Héritier d’une lignée entamée en 1950, le Volkswagen Transporter se prétend titulaire du record mondial de longévité. Pourtant, au-delà de son appellation, cette fourgonnette n’a plus grand-chose à voir avec le Combi Type 2 à moteur arrière. La parenté est plus manifeste entre un Renault Trafic et l’Estafette d’autrefois !
Officiellement appelé la Volkswagen Type 2, le VW Combi doit son existence à l’importateur hollandais de VW, Ben Pon. C'est en tant qu'importateur officiel des productions de Wolfsburg que le Néerlandais Ben Pon visita l’usine Volkswagenwerk par un beau jour du mois d'avril 1947. En effet, lors d’une visite à l’usine Volkswagen en 1947 dans le but d’acheter de nouvelles Type 1, le modèle appelé la Coccinelle, il fut intéressé par une création rudimentaire qu’utilisaient les travailleurs pour transporter des pièces détachées.
On raconte que c'est en voyant un châssis de Coccinelle déshabillé de sa carrosserie et modifié en plateau pour le transport des pièces au sein des ateliers (Plattewagen, en allemand), que le Néerlandais Ben Pon traça le croquis d'un véhicule qui allait devenir le Type 2 en mars 1950. Le premier dessin, de ce qui sera plus tard le Combi, fut réalisé le 23 Avril 1947 par Pon mais l’idée fut rapidement abandonnée par la direction de la marque qui avait déjà du mal à satisfaire à la demande de la Coccinelle.
Les premiers prototypes du véhicule furent construits sur la même plateforme que la Type 1 mais, avec les tests, il fut décidé que ce châssis n’était pas assez solide pour le projet. Le développement avant la mise en vente ne s’arrête pas au châssis. Les premiers prototypes avaient un coefficient de traînée important (0,75). Le tunnel aérodynamique de l’université de Braunschweig fut alors utilisé pour améliorer l’efficacité aérodynamique du Combi. Suite à plusieurs centaines d’heures de tests, un coefficient plus raisonnable, et même impressionnant, de 0,44 a été atteint.
Alors que l’idée d’utiliser le châssis de la Type 1 fut abandonnée, VW conserva son moteur. Bien que nous nommons ce véhicule célèbre le VW Combi, ceci est en réalité une grave erreur. Nous utilisons cette nomenclature tout simplement car la version Combi fut la première à être vendue, à côté de la version commerciale. Comme on peut l’imaginer, la Type 2 Commerciale est un fourgon sans vitres latérales.
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En Mai 1950, soit six mois après la sortie du Type 2, VW lança la Microbus. Cette version diffère du Combi grâce à des sièges plus confortables qui, cependant, ne pouvaient pas être retirés avec la même facilité. De nombreuses versions, plus rares, ont aussi été créées au fil des années afin de rendre plus simples tous types de travaux. Continuons avec la nomenclature du VW Combi car c’est un nom plus compréhensible. Quelques soient les versions du modèle, elles ont toutes suivi la même base au cours de sa vie entre 1949 et l’époque actuelle bien que le nom Type 2 ait disparu il y a presque 30 ans.
Au fil des années et en fonction des marchés, la fourgonnette Volkswagen Type 2 prit des appellations commerciales aussi diverses que Volkswagen Combi ou Kombi (surnommé Bulli ou Bully), Volkswagen Bus et Microbus, pour connaître un succès planétaire.
Les différentes générations du Combi Volkswagen
Pour revenir au début de l’histoire du modèle, la première génération du Type 2, qui est officiellement nommé T1, était en vente entre 1949 et 1967. Cette série est la plus recherchée par les collectionneurs et la façon la plus simple de la reconnaître c’est la séparation du pare-brise en deux parties. Le Type 2 (que la logique oblige à appeler T1 rétroactivement) est apparu en 1950 sous la forme rationnelle de la fourgonnette tôlée, avant d’être rejointe par des variantes vitrées.
La plus mythique et convoitée aujourd’hui est le Microbus De Luxe à toit souple lancé en 1951, dit Samba Bus et reconnaissable à ses lucarnes sur le toit qui lui permet de totaliser pas moins de 23 vitres. Avec le même design simpliste et sympathique, la deuxième génération, ou T2 du Type 2, est très similaire esthétiquement au T1. Cependant, des modifications permettent de distinguer les deux générations. Dans un premier temps, le pare-brise en deux parties est remplacé par une alternative plus normale, avec un seul élément en verre sur toute la largeur.
Le dernier véhicule VW à porter le nom Type 2 et même à être associé avec le terme Combi est la troisième génération du véhicule. Cependant, ce modèle est totalement différent de ses prédécesseurs. Les seules ressemblances entre la génération T2 et la T3 portent sur le moteur refroidi à air et le logo VW situé à l’avant. Le T3 apparu en 1979 était à l’image de l’automobile d’alors : fini les rondeurs des années 1960, l’heure était aux lignes tendues.
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Cette carrosserie élargie - mais pas allongée - parvenait à assurer une meilleure habitabilité, ainsi qu’une meilleure protection en cas de choc. Encore que cette notion paraisse tout à fait saugrenue aujourd’hui, à propos d’un véhicule qui condamnait les passagers à voyager les jambes en avant des roues, derrière un pare-chocs assez symbolique. En 1985, Volkswagen était parvenu à adapter le catalyseur à ses moteurs à essence, ainsi que le turbocompresseur à son Diesel.
La véritable révolution technique est arrivée en 1990, avec la conversion du Transporter à la traction et au moteur transversal avant. Enfin, une position de conduite à peu près digne et confortable ! Enfin, une protection digne de ce nom en cas de choc frontal ! Enfin un plancher plat de bout en bout de la zone de chargement !
Le T5 lancé en 2003 fut dessiné dans la continuité, avec une carrosserie plus ample, un confort nettement amélioré et une sécurité active comme passive de haut vol. C’est avec cette génération que la modularité a fait un bond en avant. Puisque la plupart des versions du Multivan T5 proposaient deux portes coulissantes, la table pour les passagers à l’arrière a été déplacée du côté gauche au centre du véhicule, puis montée sur deux rails coulissants.
Le remodelage de l’avant du Transporter a marqué le passage à la génération T6 en 2015, caractérisée par ses nouveaux moteurs, des systèmes d’aide à la conduite encore plus intelligents et un nouveau système d’infodivertissement connecté. Tous ces perfectionnements font que le T6 de 2020 n’a plus grand-chose à voir avec le Type 1 de 1950, dont le moteur s’époumonait à la vue de la moindre côte.
Le lien de parenté entre le Type 2 de 1950 et le T6.1 de 2020 paraît bien tenu néanmoins, tant les évolutions furent nombreuses et radicales, en l’espace de soixante-dix ans. Si on s’en tient à de simples critères techniques, le Renault Trafic serait mieux fondé à se prétendre l'héritier direct de l’Estafette, une fourgonnette qui bénéficiait déjà des roues avant motrices et du refroidissement par liquide au moment de son lancement, en 1959. Rappelons que l’ère du moteur avant chez le Volkswagen Transporter n’a véritablement démarré qu’en 1990, avec le lancement du T4.
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Durant quatre décennies, de 1950 à 1990, le Volkswagen Combi s’en est remis à la bonne vieille architecture du moteur à cylindres opposés, implanté en porte-à-faux arrière.
Le Combi, symbole d'une époque
C'est véritablement dans sa version de 1967, dite T2, que le Combi est devenu le symbole du mouvement hippie en même temps que la coqueluche des surfeurs et des familles. Tous avaient été conquis par sa modularité, qui permettait par exemple de le transformer en camping-car le temps d'une escapade. A cette époque, une grande partie de la jeunesse manifestait pour mettre fin aux conflits internationaux dont la guerre du Vietnam. Comme ces véhicules ne se distinguaient pas assez sur les routes de Californie parmi les berlines américaines, de nombreux d’exemplaires ont été peints avec des couleurs vives comme le jaune et le vert.
C’est cette image que nous pouvons tous imaginer facilement qui a permis au VW Combi de devenir une véritable icône des années 1960. Bien qu’au début de sa création, le VW Combi avait pour ambition de rivaliser avec d’autres modèles similaires comme le Citroën Type H, seul le Type 2 est maintenant considéré avec une telle passion au niveau international.
Arrêt de la production et renaissance électrique
C’est au cœur de l’été 2013 que Volkswagen a annoncé sa décision de mettre fin à la fabrication du mythique Combi T2 dans son usine de Sao Bernardo do Campo, au Brésil, qui en a produit plus de 1,6 million depuis 1957. Une série limitée anniversaire “56 Anos Kombi - Last Edition” a été tirée à 1.200 exemplaires, reconnaissable à sa livrée combinant le blanc au bleu pastel (prix de vente en 2013 : vendue 85.000 réaux, soit environ 27.000 euros).
A l’époque, la nouvelle de l’arrêt définitif du bon vieux Combi avait ému jusqu’aux plus hautes sphères de l’État français, puisque le Premier ministre d’alors, Jean-Marc Ayrault avait avoué avoir parcouru des dizaines de milliers de kilomètres au volant de multiples T2 aménagés en caravane. Au moment de quitter ses fonctions et de rejoindre son foyer nantais, il avait déclaré se réjouir à l’idée de renouer avec son vieux T3 Westfalia Joker.
Périodiquement, Volkswagen le revisite. En janvier 2017, la firme allemande levait le voile sur une sorte de Combi Samba à traction électrique, baptisé ID Buzz Microbus au Salon de Detroit. Plus récemment, en juillet 2020, Volkswagen montrait un Type 20 Microbus Concept électrique ressemblant trait pour trait à la version originale du début des années 1960. De fait, il s’agissait d’un authentique Microbus à onze fenêtres datant de 1962, métamorphosé par la firme californienne Electric GT spécialisée dans la conversion à la propulsion électrique.
La raison d’une telle réalisation unique ? Simplement célébrer l'inauguration des nouveaux locaux du centre de recherche Volkswagen Electronics Research Laboratory de Belmont, en Californie.
Le Combi aujourd'hui
Aujourd’hui, la gamme Volkswagen se divise en plusieurs modèles, le Transporter n’est plus une base universelle pour les utilitaires, les minibus et les vans de la marque. Le nouveau Multivan, sert de base au California, qui n’est donc pas conçu sur le Transporter 2024. Ce dernier peut toutefois être utilisé par des aménageurs (de série ou sur-mesure). Mais c’est bien sûr l’ID. Buzz et sa déclinaison Cargo qui incarnent l’avenir sur le segment de véhicule du Transporter.
Le 8 mars 1950, Volkswagen lançait la production du tout premier Transporter, surnommé T1, marquant ainsi les débuts d’une légende de l’automobile. Aujourd’hui, après 75 ans d’histoire et plus de 12,5 millions d’unités produites, le Volkswagen Transporter, plus communément appelé Combi (ou « Bulli » en anglais), continue de captiver les passionnés et de répondre aux besoins des familles, des aventuriers et des professionnels.
Ce 75e anniversaire marque un tournant pour le Volkswagen Transporter, avec des événements mondiaux pour célébrer l’héritage de ce véhicule unique. Volkswagen a prévu de nombreuses célébrations autour du monde, dont un événement phare à Wolfsburg les 24 et 25 mai 2025, à l’Autostadt (musée Volkswagen).
Les générations du Volkswagen Transporter
- T1 (1950-1967): L’original, connu sous le nom de Split-Screen à cause de son pare-brise à deux vitres. Ce modèle a vite trouvé sa place sur les routes, tant pour les familles que les travailleurs.
- T2 (1967-1979): Le T2 a apporté une touche de modernité avec son design plus rond et ses nouvelles fonctionnalités.
- T3 (1979-1992): Il introduit des avancées notables comme la sécurité passive et le premier modèle Syncro à traction intégrale.
- T4 (1990-2003): Le T4 marque un tournant avec l’adoption du moteur avant et de la traction avant.
- T5 (2003-2015): La cinquième génération introduit un design plus spacieux et plus moderne.
- T6 (2015-2024): La T6 apporte une montée en gamme avec des moteurs plus économes et des systèmes d’assistance à la conduite.
- ID. Buzz (2022): Le premier Volkswagen Transporter entièrement électrique.
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