Si vous êtes sur le point de vous rendre en Suisse et que vous y roulerez en voiture, voici un article qui devrait vous être utile. Même si le Code de la route suisse est très proche de celui appliqué en France, il existe néanmoins quelques différences qu’il est important de souligner. La coopération entre les autorités françaises et suisses porte notamment sur toutes les prescriptions prévues par la législation en matière de circulation routière et les dispositions d'exécution du pays en question.
Signalisation et Autoroutes
Sur toutes les autoroutes, les couleurs des panneaux de signalisation sont inversées par rapport à la France : ils sont verts en Suisse et bleus en France. La signalisation des autoroutes emploie en revanche des panneaux verts, et celle des routes des panneaux bleus, à l’inverse de la France.
Vignette Autoroutière
Alors que chaque trajet est payant en France, l’utilisation des autoroutes suisses est soumise à une redevance de 40 francs suisses (un peu plus de 40 €) qui se présente sous la forme d’une vignette à apposer sur le pare-brise (il n’y a pas de péage aux autoroutes suisses). L’usage du réseau autoroutier est obligatoirement soumis à l’achat d’une vignette autoroutière annuelle à apposer sur le pare-brise. Cette redevance est d’un montant de 40 CHF (36,74 €). Depuis le 1er août 2023, vous pouvez cependant acquérir une vignette électronique via l’enregistrement de la plaque d’immatriculation de votre auto, moto, etc. dans une boutique en ligne de l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF).
Il est possible de l’acheter auprès des points de vente tels que les postes de douane, bureaux de poste, stations-service, garages et autres offices cantonaux d’immatriculation, la vignette autoroutière étant valable du 1er décembre au 31 janvier de l’année suivante (la vignette 2023 est valable du 1er décembre 2022 au 31 janvier 2024). La validité de la vignette débute le 1er décembre de l’année en cours et s’achève le 31 janvier de l’année suivante. Elle a donc une période de validité de 14 mois. Par exemple, pour 2024, elle est valide du 1er décembre 2023 au 31 janvier 2025. Vous ne trouverez pas de vignettes journalières, hebdomadaires ou mensuelles. Si vous séjournez sur une durée déterminée dans le pays helvète, vous devrez quand même acheter la vignette annuelle.
Elle s’avère obligatoire dès l’entrée sur les autoroutes et semi-autoroutes suisses des voitures, motos, remorques, caravanes, camions ou camping-cars jusqu’à 3.5 tonnes (les véhicules lourds de plus de 3.5 tonnes en sont exemptés et paient une redevance sur le trafic des poids lourds). Avant de circuler sur les voies nationales (autoroute ou semi-autoroute) concernées par cette redevance, il ne faut pas oublier de coller votre vignette sur votre moyen de transport ou d’en enregistrer la plaque sur le site de l’OFDF si vous optez pour la version électronique. La vignette suisse 2024 est obligatoire pour circuler les autoroutes et semi-autoroutes suisses. Vous ne pouvez pas la décoller du pare-brise pour la coller dans une autre voiture par exemple. En cas de plaques d’immatriculation interchangeables, une vignette pour chaque véhicule doit être achetée. La vignette électronique est quant à elle liée au numéro de plaque d’immatriculation. Ainsi, si vous avez des plaques d’immatriculation interchangeables, une seule vignette électronique suffit pour l’ensemble des véhicules utilisant ces plaques.
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Outre l‘acquittement de la redevance, une amende de 200 francs suisses (203.70 €) est appliquée aux automobilistes qui empruntent les autoroutes en Suisse sans vignette. Rouler sur les autoroutes et semi-autoroutes suisses sans vignette est une infraction sanctionnée par une amende qui s’élève à 200 francs suisses (un peu plus de 200 euros). En plus de l'amende, il faudra s'acquitter de la vignette.
Qui est concerné par cette réglementation ?
Tous les véhicules à moteur, qu’ils soient suisses ou étrangers, doivent se soumettre à cette redevance autoroutière. Les voitures, motos, remorques, caravanes, camping-cars jusqu’à 3,5 tonnes sont bel et bien concernés par la vignette suisse. Si vous choisissez la version autocollante, vous devez coller la vignette de manière visible à l’intérieur de la voiture, sur le pare-brise. Pour les véhicules sans pare-brise - les remorques par exemple - collez la vignette sur une partie visible et non amovible. En revanche, les véhicules dont le poids total excède les 3,5 tonnes sont soumis à une redevance sur le trafic des poids lourds, et non à la vignette.
Où acheter la vignette ?
L’achat de la version autocollante de la vignette autoroutière se fait dans différents points de vente en Suisse, comme les bureaux de douane aux frontières, les stations-service, les offices de poste. Si vous anticipez votre voyage, vous pouvez acheter une vignette en ligne sur le site de la Poste suisse. En France, avant la frontière, certains points de vente proposent également ce service, comme l’Automobile Club Mont-Blanc. La nouvelle vignette numérique est quant à elle disponible sur le Portal Via de l’OFDF. Pour acheter la e-vignette, vous devrez renseigner le numéro d’immatriculation du véhicule.
Le prix de la vignette suisse en 2024 est de 40 francs (CHF). Au 30 octobre 2024, 1 franc suisse = 1,06 euro.
Règles de Conduite et Limitations de Vitesse
Conduire en Suisse implique de connaître la législation helvétique en matière de limitations de vitesse. Si elles sont identiques pour les voitures et motos en ville (50 km/h) et sur les routes nationales (80 km/h dans les deux pays et 90 km/h en France en cas de présence d’un séparateur central), les voies express sont limitées à 80 km/h en Suisse et 110 km/h en France, tandis que la vitesse maximale sur autoroute est fixée à 120 km/h sur le territoire helvétique et à 130 km/h dans l’Hexagone. Les camions et tous les véhicules tractant une remorque ne doivent pas dépasser 80 km/h.
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En Suisse, les piétons ont également la priorité, qu’ils soient engagés sur la route ou qu’ils attendent sur le trottoir. Dans les zones 30 km/h, le piéton n’a pas la priorité mais il peut traverser où il veut. En obliquant à une intersection, la priorité est accordée aux cyclistes et cyclomotoristes circulant sur une piste ou une bande cyclable qui longe la chaussée. Autobus, trolleybus et tramways : la priorité est réservée aux tramways. Les piétons engagés sur un passage pour piétons doivent également accorder la priorité aux tramways. Routes de montagne : les véhicules montant ont toujours la priorité. Sens giratoire : les automobilistes doivent laisser passer les cyclistes engagés. Il existe des giratoires traversés par des voies de tram ou de train.
Le taux maximum d’alcoolémie autorisé est le même dans les deux pays (0.5 g/L) et l’utilisation du téléphone en voiture est interdite des deux côtés de la frontière. En ce qui concerne le taux d’alcoolémie, la limite à ne pas dépasser en Suisse est de 0,05 %. Au-delà, des sanctions sévères sont prévues, à la fois financières et carcérales. En cas de requête, vous êtes obligé de procéder à un test d’alcoolémie ou de dépistage de drogue. Veuillez noter que les jeunes conducteurs de moins de 24 ans doivent s’abstenir. La loi prévoit un seuil de tolérance de 0,01 %, mais uniquement car la digestion de certains aliments peut entraîner de la production d’alcool dans le corps.
Conduire une voiture et personnaliser sa plaque d’immatriculation en collant par exemple le drapeau d’un département à la place de la région est considéré comme non-réglementaire en Suisse.
Pneus Hiver et Chaînes à Neige
Vous partez aux sports d’hiver en voiture, camping-car ou caravane ? Alors il est essentiel de connaître les règles concernant les pneus hiver et les chaînes à neige.
- Suisse : les pneus hiver ne sont pas obligatoires mais fortement recommandés.
- Chaînes à neige : obligatoires lorsqu’un panneau l’indique.
Stationnement
Les zones de stationnement suisses sont enfin classées par couleur. Comme en France, la zone bleue exige le placement d’un disque de stationnement derrière le pare-brise, alors que les zones rouges et vertes correspondent à un stationnement payant (en ville ou en parking). En cas de non-respect des règles de stationnement, vous risquez une amende, mais aussi la mise à la fourrière de votre véhicule. Les couleurs du marquage au sol vous aideront à savoir où vous vous parquez. Si vous voyez des croix jaunes ou une ligne jaune, cela signifie que le stationnement est interdit.
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- Zone blanche : il s’agit de places payantes.
- Zone bleue : zones de stationnement gratuit du lundi au samedi de 8 heures à 18 heures pendant une heure (mettre un disque de stationnement bleu ou européen derrière le pare-brise).
Spécificités pour les Motocyclistes
Déjà, ceux qui conduisent une 125 cm³ avec un permis B après avoir effectué un stage de 7 heures en France ne doivent pas passer la frontière : l’équivalence entre un permis voiture et un permis moto n’est pas reconnue en Suisse, et en cas de contrôle, une conduite sans permis sera retenue contre vous. La Confédération helvétique ne reconnaît pas non plus les permis A1 obtenus en « EQUI ». Reste alors le problème des nouveaux permis pour anciens automobilistes. Ceux-ci peuvent avoir le permis A1 validé à la date de leur permis B, sans qu’il ne soit précisé s’il s’agit d’un permis obtenu par équivalence (ce qui semble logique) ou par examen.
Dès le 1er janvier 2020 un barème fédéral de taxes sera mis en place pour les deux-roues, destiné à être dissuasif contre les motos les plus polluantes et surtout les plus bruyantes. Le calcul sera le suivant : puissance en kW selon la carte grise + le niveau sonore d’homologation inscrit sur le châssis multiplié par 3. [kW + 3x dB] Autant dire que ça va piquer ! Si cette taxe ne concerne que les motards Suisses, la chasse aux motos bruyantes est assez répandue dans les villes comme Genève ou Lausanne.
Cela pourra surprendre les motards Français roulant en Suisse, mais se faufiler dans le trafic à moto, dans les bouchons ou aux feux rouges est passible d’une amende, et peut même valoir un retrait de permis. À moto comme en voiture, les règles sont les mêmes : dans une file de véhicules, tout usager de la route est tenu de rester à sa place. Il est également strictement interdit aux motos d’emprunter les bandes cyclables et les voies de bus, avec une tolérance pour les bandes cyclables si le motard ne gêne pas les cyclistes. Le non-respect d’une piste cyclable est puni d’une amende de 100 CHF. Pour la circulation dans une voie réservée aux bus, cela coûte 60 CHF.
Il est interdit de laisser tourner le moteur ou le préchauffer à l’arrêt, si cela n’est pas nécessaire. A moto, les enfants de moins de sept ans doivent être installés sur un siège spécial admis par l’autorité d’immatriculation. Mieux vaut éviter de rouler alcoolisé à moto. Et en Suisse, l’amende tombe dès que le seuil de 0,5 pour mille est dépassé (0 pour les nouveaux conducteurs). Le port du casque est obligatoire en Suisse, sous peine d’une amende de base de 60 CHF. Un motard qui pousse son deux-roues est considéré comme un piéton en Suisse. On peut donc envisager de pousser sa moto dans une zone interdite aux véhicules motorisés.
Les excès de vitesse sont sans doute l’infraction la plus commune pour les motards, quelle que soit leur nationalité. Si le permis à point n’existe pas en Suisse, le montant des amendes monte très vite pour ceux qui roulent poignée dans le coin. Le barème change un peu hors agglomération où un excès de 16 à 20 km/h coûte 240 CHF. Au-delà de 15km/h en ville, 20 km/h hors agglomération et 25 km/h sur autoroute, il y a « dénonciation » assortie d’un passage au tribunal, avec à la clé amende très salée et retrait de permis qui, dans les cas les plus graves et en récidive, peut atteindre les… 12 ans !
Attention : en Suisse, tous les systèmes permettant de localiser les radars ou de détecter les signaux sont strictement interdits. Les forces de l’ordre pourront vous chercher des noises même si votre Coyote est éteint ou votre portable est éteint. Même votre GPS doit être reconfiguré dès le passage de la frontière pour ne plus permettre l’alerte à l’approche d’une zone de danger.
Règles Générales
Si le permis B français est obligatoire et suffisant, sous conditions, afin de pouvoir circuler en Suisse, l'utilisation d'un véhicule dans un pays autre que la France impose évidemment de respecter les règles du Code de la route local. La Suisse est officiellement quadrilingue (allemand, français, italien et romanche), et certaines régions de transition sont bilingues. Les formes des panneaux de circulation sont identiques aux modèles français, utilisant des triangles bordés de rouge pour ceux indiquant un danger et des cercles bordés de rouge pour les interdictions.
Le Code de la route suisse oblige les conducteurs à rouler avec les feux allumés en plein jour. Sur les véhicules récents, il s’agit des feux éclairés par des barres de LEDs s’allumant dès que le contact est mis. Le non-respect de ce règlement est sanctionné par une amende. Il est obligatoire depuis 2014 de rouler avec les feux de croisement, de jour comme de nuit.
Pour les séjours de moins de 12 mois, vous pouvez conduire avec votre permis de conduire français ou national en Suisse. Si le permis n’est pas rédigé en français, anglais, allemand ou italien, il vous faudra obtenir un permis de conduire international.
Lorsque des panneaux spécifiques le signale, il est obligatoire d’avoir des chaînes au minimum sur le train propulseur.
Les applications de navigation GPS qui signalent le positionnement des radars sont interdites en Suisse. Des radars fixes et mobiles traquent les excès de vitesse. En cas de gros excès de vitesse, l’amende est adaptée aux revenus du contrevenant.
Tableau récapitulatif des limitations de vitesse en Suisse
| Type de voie | Vitesse maximale (km/h) |
|---|---|
| En ville | 50 |
| Routes nationales | 80 |
| Voies express | 80 |
| Autoroutes | 120 |
| Camions et véhicules avec remorque | 80 |
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