Passionné d’automobile ancienne et féru de patrimoine industriel, l'histoire de Renault à Boulogne-Billancourt est particulièrement captivante. La région parisienne fut l’un des terreaux les plus fertiles de l’automobile, et c’est du côté de Boulogne-Billancourt que l'on peut observer ce qu'il y reste de Renault.
Les Débuts de Renault à Boulogne-Billancourt
C’est dans un petit cabanon situé sur le terrain de la résidence secondaire de ses parents à Boulogne-Billancourt que Louis Renault crée sa première automobile en 1898, la Renault Type A. Quelques essais plus tard, Louis Renault prouve le bien-fondé de ses inventions, et l’aventure industrielle démarre.
L’activité démarre fortement : de 179 véhicules en 1900, Renault en commercialise 1 779 en 1905, puis 5 100 en 1910. Pour soutenir cette activité, les ateliers Renault deviennent petit à petit un important complexe industriel, passant de 4 680 m² en 1900 à 143 600 m² avant la Première Guerre mondiale.
L'Expansion Pendant la Première Guerre Mondiale
Au cours de la Première Guerre mondiale, Renault est l’un des principaux entrepreneurs à participer à l’effort de guerre. Pour soutenir cet effort, on autorise Renault à acquérir de nouveaux terrains à Boulogne-Billancourt. En quatre ans, la superficie des terrains de Renault est triplée, et affiche en 1918, 365 000 m².
A la fin du premier conflit mondial, l’ensemble des surfaces bâties représentent 339 000 m²; mais ce complexe industriel reste encore hasardeux quant à sa structure. En effet, bien loin d’une usine organisée, les usines Renault étaient alors un enchevêtrement d’ateliers construits les uns à côté des autres au fur et à mesure des besoins, parfois construits à la va-vite pendant la guerre.
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Réorganiser son usine paraitrait évident pour résister face aux constructeurs américains déjà convertis au taylorisme, mais Louis Renault préfère attendre que le marché français se stabilise avant d’investir.
L'Île Seguin et l'Extension Industrielle
Mais même avec plus de 300 000 m² au sein du trapèze, Louis Renault se sent à l’étroit et cherche à s’agrandir. Cependant, du côté de Boulogne-Billancourt, les riverains de l’usine ne souhaitent plus voir Renault grappiller la ville, et le prix au m² a tellement bondi du fait de la frénésie d’achat qu’il est désormais moins intéressant de s’agrandir côté centre-ville.
Problème, quatre propriétaires se partagent l’île, et haute de 2,5 mètres par rapport au niveau normal de la Seine, l’île Seguin est sujette aux crues. En Juin 1919, Louis Renault achète deux terrains sur l’île, loue le troisième lot avec une clause de rachat au terme du contrat de location, ce qui lui permet d’avoir le contrôle sur la quasi-totalité de l’ile.
Si dans un premier temps l’ile est utilisée pour accueillir des jardins pour les ouvriers Renault, l’idée d’y bâtir une usine prend le pas rapidement. Dès 1922 est décidé de surélever l’ile de quelques mètres pour la mettre à l’abris d’éventuelles crues, et de construire par endroit des murs en béton afin d’éviter l’érosion.
Si les travaux sont acceptés, le service de navigation de la seine demande à ce que la pointe amont de l’île soit rabotée afin de faciliter la navigation fluviale. Et déjà, une fois l’île surélevée, une centrale électrique est construite sur la pointe avale de l’île Seguin, elle fut inaugurée en 1927.
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De l’autre côté de l’Ile Seguin, côté Meudon, Louis Renault achète quelques terrains à partir de 1926, pour atteindre 30 000 m² en 1929. Le projet d’établir une usine sur l’île suit son court, dès 1928 les premiers plans sont effectués, les chantiers débutent en 1929 par la création d’une plate forme pour y construire les ateliers, puis les bâtiments y sont établis. L’usine, ultramoderne, est inaugurée en 1934.
Le Bâtiment X : Un Siège Social Emblématique
Place Jules Guesde, on se situe dans le prolongement de la Rue du Point du Jour, qui autrefois se continuait sur le site du trapèze. Et c’est à quelques encablures de ce lieu, au 139 rue du point du jour que le premier siège social de Renault fut installé, en 1899, lors de la fondation de la société. Aujourd’hui, cette entrée existe encore, soin a été prit de la conserver lors de la démolition du trapèze.
Enfin, nous arrivons au niveau du Bâtiment X, l’un des deux seuls vestiges encoure debout à l’heure actuelle. Ce bâtiment a accueilli le siège social de Renault de 1922 à 1975, un édifice en briques dans le style très années 1920, entouré d’un terrain arboré sur lequel a été conservé l’atelier de Louis Renault, celui-là même où il a réalisé sa première voiture.
A l’issue de la Première Guerre mondiale à laquelle il a grandement participé, Renault est devenu un groupe automobile riche et puissant. La paix revenue, il lui faut un siège à sa mesure. Propriété de Mme Renault en 1912 . Il bâtit, en 1919, ce long bâtiment de 80 mètres auquel on donne le nom de bâtiment « X », suivant son habitude de nommer ses bâtiments par une lettre de l’alphabet.
Le bâtiment X vers 1932. On laisse les arbres sur l’autre moitié de la parcelle pour constituer un jardin d’honneur. On y adjoint un ouvrage évoquant les deux montants d’un portail. Ce portail de ferronnerie surprenant, baptisé « grille du coq », figure deux têtes de coqs tenant chacun un lampadaire dans le bec.
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On rebaptise le bâtiment « X » en « bâtiment Dreyfus », d’après Pierre Dreyfus qui en a été le PDG de la régie entre 1955 et 1975. C’est dans ces locaux que les grandes décisions industrielles sont prises. Il connait également bien des bras de fer entre représentants syndicaux et patronaux, dans les années chaudes du front populaire. En 1968, à l’époque où Billancourt est à la pointe de la contestation sociale en France, c’est dans ce bâtiment que s’échafaudent les décisions.
Puis, en 1975, le siège est transféré ailleurs. L’immeuble reste toujours la propriété de Renault. Il constitue le plus grand vestige de l’usine de Billancourt aujourd’hui. Il n’y a plus que l’enveloppe extérieure et les deux entrées qui soient encore d’époque. L’intérieur a été entièrement rénové en 2019 par SAA Architectes dans un style moderne et épuré. Sur 3500 mètres carrés, il abrite des bureaux, salles de réunions et un business center. Intérieur du bâtiment Dreyfus projet 2019. Le projet en 2019.
Dans le jardin on peut encore trouver la cabane dans laquelle Louis Renault a construit sa toute première voiturette (voir notre article). La cabane de Louis Renault, dans le jardin. Le bâtiment Dreyfus, son jardin et une de ses deux portes d’accès, en 2019.
Vous avez remarqué que le bâtiment n’est pas aligné sur les rues environnantes ? Il l’était à l’époque : le bâtiment bordait à l’est la rue Gabrielle et à l’ouest, l’avenue du Cours. Ces rues ont aujourd’hui disparu (vous pourrez les retrouver sur ce plan de 1909). Le bâtiment Dreyfus et le parc de Billancourt en 2020.
Une dernière chose, messieurs de chez Renault : quand comptez-vous retirer ces palissades et intégrer ce bâtiment dans la perspective du parc ? La restructuration du Bâtiment Dreyfus de Renault a pour but d’aménager un des premiers bâtiments historiques édifié par Louis Renault sur le site du Trapèze à Boulogne. C’est sur ce site que Louis Renault à mis au point sa voiturette à la fin du XIXème siècle.
L’objectif est d’ancrer le groupe dans son histoire tout en sculptant ses ambitions d’avenir. Héritage d’une riche histoire industrielle, le bâtiment de 1922 conserve son enveloppe extérieure d’origine mais laisse place dans son intérieur à une esthétique épurée, inspirée des lignes graphiques du bâtiment au service d’une ergonomie contemporaine adaptée aux modes de travail d’aujourd’hui.
Le rez-de-chaussée accueille d’un côté tous les espaces communs des bureaux qui comprennent des salles de réunions et des salons ; de l’autre, un business center comportant d’autres salles de réunion organisées autour d’un espace multifonctionnel. Le premier étage est composé de bureaux, comprenant un à deux postes de travail, s’organisant autour d’une circulation généreuse.
Les espaces de circulation à l’étage ou l’espace multifonctionnel à rez-de-chaussée sont conçus comme des lieux collaboratifs et studieux qui peuvent accueillir différents usages selon les jours ou les moments d’une même journée.
Pour beaucoup d’entre nous c’est « le grand bâtiment Renault au bout du parc de Billancourt ». Vous savez, l’immeuble en briques beige, entouré depuis des années par cette palissade moche. Il a un nom : c’est le bâtiment Pierre-Dreyfus et il a été le siège de Renault durant 50 ans. Il est peut-être temps d’en dire deux mots.
Il bâtit, en 1919, ce long bâtiment de 80 mètres auquel on donne le nom de bâtiment « X », suivant son habitude de nommer ses bâtiments par une lettre de l’alphabet. Invisible aux yeux des promeneurs et des automobilistes car encerclé par le chantier de construction du nouveau quartier Rives-de-Seine, le bâtiment Pierre-Dreyfus regroupe des salariés des services financiers.
Une fois le parc de Billancourt terminé, il se situera au bout de la coulée verte. Square Com, le complexe dédié au service communication du groupe, lui fera face à l'autre extrémité. Le public pourra ainsi découvrir au pied de l'ancien siège (de 1922 à 1975) : une petite maison ordinaire, presque une cabane, et pourtant un monument d'histoire, le premier atelier de Louis Renault.
Par les fenêtres, on aperçoit les outils impeccablement rangés du génial inventeur du système de la prise directe (NDLR : rapport de changement de vitesse) . « Louis Renault a fait reconstruire à l'identique cette maisonnette localisée initialement à quelques mètres de là, dans le jardin de la propriété familiale », rappelle Hélène Galzin. Un char qui date de la Première Guerre mondiale trône également à proximité. Moins célèbre que l'île Seguin voisine sur laquelle aucun vestige ne subsiste, la bâtisse du Trapèze toujours debout a abrité les bureaux des premiers patrons de l'ancienne Régie.
Tableau récapitulatif des dates clés de l'histoire du Bâtiment X Renault
| Date | Événement |
|---|---|
| 1898 | Création de la première automobile Renault par Louis Renault. |
| 1919 | Construction du bâtiment X, futur siège social de Renault. |
| 1922 | Le bâtiment X devient le siège social de Renault. |
| 1922-1975 | Fonctionnement du bâtiment X comme siège social de Renault. |
| 1975 | Transfert du siège social de Renault. |
| 2019 | Rénovation intérieure du bâtiment Dreyfus par SAA Architectes. |
La Fermeture et la Mutation du Site
Pour voir de nouveaux grands mouvements dans l’enceinte Renault, il faudra attendre la fin des années 1970. La règlementation sur les usines en milieu urbain évoluant, Renault est contraint de moderniser son usine. Mais sur le trapèze, les bâtiments sont vétustes, un projet de reconstruction total du trapèze est présenté en 1980, seuls les bâtiments historiques de Renault seraient conservés.
Ce projet, nommé « Renault 2000 » ne sera pas mis en place : les dirigeants de Renault savent que l’usine de Boulogne-Billancourt pèse de moins en moins lourds dans la production de l’entreprise, et c’est une modernisation au rabais qui est effectuée. Les années 1980 sont également marquées par la crise que Renault subi, la firme voit son avenir compromis et des actifs sont vendus pour dégager des liquidités.
Une fois Renault sorti d’affaire, il apparait que l’usine de Boulogne-Billancourt n’est plus adaptée à la production automobile par rapport à la concurrence, la décision de la fermeture intervient en 1989. Tout de Renault n’a cependant pas été rasé, car l’histoire de Boulogne Billancourt restera marquée par la présence de Renault, tout comme Renault est intimement lié à cette ville, et y conserve aujourd’hui encore son siège social.
Les Vestiges de Renault sur le Trapèze
Tout raser de Renault n’était pas possible pour des raisons sociales, c’est ici, au sein des usines Renault, que les mouvements sociaux ont été les plus marqués, c’est ici, grâce au combat d’ouvriers, que des acquits sociaux ont été gagnés pour des générations de salariés. Enfin, tout raser n’était pas possible non plus du fait de circonstances historiques, c’est au sein des usines Renault que l’effort de guerre de 14-18 a été l’un des plus fort, c’est ici qu’est né le tank moderne avec le Renault FT17, ou encore la voiture populaire avec la 4CV.
Allons donc arpenter un peu le site qui était, il y a encore quelques décennies, le « Trapèze ». Ici, c’est un lieu chargé d’histoire. D’un côté, des immeubles flambants neufs formant une zone résidentielle résolument moderne, de l’autre, un immense chantier avec ses grues, ses tractopelles … le nom des rues peut parfois évoquer la présence de Renault, comme la Rue Pierre Lefaucheux, ou encore la rue Marcel Bontemps, résistant employé chez Renault.
Aujourd’hui, ce bâtiment appartient toujours à Renault et accueille le service financier du constructeur. Avant d’aller vers le prochain vestige de Renault sur le trapèze, il me faut faire un peu de marche afin de contourner les divers chantiers de cette zone. Enfin, après de longues minutes, j’arrive en bord de Seine, afin d’aller vers le « mur de l’artillerie », qui à mon avis est le plus beau vestige de Renault sur le trapèze.
Hélas, est présent sur le mur un « permis de démolition », j’apprendrais plus tard que le mur doit être prochainement démonté et stocké pièce par pièce, avant de trouver un lieu où il sera remonté. Mais sera-t-il remonté un jour ? Et de toute façon, ce ne sera pas à l’endroit historique ou ce mur a été bâti.
En face du mur de l’artillerie, se dessine l’ile Seguin dont il ne reste plus grand-chose de la pointe amont. Rendre le côté naturel de l’ile, l’intention est louable, mais conserver cette devanture aurait été intéressant sur la plan historique. Suivons un peu le cours de la Seine, on rattrape un morceau de la base de l’usine à proximité du pont Daydé, mais avec la présence des pelleteuses autour, on peut craindre que ces vestiges ne fassent pas long feu.
On aperçoit également l’ancienne piste d’essai de l’ile Seguin, laquelle se situait sous l’usine. Combien de 4CV, de R4 ont réalisé leurs premiers tours de roues sur cette piste ? Cette piste avait été crée en 1934 et n’avait été que peu modifiée jusqu’en 1992, une grande partie de celle-ci était constituée de mauvais pavés.
L'Héritage Architectural et la Restructuration du Bâtiment 57 Metal
Enfin, pour être complet sur les vestiges de la présence de Renault à Boulogne Billancourt, il reste à évoquer le Bâtiment « 57 Metal » situé au pied du nouveau pont. Malheureusement, avec le temps qui commençait à me manquer, je n’ai pas pris de photo de ce bâtiment, en me disant qu’étant récent, et n’ayant pas été démoli lors de la destruction du trapèze, que le 57 Metal avait de beaux jours devant lui.
Plus de 20 ans après la fermeture du complexe industriel de Renault à Boulogne Billancourt, la mutation de ce quartier n’est pas encore terminée. Il aura fallu attendre plus de 10 ans pour que les installations de Renault soient réduite à poussière, et encore quelques années de plus pour voir les premiers projets sortir de terre.
Metal 57 rassemble des volontés qui visent à protéger, à révéler et à conserver le patrimoine architectural du XXème siècle. L’opération a consisté en effet en la restructuration et l’extension du bâtiment originel 57 Métal, une ancienne usine Renault située sur les Rives de Seine à Boulogne-Billancourt et conçue par Claude Vasconi en 1984. Cette ambition a fait naître un nouvel objet qui illustre ce que sera l’immeuble de bureaux du XXIème siècle.
Unique vestige d’un grand projet d’urbanisme à Boulogne-Billancourt, l’ancien bâtiment industriel 57 Metal a connu une profonde mutation. Mais au cœur de cette reconversion résolument tertiaire et spectaculaire, l’architecture demeure. Pour ce faire, la structure du bâtiment historique a été conservée pour respecter l’épure et l’âme architecturale insufflée par Claude Vasconi.
Le volume existant présentait également une silhouette mythique, reconnaissable en grande partie grâce à sa coiffe ornée d’une succession de sheds longeant la Seine, ces toitures en dents de scie caractéristiques des usines. Éléments emblématiques du design de Claude Vasconi, ces sheds ont été bien évidemment conservés et recouverts en couche finale de zinc noir, préservant ainsi les matériaux d’origine, et donc l’identité du bâtiment industriel de l’époque.
Pour ce bâtiment neuf de 8 étages qui marque la tertiarisation du projet, le mode constructif associe des noyaux béton et un squelette poteaux-poutres métallique. Sur l'intégralité des plateaux de bureaux, les réseaux et équipements techniques sont apparentes au plafond. En façade, les blocs en aluminium brossé accueillent de larges portes fenêtres, dont une sur deux s'ouvre pour favoriser la ventilation naturelle.
Ce mariage entre verre et métal se retrouve jusqu'aux deux patios qui percent le bâtiment, et dont les allèges en inox, favorisent la réflexion de la lumière naturelle dans les étages inférieurs. Imbriquée dans le bâtiment historique, l’extension moderne révèle par contraste la silhouette du volume historique et constitue la porte d’entrée du bâtiment vers le Parc du Trapèze.
Metal 57 résulte ainsi du dialogue entre deux architectures, deux époques et deux géométries qui affirment leur propre logique, tout en fonctionnant les unes par rapport aux autres. L’épuisement des ressources naturelles, la croissance démographique mondiale et la nécessité de protéger l’environnement imposent de repenser nos modes de consommation.
Les secteurs de la construction et de l’immobilier sont pleinement concernés par cet enjeu et ont un rôle majeur à y jouer. Chez BNP Paribas Real Estate, il nous tenait à cœur de promouvoir à travers notre nouveau siège social Metal 57 l’utilisation de différentes techniques de construction afin de récupérer, réutiliser ou recycler de façon efficiente et responsable.
De même, plusieurs éléments architecturaux du bâtiment originel de Claude Vasconi de 1984 ont été conservés ou actualisés. Les briques issues de l’ancien bâtiment Renault ont été récupérées pour être réutilisées dans la rue intérieure. Par ailleurs, des faux planchers de réemploi issus d’une filière locale ont été déployés et les murs des plateaux de bureaux ont été recouverts d’une peinture biosourcée à base d’algues.
La Préservation du Patrimoine et les Défis Futurs
Le trapèze est ne ressemble plus qu'à une friche lisse, balayée par le vent. Pourtant, un édifice en brique, austère mais néanmoins élégant, n'est pas venu grossir les tas de gravats dus à la destruction des usines Renault. Le bâtiment Pierre-Dreyfus, anciennement connu sous le nom de bâtiment X, symbolise à la fois le passé et l'avenir de la marque au losange. Il n'est pas classé, mais la direction de Renault l'a naturellement préservé car il constitue le berceau du groupe.
« L'histoire se trouve au cœur des valeurs actuelles de l'entreprise, confie Hélène Galzin, chargée de la valorisation du patrimoine historique et culturel chez Renault. Il y a une forte volonté de préserver et de valoriser notre patrimoine. » Les ex-PDG, Raymond Lévy et Louis Schweitzer, possèdent toujours une pièce attitrée dans l'aile nord. Si le majestueux double escalier en marbre attire l'œil quand on pénètre dans le hall baigné de lumière par la verrière, les sous-sols ont longtemps alimenté les légendes.
L’entrée de l’ancien siège du constructeur Renault à Boulogne-Billancourt, le bâtiment Pierre-Dreyfus. Un siècle de vie, mêlé de souffrances, de réussites, et de mouvements sociaux. Boulogne-Billancourt demeure indissociable de Renault. Et le constructeur automobile français reste chevillé au corps de la ville la plus peuplée des Hauts-de-Seine.
Si aujourd’hui les traces de cette histoire initiée dans le fracas de la deuxième Révolution industrielle se perdent, la Région Île-de-France souhaite les inscrire dans les mémoires. Fondés à la fin du 19e siècle, les ateliers de production du constructeur français ont récemment reçu le label "patrimoine d'intérêt régional" par la région Île-de-France. Un grand site de production automobile.
Le jeudi 25 septembre 2025, la commission permanente de la Région a officiellement attribué son label « patrimoine d’intérêt régional » au site Renault de Boulogne-Billancourt, comme elle l’a indiqué dans un communiqué. Cette qualification conférée à des monuments historiques ouvre la voie à des financements et au lancement de chemins pédestres retraçant l’histoire du lieu. Autant d’atouts destinés à susciter l’intérêt des touristes.
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