Jean Joseph Beysselance est né le 11 mars 1921 à Sainte-Colombe (33350), un village de 250 âmes à l’époque, voisin de Castillon-la-Bataille, une petite ville de 3 000 habitants située sur la Dordogne célèbre pour avoir été le lieu, en 1453, de la dernière bataille de la Guerre de Cent Ans. Cette région viticole du département de la Gironde, à une dizaine de kilomètres de Saint-Emilion, est frontalière du département de la Dordogne.

Aux prénoms enregistrés par l’état-civil et par l’Eglise fut substitué le prénom usuel de Paul. Les parents de l’enfant, Guillaume Beysselance, appelé Raoul, et Marie Thibaud, appelée Marthe, s’étaient mariés début 1920, ils étaient viticulteurs. Madame Beysselance avait un frère prêtre.

Ses deux fils, Paul et Henri devinrent prêtres à leur tour, Paul aux Missions Etrangères et Henri dans le diocèse de Bordeaux. Le jeune Paul commença en 1931 ses études secondaires à l’école apostolique Notre-Dame de Montmélian, à Survilliers, commune de Seine-et-Oise à l’époque, du Val d’Oise aujourd’hui. Il y fut confirmé en 1932. A la rentrée de 1938 il devient grand séminariste pour les Missions Etrangères, au séminaire de l’Immaculée Conception, à Bièvres.

La guerre éclate un an plus tard. Les étapes se succèdent jusqu'au sacerdoce : tonsure à Paris le 8 mars 1941, lectorat le 29 juin 1941, acolytat le 29 juin 1942, sous-diaconat le 21 décembre 1946, diaconat le 22 mars 1977, prêtrise le 29 juin 1947, reçue en la cathédrale Saint André de Bordeaux.

Mission au Vietnam

Le 24 décembre 1947, le Père Paul Beysselance part en mission et il arrive le 24 janvier 1948 au Vietnam. Il approche de son 27ème anniversaire. Il passera 28 ans au Vietnam.

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Après avoir brièvement étudié le vietnamien et la langue bahnar à Kontum et à Ngo-trang, il est envoyé à la paroisse de Polei Konang, puis, en janvier 1949, il est chargé de la paroisse de Dak Mot, en pays sedang. En ces années de guerre, le P. Beysselance eut à souffrir de plusieurs attaques des Vietcongs, qui pillèrent le centre paroissial de Dak Mot en 1965 et 1972.

Il frôla la mort lorsque sa 2 CV Citroën fut mitraillée alors qu’il allait célébrer une messe, les deux passagers qu’il transportait furent tués. Auparavant il s’était opposé devant les catéchistes et les chrétiens au départ dans la brousse avec les Vietcongs d’un village chrétien de fraîche date, l’attentat était probablement lié à cette prise de position, il causa au P.

Retour et Nouvelles Missions

Suite au changement de régime dans le sud du Vietnam, le P. Beysselance doit quitter le pays, le 9 juillet 1976. Il se sent « déphasé » en France et ne souhaite pas y exercer un ministère pastoral.

En 1977, il projette de se rendre clandestinement au Vietnam à partir de la Thaïlande avec quelques membres d’une petite ONG française dont le directeur est un ami, afin d’en exfiltrer quelques Montagnards dont l’existence est menacée, à commencer par Philippe Su, qu’il a adopté à Dak Mot lorsqu’il était enfant et dont il est devenu le frère adoptif selon les lois aborigènes, et afin d’accompagner les maquisards comme aumônier.

Devant le refus des supérieurs de la Société, il séjourne en Thaïlande d’août à novembre 1977, se rendant aussi en Malaisie et à Singapour, pour visiter et servir autant que possible les réfugiés du Vietnam qu’il peut approcher, surtout dans les camps de Kopreut (province de Chantaburi) et de Songkhla.

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En 1978, il envisage un ministère auprès des réfugiés en Thaïlande, comme aide-soignant avec l’ONG dont il est proche. Il part pour 3 mois en Thaïlande le 18 mai 1979, mais il ne peut réaliser son projet.

Dernières Années

A son retour, cherchant un pied-à-terre dans la perspective de la sortie du Vietnam de son « frère » Philippe Su, il séjourne à la maison Saint-Raphaël de Montbeton, où il retrouve le Père Jean Faugère (1921-2007), un ancien de Kontum comme lui, qui a pris en charge l’économat de la maison. Le P. Beysselance passera à Montbeton les trente-cinq dernières années de sa longue vie.

Il aura la joie d’y retrouver son frère adoptif, M. Philippe Su, qui travaillera dans la maison Saint-Raphaël et avec lequel il partagera un logement social de la mairie de Montbeton de 2002 à 2009. Il aura aussi la joie de retourner au Vietnam à plusieurs reprises, avec le père Chastanet, à l’occasion des grandes fêtes, où il donnait un coup de main, en particulier pour les nombreuses confessions occasionnées par les rassemblements des chrétiens pour ces fêtes.

Ces dernières années le P. Beysselance était handicapé par l’âge et il était devenu silencieux. Le 16 janvier 2015, il décède. Son corps repose dans le caveau familial de Sainte-Colombe.

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