La Citroën DS est bien plus qu'une simple voiture. Elle représente une dimension à la fois symbolique, esthétique et technique. Peu d'automobiles peuvent se targuer d'avoir une telle aura. La DS fascine, impressionne, et ne laisse personne indifférent. Elle a eu la lourde tâche de succéder à la Traction, et Citroën a réussi le pari de remplacer une icône par une autre.
Genèse de la Citroën DS
La genèse de la DS débute en 1938. Pierre Boulanger, alors aux commandes de Citroën, pense déjà à la remplaçante de la Traction. Il trace les premières lignes du projet VGD, pour « Véhicule de Grande Diffusion ». La future Citroën devra résolument être plus confortable que sa devancière. En 1950, Pierre Boulanger décède dans un accident de la route. Pierre Bercot reprend les rênes de la marque et affine le cahier des charges du projet VGD. La voiture devra être lumineuse, avoir des voies arrière plus étroites qu’à l’avant et se doter d’une carrosserie profilée.
André Lefèbvre, ingénieur en chef du Bureau d’Études, ancien de l’aviation et des Automobiles Voisin, est sensible à l’aérodynamisme et à la répartition des masses. Avec le styliste Flaminio Bertoni, ils travaillent ensemble sur le design. Pour répondre aux exigences de confort, Paul Magès met au point un système hydraulique assurant l’assistance au freinage, l’asservissement de la boîte de vitesses, la direction et surtout la suspension.
Avant même sa sortie, la future Citroën fait déjà parler d’elle. La revue L’Auto Journal dévoile le dessin de prototypes espionnés au centre d’essai de la Ferté Vidame. En octobre 1955, la nouvelle Citroën est dévoilée au Salon de l’Automobile de Paris. Le style et la technologie révolutionnaires de la Citroën DS bouleversent les codes. La DS balaie la concurrence et tout ce qui se faisait jusqu’alors tombe en désuétude.
Évolution de la Gamme DS
L’année suivante, Citroën lance l’ID, qui reprend le minimum des solutions techniques d’avant-garde de la DS tout en étant plus abordable. En 1959, un break rejoint la gamme, suivi de près par un cabriolet carrossé par les ateliers Chapron dès 1960. Au Salon de 1965, la DS voit l’apparition d’un nouveau niveau de finition qui marquera les esprits : la Pallas. La même année, le moteur est alors gonflé à 2175 cm³.
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À partir de 1968, la Citroën se refait une beauté avec une profonde évolution stylistique. Les optiques avant sont désormais intégrés au galbe des ailes, à l’image de la Panhard 24. La dernière évolution notable sera l’arrivée de l’injection électronique, proposée dès 1969. La puissance atteint alors les 139 ch SAE sur les modèles équipés de cette technologie. En 1970, la Citroën DS est secondée par la SM, une luxueuse GT à moteur V6 Maserati.
Côté palmarès, la famille DS s’illustre par une victoire lors du Rallye de Monte Carlo en 1959, au Tour de Corse 1961 et à travers les nombreux exploits de Bob Neyret en rallye raid. La Citroën DS quitte la scène automobile en 1975, après 493.724 exemplaires produits (hors ID, breaks et cabriolets qui portent ce total à 1.330.755 unités), remplacée par la Citroën CX.
La DS Pallas en Détail
L'exemplaire qui s’offre à vos yeux est un millésime particulièrement savoureux. Assemblée aux Quais de Javel en décembre 1968, cette Citroën DS 21 est un modèle Pallas. Ce qui la rend si spéciale, c’est d’abord sa teinte. La grande dame revêt une robe Bleu Andalou (AC 623), une peinture proposée au catalogue de 1968 à 1969 et également utilisée par les véhicules de Gendarmerie. Sur notre modèle, le toit arbore la même teinte que la caisse.
Ce pavillon est réalisé avec de la fibre de verre moulée dans du polyester et recouvert de gel coat. Ainsi, en réduisant la masse de son couvre-chef, la voiture abaisse son centre de gravité. Un exemple qui souligne bien toute la réflexion mise en œuvre lors de l’élaboration de la DS. Avec les traits donnés par Flaminio Bertoni, bienvenue dans le meilleur des mondes. Pourtant, cette perfection ne tient qu’à un détail. Elle repose sur le clignotant arrière qui prend la forme d’un cornet. Cet élégant trompe-l’œil dissimule la jonction entre la ligne de caisse et le pavillon. Dernier détail singulier, lorsque l’on ouvre la malle du coffre, cette dernière révèle une lunette arrière rigoureusement symétrique.
Quelques signes rapides permettent de distinguer les DS des autres modèles de la gamme D. Premier détail, les monogrammes apposés sur la malle. Les chevrons sont dorés sur les DS et argentés sur les autres. Seconde spécificité de la DS, elle est la seule à signer ses montants arrière de ses initiales. Enfin, ses enjoliveurs recouvrent intégralement les jantes contrairement aux ID et dérivées qui laissent apparaître une partie de la jante.
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Avec la DS, on est à des années lumières de la rustique et attachante 2CV AZA. C’était la France rurale, ouvrière et celle des cadres et chefs d’entreprises qui se rencontraient dans les garages et concessions Citroën. C’est là où réside une partie du génie Citroën, qui parvenait à contenter les besoins de tous les Français.
Son nez plongeant cache les prises d’air sous sa jupe avant et permet l’utilisation d’une fine calandre entre le pare-chocs et le capot. De part et d’autre, notre Citroën DS double son regard en adoptant les nouveaux feux dessinés par Robert Opron. Cette évolution lui confère également des ailes plus généreuses. La version Pallas bénéficie même de projecteurs directionnels de série (en option sur la plupart des modèles de la gamme D). L’optique éclaire le virage avant que le conducteur ne le négocie. Un atout qui améliore de manière significative la sécurité à bord de la Citroën.
L'Intérieur de la DS Pallas
L’habitacle de la Citroën DS est une véritable bulle de confort. Cette sensation se perçoit dès lors où l’on pose son regard sur les épaisses garnitures. Elles promettent des heures de voyage dans la plus douce des étreintes. Ces sièges d’origine conservent à la fois patine et éclat. Le cuir s’invite jusque dans les moindres recoins. Il vient recouvrir l’intérieur des portières et même la partie basse du tableau de bord. Leur teinte brun tabac s’accompagne de moquettes caramel. Un ensemble complémentaire au Bleu Andalou drapant la carrosserie.
La planche de bord conserve l’esprit général des premiers modèles. Elle s’associe à l’élégant volant monobranche à bandes en chlorure de vinyle. Derrière celui-ci, on retrouve le compte-tours Jaeger qui affiche les distances d’arrêt sur sol sec. Sous la boîte à gant, on retrouve le poste de radio accolé à un coquet cendrier. À l’arrière, chaque passager dispose du sien. Derrière l’un d’eux est apposée une plaque au nom du concessionnaire de l’époque. Les places arrière bénéficient de poignées de maintien qui prennent la forme de lanières en cuir.
Mécanique et Conduite
Sous le capot en aluminium, les premières DS reprennent le bloc moteur 11D, initialement monté sur les Traction et dont seule la culasse est retravaillée. Dans sa configuration de décembre 1968 (année modèle 1969), la cylindrée de notre DS est portée à 2 175 cm³. La mécanique développe 115 ch SAE à 5750 tr/min, ce qui offre à la DS 21 une vitesse de pointe de 178 km/h.
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Au milieu des différents organes classiques, on distingue en vert les éléments hydrauliques qui ont fait toute la réputation de la DS. Une centrale hydraulique alimente le circuit de freinage, la direction assistée, la commande de boîte de vitesses mais aussi la suspension et l’amortissement. Ces deux dernières fonctions sont assurées par les mythiques sphères, associant gaz compressible et liquide incompressible. Elles permettent le maintien constant de l’assiette du véhicule et une tenue de route incomparable. A tel point que la DS peut rouler sur seulement trois roues car l’hydropneumatique compense.
La Citroën DS est une voiture qu’il faut connaître avant même de pouvoir la conduire. Pour démarrer je pousse la commande de vitesse vers la gauche, où se trouve inscrit un petit « D », tout en pressant légèrement la pédale de gaz. Le moteur s’éveille sobrement. Je sens la voiture se lever doucement, d’abord de l’arrière puis de l’avant. La magie commence.
Pour la suite, je range mon pied gauche définitivement. Je passe maintenant la première en poussant le sélecteur du bout du doigt vers l’avant. Ce dernier actionne la commande hydraulique de la boîte de vitesses. Lorsque j’accélère, l’avant de la DS se lève légèrement. Rapidement, je passe la seconde puis la troisième car les deux premiers rapports sont assez courts. La troisième est très longue. A chaque changement de vitesse, je décompose lentement le mouvement : je lève le pied de l’accélérateur et je tire le sélecteur d’un cran vers la droite; la centrale hydraulique émet un petit « tonc… tonc », puis je remets les gaz en douceur. Même si la position du sélecteur peut paraître inhabituelle, elle est très ergonomique. Le passage des vitesses se fait quasiment du bout des doigts et presque sans lâcher le volant.
Bien qu’un peu léger, le moteur reste suffisant pour s’insérer sur voie rapide. Sans être trop poussif, on apprécierait tout de même quelques chevaux supplémentaires. C’est là le principal reproche que l’on peut faire à la DS. Une faiblesse à nuancer et à resituer dans le contexte de l’époque.
Une des plus grandes qualités de la Citroën DS réside dans son freinage. Ce dernier est remarquable. Tellement qu’il vaut mieux apprendre à doser le fameux champignon faisant office de pédale de frein pour éviter les mauvaises surprises. Et pour cause, la course de ce gros bouton pointu est extrêmement réduite. De même, le port de fines chaussures est fortement recommandé car l’espace entre l’accélérateur et le frein est exigu.
De retour sur route, je perçois enfin les avantages de cet empattement long. Ce dernier contribue à lisser les petites secousses. Le plus gros étant absorbé par la suspension hydropneumatique et les sièges. Compte-tenu de ses capacités et de ses qualités, la DS 21 invite à adopter une conduite souple et tout en douceur. Une expérience qui nous propulse dans un tout autre monde, beaucoup plus serein et sûr.
En effet, la DS a su redéfinir le plaisir de conduite par sa douceur inégalée. Un confort légendaire rendu possible grâce à une ingénierie à couper le souffle.
Cote et Conseils d'Achat
Comme la majorité des anciennes, sa cote a donc bien évolué. Ici on ne parlera que de la cote de la Citroën DS 21 berline, pour un modèle roulant, sain et en bon état. Premier point à prendre en compte : le millésime. Les premiers modèles de DS 21 sont apparus en 1966 (avec l’ancienne face avant). La plupart sont encore au liquide rouge (LHS). Pour un bel exemplaire, comptez environ 21 000 €. L’année suivante, les DS passent au liquide vert (LHM), moins corrosif. Pour cela il faudra ajouter 4 000 € à la cote initiale. Les versions avec les feux en amande sont un peu plus abordables et se négocient à partir de 23 000 €.
Après 20 ans de carrière, la DS et ses dérivés sont devenus des voitures abordables sur le marché de l’occasion. Parmi celles qui ont su résister à l’usure et au temps, bon nombre d’entre elles ont été transformées pour succomber aux fantaisies de leurs propriétaires. Les modèles d’origine ne courent pas les rues et beaucoup de DS, ID, D Spécial et D Super 5 ont été « Pallassisées ». Une Pallas vous coûtera 5 000 € de plus qu’une finition Confort.
La DS est une voiture assez exigeante en entretien et qui nécessite de ... l'appartenance à un club spécialisé en ancienne peut être un plus pour l'entretien, les conseils, l'achat de pièces (en ds, on peut signaler idéale ds france ou le ds id club de france).
Avis d'Utilisateurs
- Philippe (01/12/2018) : "La DS à contribué sans nul doute au sucés et à la réputation de Citroën .Je pose la question ? elle à pu être aussi crée des difficultés à Citroën ?"
- Pierre (23/08/2017) : "Soyez attentif lors de l achat et surtout faites vous aider par un pro des DS.....!!"
- (27/02/2012) : "l'injection je l'ai apprise et ce n'est pas une catastrophe, loin de là. ma voiture a tjours roulé de puis 1970."
- (20/01/2010) : "jamais je pense une auto identique ne se refera à l 'avenir!"
La DS en Tête des Sondages
Lors d'un vote organisé par News d’Anciennes, la Citroën DS a été élue meilleure auto essayée en 2021, notamment grâce à son confort exceptionnel. Elle a devancé des modèles prestigieux comme l'Aston Martin DB4 et l'Alpine A110 1300.
Résultats du sondage :
- Citroën DS
- Aston Martin DB4
- Alpine A110 1300
- D.B HBR4
- Alfa Romeo TZ
- Citroën 2CV
- BMW 315/1
- Rolls Royce Corniche
- Ford T Speedster
- Porsche 993
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