Découvert au printemps 2022, le coupé Série 2 nous rappelle que les sportives compactes, à taille humaine et relativement accessibles, font aussi partie des spécialités BMW. Et pas forcément avec de gros moteurs pour profiter d'un agrément et de performances de bon niveau.
Un Coupé à la Bonne Taille
Pas trop gros, ni trop compact, équilibré dans ses proportions... Voilà ce qui ressortait de notre premier contact avec la seconde génération du coupé Série 2, dans un premier temps essayée avec l'excellent 6 cylindres en ligne de 374 ch, sur la M240i. Les ingrédients classiques des coupés BMW "de poche" sont là : des voies bien larges, un poste de conduite reculé et un long capot qui se déroule loin devant.
La gamme a depuis été élargie vers le haut avec une M2 qui s'annonce tout à fait brutale. Dans sa configuration la plus élémentaire, le coupé Série 2 débute depuis peu avec une modeste 218i, dotée du très courant 4 cylindres 2 l turbo des 318i, développant "seulement" 156 ch. Trop juste ? Question de point de vue et de priorité : s'il s'agit de profiter d'un coupé chic et élégant, peu encombrant, pourquoi pas. Rappelons qu'à leur époque, les "Neue Klasse", puis les E21 et E30, n'étaient pas ridicules quand elles se contentaient de 4 cylindres.
Une 318is E30, avec 136 ch, faisait fort bien son boulot... Un 4 cylindres dans un coupé BMW n'a donc rien d'une hérésie, n'en déplaise aux puristes. Au moins, BMW a eu le bon goût de ne pas reconduire le 3 cylindres 1,5 l de sa devancière, qui jurait franchement. Lors de notre essai, la 218i n'existait pas encore et l'accès à la Série 2 était assuré par cette 220i de 184 ch. Pas beaucoup plus chère, et avec un peu plus de punch à disposition.
Notons également, même si faire boire du gasoil à un coupé "plaisir" serait un peu dommage, qu'il existe aussi un Diesel 220d (190 ch). Pas la même musique, mais les gros rouleurs apprécieront (autour de 5,5 l/100 km !). Contrairement aux autres modèles estampillés Série 2, notre 220i reste une «vraie » héritière des coupés compacts BMW. Le monospace Active Tourer et la 4 portes Série 2 Gran Coupé étant basés sur la Série 1 devenue traction, ceux-ci ne partagent rien de commun avec la Série 2 Coupé... Celle-ci dérive, comme son nom ne l'indique pas, de la plate-forme des Série 3 et Série 4.
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Intérieur et Premières Impressions
A bord, la partie avant de l'habitacle est donc rigoureusement identique (on retrouve la même planche de bord tirée à quatre épingles). Mais derrière, attention : les places sont assez étriquées pour deux adultes. La Série 2 se vit de préférence à deux. Passé le look sympathique de petit coupé traditionnel, les premiers tours de roues ne réservent pas de grande surprise.
L'enrobage est connu, le moteur aussi (ce 4 cylindres officie sur à peu près toute la gamme BMW, dans différents niveaux de puissance) : pas foudroyant ni très expressif, sa sonorité est banale mais les chronos sont tout à fait convenables (7,5 s de 0 à 100 km/h). L'agrément est bien réel, pas question d'une version au rabais ! Simplement, la boite auto 8 rapports (imposée d'office) lisse encore plus le fonctionnement de ce moteur souple et coupleux (300 Nm)... Très linéaire dans son tempérament, musclé en relances, mais toujours sage. Une boite manuelle aurait permis de gagner quelques kilos, et de coller davantage à l'esprit d'un coupé plaisir.
Comportement Routier
Le coupé Série 2 ne partage plus rien avec la Série 1, et heureusement. Désormais, il repose sur la base de la Série 3, dont il reprend moteurs, trains roulants et habitacle. L'auto n'est finalement pas si lourde (1.490 kg) compte tenu des standards actuels, et conserve ce que l'on attend d'une BMW : un équilibre intéressant, et un comportement de vraie propulsion. Plaisant, même si la puissance relativement limitée ne permet de grandes folies.
On retrouve un train avant précis, bien guidé et servi par une direction consistante pile comme il faut. Tout serait parfait, dans cette auto très sympathique, si les suspensions arrière étaient un peu moins souples. En conduite coulée, tout va bien mais... à bon rythme, c'est moins brillant : l'arrière-train rebondit sur mauvaise route, et l'amortissement (pourtant piloté) de notre version M Sport est inutilement ferme pour un coupé pas si sportif, dans l'esprit. Gênants à la longue, ces petits tressautements. De même, une taille de jantes inférieure serait bienvenue (du 18" suffirait).
Motorisation et Alternatives
Pas spécialement vivant, le 4 cylindres 2 litres BMW est pourtant un moteur agréable. On pourrait même pousser le principe plus loin : quitte à se contenter d'une motorisation modeste, autant se pencher sur la vraie Série 2 "premier prix", la 218i de 156 ch qui démarre à 41.450 €. L'équipement est déjà assez complet en entrée de gamme (clim auto, radar de stationnement av/ar, interface média, régulateur de vitesse, alerte de franchissement de ligne...). Plutôt tranquille côté chrono (8,7 s de 0 à 100 km/h), mais les ingrédients d'un vrai coupé compact traditionnel sont toujours là.
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Pour qui se satisfait d'une conduite coulée sans prétention sportive, l'agrément est déjà de bon niveau. La 220i, à 45.450 € en prix de base, représente donc un intéressant compromis, avec des chronos tout de même un peu plus énergiques. Elle est surtout bien moins chère que la M240i (61.850 € minimum)... En face, les concurrentes directes sont rares. Une Toyota Supra, stricte 2 places, présente un ADN bien moins raffiné. Plus bourgeoise, l'Audi A5 est plus chère et bien plus grande (4,67 m). Mercedes ne propose plus de Classe C Coupé (elle aussi d'un segment supérieur) depuis peu, en attendant son renouvellement.
La Série 2 Gran Coupé
Dans la foulée de sa nouvelle Série 1, BMW dégaine sa version 4-portes. Une Série 2 Gran Coupé qui joue surtout la carte du dynamisme. Le paradoxe est fort entre les constructeurs adeptes du grand ménage dans leur gamme et d’autres qui, au contraire, prônent encore la diversité. BMW fait assurément partie de la seconde catégorie, lui qui propose toujours une vingtaine de carrosseries différentes à son catalogue. Dont une discrète Série 2 Gran Coupé, apparue en mars 2020 dans les concessions de l’Hélice.
Surtout à l’arrière, avec une signature lumineuse haut placée qui n’affinait pas l’ensemble. Alors pour la seconde génération, le constructeur allemand a ressortir ses crayons et ses feuilles. A l’avant, c’est un logique copié-collé de la nouvelle Série 1 tandis qu’à l’arrière, les blocs optiques plus petits sont placés plus bas.
Habitacle et Technologie
L’élément à gauche de 10,25 pouces regroupe toutes les informations de conduite et l’écran multimédia tactile passe à 10,7 pouces. Quelques fonctions demeurent accessibles physiquement, comme le volume des enceintes ou les accès aux aides à la conduite, mais il faut en passer par l’écran pour piloter la musique ou la climatisation. C’est un peu dommage, même si les fonctions “numérisées” restent accessibles facilement et que plus généralement, la réplication du smartphone (Android ou Apple) est possible sans fil.
Quelques jours sont donc nécessaires pour naviguer dans les menus du multimédia, tout le contraire de la position de conduite que l’on trouve en quelques instants quel que soit son gabarit. On est extrêmement bien installé derrière le volant de cette Série 2 Gran Coupé - merci aux sièges “sport” -, qui fait aussi profiter ses occupants d’un habitacle à la finition irréprochable. Mention spéciale à BMW qui préfère le plastique mat pour sa console centrale en lieu et place du laqué noir à la mode dans de nombreux intérieurs et qui vieillit très mal (poussière, traces, rayures).
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Confort et Dynamisme
Cela se vérifie d’ailleurs dès les premiers tours de roues, particulièrement sur notre modèle d’essai doté de la finition M Sport (3 450 €), qui comprend d’office la suspension SelectDrive au tarage ferme. Même si cela n’a rien d’invivable au quotidien, les amateurs de confort peuvent déjà passer leur chemin. Outre un abaissement du châssis de 8 mm, la variante M Sport implique aussi des amortisseurs dits FSD pour “Frequency Selective Damping”, dont le fonctionnement varie, seul, en fonction de la vitesse de remontée des roues.
L’objectif : singer un amortissement piloté, voire adaptatif automatiquement, sans aucune commande électronique. Mais chez BMW comme ailleurs, l’efficacité de cette technologie n'est pas toujours au rendez-vous. Tant que la route est lisse, la Série 2 reste effectivement rivée au sol et l’on s’amuse à son volant. D’autant que dans cette configuration, l’on bénéficie d’office de la direction DirectDrive, dont la démultiplication est réduite.
Motorisation et Performances (Série 2 Gran Coupé)
Avec 170 ch et 280 Nm de couple, ce 3-cylindres fait largement le job. Si le caractère linéaire de ce moteur et l'excellente isolation phonique du compartiment moteur gomment les sensations, les chiffres, eux, restent assez parlants, tant en accélérations qu'en reprises. Accompagnée d’une boîte automatique à double embrayage à 7 rapports plutôt réactive - à régler en mode Sport pour qu’elle ne joue pas trop l’économie en cas de conduite dynamique -, cette mécanique offre une vraie polyvalence à la Série 2, qui peut aussi bien jouer les petites routières pour enchainer les kilomètres qu'assurer une petite séance de sport.
Toutefois, dans ce dernier cas, le tableau se ternit lorsque l’asphalte se dégrade. Sur route bosselée, l’allemande sautille et perd autant en confort qu’en efficacité. Or sur notre réseau secondaire, ce cas de figure n’est pas si rare. Selon nous, mieux vaut préférer la finition M Sport Design, qui permet de s’offrir la cosmétique de la variante M Sport sans le châssis raffermi. Le dynamisme n’en sera pas bousculé mais le confort, lui, n’en sera que meilleur.
Aspects Pratiques et Tarification (Série 2 Gran Coupé)
Un coupé à quatre portes, pourquoi pas surtout quand il s’agit d’une belle auto comme cette BMW série 2. Plus proche qu’auparavant de la série 1 quant au style extérieur, la BMW Série 2 Gran Coupé en reprend aussi l’inspiration dans l’habitacle avec une planche de bord inédite comprenant une dalle numérique avec écran tactile. Côté finitions, on est à bord d’une BMW et le soin apporté à l’assemblage comme au choix des matériaux la classe d’emblée dans la catégorie Premium.
Qui dit élégance ne sous-entend pas forcément sens pratique. Ici, si la ligne est très agréablement dessinée pour donner une allure sportive, les espaces de rangements restent globalement petits pour un véhicule de 455 cm de long. Aussi bien dans l’habitacle qu’au niveau d’un coffre qui, pour cause de micro-hybridation 48V et donc de présence d’une batterie supplémentaire, se voit réduit à seulement 360 litres.
Hybridation Légère et Agrément de Conduite (Série 2 Gran Coupé)
Avec son bloc 1.5 l trois cylindres complété d’une hybridation légère 48 V de 20 ch permettant au moteur de délivrer tout de même 170 ch, l’auto offre un bon compromis entre performances et confort. L’agrément de conduite est toujours au rendez-vous avec cette traction avant incisive et précise dans ses placements, parfois toutefois en légère perte de motricité du train avant sur route mouillée. Mais l’excellence du freinage, le doigté de la direction et la bonne gestion de la boîte laissent une très belle impression.
Une bonne autonomie, un poids tractable de 1 300 kg, un PTRA sous les 3,5 t pour se soustraire des limitations de vitesse spécifiques à la traction, une boîte auto à 7 rapports très efficace tout en restant douce, une position de conduite qui frise la perfection et un confort de bon aloi renforcé par une excellente insonorisation, voilà de quoi plaire au plus grand nombre.
Pas donnée dans son tarif de base, la 220 Gran Coupé voit son prix s’envoler avec le jeu des très nombreuses options disponibles.
En Résumé
Le poste de conduite très reculé et le long capot donnent l’impression d’être au volant d’une auto plus grosse. La BMW Série 2 présente tous les ingrédients d'un coupé… populaire. Par populaire, nous parlons bien de son capital sympathie. Toutes proportions gardées, à plus de 40.000 €, il est délicat d'y voir un "coupé du peuple". Pourtant, cette 220i fait partie de ces rares autos encore à peu près abordables et rationnelles, capables de donner un peu de sourire sans débauche de puissance.
| Modèle | Puissance | 0-100 km/h | Prix de Base (environ) |
|---|---|---|---|
| 218i Coupé | 156 ch | 8.7 s | 41.450 € |
| 220i Coupé | 184 ch | 7.5 s | 45.450 € |
| M240i Coupé | 374 ch | N/A | 61.850 € |
| 220d Coupé | 190 ch | N/A | N/A |
| 220 Gran Coupé (hybride léger) | 170 ch | N/A | N/A |
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