La Série 5 est un grand classique de la gamme BMW. Elle reste l'exemple type de la grande routière établie, forte d'une image en béton, qui se consomme de préférence en 6 cylindres essence depuis des générations. Bonne nouvelle, n'en déplaise aux casseurs de rêves et briseurs d'excellence, c'est toujours possible. L'espèce est malmenée mais fait mieux que résister. L'engouement pour les SUV a pourtant largement porté atteinte aux berlines conventionnelles, depuis plusieurs années déjà. Il n'empêche, les trois éternelles star du premium allemand attirent toujours un public fidèle, et l'obsession actuelle de chasse au C02 devrait logiquement favoriser leur retour en grâce.

Concernant la BMW Série 5, quasiment toutes les motorisations reçoivent désormais une dose d'électricité (à différents degrés, hybridation légère 48V ou PHEV). En essence, les hybrides plug-in sont d'ailleurs devenus majoritaires sous son capot, à l'occasion du discret restylage intervenu mi-2020 : 520e, 530e et 545e, fortes de respectivement 204, 292 et 394 ch. Cette dernière attire l'attention, forcément, puisqu'elle est la seule à recevoir un 6 cylindres. Un bon vieux 6 en ligne essence, l'architecture traditionnelle BMW par excellence... On retrouve donc l'archi-connu bloc de 3 litres suralimenté, un peu moins puissant qu'à bord de la 540i (qui disparait du catalogue français au passage).

Motorisation et Performances

Le 6 cylindres développe ici 286 ch, et comme pour les plus modestes 520e et 530e, il est associé à un moteur électrique de 109 ch, accouplé à la boite ZF 8 rapports et alimenté par une batterie de 12 kWh. Heureusement, la greffe est prometteuse au regard des chiffres délivrés par l'imposante machinerie. 394 ch en puissance combinée ? A peu de choses près, une M5 E39 ne faisait pas mieux avec son gros V8 atmosphérique de 5 litres (400 ch). Les préoccupations ne sont plus tout à fait les mêmes, évidemment.

394 ch, des relances infatigables et 4,6 s de 0 à 100 km/h. L’hybridation est tout autant au service des performances que de la consommation. Si l'on doit s'accommoder d'un hybride de ce tonneau pour conserver l'orchestration du 6 en ligne BMW, on signe sans hésiter... après avoir sérieusement grimacé en sortant de la banque.

Autonomie et Consommation

Après environ 45 km en tout électrique sur un parcours varié comprenant une brève portion de voie rapide (inférieur aux 55 km annoncés mais suffisant en usage quotidien), nous évoluons en mode hybride classique. Batterie chargée, on peut évoluer sur le seul moteur électrique jusqu’à 140 km/h. A ce rythme, l’autonomie chute évidemment très vite. Outre l'autonomie électrique satisfaisante, la 545e se distingue surtout par la gestion soignée du système hybride en fonctionnement classique, batteries vides. La consommation reste alors tout à fait acceptable compte tenu du niveau de performances : environ 9 l/100 km relevés, sur un parcours alternant relief, voie rapide et réseau secondaire... et en profitant de ses largesses (pour parler pudiquement).

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Evidemment, comme tout PHEV, l'auto ne présente un intérêt qu'à condition d'avoir recours à la charge le plus souvent possible. Voilà pourquoi les moyennes homologuées de consommation des plug-in n'ont strictement aucun sens (ici, 2,4 l / 100 km), car totalement dépendantes de la proportion de parcours effectués en 100 % électrique. On peut théoriquement consommer 0,0 l en usage quotidien !

Design et Confort

Principale nouveauté visible de la Série 5 restylée mi-2020 : la calandre est devenue plus anguleuse, chromée au centre... L’habitacle n’a quasiment pas bougé avec le restylage. Parfaitement en accord avec le salon roulant qu'est la Série 5, toujours aussi raffinée et soignée dans sa présentation intérieure.

Comportement Routier

On se prend à hausser le rythme au fil des kilomètres. Tout y invite : la stabilité et la rigueur du châssis, imperturbable et étonnamment agile pour une auto de ce poids et de ce gabarit. Ambiance tapis volant de sport, donc... Qui se confirme en cliquant sur le mode Sport. Incongru, sur un hybride ? Peut-être, mais le résultat impressionne : la poussée est musclée à souhait, à tous les régimes, et sonne à merveille. Zéro brutalité, mais du couple (600 Nm de couple combiné, grâce au soutien de l'électrique), accompagné de ce timbre d'abord grondant, très rond, qui devient rageur à l'approche de la zone rouge.

Notons aussi, signe des temps, que la 545e est uniquement disponible en transmission intégrale xDrive. Aucun reproche à lui adresser en matière d'agrément, le système reste très neutre dans ses réactions et gentiment typé propulsion, en étant un peu plus enthousiaste que d'habitude. Dans la limite de ce qu'autorise une berline de plus de 2 tonnes, qui n'a guère de vocation sportive.

Aspects Pratiques et Tarification

Celle-ci prend place sous la banquette arrière, reculant le réservoir (réduit à 46 l seulement) sous le plancher du coffre... qui perd 120 l de volume et chute ainsi à 410 l. Reproche hélas fréquent pour les PHEV, l'hybridation est rarement sans effet sur certains aspects pratiques. Et n'espérez pas compenser la perte de soute en optant pour le break, la 545e n'est disponible qu'en berline.

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En débutant à 71.850 €, une 545e échappe au malus mais demande 7.000 € de plus qu'une 530d xDrive de 286 ch, fantastique machine à avaler les kilomètres en toute sobriété. Comme toujours, il convient de soigneusement étudier son usage prévu avant de céder aux sirènes vertes d'un hybride plug-in. L'argument économique sera de toute manière totalement secondaire.

A l'approche d'une ZFE (zone à faibles émissions, 5 agglomérations sont classées ainsi en France à ce jour), l'auto peut en effet décider de couper d'autorité le 6 cylindres et de basculer automatiquement en 100 % électrique si le niveau de charge de batterie le permet. Drôle d'époque, mais si il faut passer par là pour faire perdurer les moteurs de cette trempe, après tout...

Les transitions entre les deux sources d'énergie sont fluides, parfaitement gommées, et on retient surtout le lointain feulement caractéristique du 6 en ligne. Très discret et feutré au possible, mais le résultat est flatteur. Raffinement, confort et dynamisme de bon aloi : la 545e garde intact ce qui fait l’identité de toute Série 5 sérieusement motorisée.

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