La question de l'interdiction du moteur thermique en Europe d'ici une décennie agite une nouvelle fois le monde de l'automobile. Le patron de BMW, Oliver Zipse, a en effet choisi cet événement suivi à travers la planète pour appeler à mettre fin à l'objectif européen de ne plus autoriser la vente de voiture thermique à partir de 2035.

Oliver Zipse souhaite que l'Europe n'interdise pas la vente de voitures à moteur thermique en 2035 comme prévu. Il l'a rappelé dans le cadre de l'Automotive Summit, en marge du Mondial de l'automobile de Paris.

Le dirigeant allemand milite depuis longtemps pour l'autorisation par les régulateurs européens de diverses technologies telles que les e-carburants, biocarburants et les voitures à pile à hydrogène.

Le choix de BMW de ne pas fixer de date pour l’abandon des moteurs à combustion interne s’ancre dans une philosophie claire : la liberté de choix pour le consommateur. Zipse a souligné que cette décision ne traduit pas un retard dans la transition vers l’électrique mais reflète une réponse aux divers besoins des clients.

BMW maintient sa ligne : la neutralité technologique. Et le constructeur allemand de continuer contre vents et marées à avancer sur l’hydrogène. Après une première expérimentation dès 2014 et une flotte pilote d’iX5 Hydrogen testée depuis 2023, la firme bavaroise dévoile aujourd’hui une troisième génération de pile à combustible, plus compacte (- 25 %), plus performante et mieux intégrée.

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Les premiers prototypes sont assemblés dans les centres de compétence de Munich et Steyr, avant une industrialisation prévue pour 2028 à l’usine autrichienne de Steyr.

BMW prévoit de lancer son premier modèle doté de cette technologie de série en 2028, en partenariat avec Toyota. Nous devrions en savoir un peu plus à ce sujet au cours des prochaines années !

Zipse insiste : la firme veut continuer à proposer des moteurs essence, diesel, hybrides, électriques et même à hydrogène. Il estime que cette diversité est nécessaire pour répondre aux objectifs environnementaux, mais aussi aux réalités économiques et géographiques.

Ainsi, lors de l’assemblée générale annuelle du groupe, le PDG a répété son opposition à une stratégie tout électrique imposée par les autorités. Il considère que ce genre de réglementation ferme la porte à d'autres solutions qui pourraient pourtant être efficaces.

Il critique une vision trop rigide qui, selon lui, freine l’investissement et l’innovation. Et l’homme d’affaires a évidemment donné quelques exemples concrets afin d’étayer son propos.

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En Belgique, les voitures électriques et hybrides ont représenté plus de 60 % des ventes l’an dernier, grâce à des aides importantes. En Italie, elles n’ont atteint que 4 %. Pour le patron de BMW, cela montre bien qu’une seule technologie ne peut pas s’imposer partout.

Il explique que les différences entre pays sont trop grandes. Et il estime ainsi qu’il faut donc laisser le choix aux constructeurs et aux consommateurs. Car tous les Etats ne sont pas aussi avancés en termes de recharge et d’infrastructures globales.

Cependant, le constructeur allemand ne rejette pas à 100 % la voiture électrique, bien au contraire. Et pour cause, le groupe investit dans ce domaine et les ventes progressent même. Ainsi, au premier trimestre 2025, plus d’un quart des véhicules neufs vendus par BMW étaient électrifiés.

Mieux encore, près de 20 % étaient entièrement électriques. Dans le cadre du rapport semestriel 2024, le patron de BMW, Oliver Zipse, a réprimandé l'UE en ce qui concerne l'arrêt prévu des véhicules à combustion et les droits de douane punitifs pour les voitures en provenance de Chine.

BMW a présenté les chiffres de son bilan pour le premier semestre 2024. Le résultat consolidé avant impôts s'est élevé à environ 3,9 milliards d'euros, ce qui correspond à une marge EBIT du groupe de 10,5%.

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La marque BMW a connu une croissance mondiale de 2,3%, ou de 6,2% si nous excluons le marché chinois.

"J'ai souvent souligné que suivre un battage médiatique sans réfléchir n'est pas une stratégie. La contribution la plus efficace à la protection du climat est celle que nous apportons dès aujourd'hui. Autrement dit, chaque tonne de CO2 que nous économisons aujourd'hui et pas seulement à l'avenir.

"Pour l'instant, nous voyons surtout le risque que les e-carburants soient instrumentalisés politiquement dans le débat sur l'interdiction des moteurs à combustion à partir de 2035.

"Nous continuons à penser que l'interdiction catégorique de la technologie de combustion est une erreur.

"L'introduction de droits de douane supplémentaires à l'importation, comme l'UE l'a provisoirement imposé, mène à une impasse. Une telle mesure ne renforce pas la compétitivité des constructeurs européens.

"Les droits de douane de l'UE sur les BEV en provenance de Chine touchent au contraire les constructeurs européens comme BMW Group, qui produisent également en Chine pour le marché européen. De plus, des droits de douane supplémentaires limitent l'offre de voitures électriques pour les clients européens.

"Les mesures provoquent toujours des contre-mesures.

À partir de 2035, tous les constructeurs automobiles devront passer à l’électrique et donc arrêter de vendre des autos thermiques. C’est également le cas de BMW, qui possède déjà une gamme bien étoffée, qui va de l’iX1 à l’impressionnant iX, en passant par les i4 et i7, entre autres.

En effet, la firme bavaroise continue le développement de sa plateforme Neue Klasse et prépare notamment une future sportive électrique qui aura le droit à non pas un, mais quatre moteurs.

Connue sous le nom d’iM3, celle-ci devrait dépasser la barre des 1 000 chevaux.

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