Renault a sorti son deuxième modèle 100 % électrique avec la Megane E-Tech. Présent sur le marché de la voiture électrique depuis plus de dix ans avec la Zoé, Renault se positionne sur un segment supérieur avec la Megane E-Tech. Pour cette cinquième génération de Renault Megane, le constructeur français change tout. La voiture gagne en stature, et arbore des lignes totalement différentes. Renault a en effet placé la batterie sous le châssis de la Mégane, ce qui surélève ses lignes.
Design Extérieur
Elle est campée sur des roues 18 pouces dans cette version Evolution, qui était de la couleur blanc glacier dans notre version d’essai. On regrette que le blanc ne soit pas nacré, ce qui ne met pas le modèle en valeur par rapport à d’autres teintes. Renault a mis le paquet pour l’identité de marque, puisque le nouveau logo de la firme est très imposant sur la calandre, tandis que les signatures lumineuses sont intégralement nouvelles. Notons que dans cette version, la virgule sous les phares n’est pas éclairée en feu diurne, comme c’est le cas sur les autres finitions. Les phares arrière sont quant à eux fins et haut placés, puisque la vitre arrière est quant à elle peu imposante. Cela pose quelques problèmes de rétrovision, mais l’effet est réussi sur le plan esthétique. Ce design a pour défaut, comme souvent, de rendre inconfortables les places arrière pour les grands gabarits.
Intérieur et Technologie
L’intérieur de la Renault Megane E-Tech est entièrement nouveau. Deux choses marquent lorsque l’on s’installe à bord. Le cockpit est intégralement face à la personne assise sur le fauteuil conducteur. Et l’écran central se veut facile d’accès, ce qui est crucial pour la gestion de la voiture. En effet, à l’image d’une Tesla Model S ou d’une Polestar 2, Renault a choisi le format vertical pour son écran. Le système de Google justifie parfaitement cette présentation, avec notamment un GPS Google Maps. Celui-ci peut aussi s’afficher sur l’écran d’instrumentation de 12 pouces derrière le volant. De plus, malgré l’affichage du GPS, l’écran d’instrumentation fait aussi apparaître la consommation, l’autonomie ou encore la vitesse dans des bulles. Jamais agressifs, ces deux grands écrans sont parfaitement exploitables en toutes circonstances.
La grosse surprise de la Renault Mégane E-Tech, ce sont ses deux écrans. Celui d’instrumentation de 12,3 pouces est assez simple à l’usage, avec l’essentiel des informations sous les yeux et la possibilité de personnaliser l’affichage. Certains menus nous ont même fait penser à ceux de la Porsche Taycan. L’autre écran central, tactile cette fois-ci, fait 12 pouces (9 pouces sur la version entrée de gamme « Équilibre ») et, lui aussi, brille par sa réactivité et sa qualité graphique. Nous sommes à mille lieues de l’ancien système R-Link à la qualité graphique indécente et à la fluidité somme toute relative.
Connectivité et Infodivertissement
La Renault Mégane E-Tech intègre les technologies Google directement dans son système d’infodivertissement, avec Google Maps, Google Assistant et le Play Store. Google Maps est aujourd’hui référence en matière de navigation connectée et vous guidera avec précision tout en prenant soin de garder un œil sur l’autonomie restante en vous précisant à quel pourcentage vous arriverez à destination. Avec le Play Store, vous aurez la possibilité de télécharger des applications à utiliser directement dans votre voiture, tandis que Google Assistant sera votre assistant vocal pour ne pas quitter la route des yeux. Le système est bien évidemment compatible avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil. Il y a également deux ports USB-C à l’avant et une recharge à induction pour votre smartphone.
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Le point fort du GPS de Google est l’intégration du planificateur de charge de Renault. En effet, ce dernier préconditionne la batterie avant la charge et affiche la batterie qu’il restera en arrivant au point indiqué par le GPS.
Confort et Habitabilité
Malgré son gabarit plutôt compact, la Mégane E-Tech offre une bonne habitabilité. Heureusement, les places avant offrent une assise et un maintien satisfaisants.
Performance et Conduite
Avec ses 220 ch, la sensation de poussée est réelle. Surtout, elle ne fond pas au-delà d’une certaine vitesse. Ensuite, Renault a particulièrement soigné le châssis et les trains roulants de sa berline. Le poids de 1 700 kg ne se fait pas sentir, d’autant que les changements de cap sont rapides et précis. Le train avant est parfaitement directionnel tandis que l’arrière suit sans sourciller. Adopter un rythme soutenu ne pose aucun souci, il faut toutefois garder en tête que la limite de grip latéral des pneumatiques est relativement vite atteinte.
Les premiers kilomètres parcourus sont convaincants. Les suspensions sont douces, le moteur ne manque pas de ressources, même lors des reprises à haute vitesse et, surtout, l’insonorisation est de qualité. Les aides à la conduite participent également au confort de conduite. L’aide au maintien dans la voie assure parfaitement son rôle. En effectuant des corrections constamment, mais de façon discrète, elle évite l’effet « ping pong », comme c’est trop souvent le cas.
C’est sur ce type de route que la Mégane prouve qu’une voiture électrique n’est pas synonyme d’ennui au volant. Évidemment, le plaisir mécanique est réduit à sa plus simple expression : l’accélération.
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Aides à la Conduite
Au niveau des aides à la conduite, c’est du très classique pour une voiture moderne, avec tout un lot d’assistances permettant de faire de la Mégane E-Tech un modèle doté de la conduite semi-autonome de niveau 2.
Autonomie et Recharge
Sur ce réseau, les consommations oscillaient entre 20 et 25 kWh/100 km, selon la vitesse, le dénivelé et la température. Le moteur de 130 chevaux est en effet obligé de forcer un peu plus à 130 km/h, et cela se sent. Il est difficile de dépasser 350 kilomètres d’autonomie avec ce modèle, sauf à rouler uniquement sur route et en ville. Sur autoroute, on comptera environ 250 kilomètres d’autonomie, un peu plus en roulant entre 110 et 120 km/h.
En ville et sur route, elle a consommé environ 16 kWh/100 km, un chiffre moyen qu’il convient de relativiser du fait de la température qui n’a jamais dépassé les 9°. Sur l’autoroute, la Mégane n’est pas dans son élément puisque l’appétit a oscillé entre 23,6 (par temps sec) et plus 28,7 kWh (sous la pluie). Avec le chauffage réglé à 19°, l’autonomie fond alors comme neige au soleil.
La Renault Mégane E-Tech n'est pas la championne de la recharge.
Notre voiture de test est la version « Super Charge » de la Mégane. Celle-ci permet une puissance allant jusqu’à 130 kW sur une prise DC, grâce à une prise Combo CCS. Avec le froid ambiant, il a été impossible d’amener la Megane à charger à 130 kW sur les bornes rapides. Sur une station Fastned, on a vu une charge atteindre 119 kW en pic, au maximum. Sur une borne Ionity, le plafond de puissance était à 117 kW. Dans les deux cas, cette puissance s’atteint entre 10 et 15 %, pour vite chuter par la suite. Dès les 25 %, la puissance de charge diminuait rapidement pour se stabiliser autour de 80 kW jusqu’à 40 %. Sur plusieurs bornes, nous avons constaté qu’une recharge allant de 20 à 80 % se fait en moyenne à 60 kW. Compte tenu des températures parfois négatives, le temps de recharge était correct.
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Tableau récapitulatif des options de recharge
| Version | Capacité de la batterie | Chargeur embarqué | Charge rapide DC | Charge AC |
|---|---|---|---|---|
| EV40 | 40 kWh | 7 kW | - | - |
| EV40 Boost | 40 kWh | 7 kW | 85 kW | - |
| EV60 | 60 kWh | - | 135 kW | - |
| EV60 Optimum | 60 kWh | - | 135 kW | 22 kW |
Prix et Versions
Renault a récemment revu à la baisse ses prétentions au niveau tarifaire. Auparavant vendue à partir de 38 000 €, elle débute maintenant à 34 000 € pour culminer à 44 000 €. Via le ticket d’entrée, vous disposer de la petite batterie (40 kWh) associé au moteur de base de 130 ch. Seulement, pour bénéficier d’un rayon d’action « confortable », il est préférable de choisir la batterie de 60 kWh. En revanche, elle n’est disponible qu’avec le moteur plus puissant de 220 ch. À cela, il faut ajouter la finition techno à l’équipement complet et l’option de recharge à 22 kW et vous obtenez une facture de 42 000 € (bonus de 5 000 € non déduit).
Malgré une récente baisse des prix, la Volkswagen ID.3 en finition Pro S ID (204 ch et 77 kWh) est toujours plus chère : 44 310 €. Quant à la Peugeot e-308 GT, pourtant moins puissante et moins fournie en batterie (156 ch et 54 kWh), est nettement plus onéreuse : 46 250 €. Il reste enfin l’épouvantail du segment, la MG4. Pour seulement 39 490 €, elle dispose d’un équipement complet, d’une batterie de 77 kWh et d’un moteur de 245 ch.
Les sites de petites annonces ne sont pas avares de Mégane. À titre d’exemple, il existe près de 270 modèles à la vente sur le site La Centrale, à l’heure à laquelle nous écrivons ces lignes. Le ticket d’entrée est de 25 000 €, les exemplaires sont peu kilométrés (20 000 km environ), mais il s’agit des versions de base (petite batterie et petit moteur). Heureusement, la déclinaison EV60 et 220 ch est très bien représentée et l’effort financier n’est pas démesuré puisqu’il faut tabler sur 28 000 €.
Nouvelle version Esprit Alpine
La grande nouveauté annoncée par le constructeur français ce 12 mars, c'est l'introduction d'une variante typée sport Esprit Alpine, la Mégane étant - il est vrai - l'une des dernières Renault à ne pas en profiter. À bord, c'est le bleu - marque de fabrique d'Alpine - qui est à l'honneur. Les surpiqûres mettent en avant cette couleur. Les éléments décoratifs aussi.
Et malin, la finition Esprit Alpine est plutôt bien placée puisqu'elle se place entre la livrée d'entrée de gamme techno et la version de pointe iconic en coûtant très exactement 41 500 €. Nul doute qu'elle devrait trouver son public rapidement.
Fiabilité et Problèmes Rencontrés
Quelques propriétaires rapportent des cas de remplacement de moteur et de batterie, pris en charge dans le cadre de la garantie. Pour le reste, les dysfonctionnements sont moins graves, mais agaçants. La trappe de recharge peut ne pas s’ouvrir ou au contraire s’ouvrir de façon inopinée. Ce sont surtout les bugs électroniques qui surviennent. Ils sont multiples (mode de conduite, Bluetooth, messages d’erreur). Il suffit parfois de verrouiller puis de déverrouiller pour que cela disparaisse.
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