La Citroën DS 23, c'est tout un symbole, un modèle incontournable dans le monde des voitures anciennes. Son design intéressant et sa complexité technique en font un véhicule unique. La Citroën DS alimente les passions et les polémiques, et sa silhouette reste étonnante de modernité.

Genèse et Évolution de la DS

Pour bien comprendre la DS 23, il est essentiel de revenir sur l'histoire de la DS en général. Dès 1954, Flamino Bertoni avait étudié des avants plongeants, et après le décès de Flamino Bertoni en 1964, le projet va s'accélérer. La DS 19 fut présentée au salon de Paris en 1955, marquant une révolution en matière de design et de technologie.

Comme notre ami Thierry Astier s’est longtemps évertué à le rappeler, la légende tenace selon laquelle la DS aurait conservé toute sa vie durant le moteur issu de la Traction ne résiste pas à un examen sérieux. Ceux qui s’obstinent à la colporter oublient - ou feignent d’ignorer - qu’à l’automne de 1965, le Quai de Javel consentit enfin à doter sa DS d’un groupe moderne. Oh, bien sûr, ce qualificatif ne correspond pas à des raffinements encore inimaginables à l’époque pour un constructeur généraliste, et la distribution du nouveau moteur conservait les principes de son devancier, avec un arbre à cames latéral qui ne risquait pas de sidérer les amateurs de sophistication mécanique. C’est plus bas, au niveau du bloc, que s’étaient opérés les bouleversements les plus significatifs : contrairement au moteur dessiné par Maurice Sainturat pour la première « 7 » en 1933, le 1 985 cm3 adoptait un vilebrequin à cinq paliers, tournant ainsi le dos à une désuétude technique qui, dix ans plus tôt, avait valu à la DS un certain nombre de quolibets du genre « voiture d’avant-garde, moteur d’avant-guerre ».

De fait, dans ses premières années, c’est bien le déficit de nervosité de la DS qui lui valut les critiques les plus acerbes : la finesse aérodynamique ne pouvait pas tout compenser et, au fil du temps, la concurrence ne restant pas inactive - on songe par exemple à l’avènement de l’injection sur la Peugeot 404, dès 1962 -, les 83 chevaux péniblement exhalés par le vieux groupe à trois paliers ne parvinrent plus à dissimuler leur obsolescence.

L'Évolution vers la DS 23

En novembre 1969, l’Auto-Journal publia le premier essai de la DS 21 à injection. Sur le groupe dont la cylindrée avait atteint les 2175 cm3 au millésime 1966, Citroën avait greffé une unité électronique Bosch dont la sophistication s’étalait en toutes lettres sur la malle arrière. Avec 125 chevaux, la 21 « IE » ne faisait plus rigoler personne et retrouvait enfin son rang face à des rivales telles que la BMW 2000 Ti, l’Alfa Romeo 1750, la Lancia Flavia 2000, la Rover 2000 TC ou la NSU Ro 80. Sans équivalent dans la production française de l’époque - la Peugeot 504 à injection, encore cantonnée à son 1,8 litre originel, ne dépassait pas les 97 chevaux -, la DS portait allègrement ses quatorze ans et son comportement comme son confort postural pouvaient encore en remontrer à des modèles bien plus récents.

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Citroën revendiquait une vitesse maximale de 185 km/h pour son nouveau vaisseau amiral ; l’A-J atteindra 184,2 km/h sur l’anneau de vitesse de Montlhéry et louera les mesures de reprises, en très sensible amélioration par rapport à la nonchalance qui caractérisait la voiture depuis sa naissance. « Pourquoi le nier, c’est la révélation ! Quinze ans après, la DS est devenue une voiture homogène », écrira le célèbre bimensuel, avec un rien d’ironie…

DS 23 : le chant du cygne

C’est en hommage affectueux à la mémoire d’André Costa que nous avons choisi cet intertitre ; ce sont ces mots que le célèbre journaliste plaça en tête de son premier essai consacré à la DS 23, en septembre 1972. La cylindrée des DS sommitales venait en effet de passer à 2347 cm3, par la grâce d’un nouveau réalésage à 93,5 mm.

Laissons la parole à l’essayeur de l’Auto-Journal : « … il y a progrès, en nervosité et en souplesse surtout, mais il semble que le corps humain y soit plus sensible que le chrono car la DS 23 est devenue une voiture nettement plus agréable à tous les égards. Elle reste rapide mais elle est surtout beaucoup plus puissante à régime moyen, plus silencieuse et moins sujette aux vibrations. En augmentant la capacité thoracique de son moteur, Citroën a gagné sur tous les tableaux et tous les styles de conducteur y trouveront leur compte, du plus sportif au plus placide, qu’il conduise en ville, sur autoroute ou en montagne. Partout, la 23 a gagné un aplomb et un moelleux qui la font monter d’un cran dans la hiérarchie de la voiture de tourisme rapide et confortable. »

Pourtant, dans l’absolu, ni la puissance (plus 5 chevaux) ni le couple (plus 1,2 mkg) ne semblaient avoir progressé de façon déterminante par rapport à la 21. Et si, en ce temps où la course à la performance et à la vitesse maxi la plus élevée comptait encore beaucoup dans les conversations entre amateurs - qui n’hésitaient pas à comparer longuement leurs moyennes-horaires entre Lamotte-Beuvron et Pornichet -, l’écart entre les deux variantes pouvait encore apparaître comme significatif, il perd évidemment une bonne part de son importance dans une optique « collection »…

Caractéristiques Techniques

La DS 23 se distingue par sa finesse et son assistance hydraulique. La clarté et la visibilité sont évidentes, avec le volant juste devant les compteurs. La nouvelle face avant de la Citroën DS est relookée avec un avant plus fin et des phares carénés. Montage d'un alternateur à la place de l'antique dynamo.

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Moteur :

  • Cylindrée : 2 347 cm3
  • Puissance : Sa part 115 ch à 5 500 tr/mn
  • Couple : couple 14,9 mkg à 3400 mkg
  • Compression : 8,75:1
  • Nombre de paliers : Cinq paliers
  • Alimentation : par des carburateurs ou 28/36 DDEA2 (manuelle) ou 28/36 DDEAS (automatique Borg Warner).

Performances :

  • Vitesse maximale : la couleur avec 173 km/h en pointe.

Suspension :

  • hydropneumatique qui a été installé.
  • composé de quatre blocs huile-azote avec amortisseurs incorporés.

Freinage :

  • et des tambours à l'arrière.

Fiabilité et Entretien

À la condition de leur accorder l’entretien qu’ils méritent, ces modèles ont en commun un niveau de fiabilité qui rend envisageable un usage quotidien : leurs moteurs leur confèrent un niveau de performances compatible avec le trafic actuel, et le « liquide vert » apparu en août 1966 a réglé la plus grande partie des caprices hydrauliques de l’engin. Les deux groupes sont très solides et la pompe à eau, qui peut déclarer forfait dès 80 000 kilomètres, constitue la seule faiblesse (relative) que l’on peut éventuellement leur reprocher.

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Voici quelques points d'entretien importants :

  • vidange à huile.
  • d'essence régulièrement.
  • 30 000 km ou tous les deux ans au maximum.
  • nettoyé avant d'être de nouveau rempli du liquide.
  • être changée.
  • de graissage à honorer sur l'essieu avant.

DS 21 vs DS 23 : Quel Choix ?

On l’a vu, l’agrément d’utilisation du moteur 23 n’est pas niable mais, au demeurant, une DS 21 (y compris dans sa version à carburateur) n’est pas loin de le tutoyer, l’amplitude entre les deux n’étant pas considérable. Et, lorsqu’on examine la cote de La Vie de l’Auto, on comprend aisément pourquoi bien des amateurs continuent de s’orienter vers la 21 : dans sa version à injection, celle-ci vaut aujourd’hui 28 000 euros en finition Pallas, tandis que la 23 identiquement configurée atteint les 35 000 euros.

Voilà une différence de prix qui a de quoi faire réfléchir, tout en gardant à l’esprit le fait que ces valeurs sont copieusement dépassées dans certaines transactions, notamment lorsque sont mises en vente des autos restaurées par des professionnels de haut niveau.

Tableau Récapitulatif des Caractéristiques Techniques

Caractéristique DS 21 DS 23
Cylindrée 2 175 cm³ 2 347 cm³
Puissance (ch) 115 130
Vitesse maximale (km/h) 179 185
Alimentation Carburateur ou Injection Carburateur ou Injection

Conclusion

La Citroën DS 23 Pallas Automatique, avec son confort de roulement exceptionnel, reste une voiture qui suscite l'amusement, voire l'intrigue. Il est cependant essentiel d'être très prudent lors de l'achat, en vérifiant les versions existantes et les évolutions par millésimes. Une inspection sous toutes ses coutures par un spécialiste peut permettre également de se faire assister lors de l'achat.

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