L'histoire de la Citroën 2CV est jalonnée d'innovations et de personnalisations, notamment grâce au travail de préparateurs et d'accessoiristes automobiles. Parmi eux, Jean DAGONET, un ancien minotier de Faverolles, s'est distingué par ses améliorations mécaniques et esthétiques sur la 2CV.
Jean Dagonet et l'Amélioration de la 2CV
Dès 1952, Jean Dagonet se fait remarquer par son ensemble cylindres-pistons adaptable. En portant la cylindrée d’origine du petit moteur de 375 cm3 à 425 cm3, il augmente notoirement ses performances, la vitesse passant ainsi de 60 à 70 kilomètres à l’heure.
L’année suivante, apparaissent les cylindres en aluminium à intérieur chromé. L’ensemble “DF (Dagonet Faverolles) Chrome” est très recherché des collectionneurs, aujourd’hui ! Ceux-ci permettent encore de nouvelles performances pour la mécanique de la petite Citroën. Ainsi, une 2 CV Dagonet se fait-elle remarquer au Bol d’Or 1954.
Les ateliers de Faverolles disposent d’une large gamme de pièces permettant l’amélioration des capacités de puissance des moteurs de 2 CV. Ils proposent aux propriétaires intéressées des tubulures d’admission-échappement, divers carburateurs et des échappements simples ou doubles dont ils assurent le montage.
La 2CV DF Surbaissée
Mais, Jean DAGONET voulant assurer à sa voiture des possibilité d’accéder à de meilleurs résultats en course de rallyes et sachant qu’il n’irait pas beaucoup plus loin en terme de capacités mécaniques se décide à transformer l’aspect extérieur de son automobile. Ainsi il dessine les plans d’une 2 CV qu’il nomme DF Surbaissée. Surbaissée, elle l’est, à coup sûr, et allégée de surplus.
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Comme tout concepteur de voitures de course, il sait l’importance qu’à pour ce type de véhicule ce que l’on nomme le “CX”. C’est à dire, la résistance à l’air. Et quand on sait la cylindrée de cette 2 CV, on imagine aisément qu’il faut une bonne dose de conviction et de créativité pour donner à ce véhicule un aspect aérodynamique. Eh ! bien Monsieur Jean DAGONET ne manquait ni de l’un, ni de l’autre et grâce à une équipe de tôliers-formistes, il conçoit de rabaisser la 2 CV de 18 centimètres, hors tout et de transformer sa silhouette en lui donnant un air plus fuyant vers l’arrière.
Le surbaissement du pavillon est ici, très important et le déplacement de cinq centimètres vers l’arrière du pied milieu et l’inclinaison augmentée de 12 degrés de l’inclinaison du pare-brise tendent tous à donner un air plus sportif évident.
Et Jean DAGONET, en homme averti des techniques à la mode de l’époque utilisera lce que l’on nomme “plastique” (fibre de verre et résine) à l’époque, afin de réaliser les sept éléments de carrosserie nécessaires à son prototype et applicables sur une base de 2 CV Citroën. Après avoir dessiné un gabarit ; Des moules en plâtre des éléments latéraux du pavillon, des portières avant et arrière, et du capot, étaient réalisés afin de pouvoir former le tissage en trois épaisseurs de tissu de fibre de verre enduit de résine. Le séchage étant rapidement obtenu par l’utilisation de lampes à rayons infrarouges.
Les charnières nécessaires à l’assemblage des portières et du capot étaient noyés dans l’épaisseur des pièces légères et robustes ainsi obtenues. L’intérieur des portières étaient garni d’un flocage à base de fils de laine. Pour gagner encore du poids, le “Sorcier de Faverolles” a raccourci la capote d’origine afin de s’adapter à la nouvelle carrosserie et il fait réaliser une grande lunette en matière souple. Celle-ci permettant de supprimer l’entourage métallique, le joint en caoutchouc et la glace en verre. Les glaces des portières furent également remplacées par du Plexiglas.
Ces transformations permettent d’une part, un gain de poids évalué par Jean DAGONET, lui-même à 10 Kg., et son “CX” permet, d’autre part, de gagner 10 Km/h. en vitesse de pointe. L’abaissement du centre de gravité de la voiture lui assurant, quant à lui, une meilleure tenue de route.
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Ces modifications font de la Citroën 2 CV, un véritable petit bolide, sportif, pour la joie de nombreux pilotes amateurs.
Jean DAGONET pensait que ces pièces fabriquées dans ses ateliers pouvaient être vendues à une clientèle d’amateurs, de pilotes de rallyes ou dévoreurs de kilomètres par ses agents détenteurs des plans de montage qui assureraient le montage et la peinture. Il espérait aussi que la vente à grande échelle de ces éléments permettraient une baisse des pièces en fibre de verre. Le coût de la transformation en 1955 pour transformer une simple 2 CV de 366. 000 francs s’élevait à 120. 000 francs !
Les Modèles et Leur Rareté
Aujourd’hui, on dispose d’un nombre important de documents relatant cette aventure, mais, on est incapable de dire combien de ces voitures furent assemblées en ses trois versions. L’une avec la capote en toile, les deux autres, plus récentes disposant d’un pavillon en une seule pièce intégralement moulé en fibre de verre. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il reste trois 2 CV DF surbaissées !
Voici donc la 2 CV Dagonet dans ses différentes versions, enfin quelques unes car elles étaient toutes plus ou moins différentes. Modèle encore très proche de la 2 CV dont elle reprend beaucoup d'éléments tôle de carrosserie. Notez les roues Robergel très rares sur les 2 CV Evolutions 1955/56.
Plusieurs modèles de 2CV Dagonet ont marqué l'histoire, notamment :
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- 1955 Ghislaine avec toit en toile - Civile REIMS (548 CD 51)
- Course 1000 Milles 1955
- Nouvelle calandre
- 1000 Milles avec phares intégrés
- 1956 Marie France avec toit en tôle Civile (991 AR 45)
- Course Liège-Rome-Liège (991 AR 45)
Celles présentées ici, sont datées de 1957. Troisième calandre.
- Civile (999 EV 28)
- Course
- Une brochette de DF
Une autre version de la 2 CV Dagonet est prévue dans la nouvelle collection Hachette - Auto Plus !
Philippe Van de Maele et le Rallye de l'Orléanais
En 2016, Philippe Van de Maele a partagé ses expériences de course et des détails sur sa voiture lors d'une rencontre. Une Dagonet, immatriculée 5570 BJ 78, a été représentée avec son N°3 de course pour le rallye année 1957.
François Bernheim a également possédé deux 2 CV DF, dont une Ghislaine avec laquelle il a participé au Rallye des Mille Miles 1955. La voiture de Bernheim était Gris Ciment au Tour de Belgique 1957. Pour une configuration Rallye des Tulipes 1956 il faut peindre ta miniature en Gris Rêve, soit un Vert très pâle, un peu plus clair que le Vert Jade Citroën.
En ce qui concerne son coach 2 CV UMAP, je n'ai pas encore vu une photo d'époque. Celui qu'il copilotait au Rallye Liège-Brescia-Liège 1958 était Bleu Jockey, l'une des trois teintes de l'usine de Bernon.
Mon recensement fait ressortir une quarantaine de coachs 2 CV UMAP survivants, soit un gros taux de rescapés. Dans la mesure du possible je collecte un maximum de renseignements.
Régis Guyot, le Directeur de la publication Citroscopie, sera présent à Reims en mars au Salon des Belles Champenoises d'Epoque, tu pourras trouver sur son stand ce N°52, si il n'est pas épuisé.
Le livre sur Jean Dagonet est en cours d'écriture. En matière de documents je dispose à peu près de tout. Cependant, si vous détenez des photos d'époque inédites, des clichés familiaux, des documents, des dessins originaux, autres que ceux qui sont régulièrement partagés sur le Net, alors contactez-moi en privé. Je suis également intéressé par le tracteur L.T.B. assemblé aux Ateliers de Faverolles.
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