Depuis une année déjà, BMW s’est posé en leader des cabriolets 4 places luxueux et sportif, seul Saab pour l’instant ayant emboîté le pas du constructeur à l’hélice. Néanmoins, si le cabriolet suédois peut s’appuyer sur un style marqué et singulier, et un véritable attrait et une qualité de fabrication indéniable, il lui manque un moteur noble. C’est bien là la force de la BMW Série 3 Cabriolet E30.
Présentation Générale
Ainsi dès juillet 1987, la BMW 320i Cabriolet E30 complète l’offre BMW en conservant à l’identique les recettes de la 325i Cabriolet E30 à l’exception de sa mécanique. Et le constructeur de Münich enfonce le clou avec une déclinaison, toujours en 6 cylindres en ligne, 320i qui permet de baisser le ticket d’entrée au cabriolet série 3, sans pour autant sacrifier la noblesse d’âme mécanique.
La ligne toujours aussi réussie et intemporelle est conservée pour le plus grand bonheur de nos rétines. Capoté ou non, la BMW 320i Cabriolet E30 est une réussite sous tous les angles. Preuve que le dessin originel de la série E30 pouvait servir de base à une déclinaison de carrosserie, malgré un format compact.
Une fois le couvre-chef en toile ôté et bien caché discrètement sous le cache capote métallique (voilà qui aurait pu inspirer Saab), le profil s’étire et s’affine en conservant une ligne de caisse rectiligne et horizontale. Du grand art. Tous les gimmicks BMW sont bien là avec la calandre fardée de son double haricot au centre et des quatre optiques rondes.
La poupe est un modèle de simplicité et de finesse, ponctuant ainsi avec maestria un design qui est la force première de la BMW 320i Cabriolet E30. Pour les budgets (un peu !) plus serrés, la BMW 320i Cabriolet E30 conserve la noblesse du 6 en ligne et une esthétique remarquable en tout point de vue. Reste à accepter des performances en retrait qui la limite au rôle de balade rapide.
Lire aussi: BMW 320i : Que vaut réellement ce modèle ?
Motorisation et Performances
La BMW 320i Cabriolet E30 est motorisée par le 6 en ligne M20 de 2 litres. Le 6 cylindres en ligne M20B20 est toujours autant agréable à écouter et faire fonctionner. Souple, élastique et onctueux, il n’affole pourtant pas les chronos ni les foules une fois volant en main. Avec 129 ch à 6 000 tr/mn et un couple de 164 Nm à 4 000 tr/mn, il manque de coffre pour faire face à une aérodynamique médiocre (Cx de 0,38), un poids élevé qui frise les 1,3 tonnes en boîte mécanique et un étagement de boîte pour le moins critiquable (5e longue, trou entre la 4e et 5e), même si l’étagement est raccourci par rapport au coach.
Pourtant, cette mécanique dispose de ce qui se fait de mieux en ce moment à Münich et reprend les bonnes pratiques du 2,5 litres : injection Bosch Motronic avec gestion électronique intégrale (allumage & alimentation), un arbre à cames en tête pour les 12 soupapes. Que peut-on reprocher à cette mécanique finalement ? D’avoir une cylindrée trop timide par rapport à ce qui lui est demandé.
La boîte de vitesse mécanique à 5 rapports peut être échangée en option par une boîte automatique à 4 rapports qui allonge encore les performances d’origine. En boîte manuelle, la vitesse maxi plafonne à 195 km/h, tandis que les accélérations sont correctes sans être foudroyantes : 0 à 100 km/h en 11‘‘5; km DA en 32‘‘5. La consommation peut devenir coquette car pour une conduite dynamique, il faut tirer dans les rapports de boîte. Une conduite qui ne sied pas particulièrement à la BMW 320i Cabriolet E30.
Châssis et Tenue de Route
Une fois les renforts de carrosserie, on retrouve l’architecture des trains roulants des coachs et berlines : pseudo McPherson triangulés avant et triangles arrière obliques. L’ensemble est complété de combinés ressorts hélicoïdaux-amortisseurs hydrauliques et barre antiroulis. Les jantes alu de 14 pouces sont montées en pneumatiques de 195/65 VR14. Une option à recommander fortement car elle réduit très nettement un diamètre de braquage bien trop important de série qui nuit à la précision de conduite.
Le système de freinage à quatre disques (ventilés avant) peut être complété en option d’un ABS. C’est bien là le paradoxe de cette BMW 320i Cabriolet E30. En fonction des options (onéreuses), vous avez affaire à une auto au visage et caractère de conduite totalement différent.
Lire aussi: Tout savoir sur l'actuateur de ralenti de la BMW E36 320i
Certes, en version cabriolet, la notion de voiture de sport est moins prédominante et perd de son intérêt, pour privilégier la promenade. Toutefois, si on peut se passer du pont autobloquant, la boîte sport et la direction assistée semblent en revanche tout indiquées pour une conduite plus précise et exaltante. Quitte à en payer le prix fort…
La tenue de route reste très équilibrée et la BMW 320i Cabriolet E30 reste une propulsion classique, avec une certaine prudence sur l’accélérateur et les trajectoires lorsque la chaussée devient humide ou grasse. Surtout si, avec la dotation strictement de série, vous voulez jouer du volant pour contrebraquer. si grande démultiplication ! En bon cabriolet, si la rigidité est déjà très aboutie, les vibrations dans les montants de parebrise sur chaussée dégradée sont encore marquées.
Intérieur et Équipement
L’habitacle est prévu pour quatre personnes, même si, à l’instar de la version coach, l’habitabilité arrière, notamment l’espace aux jambes n’est pas idéale, et à réserver à des enfants de petites tailles. La position de conduite est parfaite avec de multiples réglages, tandis que la planche de bord tournée légèrement vers le conducteur profite d’une ergonomie soignée.
L’instrumentation est encore incomplète, tandis qu’un ordinateur de bord vous donne des informations additionnelles. L’équipement de série est encore chiche et impose une nouvelle fois pas le passage « options » pour profiter du minimum syndical. Si la présentation est (trop) sérieuse, la qualité de fabrication et d’assemblage est à louer.
Fiabilité et Points à Vérifier
Les BMW 320i (E30) étant dans l’absolu très fiables et endurantes, il faut ainsi se méfier des versions officiellement peu kilométrées, la descente de compteur malintentionnée étant possible sans le voir au premier coup d’œil. Dans les (rares) faiblesses de la BMW 320i E30 notons le refroidissement du 6 en ligne sous-dimensionné qui oblige parfois à remplacer le joint de culasse, tandis que les échappements sont assez fragiles.
Lire aussi: Problèmes de Calage sur BMW 320i E30
La sellerie se déchire avec le temps et peut donner des indices précieux sur la précaution prise par les différents propriétaires. Autres points de vigilance, notons les triangles et rotules de suspensions qui peuvent montrer des signes de fatigue vers 100 000 km. L’habitacle vieillit plutôt bien, même si on note des traces de fatigue sur les selleries tissu tandis qu’il n’est pas rare que l’indicateur de maintenance se déclare HS (acide contenu dedans).
Autre point crucial, traquer la corrosion qui fait des ravages. Les points à ausculter sont connus : bas de caisse, encadrement des vitres, ouvrants, plancher et fond de coffre. Premier acte donc, sélectionner une auto au passé clair et prouvé avec un entretien à jour, à savoir révision tous les ans ou tous les 20 000 km, vidange moteur tous les 10 000 km. A contrôler que la courroie de distribution est bien remplacée selon les préconisations BMW (tous les 60 000 km ou tous les 4 ans).
Tous les 50 000 km, boîte et pont sont à vidanger, tandis que le filtre à carburant doit être remplacé. Le liquide de freins est à changer tous les 2 ans.
Conclusion
La BMW 320i Cabriolet E30 apporte une touche plus apaisée dans la gamme cabriolet série 3, sans pour autant vendre son âme au diable… Le 6 cylindres en ligne maison est toujours de la partie. Ouf ! Mélodieux et agréable, il manque néanmoins de nerfs pour dynamiser la conduite d’un cabriolet assez lourd. D’autant que l’étagement de la transmission n’arrange pas les choses.
Après tout, si vous êtes intéressés par la balade cheveux au vent dans un cabriolet polyvalent, esthétique et bien fini, la BMW 320i Cabriolet E30 suffira largement à votre bonheur d’esthète.
tags: #bmw #320i #e30 #cabriolet #occasion #avis