Pour prolonger la magie de l’été, embarquez à bord de la S5 cabriolet. Une auto luxueuse, puissante et à l’élégance intemporelle. Audi et les grands cabriolets 4 places, c’est une belle histoire qui dure depuis près de 30 ans, la première du genre étant basée sur la 80 B4. Depuis, à partir du même segment, Audi a su renouveler le genre au fil des générations, et après l’A4 et la première A5, ce second opus introduit en 2016 permet de respecter la tradition.
Un Cabriolet Traditionnel et Raffiné
Sans surprise, cette grande décapotable aux lignes très classiques se pose comme une gardienne du Temple, en préservant certains fondamentaux. C’est le cas de la capote en toile (à triple épaisseur !), Audi n’ayant jamais cédé à la mode facile du coupé-cabriolet, contrairement à BMW, Mercedes et tant d’autres. Aussi, on retrouve notamment avec bonheur ce jonc en aluminium brossé qui ceinture tout l’habitacle. Et si la gamme propre au cabriolet ne comporte plus comme auparavant de variante « RS », il subsiste pour les épicuriens les plus exigeants (et fortunés !) cette très désirable version « S ».
L'Esprit "S" : Discrétion et Performance
Comme d’habitude chez Audi, le label « S » ouvre droit à des prestations autant haut de gamme que sportives. On n’est pas dans le sport radical pur et dur, façon RS, mais tout en nuance et en discrétion, les joies du Grand Tourisme étant davantage mises en avant. Sur la forme, notre belle décapotable dotée d’une large calandre chromée « en jette », en reposant de surcroît sur de belles jantes spécifiques de 19 pouces. Quant aux boucliers, ils sont, bien sûr, également exclusifs à la S5, avec des entrées d’air majorées à l’avant et un diffuseur intégré à l’arrière, logé entre 4 sorties d’échappement. On reste dans la subtilité et le bon goût, et les plus observateurs auront remarqué la présence de coques de rétroviseurs en aluminium, ainsi qu’un écusson « S5 » apposé de chaque côté de la voiture, au niveau des ailes avant, juste sous le pli caractéristique en forme de vague qui court sur la caisse.
Intérieur : Luxe et Technologie
L’intérieur, largement habillé de cuir surpiqué, séduit d’emblée par la qualité de sa finition. Plastiques moussés, inserts en aluminium et ajustages millimétrés font assurément bon ménage et confèrent à l’auto un vrai positionnement haut de gamme. Et certaines petites attentions font plaisir, comme ce bras articulé qui vous apporte gentiment la ceinture de sécurité dès que vous claquez la porte, ceci afin d’éviter de vous contorsionner. Sympa ! Et bien sûr, on retrouve une planche de bord commune aux autres A5, comprenant notamment le cockpit virtuel ou l’écran de 8,3 pouces connecté avec la commande MMI et la navigation. Bien sûr, en tant que version délurée, la S5 bénéficie de quelques équipements qui lui sont réservés, à l’image du volant multifonctions à méplat, où des superbes sièges en cuir plus enveloppants qu’à l’ordinaire, tout en préservant un certain confort.
A propos de confort, il est aussi d’ordre acoustique, l’isolation phonique offerte par la capote étant vraiment sensationnelle, et permettant de converser plus facilement avec le téléphone « mains libres », de petits micros étant intégrés dans les ceintures de sécurité. En revanche, en coupé comme en cabriolet, ce modèle reste un peu juste au niveau de l’espace aux jambes à l’arrière, ces places étant à réserver en priorité à des enfants ou des personnes de petite taille. D’ailleurs, pensez à voyager léger, le coffre étant amputé de quelques précieux dm3 à cause du mécanisme et de l’espace de rangement de la capote. Celui-ci offre 380 dm3 capote en place, et seulement 320 dm3 en roulant cheveux au vent.
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Capote et Rétrovision
Bien sûr, faut-il le préciser, la capote électrique (à lunette arrière dégivrante en verre) est livrée de série, et celle-ci se replie en une poignée de secondes sans aucun effort, y compris en roulant, jusqu’à 50 km/h. Une manière de rendre la vie plus douce, mais aussi de profiter du moindre rayon de soleil ! Et cela permet, accessoirement, d’optimiser la rétrovision, cette dernière étant mauvaise lorsque la capote est en place, générant un important angle mort. A ce sujet, la caméra de recul (avec vue aérienne à 360°) se révèle bien utile, et n’a rien d’un gadget ! Dommage en revanche à ce niveau de prix qu’il faille encore mettre la main à la poche pour bénéficier du filet coupe-vent (425 €) ou même du chauffage de nuque (555 €).
Motorisation et Performances
Contact mis, c’est en douceur que notre S5 s’élance. Le son du moteur, rauque mais légèrement feutré, parvient à peine aux oreilles, disons juste ce qu’il faut pour apporter un peu de plaisir auditif. Pourtant, on sent que ça ronfle bien sous le capot, chose logique puisqu’on trouve un noble V6 3.0 développant quelques 354 ch, soit 21 ch de plus que sur la première mouture. Couplé à la boîte Tiptronic à 8 rapports (comme dans l’A8), autant douce que réactive, ce bloc séduit d’entrée de jeu par sa rondeur, et ce, dès les plus bas-régimes. Et pour cause ! Pas moins de 500 Nm de couple est délivré dès 1750 tr/mn, soit quasiment dès le démarrage ! Il en résulte de franches accélérations, pas stratosphériques mais presque sportives, l’exercice du 0 à 100 km/h étant plié en 5,1 sec. Si le coupé, bien plus léger (1690 kg), se contente de 4,7 secondes, avouez que c’est pas mal pour une « enclume » de 1915 kg !
Tenue de Route et Options
Mais la plus belle prouesse de cette grande décapotable est sans doute sa propension à avaler à grande vitesse les courbes et les virages, sans perturber la bonne marche de l’équipage. Confortable, mais aussi très efficace grâce à la transmission intégrale quattro, la S5 donne parfois l’impression de rouler sur une moquette et d’avoir des pneus en velcro ! Il est vrai que les trains roulants sont particulièrement soignés. En plus d’une suspension à 5 bras, la rigidité torsionnelle a été augmentée de 40% grâce au recours à des aciers plus résistants. Bien sûr, les lois de la physique reste immuables, et le poids conséquent de la S5 vous rappellera à l’ordre en cas d’optimisme. Mais croyez-moi, les limites sont repoussées loin, très loin, assez pour se faire plaisir à son volant.
Et ceci est encore plus vrai si vous prenez soin de cocher 3 options qui nous paraissent indispensables pour en tirer le meilleur parti : le différentiel quattro sport pour gagner en dynamisme, la direction dynamique pour avoir plus de précision et les suspensions sport, pour mieux encore verrouiller l’auto au sol. Des options à retenir si vous êtes un adepte régulier de la conduite sportive sur itinéraire sinueux. Autant précise que précieuse, cette S5 cabriolet n’est pas véritablement « une bombe » à la sportivité exacerbée, mais elle fait partie de ces autos dont on ne lasse pas, et qui s’apprécie de bien des manières. En solo en arsouillant sur une départementale sinueuse, à allure de sénateur, entre amis, décapoté sur une corniche, ou avec sa moitié sur un voyage au long cours.
Polyvalence et Plaisir de Conduite
Des plaisirs multiples, à vivre été… comme hiver, tant l’isolation est performante. Raffinée cette Audi S5 cabriolet est assurément une voiture d’exception, qui s’adresse à un public ayant certaines exigences. Et un certain train de vie, la belle allemande s’échangeant moyennant 88 050 €, hors options « obligatoires » et un gros malus qui l’est tout autant (10 500 €). Moteur : 6 cyl. Dans le jargon auto, dire qu’on va « se faire une toile » désigne un cabriolet à capote souple. Une configuration très traditionnelle qui sied à merveille à l’A5 décapotable.
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Evolution de la Gamme Audi
Un modèle plein de charme, essayé ici en version S5, amené hélas à disparaître. A défaut de lancer de nombreux futurs modèles, Audi va, à court terme, faire le ménage dans sa gamme. Et pas qu’un peu ! Cela va, hélas, entraîner la disparition de modèles iconiques, à commencer par le TT, mais aussi la R8. Et, il va falloir s’y faire, la transition énergétique amenant le constructeur à remanier intégralement la gamme. Il a été décidé que les voitures comportant un chiffre pair seraient désormais réservées aux motorisations électriques, et celles comportant un numéro impair aux thermiques. Un changement profond de nomenclature qui va impacter directement notre A5, qui ne sera pas renouvelée sous la forme actuelle que l’on connaît depuis deux générations maintenant.
La faute à une baisse des ventes, au niveau mondial, des coupés et cabriolets, les SUV devenant tendance sur tous les segments. Espérons que cette mode (comme toutes les modes) passe, et que l’on retrouve de vraies voitures plaisir. En attendant, à venir une prochaine A4 100% électrique, mais pas avant 2025, tandis que la future A5, qui sera donc thermique, aura droit à une carrosserie de break de chasse à 5 portes, sorte d’évolution de la version Sportback.
Design et Style Intemporel
› L’A5 cabriolet reste fidèle dans les grandes lignes au style posé par Walter De Silva. Si, par goût personnel, j’avoue avoir une préférence pour le coupé, je dois reconnaître que la déclinaison cabriolet ne manque pas d’allure. Cette seconde génération a su brillamment faire perdurer les lignes de force imaginées par Walter De Silva, auteur du premier opus de l’A5. Son « chef d’œuvre » de ses propres aveux, et on ne va pas le contredire. C’est simple, cette voiture, c’est 4m69 d’élégance. Et ce bel héritage se retrouve principalement à travers les proportions très classiques de cette A5, avec un long capot avant musclé comme il faut qui file de la calandre gourmande à des montants de pare-brise très inclinés, signe qu’elle est taillée pour la vitesse. Et l’élément le plus remarquable demeure ce pli ondulant parcourant tout le profil, souligné sur cette version S5 par un badge spécifique chromé intégré à l’aile avant. Et signe de la justesse de ce dessin, le restylage réalisé en septembre 2019 n’a quasiment rien retouché.
Il est vrai que cette définition sied à merveille à notre A5 cabriolet, dotée comme il se doit d’une très chic capote à triple épaisseur, garantissant une isolation phonique exceptionnelle. Faut-il le préciser ? Celle-ci est entièrement électrique, et reste actionnable dans la limite des 50 km/h. Aujourd’hui, il fait encore beau, et nous ne nous privons pas d’ôter ce grâcieux couvre-chef qui part en une quinzaine de seconde se cacher sous le couvre-tonneau. Une opération qui ampute sérieusement la capacité du coffre, passant de 370 litres (ce qui est déjà peu) à 310 litres. Chauffage à fond et vitres relevées, nous restons ainsi parfaitement à l’abri des frimas de l’hiver. Et le fait de rouler à l’air libre permet de profiter pleinement des borborygmes émis par le double échappement, une coquetterie réservée à cette version de pointe mue par un fabuleux V6 3.0 biturbo à injection directe, un bloc condamné à disparaître pour satisfaire aux petits caprices des bobos-écolos de Bruxelles.
Confort et Technologie Embarquée
Bien installé dans un siège électrique habillé de cuir, je me prends à réapprécier la « simplicité » de ce cockpit qui n’a pas encore basculé dans le « tout tactile ». De nombreux boutons physiques restent à portée de main, et il y a ce qu’il faut en technologies de pointe, via le cockpit virtuel, toujours aussi précis, fluide et agréable à l’œil. Une innovation Audi inaugurée en 2014 sur le TT de troisième génération qui va pourtant gentiment sur ses 10 ans ! Bien sûr, vous vous en doutez, avec pas moins de 354 ch sous le capot, soit un peu plus que sur une RS2 qui n’a pas la réputation de se traîner, ce cabriolet a ce qu’il faut pour donner un vrai sens à la notion de plaisir de conduite. Grâce à l’efficacité de la transmission intégrale quattro toute la puissance passe sans aucune perte au sol. Pourtant, il y a du monde dans la salle des machines, avec 550 Nm de couple distillé de 1370 à 4500 tr/mn. Ça ne vous parle pas ? Disons pour faire simple que ça pousse velu dès le démarrage sur une large plage, assez grande pour rendre la conduite dynamique juste comme il faut.
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› Faute de ventes suffisantes, les coupés et cabriolets A5 vont être arrêtés en 2025. Pas sportive, certes, mais pas manche non plus ! Outre son puissant V6, qui autorise des performances intéressantes dont à peine 5,1 secondes pour expédier l’exercice du 0 à 100 km/h, cette S5, en tant que digne Audi, propose de nombreuses options fortes intéressantes, permettant de sublimer la conduite. J’en aurais bien une dizaine à proposer, mais je retiendrai la direction dynamique, permettant de gagner en précision et en ressenti, les suspensions sport, idéalement calibrées pour verrouiller la voiture à la route, et surtout le différentiel quattro sport, permettant d’enrouler encore fidèlement chaque virage tout en ressortant plus vite.
› D’une pression sur la pédale de droite, et cette S5 de 354 ch efface prestement tout ce qui se trouve dans votre ligne de mire. Assez spacieuse pour naviguer à 4 adultes (à condition de ne pas avoir tout de même de trop grandes jambes pour s’installer confortablement à l’arrière), cette S5 est une voyageuse infatigable hors pair. A son bord, les longues distances paraissent plus courtes, et si on n’abuse pas trop de la fougue de son V6, il est possible de couvrir 600 km à allure stabilisée avant de s’arrêter ravitailler. Une opération qui, contrairement à la plus perfectionnée des voitures électriques, ne prend que 5 minutes ! Puis c’est reparti pour un tour, à effectuer en « mode cruising » entre amis, ou de façon bien plus sportive en roulant seul sur une petite route sinueuse. Cette S5 sait se plier à toutes vos humeurs ! Avec elle, plus que la destination, c’est d’abord le voyage qui compte, assez pour ériger le Grand Tourisme en art de vivre.
Critiques et Perspectives
Sans doute Audi devrait prêter durant une bonne semaine à chaque ponte de Bruxelles un exemplaire de S5 pour sauver et réhabiliter cette auto fantastique, à la polyvalence rare. Nous ne dirons pas merci aux technocrates de Bruxelles qui, à coup de malus et d’interdictions, condamnent les voitures plaisir de ce calibre. Quelle honte ! Car dans les faits, cela revient à jeter à la poubelle plus d’un siècle de progrès technologiques dans le domaine du moteur à explosion, pour aujourd’hui atteindre une forme de perfection, un aboutissement. Et vu le niveau de prix d’une telle auto - près de 90 000 € - on ne peut pas dire qu’on en croise tous les jours, pas assez je pense pour menacer les ours polaires et la calotte glaciaire. Il faudra donc se jeter sur les derniers exemplaires disponibles, car Audi va cesser de produire ce petit bijou courant 2024.
Conclusion
Voilà un cabriolet qui réussit à gommer les inconvénients de ce type de carrosserie pour en garder les plaisirs : des performances cheveux au vent, avec une très grande efficacité.
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