Le marché automobile, en Libye, est en pleine expansion.
Facteurs clés de l'expansion du marché automobile libyen
A cela au moins trois raisons :
- Un litre d'essence à moins de 20 centimes de dinars libyens (10 centimes d'euros).
- Une absence de transport en commun efficace.
- Enfin l'ouverture du marché à l'ensemble des constructeurs.
L'expérience d'un ancien concessionnaire
Jean de Belsis, ex-concessionnaire de véhicules : " comme les Libyens ne font pas confiance dans la maintenance, ils préfèrent acheter trois voitures plutôt qu'une ".
L'ère Peugeot en Libye
Comme beaucoup de Français, Jean-Pierre Moine, un Belfortain qui vit aujourd’hui à Thise, a suivi avec intérêt la récente révolution libyenne. L’occasion de plonger dans des souvenirs vieux de plus de trente ans, de l’époque où il dirigeait le réseau Peugeot en Libye, de 1976 à 1982.
« La marque était leader à l’époque en Libye. C’était une équipe d’une douzaine de cadres, avec une trentaine de Sochaliens et de Vésuliens dépêchés sur place et une centaine d’Algériens. Peugeot avait une concession à Tripoli, une autre à Benghazi. Les affaires marchaient bien. Il faut dire que Kadhafi avait fait sa révolution en 1969 dans une des fameuses 504 bâchées. »
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La commande spéciale de Kadhafi
Un jour de 1977, Jean-Pierre Moine est convoqué chez un haut dirigeant libyen. Mouammar Kadhafi veut une Peugeot et pas n’importe laquelle.
« Il voulait qu’on lui fasse une voiture blindée, ultra-protégée. »
La commande est confirmée et Peugeot se met en route pour fabriquer le véhicule en France.
« Il y avait un problème. À l’époque, le haut de gamme c’était la 604, mais elle n’avait pas la robustesse nécessaire et le système pour rafraîchir l’habitable était insuffisant. Alors j’ai pensé à la voiture de Roland Peugeot. Il s’était fait installer un moteur V6 sur une 504. On pouvait donc avoir la puissance de la 604 sur un modèle plus adapté à la Libye. Et ça convenait bien car Kadhafi voulait une voiture qui passe inaperçue. »
La construction de la 504 blindée
La construction n’est pas simple. Le blindage est confié à l’entreprise Chapron à Levallois-Perret.
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« À la fin, la voiture pesait deux tonnes et de demie, mille kilos de plus que le poids normal. Les vitres faisaient 4 cm d’épaisseur, les roues étaient alvéolées. »
Toute la voiture tombe dans l’excès : le délai qui passe de un à deux ans et le prix de vente qui va de 400.000 F à la commande à 800.000 F à la fin.
« On avait proposé de l’offrir dans le cadre de nos bonnes relations en Libye mais le représentant de Kadhafi m’avait répondu : vous croyez que le président ne peut pas se payer une voiture ? Bon à la fin, on a tout de même réduit à 400 000 F. »
Livraison de la voiture
Restait à livrer la 504 très spéciale.
« Elle est arrivée en camion, on a embarqué à Livourne en Italie. Aucun Libyen ne devait toucher la voiture. Moi je surveillais la 504 et un Libyen me surveillait pendant tout le voyage ! »
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C’est donc encadré par une escorte de motards que Jean-Pierre Moine a finalement conduit et déposé dans une caserne la voiture et laissé les clés, sans avoir jamais vu Kadhafi.
« J’avais envie de raconter cette histoire pour rendre hommage aux Sochaliens et aux Vésuliens qui travaillaient chez et pour Peugeot et ses réseaux commerciaux de l’époque. Quant à la 504, on n’a jamais eu de nouvelles. Je ne l’ai pas vue sur les images de la révolution.
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