. La vitesse est alors plafonnée à 80 km/h, les accélérations plus lentes, la climatisation et les sièges chauffants sont automatiquement coupés, même s’ils restent réactivables par le conducteur. En intégrant un système de conduite à une pédale, il incite à adopter une conduite plus calme.
Autonomie et Consommation
En cycle WLTP, son autonomie est chiffrée à 312 km. C’est 8 km de moins que l’entrée de gamme en 15’’ qui promet jusqu’à 320 km. Dans la réalité, il faudra plutôt tabler sur 200 à 250 km selon le type de conduite. En consommation, nous avons réalisé une moyenne de 16,4 kWh/100 km.
Petites et légères, ces craquantes citadines électriques peuvent promettre des consommations maîtrisées. Mais comme ses concurrentes, la Fiat 500e n’est pas tout à fait le modèle d’efficience espéré, notamment dans cette configuration haut de gamme. Ainsi, au terme de notre parcours mixte, la 500e a présenté une moyenne finale de 16,8 kWh/100 km, soit 222 km d’autonomie totale théorique. Dans le détail, c’est en ville qu’elle se montre la plus sobre avec une moyenne de 13,6 kWh/100 km. Cela équivaut à une autonomie totale de 274 km.
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Voulue plus polyvalente mais toujours pensée pour un usage en ville, la Fiat 500e n’est clairement pas à son aise sur autoroute, où sa consommation grimpe très vite. Il ne fait aucun doute que sa machine électrique n’affiche pas un rendement optimal à haute vitesse, où son petit gabarit a aussi une incidence sur les performances aérodynamiques.
Avec sa batterie de 37,3 kWh et des consommations assez élevées dans l’absolu, la citadine italienne affiche un rayon d’action limité. Et c’est surtout le cas sur les voies rapides et autoroutes, où sa polyvalence est considérablement réduite. Aussi, ces valeurs pourront être bien plus basses en hiver, avec un chauffage par résistance très énergivore et qui pèse lourd sur la réserve disponible : conduite à d’autres moment avec des températures proches de 5 °C, il a été presque impossible de passer sous la barre des 2/3 kW de puissance avec un habitacle pourtant à température !
Cependant, ses consommations se sont montrées très élevées et très éloignées de ce que promet la valeur d’homologation WLTP. Et c’est surtout le cas sur autoroute, où sa batterie de 42 kWh voulant lui offrir plus de polyvalence peu se montrer juste. Sur un long trajet, nous avons mesuré une consommation de 22,6 kW/100 km, soit 165 km d’autonomie dans ces conditions.
Consommation et Autonomie sur Autoroute
Au terme d’un long trajet de 500 km exclusivement autoroutier, la citadine a affiché une moyenne de 165 km, soit 116 km sur un plein utile. Dans le détail, nous lui avons mesuré une moyenne de 19,0 kWh/100 km à une vitesse fixe de 110 km/h, soit 196 km d’autonomie. A 130 km/h, la valeur est grimpée à 23,4 kWh/100 km, soit 159 km d’autonomie.
En posant ses roues de 17 pouces sur l’autoroute à la limite des vitesses autorisées, il ne faudra donc pas envisager plus de 160 km d’autonomie en moyenne.
Tableau des Consommations
| Type de Route | Consommation (kWh/100km) | Autonomie Totale (km) |
|---|---|---|
| Ville | 13.6 | 274 |
| Autoroute (110 km/h) | 19.0 | 196 |
| Autoroute (130 km/h) | 23.4 | 159 |
| Mixte | 16.8 | 222 |
Recharge
Côté recharge, la petite Italienne se révèle plutôt polyvalente. Configuré en 11 kW, le chargeur triphasé embarqué autorise une recharge complète en 4 heures environ. La Fiat 500e embarque un connecteur Combo CCS situé sur l’aile arrière droite. Celui-ci autorise une recharge rapide en courant continu jusqu’à une puissance de 85 kW (50 kW en batterie 23,8 kWh). Le véhicule peut également charger en courant alternatif jusqu’à 11 kW, ce chargeur étant de série. Sur une prise classique domestique, il faut compter environ 15h15 pour un plein.
Avec une puissance en pic de 85 kW, la citadine électrique ne laisse pas imaginer des exercices de recharge rapides. Dès le lancement, la 500e encaisse le maximum de sa puissance, avec un pic qu’elle conserve de 15 à 25 % de charge. Elle descend ensuite lentement en formant un escalier avec plusieurs marches distinctes, pour atteindre une valeur de 43 kW à 80 %. C’est deux fois moins que le pic observé, ce qui est dans la moyenne. Au final, s’il ne faut que 24 minutes pour passer de 10 à 80 % de charge (27 min jusqu’à 85 %), il faudra patienter 11 minutes de plus pour toucher les 90 %, puis 28 minutes supplémentaires pour faire le plein complet. Au total, le plein complet immobilisera le véhicule pendant 63 minutes.
Les bornes ont délivré en moyenne 27,2 kWh entre 10 et 80 % de charge. De petites quantités, qui ne font pas exploser le prix du plein, alors que la puissance de recharge est toujours correcte lorsque la facturation à la minute est appliquée. Si elle recharge aussi vite que des citadines plus grosses, ou même qu’un Kia Niro EV (!), la Fiat 500e doit toutefois s’arrêter plus souvent en raison d’un rayon d’action bien plus mesuré.
Comportement Routier
Bien équilibrée dans les virages, la Fiat 500 électrique profite d’une direction à la fois légère et réactive. Conçue pour la ville, la nouvelle 500 électrique est aussi à l’aise sur autoroute. Les 118 chevaux de son moteur électrique lui permettent de s’insérer facilement dans les voies de circulation.
Avec son empattement allongé et son centre de gravité abaissé, la 500e fait preuve d’un très bon comportement routier. Elle peu largement prétendre au qualificatif de kart, jusqu’alors la caractéristique de la Mini Cooper SE. Les Continental EcoContact6 montés ici ne sont pas des modèles d’adhérence à la limite, mais la tenue de cap ne souffre d’aucune critique, tout comme le dosage de la pédale de frein à la consistance plutôt naturelle.
Aides à la Conduite
La Fiat 500e électrique embarque également une technologie de conduite autonome de niveau 2. Il s’agit simplement d’une aide au maintien dans la voie associée à un régulateur de vitesse adaptatif.
A condition que les routes soient parfaitement sèches car les moindres dépôts d’eau sur les capteurs désactivent temporairement les fées électroniques. C’est le cas lorsqu’il pleut, mais aussi lorsque l’on double des camions sur des routes trempées après les précipitations.
Prix et Versions Spéciales
En matière de tarifs, la Fiat 500 électrique commence dès 24 500 € hors bonus, mais il faudra se contenter de la petite batterie. À 27 kWh, celle-ci ne propose que 185 km d’autonomie.
Côté tarif, la Fiat 500e fait moins sourire. Cette version 3+1 avec la batterie de 42 kWh est affichée à partir de 35 400 €. La finition La Prima grimpe à 41 400 € (40 400 € en ligne).
Fiat lance une série spéciale haut de gamme de la 500, la Giorgio Armani Collector’s Edition. Cette version très exclusive profite d’abord de deux teintes inédites, Greige céramique (nuance inventée par Giorgio Armani) et vert foncé. Il y a des jantes créées spécialement, avec en gros le logo « GA ». L’équipement est généreux, puisqu’on a en série le toit en verre ou le système audio JBL. Mais tout cela a un coût. Accrochez-vous, le tarif est de 41.500 € ! Soit davantage qu’une Tesla Model 3, dont la version Propulsion est affichée en ce moment à 39.990 € !
Difficultés de Vente et Promotions
Après de très bons débuts en 2020, la Fiat 500 électrique a vu ses ventes s’effondrer. Principal défaut de l’auto : dans un marché de plus en plus concurrentiel, ses tarifs sont trop élevés. La gamme débute à 30.400 €, un prix qui ne passe plus vraiment pour une petite citadine 3 portes qui annonce 190 km d’autonomie !
Stellantis a interrompu la production de la Fiat 500 électrique pour au moins 4 semaines à cause de la faiblesse de la demande. La production de la petite citadine électrique a été stoppée à compter du 13 septembre, et cela pour 4 semaines. Le constructeur automobile précise qu’il « travaille dur pour gérer au mieux cette phase difficile de transition ».
Grâce à une grosse promo et au bonus écologique CEE, la petite Fiat électrique est enfin affichée à un prix raisonnable ! Fiat réagit enfin pour rendre la 500e plus intéressante à l’achat. La marque met en place une gamme revue. Exit la Red, il y a une nouvelle finition de base Pop, qui fait descendre le prix de départ à 28 900 €. Toutefois l’équipement est moins généreux, car il n’y a plus l’écran tactile 10,25 pouces ! Il faut se contenter d’un support pour smartphone.
La version de base est ainsi à 23.900 €, ce qui fera déjà davantage réfléchir. La voiture profite aussi du nouveau bonus version CEE, ce qui permet d’avoir jusqu’à 4.242 € d’aide à l’achat. Donc la version de base passe ainsi sous la barre des 20 000 €, avec 19 658 €.
Positionnement sur le Marché
Vis-à-vis de la concurrence, cette petite 500 électrique trouve sa place sur le marché des microcitadines où elle s’intercale entre la Twingo électrique, moins chère (21 500 €) mais aussi moins performante, et la Mini Cooper SE, plus sportive avec un tarif de base à 37 600 €.
La Fiat 500e forme avec la Mini Cooper SE et la Honda E le trio de citadines électriques aux dimensions diamétralement opposées à leur capital sympathie. Avec leur regard globuleux et leurs formes amicales, elles aimantent les rétines en ville, ou dans les concessions quand vient le moment de signer.
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