À la fin des années 70, l’industrie automobile n’est pas au mieux. La locomotive British Leyland souffre et décide de se moderniser avec l’Austin Metro. Pour cela, elle ne réinvente rien et reprend la recette, et la base technique en fait, de la Mini avec un style plus actuel. D’ailleurs son nom est « miniMetro ».

En 1982 on va compléter la gamme en relançant une marque : MG. Aussi mythique soit-elle, elle avait été abandonnée avec l’arrêt de la production de la MG B. Elle se replace alors sur un positionnement qu’elle tiendra plus de 20 ans : une marque qui décline en sportives les autos du groupe (Austin puis Rover).

La MG Metro ne lésine pas sur les badges pour se différencier et reprend le fameux 1275 cm³ avec 71ch. Du coup, en Octobre 1982, on sort la MG Metro Turbo. La recette est déjà utilisée par de nombreux constructeurs : un Turbo pour faire d’une populaire une petite « Hot Hatch ». Le moteur est revu par Lotus et cette fois on atteint les 94ch.

Les MG Metro Turbo, et atmo, disparaissent en 1989 quand l’Austin Metro devient Rover 100. 142.165 exemplaires ont alors été produits dont 21.968 suralimentés. Notre essai du jour, c’est cette auto noire de 1983.

Extérieur : Un look daté mais dynamique

La version sportive n’a pas beaucoup touché au style de David Bache. À l’époque, il était salué avec ses lignes tendues, simples et carrées. D’accord, mais il faut bien avouer que la MG Metro Turbo, comme toutes les autos de cette génération, ont pris un sacré coup de vieux.

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La face avant déjà, c’est du carré. Les phares le sont, rejetés de chaque côté d’une calandre rectangulaire et sans chichi. Le pare-chocs est plus massif que sur les versions de base et propose une prise d’air au-dessus de la plaque. Le spoiler est également plus travaillé.

Le profil montre une volonté de muscler la ligne. Les élargisseurs d’ailes font paraître les roulettes de 12″, en alliage, encore plus petites. Le gros autocollant Turbo se remarque aussi. Pour ce qui est du dessin général de ce profil, on retrouve les codes de ces toutes petites autos avec un profil ramassé et de larges surface vitrées. On pourrait voir une évocation de l’A112 plus que d’une Mini.

L’arrière ferait plaisir à Jeanne Mas : du rouge et du noir. Le logo MG et le Turbo sont bien rouges et vont plutôt bien avec les feux, évidemment carrés et plutôt voyants. Si le pare-chocs est identique à la Metro « normale », le bas de caisse est plus travaillé.

La MG Metro Turbo se distingue surtout avec un entourage de vitre en plastique comprenant un petit becquet sur le haut. Là encore, ce serait bien plus visible avec un autre coloris. Surtout, on remarque la grosse sortie d’échappement.

Au final, comment juger la ligne de cette MG Metro Turbo ? Et bien c’est simple, très simple. Certes, on retrouve un certain dynamisme, mais l’élégance est complètement oubliée. Pour autant les concurrentes faisaient-elle vraiment mieux ?

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Sous le capot : Un moteur connu avec un turbo à l'ancienne

Pas de doute en ouvrant, presque à la verticale, le capot de la MG Metro Turbo. Le moteur, on le connaît. L’implantation, le couvre culasse, c’est du Mini. Par contre, cette fois-ci, on a bien mis le radiateur devant et pas sur le côté. Bien évidemment, il est implanté transversalement et ne prend pas trop de place. Mais le plus important, c’est entre lui et la cloison pare-feu. Au lieu de retrouver une grosse boîte à air, on retrouve donc un Turbo. Pour le coup, c’est une installation « à l’ancienne » puisqu’il est toujours rattaché à un carburateur simple corps !

Sa puissance est de 94ch à 6130 tours/minutes. Ça peut paraître light, on est 15ch en dessous de la R5 Alpine Turbo par exemple, mais justement la MG Metro Turbo reste légère avec 900 kg mesurés. Si ce moteur est volontaire, le point noir vient plutôt de la transmission. La boîte 5 ne sera au programme que sur la Rover 100 et on se contentera de 4 rapports sur notre bombinette à l’anglaise.

Intérieur : Ambiance Turbo et rouge omniprésent

On ouvre la grande porte de la MG Metro Turbo pour découvrir un intérieur bien plus gai que l’extérieur. Encore une fois, c’est le coloris noir qui renvoie cette impression. Dans l’habitacle, ce n’est pas une ambiance sport, pas une ambiance GTI, mais une ambiance Turbo. Ça se traduit comment ? Pour le coup c’est un peu « Simon Says » (Jacques a dit par chez nous) on met du rouge. Donc on met du rouge.

La moquette ? Rouge. Les contre-portes ? Rouges. Les parties centrales des assises ? Rouges. Ah, juste, à l’avant, on va broder un gros Turbo sur le dossier, faut que ça reste visible puisque la porte est ouverte. Vous voulez encore du rouge ? On ajoute des lignes décoratives autour de l’instrumentation, les surpiqûres des sièges ou du volant, la partie basse de ce dernier et un logo qui reprend l’hexagone MG au centre du volant, mais avec Turbo inscrit à la place.

Sinon, niveau dessin, c’est carré. Et niveau matériaux ? Et bien là on replonge dans les années 80, on est en plein dedans. Comme dirait Elmer, le plastique… bah non c’est pas tout le temps fantastique. Ici on est pas en présence de plastiques très travaillés. Sinon, pour être précis, on retrouve dans l’habitacle de la MG Metro Turbo exactement ce qu’on attend. Le plastique « décore » une planche de bord qui est une succession de vide-poches, avec une instrumentation simple.

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Un compteur de vitesse, la jauge de carburant, la température d’eau, les quelques voyants absolument nécessaires et pas un de plus, et puis un compte- tours… suggestif. Déjà il est gradué jusqu’à 7000 tours, mais surtout, juste en dessous, une petite bande de voyants indique la pression de Turbo. Too much ? Pour le coup… pas du tout. On est dans les années 80 et puis c’est une auto pour les d’jeuns ! Alors faut que ça claque et que ça pétille. En 2021 ça donne quoi ? Et bien c’est parfaitement raccord avec l’extérieur en fait.

Au volant : Une expérience datée mais attachante

C’est parti, je me met au volant. Et bien je vais commencer par taper sur ce volant. Explication : La MG Metro Turbo est une voiture courte et la direction ne propose pas de renvoi. Quand vous posez le volant dessus, et bien il est bien incliné lui aussi. Cette disposition du volant entraîne un réglage du siège pas forcément géniale. Pour pouvoir bien le manier et avoir accès aux pédales, je me retrouve plutôt près du bas du volant, quand le haut est toujours plutôt loin. Bref, c’est nul.

Contact, starter. Oui, un bon vieux starter, au milieu des années 80 c’est toujours marrant. Raffinement moderne, on ne l’oubliera pas grâce à un voyant au tableau de bord. Le ptit moteur se met en route, dans un bruit de ptit moteur. Oubliez la sportivité. Je boucle ma ceinture rouge et c’est parti. La MG Metro Turbo décolle sans peine. Même à cette très basse vitesse, je me rends compte que l’effort demandé au moteur est très réduit !

La première est courte, voici la seconde. Un rapport particulièrement adapté en ville avec une circulation nerveuse. Je suis loin de chercher le côté sportif de mon anglaise du jour mais déjà je sens qu’elle est nerveuse. Si le volant est désespérément horizontal, au moins il renvoie immédiatement la commande et la direction est précise. Par contre, les freins, c’est pas la joie. En sortant de la ville un gros rond-point me demande une certaine réactivité.

Première et dès que ça s’éclaircit je ne laisse pas passer ma chance. La première tracte fort et la MG Metro Turbo ne laisse pas le temps à quelque compacte que ce soit de passer devant. La seconde est enquillée et je sors vite du giratoire pour me retrouver, seul, face à une 4 voies… et un ruban de petites loupiottes qui s’impatiente. Cette fois, toujours en seconde, je laisse mon pied droit se faire pressant sur la pédale « magique ». Au début, pas grand chose, ça accélère mais ça n’a rien de folichon. Et puis, aux alentours des 3000 tours, les loupiottes se réveillent et un sifflement se fait entendre. Le vert arrive et de propage vers la droite tandis que la poussée devient plus franche. Franche, pas forte.

Le deuxième rapport atteint ses limites et je vais enquiller la troisième pour la première fois… en m’y reprenant à deux fois. Pas question de passer les rapports à la volée en fait, la commande de boîte m’oblige à décomposer de façon exagérée en poussant vers la droite pour rentrer le troisième rapport. Dans l’intervalle, la MG Metro Turbo a perdu son élan et je suis sorti de la « zone Turbo ». Plus qu’à recommencer, mais elle le fait. Il faut être franc : il y a de l’ambiance dans l’habitacle. Déjà avec la couleur rouge, mais aussi avec du bruit. Même si le sifflement est plutôt calme à 90 km/h, la 4e tire plutôt long, les bruits d’air sont bien là et les grincements de plastique contre plastique sont aussi invités !

La route continue sans trop de souci. Je m’habitue à la conduite de la MG Metro Turbo et un nouveau passage urbain montre qu’elle y est parfaitement à l’aise. On sort de la ville et la MG Metro Turbo se retrouve sur une route qui lui sied parfaitement. La chaussée est étroite mais vu son gabarit elle y est parfaitement à l’aise. Les lignes droites sont rares et je peux relancer du pied droit en se faisant plaisir. Il n’y a que l’enchaînement 2-3 qui est toujours aussi lent. Dommage.

La direction me place bien là où on veut, bref, je m’éclate. On reste sur une petite route forestière et d’un coup la qualité du revêtement devient horrible. Ce n’est plus une route mais un empilement de rustines et visiblement ce n’était pas le terrain de jeu des ingénieurs de Lotus au moment de mettre au point la suspension Hydragas. La MG Metro Turbo sautille, rebondit. La précision de la direction s’évanouit et le conducteur perd le peu de confort qu’il ressentait jusqu’à présent. Heureusement le reste du trajet se fait sur des routes plus roulantes et en meilleur état. La MG Metro Turbo y est amusante et plutôt performante. Par contre, il ne faut pas oublier son petit moteur au moment de dépasser un camion en côte. Dans ce cas là, tombez un rapport et vous repartirez prestement.

Conclusion

La MG Metro Turbo est une auto aux multiples facettes. Rare, elle peut se montrer performante, facile et marrante sur bien des routes. Mais elle peut aussi vous faire enrager par de petits détails… qui font aussi son charme. Abordable, il faudra bien savoir ce que vous voulez en faire avant de vous aventurer sur des terrains de jeux qui ne seraient pas les siens. En gros, avec cette petite anglaise vous aurez une auto originale, amusante, mais datée. Vous voulez vous démarquer aux différents rassemblements de youngtimers auxquels vous vous rendez ?

Côté prix vous n’allez pas forcément payer cette originalité. Un bon modèle se trouvera aux alentours des 9000 € et les plus beaux iront jusque vers 12.000 €*. Notre noire du jour, avec ses 68.000 km au compteur est précisément un beau modèle, et l’estimation d’Osenat pour sa vente est dans la fourchette : entre 9000 et 11.000 €.

Pour ce guide d’achat, il faut évidemment mettre le bémol sur la fiabilité de la MG Metro Turbo. Si tout marchait sur notre modèle le jour où on l’a essayé, rien ne dit que ça va durer. La petite anglaise est capricieuse, comme toute la production automobile d’outre-manche de cette époque. Heureusement, son moteur est archi-connu et les spécialistes de la Mini sauront vous remettre sur la route.

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